d’autres écrits - partie 1.
« Le prix de la lâcheté est toujours le mal »
Alexandre Soljenitsyne
D’autres textes majeurs portés à votre entendement. Non pas par facilité, celle qui m’éviterait de commettre de nouveaux articles. Simplement des écrits qui, pour une grande partie d’entre eux, furent ou sont largement occulté par l’ensemble des médias.
Pourquoi ces textes précisément ?
Parce qu’ils sont vrais et clament des vérités longtemps écartées ou dissimulées.
Le temps, mais surtout la phénoménale accélération apportée par « internet » aux communications et aux échanges d’informations de part le monde porte aujourd’hui ses fruits. Partout, en tous lieux de notre planète, le monde se réveille, le monde réagit. Mieux, le monde est en marche. Irréductiblement. Après une longue et terrible gestation. Rien ni personne ne pourra l’arrêter.
Parce qu’ils disent mieux ce que je pense et m’évitent ainsi de misérables plagias.
Parce qu’ils traitent des problèmes majeurs de notre monde actuel.
Vous trouverez d’abord le texte du référendum proposé par Evo MORALES président de la Bolivie pour sauver notre planète. Il y a plus de 30 années de cela, Michel SERRES commis une œuvre remarquable : « Le contrat Naturel ». Il fut le premier à parler des « droits de la Terre » et de l’instauration d’un contrat entre elle – la Terre - et nous les humains afin que nous la préservions. Je ne sais si Evo MORALES ou l’un des membres de son cabinet ont connaissance des écrits de Michel SERRES, mais ils seraient bien inspirés de l’inviter et de s’entretenir avec lui. Nul doute qu’ils en tireraient d’immenses enseignements bénéfiques pour la suite de cette merveilleuse démarche engagée par le président bolivien.
Ensuite la lettre que Mahmoud AHMADINEJAD adressa à George W BUSH, elle a le mérite d’être claire. Puis un résumé du livre « la haine de l’Occident » de Jean ZIEGLER. Il s’agit d’une analyse sans concession qui mérite d’être connue et qui trouve exactement sa place dans le contexte mondial actuel. Un retour à Evo MORALES avec sa lettre ouverte à l’intention des pays membres de l’U.E. Lui aussi sait mettre son cœur comme ses tripes à nu.
Enfin deux écrits de l’immense Alexandre SOLJENITSYNE : son discours à l’Université d’Harvard et celui qu’il commit pour son prix Nobel de la Paix (1970/1972).
Cela fait beaucoup à lire ! Je sais ! Cependant, soyez certains d’une chose : vous ne regretterez pas le temps consacré à ces lectures.
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Le référendum proposé par Evo Morales à Copenhague
Evo Morales
Président de la Bolivie
Extraits de l’intervention d’Evo Morales auprès des mouvements sociaux.
« Si les peuples nous accompagnent nous sommes ici pour changer les politiques capitalistes qui font tant de mal à l’humanité. »
« La défense de la vie, de l’humanité et des droits de la Terre-mère ne sera possible qu’avec le changement de la politique mondiale afin d’empêcher que le réchauffement globale menace la
survie sur la planète »,
“Les causes du réchauffement global de la planète vient de l’industrialisation illimitée et déraisonnable promu par les grandes puissances qui ont contaminé l’atmosphère et mettent en danger la
vie des êtres vivants, et pas seulement des humains”,
« Certains présidents de nations préfèrent opter pour l’argent et les gains et non pour la défense de la vie”.
“Il est nécessaire que les gouvernants choisissent de contribuer à la vie pour sauver l’humanité et non pour la tuer”,
«La Bolivie doit prendre l’initiative de convoquer un Sommet Mondial des Peuples sur le Changement climatique pour la défense de l’humanité, de la vie et de la planète”
« Les nations industrialisées ont seulement choisi d’analyser les effets du changement climatique et non pas les causes ».
« … la nécessité que les nations changent de posture pour défendre la Terre-mère »
“Une élévation de la température mondiale de deux degrés centigrades serait une menace pour la survie du monde, à tel point que les eaux des océans monterons jusqu’à provoquer la disparition
d’îles où vivent des êtres humains”,
“Il faut que le monde et ses représentants aient une vision claire pour identifier les vrais dangers qui menacent le survie sur la planète et pour adopter des mesures contre la contamination
environnementale et le changement climatique”,
“L’objectif est d’obtenir une position de consensus pour la soumettre au prochain Sommet sur le Changement climatique qui se déroulera en décembre 2010 au Mexique”,
“Les Droits de la Terre-mère sont plus importants que nos propres Droits de l’homme”,
« La Terre peut vivre sans l’homme, mais pas le contraire ».
Il a mis l’accent sur la décision de l’ONU d’approuver la Résolution qui promeut l’harmonie avec la nature, ce qu’il a qualifié comme un pas important pour que la communauté internationale
approuve finalement la “Déclaration Universelle des Droits de la Terre-mère”.
" (..) En quoi consiste le fait que les peuples du monde décident du futur de l’humanité ? Il consiste en un référendum mondial sur le changement climatique. Que les peuples du monde
décident par leur vote conscient du destin de l’Humanité.
Je veux vous lire la première proposition de ce référendum :
1 - Êtes-vous d’accord pour rétablir l’harmonie avec la nature, et pour reconnaître les droits de la Terre Mère ? (cris et applaudissements d’approbation de la salle)
2 - Êtes-vous d’accord pour changer ce modèle de surconsommation et de gaspillage qu’est le système capitaliste ? (cris et applaudissements d’approbation de la salle)
3 - Êtes-vous d’accord pour que les pays développés réduisent et réabsorbent leurs émissions de Co2 à effet de serre pour que la température ne monte pas de plus d’un degré centigrade ? (cris et applaudissements d’approbation de la salle)
4 - Êtes-vous d’accord pour transférer tout ce qui a été dépensé dans les guerres et pour consacrer un budget supérieur à la défense de la Terre face au changement climatique ? (cris et applaudissements d’approbation de la salle)
5 - Êtes-vous d’accord avec un tribunal de justice climatique pour juger ceux qui détruisent la Terre Mère ? (cris et applaudissements d’approbation de la salle)
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Lettre de Mahmoud Ahmadinejad à George W. Bush
Mahmoud Ahmadinejad
A M. George Bush, Président des Etats-Unis d’Amérique,
Depuis quelque temps, je me demande comment quiconque pourrait-il justifier les contradictions flagrantes qui existent dans l’arène internationale - et qui font l’objet de débats constants, en particulier dans les fora politiques et entre étudiants de nos universités ?
Beaucoup de questions demeurent sans réponse.
C’est ce qui m’amène à discuter certaines de ces contradictions et de ces questions, dans l’espoir que cela puisse apporter une opportunité d’y trouver une solution.
Comment un adepte de Jésus-Christ (Que la Paix soit sur Lui), le grand Messager de Dieu, peut-il se sentir obligé de respecter les droits de l’ homme, de présenter le libéralisme comme s’il
s’agissait d’un modèle de civilisation, annoncer son opposition à la prolifération des armes nucléaires et des armes de destruction massive, de faire de la « guerre contre le
terrorisme » son slogan et finalement d’œvrer à l’instauration d’ une communauté internationale unifiée - une communauté que le Christ et les vertueux sur la Terre dirigeront un jour - tout
en faisant que des pays sont agressés, les vies, les réputations et les biens des gens détruits, et cela, alors qu’il n’y avait qu’une chance minime d’attendre les. les « criminels »,
dans un village, dans une ville, ou dans un convoi. Avec malheureusement - les exemples existent - un village, une ville, ou un convoi (sur une route) entièrement transformés en brasiers. ?
Ou bien, à cause de la possibilité qu’il y ait des armes de destruction massive dans un pays, ce pays est occupé, près de 100 000 personnes tuées, ses sources d’eau, son agriculture et son
industrie détruites, près de 180 000 soldats étrangers déployés sur son territoire, le sanctuaire des domiciles privés de ses citoyens violé, et ce pays ramené au bas mot cinquante ans en
arrière ?
A quel prix ? Des centaines de milliards de dollars dépensés, ponctionnés dans le trésor d’un pays et de certains autres, et des dizaines de milliers de jeunes hommes et de jeunes femmes -
constituant les troupes d’ occupation - exposés au danger, tenus éloignés de leur famille et de leurs êtres chers, leurs mains tachées du sang d’autrui, soumis à une telle pression psychologique
que, tous les jours, certains d’entre eux se suicident et que ceux qui retournent chez eux souffrent de dépression, sont maladifs et aux prises de toutes sortes d’affections ; tandis que
d’autres se font tuer et qu’on remet leur dépouille à leurs proches.
Au prétexte de l’existence alléguée d’armes de destruction massive, cette immense tragédie en est venue à englober les deux peuples : celui du pays occupé, et celui du pays occupant.
Puis il fut révélé qu’aucune arme de destruction massive ne s’y trouvait, pour commencer. Bien sûr, Saddam était un dictateur criminel. Mais la guerre n’a pas été menée, qui aurait pu le
renverser. Le but déclaré de la guerre, c’était de trouver et de détruire des armes de destruction massive introuvables ! Saddam a été renversé au passage, sur la voie d’un autre objectif de
guerre. Mais qu’importe : les habitants de la région s’en réjouissent. Je fais observer que tout au long des nombreuses années de sa guerre contre l’Iran, Saddam a été continûment soutenu
par l’Occident.
Monsieur le Président, vous le savez sans doute : je suis enseignant. Mes étudiants me demandent comment de tels actes pourraient-ils être mis en cohérence avec les valeurs soulignées au
début de cette lettre et se conformer à la tradition de Jésus-Christ (Que la Paix soit sur Lui), ce Messager de paix et de pardon.
Il y a des prisonniers, à Guantanamo Bay, qui n’ont toujours pas été jugés, qui n’ont pas d’avocat, que leurs familles ne peuvent pas voir et qui sont à l’évidence maintenus en détention dans une
terre étrangère, loin de leur propre pays.
Aucune mission de surveillance de leurs conditions (de détention) et de leur sort n’est en place. Personne ne sait quel est leur statut : prisonniers (de droit commun), prisonniers de
guerre, prévenus ou condamnés ?
Des enquêteurs européens ont confirmé l’existence de prisons secrètes en Europe, aussi. J’ai eu beau chercher : je n’ai trouvé aucun texte, dans un quelconque système juridique, qui
autoriserait l’enlèvement d’une personne, ni que cette personne - homme ou femme - soit retenue dans quelque prison secrète.
A ce sujet, je ne parviens pas à comprendre comment ce genre d’agissement pourrait correspondre aux valeurs soulignées au début de cette lettre, à savoir : les enseignements de Jésus-Christ
(Que la Paix soit sur Lui), les droits de l’Homme et les valeurs humaines.
Les jeunes gens, les étudiants et beaucoup de gens ordinaires se posent beaucoup de questions à propos du phénomène que représente Israël.
Je suis certain que vous êtes familiarisé avec certaines d’entre elles.
Tout au long de l’Histoire, beaucoup de pays ont été occupés, mais je pense que la création d’un nouveau pays, dans lequel on a amené un autre peuple, est un phénomène sans aucun précédent
historique.
Mes étudiants me disent que voici soixante ans seulement, ce pays n’existait pas. Ils me montrent de vieux documents et d’anciens globes terrestres et ils me disent qu’ils ont eu beau chercher,
ils n’ont pas trouvé de pays appelé « Israël ».
Je leur conseille d’étudier l’histoire des Première et Seconde Guerres mondiales.
Un de mes étudiants m’a dit qu’au cours de la Seconde Guerre mondiale, qui a causé la mort de plusieurs dizaines de millions de personnes, les informations relatives au conflit étaient rapidement
diffusées par les protagonistes.
Chaque pays en conflit vantait ses victoires et célébrait les dernières défaites de ses ennemis sur la ligne de front.
Après la guerre, ces pays prétendirent que six millions de Juifs avaient été tués.
Ces six millions de personnes devaient avoir un lien de parenté avec au minimum deux millions de familles.
Là encore, supposons que ces événements soient authentiques.
Doivent-ils se traduire logiquement par la création de l’Etat d’Israël en plein Moyen-Orient, ou par un soutien à un Etat de ce genre ? Comment ce phénomène peut-il être rationalisé, ou
expliqué ? Monsieur le Président, je suis convaincu que vous savez de quelle manière - et à quel prix - Israël a été créé : plusieurs milliers de personnes ont perdu la vie, au cours de
ce processus ; des millions d’indigènes ont été transformés en réfugiés ; des centaines de milliers d’hectares de terres agricoles, d’oliveraies, des villes et des villages ont été
détruits.
Cette tragédie ne se limite pas exclusivement à l’époque de la création d’Israël ; malheureusement, elle s’est poursuivie, et elle entre actuellement dans sa soixantième année.
Un régime a été instauré, qui ne démontre pas la moindre pitié, même envers des enfants, qui détruit des maisons alors que leurs habitants sont encore à l’intérieur, qui annonce par avance sa
liste de personnalités palestiniennes à abattre, ainsi que ses plans à cette fin, et qui détient des milliers de Palestiniens prisonniers dans ses geôles.
Un phénomène tel celui-ci est unique - ou en tous les cas extrêmement rare - dans l’histoire récente.
Une autre grande question que posent les gens, c’est celle de savoir pourquoi ce régime bénéficie-t-il d’un quelconque soutien ? Soutenir un tel régime, est-ce conforme avec les
enseignements de Jésus-Christ (Que la Paix soit sur Lui), ou de Moïse (Que la Paix soit sur Lui), ou encore les valeurs humanistes ? Ou bien devons-nous comprendre que le fait de permettre
aux habitants originels de ces terres - à l’intérieur et à l’extérieur de la Palestine (dans la diaspora) - qu’ils soient chrétiens, musulmans ou juifs, de déterminer leur sort irait à l’encontre
de la démocratie, des droits de l’homme et des enseignements des prophètes ? Sinon, pourquoi cette opposition acharnée à tout référendum ? Le gouvernement palestinien, nouvellement élu,
vient de prendre ses fonctions.
Tous les observateurs indépendants ont confirmé que ce gouvernement est représentatif de l’électorat.
Mais voilà : d’une manière totalement incroyable, on a placé ce gouvernement élu sous pression, et on lui a fortement « conseillé » de reconnaître le régime israélien, d’abandonner
la lutte et de suivre le programme du gouvernement précédent.
Si le gouvernement palestinien actuel s’était présenté sur la plate-forme électorale en question, le peuple palestinien aurait-il voté pour lui ? Encore une fois, une position telle
celle-là, prise en opposition au gouvernement palestinien, peut-elle être considérée en adéquation avec les valeurs que j’ai souligné plus haut ? Les gens disent aussi : « Pourquoi
toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu condamnant Israël ont-elles fait l’objet d’un veto ? » Monsieur le Président, comme vous le savez certainement, je vis parmi les
gens de mon peuple, et je suis constamment en contact avec eux - beaucoup de gens, dans l’ensemble du Moyen-Orient, tiennent à me contacter, également.
Eux non plus, ils ne croient pas à ces politiques douteuses.
Il est de plus en plus évident que les peuples de notre région du monde sont de plus en plus en colère contre ces politiques.
Il n’est pas dans mon intention de multiplier les questions, mais je tiens à faire référence, également, à d’autres points.
Pourquoi toute réalisation technique et scientifique aboutie, au Moyen-Orient, est-elle immédiatement transformée et dépeinte en menace pour l’entité sioniste ? La recherche et
développement, en matière scientifique, n’est-elle pas un droit fondamental pour tout pays ?
Vous connaissez bien l’Histoire.
Mis à part le Moyen Âge, à quelle autre époque, dans l’Histoire, le progrès scientifique et technique a-t-il été considéré comme un crime ? La possibilité que des réalisations scientifiques
soient utilisées à des fins militaires est-elle une raison suffisante pour s’opposer carrément à la science et à la technologie ? Si une telle assertion est vérifiée, alors toutes les
disciplines scientifiques, y compris la physique, la chimie, les mathématiques, la médecine, l’ingénierie, etc. doivent être contrées.
Au sujet de l’Irak, on a raconté des mensonges
Quel en a été le résultat ? Je suis persuadé que dire des mensonges est répréhensible dans n’importe quelle culture, et que vous n’aimeriez pas que l’on vous mente.
Monsieur le Président, les Latino-Américains n’ont-ils pas le droit de se poser la question de savoir pourquoi leurs gouvernements démocratiquement élus sont contrés et les leaders golpistes
soutenus ? Ou bien alors, doivent-ils constamment être menacés et vivre dans la peur ? Les peuples d’Afrique sont des gens créatifs et talentueux, qui travaillent très dur.
Ils peuvent un rôle important et précieux dans la satisfaction des besoins de l’humanité, et contribuer à son progrès tant matériel que spirituel.
Mais la pauvreté et les dictatures violentes, dans la majorité des pays africains, empêchent qu’il en soit bien ainsi.
Les Africains ne sont-ils pas fondés à demander pourquoi leurs énormes ressources - notamment minières - sont en train d’être pillées, en dépit du fait qu’ils en ont besoin plus que tout autre
peuple ? Là encore, ces agissements correspondent-ils en quoi que ce soit aux enseignements du Christ et aux préceptes des droits de l’homme ? Le peuple courageux et croyant d’Iran se
pose lui aussi beaucoup de questions, et il a beaucoup de griefs, dont le coup d’Etat de 1953, qui a entraîné le renversement du gouvernement légal de l’époque, l’opposition à la révolution
islamique, la transformation d’une ambassade en un quartier général pour soutenir les activités des contre-révolutionnaires opposés à la Révolution islamique, le soutien apporté à Saddam Hussein
durant la guerre qu’il a déclenchée contre l’Iran, un avion civil iranien abattu, tuant tous ses passagers, le gel des avoirs de l’Iran, des menaces croissantes et l’ opposition aux progrès
scientifiques et nucléaires de la nation iranienne, et beaucoup d’autres griefs que je n’énoncerai pas ici de manière exhaustive.
Monsieur le Président,
Les événements du 11 septembre furent une horrible catastrophe.
L’assassinat d’innocents est déplorable et horrible, où que ce soit dans le monde.
Notre gouvernement a immédiatement fait connaître son dégoût pour les assassins, et il a offert ses condoléances aux familles endeuillées et exprimé sa commisération et sa sympathie pour les
victimes.
Tous les gouvernements ont pour devoir de protéger la vie, les biens et le bien-être de leurs citoyens.
On dit un peu partout que votre gouvernement recourt à des systèmes extensifs de sécurité, de protection et d’espionnage - et même qu’il pourchasse ses opposants à l’étranger.
Le 11 septembre n’a pas été une opération [militaire] comme n’importe quelle autre.
Aurait-elle pu être planifiée et exécutée sans une coordination avec des services de renseignement et de sécurité - ou sans leur infiltration extensive ? Bien entendu, ce n’est là que timide
hypothèse, en tout bien tout honneur.
Pourquoi les différents aspects de cette attaque ont-ils été gardés secrets ? Pourquoi ne nous dit-on pas quels sont les responsables qui ont négligé leurs responsabilités ? Et pourquoi
les responsables et les coupables ne sont-ils pas identifiés, ni présentés devant un tribunal ? Tous les gouvernements ont le devoir d’assurer à leurs citoyens sécurité et tranquillité
d’esprit.
Or, depuis plusieurs années, le peuple de votre pays et les peuples riverains des points troublés de la planète n’ont plus de tranquillité d’esprit.
Après le 11 septembre, au lieu de cicatriser et de soigner les blessures émotionnelles des survivants et du peuple états-unien, immensément traumatisé par les attentats - certains médias
occidentaux n’ont fait au contraire qu’intensifier le climat de peur et d’insécurité - certains parlant constamment de la possibilité de nouvelles attaques terroristes, afin de maintenir le
peuple dans une peur incessante.
Est-ce rendre là un service au peuple états-unien ? Est-il possible d’estimer les dommages ainsi causés par la peur et la panique ? Les citoyens états-uniens vivent dans la peur
constante de nouveaux attentats qui pourraient se produire à tout instant, n’importe où.
Ils se sentent profondément en insécurité dans les rues, sur leur lieu de travail, et même chez eux.
Qui pourrait vivre heureux, dans une telle situation ? Pourquoi les médias, au lieu de donner un sentiment de réconfort et de sécurité, et d’assurer au maximum la tranquillité d’esprit, ont
au contraire renforcé le sentiment d’insécurité ? D’aucun pensent que cette paranoïa a pavé la voie - et a été la justification - en vue de l’attaque contre l’Afghanistan.
Encore une fois, le rôle des médias
Dans les chartes déontologiques des professions médiatiques, une diffusion correcte de l’information et une relation honnête des événements sont des préceptes fondamentaux.
J’exprime mon profond regret au sujet du mépris manifesté par certains médias occidentaux pour ces principes.
Le principal prétexte pour attaquer l’Irak fut l’existence, dans ce pays, d’armes de destruction massive.
Cela a été rabâché sans relâche - afin que le public finisse, de guerre lasse, par le croire - et voilà : le terrain était préparé en vue de l’attaque contre l’Irak.
La vérité ne finira-t-elle pas par être complètement perdue de vue, dans un climat controuvé et entièrement trompeur ? Encore une fois, si on permet que la vérité soit perdue de vue, comment
cela peut-il être concilié avec les valeurs rappelées plus haut ? La vérité est-elle perdue dans les sables, y compris pour le Tout-Puissant ? Monsieur le Président, dans la plupart des
pays, dans le monde entier, les citoyens pourvoient aux dépenses des gouvernements afin que leurs gouvernements, en retour, soient en mesure de les servir.
La question, ici, est la suivante : « qu’est-ce que les centaines de milliards de dollars, dépensés chaque année afin de financer la campagne guerrière en Irak, a produit pour les
citoyens états-uniens ? » Comme le sait parfaitement votre Excellence, dans certains Etats de votre pays, il y a des États-uniens qui vivent dans l’indigence.
Ces milliers de sans-abri et de sans-emploi représentent un énorme problème
Bien entendu, ce genre de problème existe - à plus ou moins grande échelle - dans bien d’autres pays, également.
En ayant ces conditions déplorables à l’esprit, les dépenses gargantuesques de la campagne militaire - imputées sur le budget public - peuvent-elles être justifiées et tenues pour conformes aux
principes rappelés en début de cette lettre ? Que dit-on, quels sont les griefs des gens, dans le monde entier, dans notre région, et dans votre pays ?
Mais mon principal souci - dont j’espère que vous le partagerez, au moins pour partie - est le suivant : Les gens au pouvoir ont un temps défini à passer aux affaires, ils ne sont pas
appelés à gouverner indéfiniment, mais leur nom sera enregistré dans l’histoire et ils seront constamment jugé dans le futur immédiat, et aussi dans un futur plus éloigné.
Les gens vont passer notre présidence au peigne fin.
Aurons-nous réussi à apporter la paix, la sécurité et la prospérité aux gens, ou au contraire l’insécurité et le chômage ? Aurons-nous cherché à instaurer la justice, ou nous sommes-nous
contenté de soutenir des groupes d’intérêts particuliers, poussant beaucoup de gens dans une vie de pauvreté et de difficulté, rendu une poignée de personnes riches et puissantes - tout en
acquérant leur soutien au prix de l’approbation du peuple et du Tout-Puissant ? Aurons-nous défendu les droits des gens défavorisés, ou les aurons-nous ignorés ? Aurons-nous défendu les
droits de tous les hommes, partout sur la planète, ou leur aurons-nous imposé des guerres, aurons-nous interféré illégalement dans leurs affaires intérieures, aurons-nous créé des prisons
infernales et emprisonnés certains d’entre eux ? Aurons-nous dit la vérité à notre peuple et aux autres, dans le monde entier, ou leur en aurons-nous présenté une version controuvée ?
Aurons-nous été aux côtés de notre peuple, ou du côté des occupants et des oppresseurs ? Notre administration aura-t-elle agi afin de promouvoir un comportement rationnel, logique,
l’éthique, la paix, en satisfaisant aux obligations morales, à la justice, au service du peuple, de la prospérité, du progrès et du respect de la dignité humaine, ou bien n’aura-t-elle servi que
la force des canons ?
L’intimidation, l’insécurité, le mépris du peuple, le renvoi aux calendes grecques du progrès et de l’excellence d’autres pays, et le piétinement des droits du peuple ? Enfin, nous serons
jugés sur la question de savoir si nous sommes restés fidèles au serment propre à notre fonction, de servir le peuple - ce qui est notre tâche primordiale - et fidèles aussi aux traditions des
prophètes - ou non ? Monsieur le Président, combien de temps le monde continuera-t-il à tolérer cette situation ? Vers quoi cette pente fatale conduit-elle le monde ?
Jusqu’à quand les peuples du monde entier devront-ils payer pour les décisions incorrectes d’une poignée de dirigeants ? Combien de temps encore le spectre de l’insécurité - qui émane des
énormes stocks d’armes de destruction massive - va-t-il hanter les peuples du monde entier ? Combien de temps encore le sang des hommes, des femmes et des enfants innocents va-t-il continuer
à être répandu dans les rues, et les maisons des braves gens à être démolies sur leurs têtes ?
La situation qui règne actuellement dans le monde vous satisfait-elle ? Pensez-vous que la politique actuelle peut-être poursuivie ? Si les milliards de dollars dépensés pour la
sécurité, les campagnes militaires et les mouvements de troupes étaient consacrés aux investissements et à l’aide aux pays pauvres, à la promotion de la santé, à la lutte contre diverses
maladies, à l’éducation et à l’amélioration de la santé mentale et physique des gens, à l’aide aux victimes de catastrophes naturelles, à la création d’ emplois et à la production, à des projets
de développement et de lutte contre la pauvreté, à l’instauration de la paix, à la médiation entre états en conflit et à l’extinction des flammes de conflits ethniques, raciaux et autres, où en
serait aujourd’hui le monde ? Votre gouvernement et votre peuple ne seraient-ils pas particulièrement fiers, et à juste titre ?
La situation politique et économique de votre économie ne serait-elle pas meilleure ? Et, je suis désolé de vous le dire, aurait-on assisté à cette haine mondiale, de plus en plus forte,
envers les gouvernements américains quels qu’ils soient ? Monsieur le Président, il n’est nullement dans mes intentions de mettre qui que ce soit dans l’embarras.
Si les prophètes Abraham, Isaac, Jacob, Ishmael, Joseph ou Jésus-Christ (Que la Paix soit sur Eux) étaient aujourd’hui parmi nous, comment jugeraient-ils un tel comportement ? Aurions-nous
un rôle à jouer dans le monde de la Promesse, un monde dans lequel la justice sera universelle et Jésus-Christ (Que la Paix soit sur Lui) sera présent. Et même : nous
accepterons-t-ils ? Ma question, fondamentale, est celle-ci : n’y a-t-il pas une meilleure façon d’interagir avec le reste du monde ?
Aujourd’hui, il y a des centaines de millions de chrétiens, des centaines de millions de musulmans, et de millions de personnes qui suivent les enseignements de Moïse (Que la Paix soit sur Lui).
Toutes les religions célestes ont en partage un concept, qu’elles respectent : le monothéïsme, ou la croyance en un seul Dieu, exclusivement.
Le saint Coran met l’accent sur ce mot commun, et il exhorte les croyants des religions divines en ces termes : « Dis ! Ô vous qui respectez le Livre ! Convenez avec nous
d’une proposition équitable entre nous et vous, aux termes de laquelle nous ne servirons personne sauf Allah, auquel nous ne donnerons aucun associé.
Avec Lui, et quelques croyants de notre communauté ne prendrons personne comme Seigneur, si ce n’est Allah, mais s’ils reviennent, alors ils diront : « Soyez témoins du fait que nous
sommes Musulmans.
Monsieur le Président,
D’après les versets divins, nous avons tous été appelés à adorer un seul Dieu et à suivre les enseignements des divins prophètes
« A adorer un Dieu qui est supérieur à tous les pouvoirs de ce bas-monde, et qui peut se rendre là où bon Lui semble ;
« Le Seigneur, qui sait ce qui est caché et ce qui est visible, le passé et l’avenir, sait ce qui se passe dans le cour de Ses serviteurs, et enregistre leurs faits et gestes.
« Le Seigneur, à qui appartiennent les cieux et la terre et tous l’univers est Son tribunal », « la planification de l’univers est faite par Ses mains, et il donne à ses Serviteurs
les bienfaits béatifiques de la miséricorde et de la rémission des péchés. »
« Il est le compagnon de l’opprimé et l’ennemi des oppresseurs » ;
« Il est plein de compassion et de miséricorde
« Il est le recours des croyants et il les guide vers la lumière, en les tirant de l’obscurité » ;
« Il est le témoin des actions de Ses serviteurs », « Il exhorte ses serviteurs à être fidèles et à faire de bonnes actions, et il leur demande de demeurer sur le sentier étroit de
la rectitude et de demeurer confiants. »
« Il exhorte ses serviteurs à respecter Ses prophètes et Il est un témoin de leurs agissements.
« Une triste fin attend seulement ceux qui ont choisi la vie d’ici-bas et de Lui désobéir et d’opprimer ceux qui Le servent. »
Et « Un délicieux et éternel paradis appartient à ces croyants qui redoutent Sa majesté et ne se laissent pas entraîner par leur propre lascivité.
« Nous croyons que le retour aux enseignements des divins prophètes est la seule voie salvifique.
Je me suis laissé dire que votre Excellence suit les enseignements de Jésus, et qu’elle croît en les divines promesses de son règne des justes sur la Terre.
Nous pensons également que Jésus-Christ fut un des grands prophètes du Tout-Puissant.
Il est à plusieurs reprises louangé, dans le Coran.
Jésus est cité, également, dans le Coran [19,36] « Et, certainement, Allah est mon Seigneur et ton Seigneur, par conséquent, sers-Le ; c’est là le bon chemin, Myriam. »
Le service du Tout-Puissant et l’obéissance envers Lui, tel est le credo de tous les messagers divins.
Le Dieu de tous les peuples d’Europe, d’Asie, d’Afrique, d’Amérique, du Pacifique et de tout le reste du monde est un seul et même Dieu.
« Il est le Tout-Puissant qui veut guider et donner leur dignité à tous Ses serviteurs. Il a donné la grandeur à tous les Humains. Nous lisons, toujours dans le Saint Coran :
« Dieu, Tout-Puissant, a envoyé Ses prophètes qui ont fait des miracles et donné des signes évidents afin de guider le peuple et de leur montrer des preuves divines et de les purifier des
péchés et des souillures. Et Il a envoyé le Livre et la balance afin que le peuple puisse faire preuve de justice et évite les irrespectueux. »
Tous les versets cités ci-dessus sont apparents, sous une forme ou sous une autre, dans la Bible, également.
Les prophètes divins l’ont promis : le jour viendra où tous les hommes se rassembleront devant le tribunal du Tout-Puissant, afin que leurs actes soient examinés. Le bienfaisant sera dirigé
vers le Ciel, et les méchants trouveront leur châtiment divin. Je pense que nous croyons tous deux en un tel jour, mais il ne sera pas facile d’estimer l’action des dirigeants, parce que nous
devons être redevables à nos nations et à tous les autres, tous ceux dont la vie a été directement ou indirectement affectée par nos actions. Tous les prophètes parlent de paix et de tranquillité
pour l’homme - fondées sur le monothéisme, la justice et le respect de la dignité humaine.
Ne pensez-vous pas que si nous nous mettions tous d’accord pour croire et respecter ces principes - à savoir : le monothéisme, l’adoration de Dieu, la justice, le respect pour la dignité de
l’homme, la croyance dans le Jugement Dernier - nous pourrions surmonter les problèmes actuels du monde, qui résultent de la désobéissance au Tout-Puissant et aux enseignements des prophètes, et
améliorer nos performances ? Ne pensez-vous pas que les principes mentionnés, écrits ou non-écrits, sont universellement respectés ? N’accepterez-vous pas cette invitation ?
C’est-à-dire l’invitation à faire un retour sincère vers les enseignements des prophètes, le monothéisme et la justice, afin de préserver la dignité humaine et l’obéissance envers le
Tout-Puissant et ses prophètes ? Monsieur le Président, l’Histoire nous enseigne que les gouvernements répressifs et cruels ne sauraient survivre très longtemps.
Dieu a chargé les hommes de leur propre sort.
Le Tout-Puissant n’a pas abandonné l’univers et l’humanité à leurs propres inerties. Beaucoup de choses se sont produites, qui allaient à l’encontre des souhaits et des projets des gouvernements.
Cela nous dit qu’il y a une puissance supérieure, qui agit, et que tous les événements sont déterminés par Lui.
Y a-t-il quelqu’un qui puisse nier les signes de changement, dans le monde, aujourd’hui ? La situation régnant aujourd’hui dans le monde est-elle comparable en quoi que ce soit à celle qui
existait voici seulement dix ans ? Les changements se produisent rapidement, et s’enchaînent sur un rythme impétueux. Les peuples du monde ne sont pas satisfaits du statu quo, et ils ne prêtent
que très peu d’attention aux promesses et aux commentaires d’un petit nombre de dirigeants influents au niveau mondial Beaucoup de personnes, dans le monde, se sentent en insécurité et s’opposent
à l’extension de l’insécurité et de la guerre : elles n’approuvent pas ni n’ acceptent certaines politiques douteuses.
Les gens protestent contre le gouffre qui va sans cesse s’élargissant entre les possédants et les indigents, entre les pays riches et les pays pauvres. Les gens sont dégoûtés par la corruption
qui ne fait qu’empirer. Les habitants de plusieurs pays sont en colère en raison des agressions contre leurs fondements culturels et de la désintégration des familles. Ils sont également
désappointés par le recul de l’attention et de la compassion.
Les peuples du monde ne croient plus aux organisations internationales, parce que leurs droits ne sont plus défendus par ces organisations. Le libéralisme et la démocratie de style occidental
n’ont pas été capables de contribuer à la réalisation des idéaux de l’humanité. Aujourd’hui, l’échec de ces deux concepts est patent. Les personnes clairvoyantes peuvent d’ores et déjà entendre
les craquements avertissant de l’écroulement de l’idéologie et de la pensée des systèmes démocratiques libéraux. Nous voyons de plus en plus de personnes, dans le monde entier, en train de se
mettre en route vers un point focal fondamental - à savoir : Dieu Tout-Puissant.
Nul ne doute qu’à travers la foi en Dieu et les enseignements des prophètes, les hommes pourront surmonter leurs problèmes.
La question qu’il me brûle de vous poser est celle-ci : « Ne voulez-vous pas vous joindre à eux ? »
Monsieur le Président, que le vouliez ou non, le monde est en train de graviter en direction de la foi en le Tout-Puissant et la justice, et la volonté de Dieu prévaudra sur toute chose.
Wa-s-salâm ’alâ man ittaba’-l-hudâ [Que la paix soit sur celui qui suivra la voie droite]
Mahmûd Ahmadi-Najad - Président de la République islamique d’Iran
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Ceux qui connaissent Jean Ziegler, le professeur combatif, actuellement membre du Conseil consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève connaissent également son éloquence et son
intrépidité quand il désigne les malaises et les injustices. Il se peut qu’il ne soit pas toujours au-delà de toute exagération, attitude qui est peut-être liée à la nature de son engagement qui
mérite pourtant tout notre respect. En sa qualité de Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, il s’est non seulement fait une renommée au sein des pays en développement mais
aussi sur le plan international, car c’est grâce à son engagement que les nombreuses victimes de la crise alimentaire dans les pays pauvres du monde entier ont obtenu une voix au sein de la
communauté internationale. Il fustige aussi bien l’égoïsme sans bornes du néo-libéralisme moderne, représenté notamment par l’OMC et la Banque mondiale, que le système inhumain qui règne en Chine
communiste. Partout où les droits de l’homme ne sont pas respectés, Jean Ziegler élève sa voix.
C’est également le cas dans son récent ouvrage intitulé «La haine de l’Occident». Il y explique de manière impressionnante pourquoi une collaboration fructueuse entre le Nord (les pays
industrialisés) et le Sud (les soi-disant pays en développement) n’a pas vraiment été possible jusqu’à nos jours.
Ceux qui suivent les débats au Conseil des droits de l’homme, et qui ont compris avec stupeur que la condamnation du gouvernement du Sri Lanka pour de graves violations des droits de l’homme face
à la minorité tamoule a échoué à cause du véto des pays en développement, trouveront des réponses dans le récent ouvrage de Ziegler.
L’auteur y expose l’histoire de l’impérialisme des Blancs en remontant jusqu’à l’époque sinistre de la Traite des esclaves. A cette époque-là des millions d’Africains furent capturés, enlevés à
leurs familles et expédiés outre-mer. Ceux qui survécurent aux conditions exécrables de ces transports, furent réduits à vivre une vie misérable en tant que serfs d’un propriétaire de mine ou
d’un grand propriétaire terrien, s’il est permis de parler de vie. Rares ont été les maîtres d’esclaves à éprouver une compassion humaine et à se comporter en personnes civilisées.
Aucune excuse des pays industrialisés
La liste de ces humiliations, commises par les Blancs, est longue, preuve en est la nature des traces que les soi-disant pays développés ont laissées en Afrique, en Asie, en Amérique latine et
ailleurs dans le monde.
La tentative de la Communauté internationale de soigner ces blessures lors de la Conférence internationale de l’ONU sur le racisme de Durban échoua face à l’arrogance du Nord et de l’Occident et aboutit, comme le dit l’auteur, «dans le désastre». Les pays victimes méritant la réparation des crimes commis dans le passé, se heurtèrent à un Occident réfutant toute responsabilité et répondant aux revendications des pays victimes avec indignation et ignorance.
La double morale occidentale face aux droits de l’homme
Dans différents chapitres, Ziegler règle ses comptes avec différents Etats et leurs crimes contre l’humanité, notamment le Royaume Uni, l’Allemagne, les Etats-Unis, la France, et l’Union
européenne. Il ne mâche pas ses mots et accuse l’insupportable double morale des gouvernements face aux droits de l’homme et la manière de les imposer. Le cas de la France en dit long. La France
ayant sévi terriblement, du temps de l’impérialisme, dans les colonies maghrébines, n’a pas pu, jusqu’à nos jours, se résoudre à avouer sa culpabilité et accepter son devoir de réparations.
L’exemple cité par l’auteur quant au président français le montre de toute évidence. En 2007, à Dakar, Sarkozy a dit devant des centaines d’étudiants que le «défi de l’Afrique consistait à faire
son entrée dans l’Histoire». Ce qui ne veut rien dire d’autre que les pays d’Afrique sont eux-mêmes responsables de leur misère. En outre il reproche aux Africains: «Voulez-vous que la faim ne
sévisse plus sur le sol africain? Voulez-vous qu’aucun enfant ne meure de faim sur le sol africain? Eh bien, œuvrez en vue d’une agriculture autosuffisante!»
Quiconque connaît un peu la manière de l’UE de saper, à l’aide de subventions à l’exportation par exemple, le faible marché africain ne peut retrouver, dans de telles paroles, que l’intention de
se moquer des populations africaines, attitude à laquelle les pays exploités par la France et d’autres Etats colonisateurs se sont heurtés depuis des siècles.
L’auteur critique également sans équivoque la politique israélienne et l’attitude de l’Occident face aux violations des droits de l’homme commises par Israël. Il montre, en se référant à
différents votes au sein du Conseil des droits de l’homme concernant les violations des droits de l’homme commises par Israël et également par d’autres Etats, que les pays industrialisés
pratiquent le deux poids deux mesures. Par principe, ils s’opposent à toute résolution visant à condamner les transgressions israéliennes, justifiant leur attitude par la présumée partialité des
résolutions. Mais quand il s’agit d’une violation des droits de l’homme en Asie ou en Afrique, la condamnation unanime de l’Occident est garantie.
La famine au Biafra
Ziegler montre avec l’exemple de deux Etats, le Nigéria et la Bolivie, comment malgré leur indépendance formelle les gouvernements des deux pays continuent à dépendre partiellement de l’Occident
à cause de la corruption et des engrenages économiques et financiers. Ce sont surtout les faits par rapport à la Guerre du Biafra des années 60 du siècle passé qui font voir au lecteur la
véritable toile de fond de cette catastrophe alimentaire et humanitaire connue dans le monde entier. Après avoir lu le livre de Ziegler, personne ne s’étonnera que la responsabilité se trouve du
côté des Etats occidentaux et de leurs multinationales pétrolières. Voilà une guerre qui a duré trente mois, laissant derrière elle près de 2 millions de morts ainsi qu’un désastre devenu
entre-temps le synonyme de la faim africaine.
Bien qu’il s’agisse d’analyses historiques et politiques, Ziegler ne perd jamais de vue les souffrances individuelles et c’est une qualité indéniable. L’exemple de cette fillette de cinq ans,
contrainte par la violence la plus brutale à laver la vaisselle dans un restaurant, du matin au soir, illustre la situation de détresse dans laquelle se trouvent les êtres humains qui vivent les
effets des crises, et exige en même temps notre compassion liée à l’appel urgent d’agir. Jean Ziegler termine ce chapitre-là par l’affirmation bouleversante: «De tels enfants esclaves, il y en a
des centaines de milliers au Nigéria.»
La résistance s’active
Un nouvel espoir, pour la Bolivie, est apparu lors de l’élection à la présidence de l’indigène Evo Morales. On y assiste à la libération progressive du joug de l’oppression. Dans ce chapitre,
Ziegler évoque l’histoire des Conquistadors qui, depuis le XVIe siècle, furent responsables de la misère des indigènes d’Amérique latine. Là, comme partout dans le monde, les traces des Blancs
sont restées visibles. Le fait que la Bolivie ait donné asile à des douzaines d’anciens officiers allemand de la SS et à d’autres cadres fascistes sans poursuite judiciaire et sans intervention
des Etats-Unis bien informés, ouvre un autre chapitre sombre de ces Etats corrompus rendus dépendants de l’Occident.
Mais ce n’est pas seulement la Bolivie qui fut victime de cette oppression et de cette exploitation brutale, mais l’Amérique latine toute entière. Dans le chapitre intitulé «La fierté retrouvée»
l’auteur décrit à quel point les gens avaient repris espoir suite à l’élection d’Evo Morales, et ceci non seulement en Bolivie. Sa réélection avec plus de 60% en est la meilleure confirmation.
Selon Ziegler, Morales poursuit «une stratégie triple: la récupération des mines, des gisements de pétrole et des plantations; la lutte contre la misère sociale; le démantèlement de l’Etat
colonial et la mise en place d’un Etat social». L’histoire récente nous a appris que ce programme constitue un véritable champ miné pour Morales. Dans ce contexte, Ziegler rappelle le cas du
Premier ministre iranien, Mossadegh, dont le choix de ramener les champs pétroliers en propriété de l’Etat lui a coûté la vie. Ce n’est que dernièrement que Barack Obama a confirmé publiquement
que ceux qui tiraient les ficelles à l’arrière-plan de ce complot de 1953, ne furent rien d’autre que les USA et leurs services secrets préparant ainsi la prise du pouvoir du Chah Réza Pahlévi,
confirmation qui n’étonna guère les historiens qui le savaient depuis longtemps.
Quiconque désire mieux connaître les origines de la «haine de l’Occident» ne se privera pas de la lecture de cet ouvrage de Jean Ziegler. Ce livre où l’analyse politique précise et sans équivoque
va de pair avec la compassion envers l’être humain, ne répand pas de pessimisme malgré toute critique de l’Occident. Il s’agit tout au contraire, pour nous tous, d’un appel clair et net à nous
rendre compte des origines des problèmes actuels et de contribuer à y remédier
Article publié le 11 janvier 2010 sur le site Alter info
Source: http://www.horizons-et-debats.ch/
Lien de l'article: http://www.alterinfo.net/Le-fosse-entre-le-Nord-et-le-Sud-ne-sera-comble-qu-avec-honnetete_a41278.html
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Lettre ouverte d’Evo Morales, président de la Bolivie, à propos de la "directive retour" de l’Union Européenne
Evo MORALES
Jusqu’à la fin de la seconde guerre mondial, l’Europe fut un continent d’émigrants. Des dizaines de millions d’européens partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises
financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques. Aujourd’hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite « directive
retour ». Le texte, validé le 5 juin dernier par les ministres de l’intérieur des 27 pays de l’Union Européenne, doit être voté le 18 juin au Parlement Européen. Je sens que se durcissent de
manière drastique les conditions de détention et d’expulsion des migrants sans papier, quelle que soient leur temps de permanence dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens
familiaux, leur volonté et leurs efforts d’intégration.
Les européens arrivèrent massivement en Amérique Latine et aux États-Unis, sans visas ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus et continuent de l’être dans nos pays
du continent américain, qui alors absorbèrent la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent pour exploiter les richesses et les transférer en Europe,
avec un coût très élevé pour les populations indigènes d’Amérique. Comme c’est le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines d’argent qui ont apporté la masse monétaire au
continent européen du XVIème au XIXème siècle. Les personnes, les biens et les droits des migrants européens furent toujours respectés.
Aujourd’hui, l’Union Européenne est la destination principale des migrants du monde, conséquence de son image positive d’espace de prospérité et de libertés publiques. L’immense majorité des
migrants va à l’UE pour contribuer à cette prospérité, et non pour en profiter. Ils occupent des postes dans les travaux publics, la construction, les services aux personnes et les hôpitaux,
postes que ne peuvent ou ne veulent pas occuper les européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs que rendent
possible vos généreux systèmes de sécurité sociale et ils dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de
l’UE.
Pour nous, nos migrants représentent l’aide au développement que les européens ne nous donnent pas – en effet, peu de pays atteignent réellement l’objectif minimum de 0.7 % de leur PIB pour
l’aide au développement. L’Amérique Latine a reçu, en 2006, 68 000 millions de dollars de transferts de fonds, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau
mondial, ils atteignent 300 000 millions de dollars, dépassant les 104 000 millions accordés pour l’aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, reçoit plus de 10% du PIB en transferts (1
100 millions de dollars) ou un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.
Cela signifie que les flux migratoires sont bénéfiques autant pour les Européens que pour nous autres du Tiers Monde, bien que de manière marginale puisque nous perdons également des contingents
de main d’œuvre qualifiés qui se comptent par millions, et pour lesquels, d’une manière ou d’une autre, nos États, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières.
Lamentablement, le projet de « directive retour » complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou groupe d’États peut définir ses politiques migratoires en
toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient niés à nos compatriotes et frères latino-américains. La « directive retour » prévoit la
possibilité d’un emprisonnement des migrants sans papier allant jusqu’à 18 mois avant leur expulsion – ou « éloignement », selon les termes de la directive. 18 mois ! Sans jugement
ni justice ! Tel qu’il est aujourd’hui, le projet de texte de la directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8, et 9 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.
En particulier l’article 13 de la Déclaration annonce :
« 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »
Et, le pire de tout, il existe la possibilité d’emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans tenir compte de leur situation familiale ou scolaire, dans des centres d’internement où nous
savons que les dépressions, les grèves de la faim et les suicides existent. Comment peut-on accepter sans réagir que soient concentrés dans des camps des compatriotes et frères latino-américains
sans papier qui, pour une immense majorité ont passé des années à travailler et à s’intégrer ? De quel côté est aujourd’hui le devoir d’ingérence humanitaire ? Où est la « liberté
de circuler », la protection contre l’emprisonnement arbitraire ?
Parallèlement, l’Union Européenne essaie de convaincre la Communauté Andine des Nations (Bolivie, Colombie, Equateur et Pérou) de signer un « Accord d’Association » qui comprend en
troisième pilier, un Traité de Libre Commerce, de la même nature et contenu que ceux qu’imposent les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la part de la Commission Européenne pour
accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publiques. De plus, au nom de la protection juridique,
nous subissons des pressions à propos des processus de nationalisation de l’eau, du gaz et des télécommunications réalisés à l’occasion de la Journée Internationale des Travailleurs (1er mai
- NDT). Je demande, dans ce cas, où est la « sécurité juridique » pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui cherchent de meilleurs horizons en Europe ?
Promouvoir la libre circulation de marchandises et des finances, alors qu’en face nous assistons à l’emprisonnement sans procès pour nos frères qui essaient de circuler librement, c’est nier les
fondements de la liberté et des droits démocratiques.
Dans ces conditions, si cette « directive retour » est approuvée, nous serions dans l’impossibilité éthique d’approfondir les négociations avec l’Union Européenne et nous nous réservons
le droit de mettre en place pour les citoyens européens les mêmes obligations de visa imposées au Boliviens depuis le 1er avril 2007, selon le principe de réciprocité diplomatique. Nous ne
l’avons pas exercé jusqu’à ce jour, justement dans l’espoir de voir de bon signaux de la part de l’UE.
Le monde, ses continents, ses océans et ses pôles, vivent d’importantes difficultés globales : le réchauffement climatique, la pollution, la disparition lente mais certaine des ressources
énergétiques et de la biodiversité tandis qu’augmentent la faim et la pauvreté dans les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu’ils soient avec ou sans papier, les boucs émissaires
de ces problèmes globaux, n’est pas une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l’Europe ne sont pas la faute des migrants, mais le résultat
du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.
Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent, de régions du monde telles que le Maghreb, de l’Asie et des pays d’Afrique, je lance un appel à la conscience des liders et des
députés européens, des peuples, citoyens et activistes d’Europe, pour que le texte de la « directive retour » ne soit pas approuvé.
Telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est une directive de la honte. J’appelle également l’Union Européenne à élaborer, dans les mois prochains, une politique migratoire respectueuse des
droits humains qui permette de maintenir ce dynamisme profitable à nos deux continents et qui répare une fois pour toute la terrible dette historique, économique et écologique qu’ont les pays
d’Europe envers une grande partie du Tiers Monde, qui referme une fois pour toute les veines toujours ouvertes de l’Amérique Latine. Vous ne pouvez rater aujourd’hui vos « politiques
d’intégration » comme vous avez échoué avec votre prétendue « mission civilisatrice » du temps des colonies.
Recevez, chers tous, autorités, euro parlementaires, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier, notre solidarité envers tous les « clandestins ».
Evo Morales Ayma - Président de la République de Bolivie
Traduction : Perrine Escoriguel
Cette lettre du président Evo Morales est traduite dans de nombreuses langues par les traducteurs de Tlaxcala. Prière de la diffuser. Italien (Manuela Vittorelli) : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?refer... Anglais (Machetera) : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?refer...
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Article du quotidien "Le Monde" du 29
juillet 09