Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /2010 13:45

d’autres écrits - partie 1.

 

 

« Le prix de la lâcheté est toujours le mal »

 Alexandre Soljenitsyne

 

 

D’autres textes majeurs portés à votre entendement. Non pas par facilité, celle qui m’éviterait de commettre de nouveaux articles. Simplement des écrits qui, pour une grande partie d’entre eux, furent ou sont largement occulté par l’ensemble des médias.

 

Pourquoi ces textes précisément ?

 

Parce qu’ils sont vrais et clament des vérités longtemps écartées ou dissimulées.

 

Le temps, mais surtout la phénoménale accélération apportée par « internet » aux communications et aux échanges d’informations de part le monde porte aujourd’hui ses fruits. Partout, en tous lieux de notre planète, le monde se réveille, le monde réagit. Mieux, le monde est en marche. Irréductiblement. Après une longue et terrible gestation. Rien ni personne ne pourra l’arrêter.

 

Parce qu’ils disent mieux ce que je pense et m’évitent ainsi de misérables plagias.



Pierre par Carole Galand

Parce qu’ils traitent des problèmes majeurs de notre monde actuel.

 

Vous trouverez d’abord le texte du référendum proposé par Evo MORALES président de la Bolivie pour sauver notre planète. Il y a plus de 30 années de cela, Michel SERRES commis une œuvre remarquable : « Le contrat Naturel ». Il fut le premier à parler des « droits de la Terre » et de l’instauration d’un contrat entre elle – la Terre - et nous les humains afin que nous la préservions. Je ne sais si Evo MORALES ou l’un des membres de son cabinet ont connaissance des écrits de Michel SERRES, mais ils seraient bien inspirés de l’inviter et de s’entretenir avec lui. Nul doute qu’ils en tireraient d’immenses enseignements bénéfiques pour la suite de cette merveilleuse démarche engagée par le président bolivien.

 

Ensuite  la lettre que Mahmoud AHMADINEJAD adressa à George W BUSH, elle a le mérite d’être claire. Puis un résumé du livre « la haine de l’Occident » de Jean ZIEGLER. Il s’agit d’une analyse sans concession qui mérite d’être connue et qui trouve exactement sa place dans le contexte mondial actuel. Un retour à Evo MORALES avec sa lettre ouverte à l’intention des pays membres de l’U.E. Lui aussi sait  mettre son cœur comme ses tripes à nu.

 

Enfin deux écrits de l’immense Alexandre SOLJENITSYNE : son discours à l’Université d’Harvard et celui qu’il commit pour son prix Nobel de la Paix (1970/1972).

 

Cela fait beaucoup à lire ! Je sais ! Cependant, soyez certains d’une chose : vous ne regretterez pas le temps consacré à ces lectures.


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Le référendum proposé par Evo Morales à Copenhague



 La-Bolivie-annonce-l-organisation-d-un-Sommet-Climatique-Al

Evo Morales

Président de la Bolivie


Extraits de l’intervention d’Evo Morales auprès des mouvements sociaux.

« Si les peuples nous accompagnent nous sommes ici pour changer les politiques capitalistes qui font tant de mal à l’humanité. »


« La défense de la vie, de l’humanité et des droits de la Terre-mère ne sera possible qu’avec le changement de la politique mondiale afin d’empêcher que le réchauffement globale menace la survie sur la planète »,


“Les causes du réchauffement global de la planète vient de l’industrialisation illimitée et déraisonnable promu par les grandes puissances qui ont contaminé l’atmosphère et mettent en danger la vie des êtres vivants, et pas seulement des humains”,


« Certains présidents de nations préfèrent opter pour l’argent et les gains et non pour la défense de la vie”.


 “Il est nécessaire que les gouvernants choisissent de contribuer à la vie pour sauver l’humanité et non pour la tuer”,


«La Bolivie doit prendre l’initiative de convoquer un Sommet Mondial des Peuples sur le Changement climatique pour la défense de l’humanité, de la vie et de la planète”


« Les nations industrialisées ont seulement choisi d’analyser les effets du changement climatique et non pas les causes ».


« … la nécessité que les nations changent de posture pour défendre la Terre-mère »


“Une élévation de la température mondiale de deux degrés centigrades serait une menace pour la survie du monde, à tel point que les eaux des océans monterons jusqu’à provoquer la disparition d’îles où vivent des êtres humains”,


“Il faut que le monde et ses représentants aient une vision claire pour identifier les vrais dangers qui menacent le survie sur la planète et pour adopter des mesures contre la contamination environnementale et le changement climatique”,


“L’objectif est d’obtenir une position de consensus pour la soumettre au prochain Sommet sur le Changement climatique qui se déroulera en décembre 2010 au Mexique”,


“Les Droits de la Terre-mère sont plus importants que nos propres Droits de l’homme”,


« La Terre peut vivre sans l’homme, mais pas le contraire ».


Il a mis l’accent sur la décision de l’ONU d’approuver la Résolution qui promeut l’harmonie avec la nature, ce qu’il a qualifié comme un pas important pour que la communauté internationale approuve finalement la “Déclaration Universelle des Droits de la Terre-mère”.


" (..) En quoi consiste le fait que les peuples du monde décident du futur de l’humanité ? Il consiste en un référendum mondial sur le changement climatique. Que les peuples du monde décident par leur vote conscient du destin de l’Humanité.


Je veux vous lire la première proposition de ce référendum :

1 - Êtes-vous d’accord pour rétablir l’harmonie avec la nature, et pour reconnaître les droits de la Terre Mère ? (cris et applaudissements d’approbation de la salle)

2 - Êtes-vous d’accord pour changer ce modèle de surconsommation et de gaspillage qu’est le système capitaliste ? (cris et applaudissements d’approbation de la salle)

3 - Êtes-vous d’accord pour que les pays développés réduisent et réabsorbent leurs émissions de Co2 à effet de serre pour que la température ne monte pas de plus d’un degré centigrade ? (cris et applaudissements d’approbation de la salle)

4 - Êtes-vous d’accord pour transférer tout ce qui a été dépensé dans les guerres et pour consacrer un budget supérieur à la défense de la Terre face au changement climatique ? (cris et applaudissements d’approbation de la salle)

5 - Êtes-vous d’accord avec un tribunal de justice climatique pour juger ceux qui détruisent la Terre Mère ? (cris et applaudissements d’approbation de la salle)

 

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Lettre de Mahmoud Ahmadinejad à George W. Bush


Mahmoud Ahmadinejad-2 

Mahmoud Ahmadinejad


A M. George Bush, Président des Etats-Unis d’Amérique,

Depuis quelque temps, je me demande comment quiconque pourrait-il justifier les contradictions flagrantes qui existent dans l’arène internationale - et qui font l’objet de débats constants, en particulier dans les fora politiques et entre étudiants de nos universités ?


Beaucoup de questions demeurent sans réponse.


C’est ce qui m’amène à discuter certaines de ces contradictions et de ces questions, dans l’espoir que cela puisse apporter une opportunité d’y trouver une solution.


Comment un adepte de Jésus-Christ (Que la Paix soit sur Lui), le grand Messager de Dieu, peut-il se sentir obligé de respecter les droits de l’ homme, de présenter le libéralisme comme s’il s’agissait d’un modèle de civilisation, annoncer son opposition à la prolifération des armes nucléaires et des armes de destruction massive, de faire de la « guerre contre le terrorisme » son slogan et finalement d’œvrer à l’instauration d’ une communauté internationale unifiée - une communauté que le Christ et les vertueux sur la Terre dirigeront un jour - tout en faisant que des pays sont agressés, les vies, les réputations et les biens des gens détruits, et cela, alors qu’il n’y avait qu’une chance minime d’attendre les. les «  criminels », dans un village, dans une ville, ou dans un convoi. Avec malheureusement - les exemples existent - un village, une ville, ou un convoi (sur une route) entièrement transformés en brasiers. ?


Ou bien, à cause de la possibilité qu’il y ait des armes de destruction massive dans un pays, ce pays est occupé, près de 100 000 personnes tuées, ses sources d’eau, son agriculture et son industrie détruites, près de 180 000 soldats étrangers déployés sur son territoire, le sanctuaire des domiciles privés de ses citoyens violé, et ce pays ramené au bas mot cinquante ans en arrière ?


A quel prix ? Des centaines de milliards de dollars dépensés, ponctionnés dans le trésor d’un pays et de certains autres, et des dizaines de milliers de jeunes hommes et de jeunes femmes - constituant les troupes d’ occupation - exposés au danger, tenus éloignés de leur famille et de leurs êtres chers, leurs mains tachées du sang d’autrui, soumis à une telle pression psychologique que, tous les jours, certains d’entre eux se suicident et que ceux qui retournent chez eux souffrent de dépression, sont maladifs et aux prises de toutes sortes d’affections ; tandis que d’autres se font tuer et qu’on remet leur dépouille à leurs proches.


Au prétexte de l’existence alléguée d’armes de destruction massive, cette immense tragédie en est venue à englober les deux peuples : celui du pays occupé, et celui du pays occupant.


Puis il fut révélé qu’aucune arme de destruction massive ne s’y trouvait, pour commencer. Bien sûr, Saddam était un dictateur criminel. Mais la guerre n’a pas été menée, qui aurait pu le renverser. Le but déclaré de la guerre, c’était de trouver et de détruire des armes de destruction massive introuvables ! Saddam a été renversé au passage, sur la voie d’un autre objectif de guerre. Mais qu’importe : les habitants de la région s’en réjouissent. Je fais observer que tout au long des nombreuses années de sa guerre contre l’Iran, Saddam a été continûment soutenu par l’Occident.


Monsieur le Président, vous le savez sans doute : je suis enseignant. Mes étudiants me demandent comment de tels actes pourraient-ils être mis en cohérence avec les valeurs soulignées au début de cette lettre et se conformer à la tradition de Jésus-Christ (Que la Paix soit sur Lui), ce Messager de paix et de pardon.


Il y a des prisonniers, à Guantanamo Bay, qui n’ont toujours pas été jugés, qui n’ont pas d’avocat, que leurs familles ne peuvent pas voir et qui sont à l’évidence maintenus en détention dans une terre étrangère, loin de leur propre pays.


Aucune mission de surveillance de leurs conditions (de détention) et de leur sort n’est en place. Personne ne sait quel est leur statut : prisonniers (de droit commun), prisonniers de guerre, prévenus ou condamnés ?


Des enquêteurs européens ont confirmé l’existence de prisons secrètes en Europe, aussi. J’ai eu beau chercher : je n’ai trouvé aucun texte, dans un quelconque système juridique, qui autoriserait l’enlèvement d’une personne, ni que cette personne - homme ou femme - soit retenue dans quelque prison secrète.


A ce sujet, je ne parviens pas à comprendre comment ce genre d’agissement pourrait correspondre aux valeurs soulignées au début de cette lettre, à savoir : les enseignements de Jésus-Christ (Que la Paix soit sur Lui), les droits de l’Homme et les valeurs humaines.


Les jeunes gens, les étudiants et beaucoup de gens ordinaires se posent beaucoup de questions à propos du phénomène que représente Israël.


Je suis certain que vous êtes familiarisé avec certaines d’entre elles.


Tout au long de l’Histoire, beaucoup de pays ont été occupés, mais je pense que la création d’un nouveau pays, dans lequel on a amené un autre peuple, est un phénomène sans aucun précédent historique.


Mes étudiants me disent que voici soixante ans seulement, ce pays n’existait pas. Ils me montrent de vieux documents et d’anciens globes terrestres et ils me disent qu’ils ont eu beau chercher, ils n’ont pas trouvé de pays appelé «  Israël ».


Je leur conseille d’étudier l’histoire des Première et Seconde Guerres mondiales.


Un de mes étudiants m’a dit qu’au cours de la Seconde Guerre mondiale, qui a causé la mort de plusieurs dizaines de millions de personnes, les informations relatives au conflit étaient rapidement diffusées par les protagonistes.


Chaque pays en conflit vantait ses victoires et célébrait les dernières défaites de ses ennemis sur la ligne de front.


Après la guerre, ces pays prétendirent que six millions de Juifs avaient été tués.


Ces six millions de personnes devaient avoir un lien de parenté avec au minimum deux millions de familles.


Là encore, supposons que ces événements soient authentiques.


Doivent-ils se traduire logiquement par la création de l’Etat d’Israël en plein Moyen-Orient, ou par un soutien à un Etat de ce genre ? Comment ce phénomène peut-il être rationalisé, ou expliqué ? Monsieur le Président, je suis convaincu que vous savez de quelle manière - et à quel prix - Israël a été créé : plusieurs milliers de personnes ont perdu la vie, au cours de ce processus ; des millions d’indigènes ont été transformés en réfugiés ; des centaines de milliers d’hectares de terres agricoles, d’oliveraies, des villes et des villages ont été détruits.


Cette tragédie ne se limite pas exclusivement à l’époque de la création d’Israël ; malheureusement, elle s’est poursuivie, et elle entre actuellement dans sa soixantième année.


Un régime a été instauré, qui ne démontre pas la moindre pitié, même envers des enfants, qui détruit des maisons alors que leurs habitants sont encore à l’intérieur, qui annonce par avance sa liste de personnalités palestiniennes à abattre, ainsi que ses plans à cette fin, et qui détient des milliers de Palestiniens prisonniers dans ses geôles.


Un phénomène tel celui-ci est unique - ou en tous les cas extrêmement rare - dans l’histoire récente.


Une autre grande question que posent les gens, c’est celle de savoir pourquoi ce régime bénéficie-t-il d’un quelconque soutien ? Soutenir un tel régime, est-ce conforme avec les enseignements de Jésus-Christ (Que la Paix soit sur Lui), ou de Moïse (Que la Paix soit sur Lui), ou encore les valeurs humanistes ? Ou bien devons-nous comprendre que le fait de permettre aux habitants originels de ces terres - à l’intérieur et à l’extérieur de la Palestine (dans la diaspora) - qu’ils soient chrétiens, musulmans ou juifs, de déterminer leur sort irait à l’encontre de la démocratie, des droits de l’homme et des enseignements des prophètes ? Sinon, pourquoi cette opposition acharnée à tout référendum ? Le gouvernement palestinien, nouvellement élu, vient de prendre ses fonctions.


Tous les observateurs indépendants ont confirmé que ce gouvernement est représentatif de l’électorat.


Mais voilà : d’une manière totalement incroyable, on a placé ce gouvernement élu sous pression, et on lui a fortement « conseillé » de reconnaître le régime israélien, d’abandonner la lutte et de suivre le programme du gouvernement précédent.


Si le gouvernement palestinien actuel s’était présenté sur la plate-forme électorale en question, le peuple palestinien aurait-il voté pour lui ? Encore une fois, une position telle celle-là, prise en opposition au gouvernement palestinien, peut-elle être considérée en adéquation avec les valeurs que j’ai souligné plus haut ? Les gens disent aussi : « Pourquoi toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu condamnant Israël ont-elles fait l’objet d’un veto ? » Monsieur le Président, comme vous le savez certainement, je vis parmi les gens de mon peuple, et je suis constamment en contact avec eux - beaucoup de gens, dans l’ensemble du Moyen-Orient, tiennent à me contacter, également.


Eux non plus, ils ne croient pas à ces politiques douteuses.


Il est de plus en plus évident que les peuples de notre région du monde sont de plus en plus en colère contre ces politiques.


Il n’est pas dans mon intention de multiplier les questions, mais je tiens à faire référence, également, à d’autres points.


Pourquoi toute réalisation technique et scientifique aboutie, au Moyen-Orient, est-elle immédiatement transformée et dépeinte en menace pour l’entité sioniste ? La recherche et développement, en matière scientifique, n’est-elle pas un droit fondamental pour tout pays ?


Vous connaissez bien l’Histoire.


Mis à part le Moyen Âge, à quelle autre époque, dans l’Histoire, le progrès scientifique et technique a-t-il été considéré comme un crime ? La possibilité que des réalisations scientifiques soient utilisées à des fins militaires est-elle une raison suffisante pour s’opposer carrément à la science et à la technologie ? Si une telle assertion est vérifiée, alors toutes les disciplines scientifiques, y compris la physique, la chimie, les mathématiques, la médecine, l’ingénierie, etc. doivent être contrées.


Au sujet de l’Irak, on a raconté des mensonges


Quel en a été le résultat ? Je suis persuadé que dire des mensonges est répréhensible dans n’importe quelle culture, et que vous n’aimeriez pas que l’on vous mente.


Monsieur le Président, les Latino-Américains n’ont-ils pas le droit de se poser la question de savoir pourquoi leurs gouvernements démocratiquement élus sont contrés et les leaders golpistes soutenus ? Ou bien alors, doivent-ils constamment être menacés et vivre dans la peur ? Les peuples d’Afrique sont des gens créatifs et talentueux, qui travaillent très dur.


Ils peuvent un rôle important et précieux dans la satisfaction des besoins de l’humanité, et contribuer à son progrès tant matériel que spirituel.


Mais la pauvreté et les dictatures violentes, dans la majorité des pays africains, empêchent qu’il en soit bien ainsi.


Les Africains ne sont-ils pas fondés à demander pourquoi leurs énormes ressources - notamment minières - sont en train d’être pillées, en dépit du fait qu’ils en ont besoin plus que tout autre peuple ? Là encore, ces agissements correspondent-ils en quoi que ce soit aux enseignements du Christ et aux préceptes des droits de l’homme ? Le peuple courageux et croyant d’Iran se pose lui aussi beaucoup de questions, et il a beaucoup de griefs, dont le coup d’Etat de 1953, qui a entraîné le renversement du gouvernement légal de l’époque, l’opposition à la révolution islamique, la transformation d’une ambassade en un quartier général pour soutenir les activités des contre-révolutionnaires opposés à la Révolution islamique, le soutien apporté à Saddam Hussein durant la guerre qu’il a déclenchée contre l’Iran, un avion civil iranien abattu, tuant tous ses passagers, le gel des avoirs de l’Iran, des menaces croissantes et l’ opposition aux progrès scientifiques et nucléaires de la nation iranienne, et beaucoup d’autres griefs que je n’énoncerai pas ici de manière exhaustive.


Monsieur le Président,


Les événements du 11 septembre furent une horrible catastrophe.


L’assassinat d’innocents est déplorable et horrible, où que ce soit dans le monde.


Notre gouvernement a immédiatement fait connaître son dégoût pour les assassins, et il a offert ses condoléances aux familles endeuillées et exprimé sa commisération et sa sympathie pour les victimes.


Tous les gouvernements ont pour devoir de protéger la vie, les biens et le bien-être de leurs citoyens.


On dit un peu partout que votre gouvernement recourt à des systèmes extensifs de sécurité, de protection et d’espionnage - et même qu’il pourchasse ses opposants à l’étranger.


Le 11 septembre n’a pas été une opération [militaire] comme n’importe quelle autre.


Aurait-elle pu être planifiée et exécutée sans une coordination avec des services de renseignement et de sécurité - ou sans leur infiltration extensive ? Bien entendu, ce n’est là que timide hypothèse, en tout bien tout honneur.


Pourquoi les différents aspects de cette attaque ont-ils été gardés secrets ? Pourquoi ne nous dit-on pas quels sont les responsables qui ont négligé leurs responsabilités ? Et pourquoi les responsables et les coupables ne sont-ils pas identifiés, ni présentés devant un tribunal ? Tous les gouvernements ont le devoir d’assurer à leurs citoyens sécurité et tranquillité d’esprit.


Or, depuis plusieurs années, le peuple de votre pays et les peuples riverains des points troublés de la planète n’ont plus de tranquillité d’esprit.


Après le 11 septembre, au lieu de cicatriser et de soigner les blessures émotionnelles des survivants et du peuple états-unien, immensément traumatisé par les attentats - certains médias occidentaux n’ont fait au contraire qu’intensifier le climat de peur et d’insécurité - certains parlant constamment de la possibilité de nouvelles attaques terroristes, afin de maintenir le peuple dans une peur incessante.


Est-ce rendre là un service au peuple états-unien ? Est-il possible d’estimer les dommages ainsi causés par la peur et la panique ? Les citoyens états-uniens vivent dans la peur constante de nouveaux attentats qui pourraient se produire à tout instant, n’importe où.


Ils se sentent profondément en insécurité dans les rues, sur leur lieu de travail, et même chez eux.


Qui pourrait vivre heureux, dans une telle situation ? Pourquoi les médias, au lieu de donner un sentiment de réconfort et de sécurité, et d’assurer au maximum la tranquillité d’esprit, ont au contraire renforcé le sentiment d’insécurité ? D’aucun pensent que cette paranoïa a pavé la voie - et a été la justification - en vue de l’attaque contre l’Afghanistan.


Encore une fois, le rôle des médias


Dans les chartes déontologiques des professions médiatiques, une diffusion correcte de l’information et une relation honnête des événements sont des préceptes fondamentaux.


J’exprime mon profond regret au sujet du mépris manifesté par certains médias occidentaux pour ces principes.


Le principal prétexte pour attaquer l’Irak fut l’existence, dans ce pays, d’armes de destruction massive.


Cela a été rabâché sans relâche - afin que le public finisse, de guerre lasse, par le croire - et voilà : le terrain était préparé en vue de l’attaque contre l’Irak.


La vérité ne finira-t-elle pas par être complètement perdue de vue, dans un climat controuvé et entièrement trompeur ? Encore une fois, si on permet que la vérité soit perdue de vue, comment cela peut-il être concilié avec les valeurs rappelées plus haut ? La vérité est-elle perdue dans les sables, y compris pour le Tout-Puissant ? Monsieur le Président, dans la plupart des pays, dans le monde entier, les citoyens pourvoient aux dépenses des gouvernements afin que leurs gouvernements, en retour, soient en mesure de les servir.


La question, ici, est la suivante : « qu’est-ce que les centaines de milliards de dollars, dépensés chaque année afin de financer la campagne guerrière en Irak, a produit pour les citoyens états-uniens ? » Comme le sait parfaitement votre Excellence, dans certains Etats de votre pays, il y a des États-uniens qui vivent dans l’indigence.


Ces milliers de sans-abri et de sans-emploi représentent un énorme problème


Bien entendu, ce genre de problème existe - à plus ou moins grande échelle - dans bien d’autres pays, également.


En ayant ces conditions déplorables à l’esprit, les dépenses gargantuesques de la campagne militaire - imputées sur le budget public - peuvent-elles être justifiées et tenues pour conformes aux principes rappelés en début de cette lettre ? Que dit-on, quels sont les griefs des gens, dans le monde entier, dans notre région, et dans votre pays ?


Mais mon principal souci - dont j’espère que vous le partagerez, au moins pour partie - est le suivant : Les gens au pouvoir ont un temps défini à passer aux affaires, ils ne sont pas appelés à gouverner indéfiniment, mais leur nom sera enregistré dans l’histoire et ils seront constamment jugé dans le futur immédiat, et aussi dans un futur plus éloigné.


Les gens vont passer notre présidence au peigne fin.


Aurons-nous réussi à apporter la paix, la sécurité et la prospérité aux gens, ou au contraire l’insécurité et le chômage ? Aurons-nous cherché à instaurer la justice, ou nous sommes-nous contenté de soutenir des groupes d’intérêts particuliers, poussant beaucoup de gens dans une vie de pauvreté et de difficulté, rendu une poignée de personnes riches et puissantes - tout en acquérant leur soutien au prix de l’approbation du peuple et du Tout-Puissant ? Aurons-nous défendu les droits des gens défavorisés, ou les aurons-nous ignorés ? Aurons-nous défendu les droits de tous les hommes, partout sur la planète, ou leur aurons-nous imposé des guerres, aurons-nous interféré illégalement dans leurs affaires intérieures, aurons-nous créé des prisons infernales et emprisonnés certains d’entre eux ? Aurons-nous dit la vérité à notre peuple et aux autres, dans le monde entier, ou leur en aurons-nous présenté une version controuvée ? Aurons-nous été aux côtés de notre peuple, ou du côté des occupants et des oppresseurs ? Notre administration aura-t-elle agi afin de promouvoir un comportement rationnel, logique, l’éthique, la paix, en satisfaisant aux obligations morales, à la justice, au service du peuple, de la prospérité, du progrès et du respect de la dignité humaine, ou bien n’aura-t-elle servi que la force des canons ?


L’intimidation, l’insécurité, le mépris du peuple, le renvoi aux calendes grecques du progrès et de l’excellence d’autres pays, et le piétinement des droits du peuple ? Enfin, nous serons jugés sur la question de savoir si nous sommes restés fidèles au serment propre à notre fonction, de servir le peuple - ce qui est notre tâche primordiale - et fidèles aussi aux traditions des prophètes - ou non ? Monsieur le Président, combien de temps le monde continuera-t-il à tolérer cette situation ? Vers quoi cette pente fatale conduit-elle le monde ?


Jusqu’à quand les peuples du monde entier devront-ils payer pour les décisions incorrectes d’une poignée de dirigeants ? Combien de temps encore le spectre de l’insécurité - qui émane des énormes stocks d’armes de destruction massive - va-t-il hanter les peuples du monde entier ? Combien de temps encore le sang des hommes, des femmes et des enfants innocents va-t-il continuer à être répandu dans les rues, et les maisons des braves gens à être démolies sur leurs têtes ?


La situation qui règne actuellement dans le monde vous satisfait-elle ? Pensez-vous que la politique actuelle peut-être poursuivie ? Si les milliards de dollars dépensés pour la sécurité, les campagnes militaires et les mouvements de troupes étaient consacrés aux investissements et à l’aide aux pays pauvres, à la promotion de la santé, à la lutte contre diverses maladies, à l’éducation et à l’amélioration de la santé mentale et physique des gens, à l’aide aux victimes de catastrophes naturelles, à la création d’ emplois et à la production, à des projets de développement et de lutte contre la pauvreté, à l’instauration de la paix, à la médiation entre états en conflit et à l’extinction des flammes de conflits ethniques, raciaux et autres, où en serait aujourd’hui le monde ? Votre gouvernement et votre peuple ne seraient-ils pas particulièrement fiers, et à juste titre ?


La situation politique et économique de votre économie ne serait-elle pas meilleure ? Et, je suis désolé de vous le dire, aurait-on assisté à cette haine mondiale, de plus en plus forte, envers les gouvernements américains quels qu’ils soient ? Monsieur le Président, il n’est nullement dans mes intentions de mettre qui que ce soit dans l’embarras.


Si les prophètes Abraham, Isaac, Jacob, Ishmael, Joseph ou Jésus-Christ (Que la Paix soit sur Eux) étaient aujourd’hui parmi nous, comment jugeraient-ils un tel comportement ? Aurions-nous un rôle à jouer dans le monde de la Promesse, un monde dans lequel la justice sera universelle et Jésus-Christ (Que la Paix soit sur Lui) sera présent. Et même : nous accepterons-t-ils ? Ma question, fondamentale, est celle-ci : n’y a-t-il pas une meilleure façon d’interagir avec le reste du monde ?

Aujourd’hui, il y a des centaines de millions de chrétiens, des centaines de millions de musulmans, et de millions de personnes qui suivent les enseignements de Moïse (Que la Paix soit sur Lui).


Toutes les religions célestes ont en partage un concept, qu’elles respectent  : le monothéïsme, ou la croyance en un seul Dieu, exclusivement.


Le saint Coran met l’accent sur ce mot commun, et il exhorte les croyants des religions divines en ces termes : «  Dis ! Ô vous qui respectez le Livre ! Convenez avec nous d’une proposition équitable entre nous et vous, aux termes de laquelle nous ne servirons personne sauf Allah, auquel nous ne donnerons aucun associé.


Avec Lui, et quelques croyants de notre communauté ne prendrons personne comme Seigneur, si ce n’est Allah, mais s’ils reviennent, alors ils diront : « Soyez témoins du fait que nous sommes Musulmans.


Monsieur le Président,


D’après les versets divins, nous avons tous été appelés à adorer un seul Dieu et à suivre les enseignements des divins prophètes


« A adorer un Dieu qui est supérieur à tous les pouvoirs de ce bas-monde, et qui peut se rendre là où bon Lui semble ;


« Le Seigneur, qui sait ce qui est caché et ce qui est visible, le passé et l’avenir, sait ce qui se passe dans le cour de Ses serviteurs, et enregistre leurs faits et gestes.


« Le Seigneur, à qui appartiennent les cieux et la terre et tous l’univers est Son tribunal », « la planification de l’univers est faite par Ses mains, et il donne à ses Serviteurs les bienfaits béatifiques de la miséricorde et de la rémission des péchés. »


« Il est le compagnon de l’opprimé et l’ennemi des oppresseurs » ;


« Il est plein de compassion et de miséricorde


« Il est le recours des croyants et il les guide vers la lumière, en les tirant de l’obscurité » ;


« Il est le témoin des actions de Ses serviteurs », « Il exhorte ses serviteurs à être fidèles et à faire de bonnes actions, et il leur demande de demeurer sur le sentier étroit de la rectitude et de demeurer confiants. »


« Il exhorte ses serviteurs à respecter Ses prophètes et Il est un témoin de leurs agissements.


« Une triste fin attend seulement ceux qui ont choisi la vie d’ici-bas et de Lui désobéir et d’opprimer ceux qui Le servent. »


Et « Un délicieux et éternel paradis appartient à ces croyants qui redoutent Sa majesté et ne se laissent pas entraîner par leur propre lascivité.


« Nous croyons que le retour aux enseignements des divins prophètes est la seule voie salvifique.


Je me suis laissé dire que votre Excellence suit les enseignements de Jésus, et qu’elle croît en les divines promesses de son règne des justes sur la Terre.


Nous pensons également que Jésus-Christ fut un des grands prophètes du Tout-Puissant.


Il est à plusieurs reprises louangé, dans le Coran.


Jésus est cité, également, dans le Coran [19,36] « Et, certainement, Allah est mon Seigneur et ton Seigneur, par conséquent, sers-Le ; c’est là le bon chemin, Myriam. »


Le service du Tout-Puissant et l’obéissance envers Lui, tel est le credo de tous les messagers divins.


Le Dieu de tous les peuples d’Europe, d’Asie, d’Afrique, d’Amérique, du Pacifique et de tout le reste du monde est un seul et même Dieu.


« Il est le Tout-Puissant qui veut guider et donner leur dignité à tous Ses serviteurs. Il a donné la grandeur à tous les Humains. Nous lisons, toujours dans le Saint Coran : « Dieu, Tout-Puissant, a envoyé Ses prophètes qui ont fait des miracles et donné des signes évidents afin de guider le peuple et de leur montrer des preuves divines et de les purifier des péchés et des souillures. Et Il a envoyé le Livre et la balance afin que le peuple puisse faire preuve de justice et évite les irrespectueux. »


Tous les versets cités ci-dessus sont apparents, sous une forme ou sous une autre, dans la Bible, également.


Les prophètes divins l’ont promis : le jour viendra où tous les hommes se rassembleront devant le tribunal du Tout-Puissant, afin que leurs actes soient examinés. Le bienfaisant sera dirigé vers le Ciel, et les méchants trouveront leur châtiment divin. Je pense que nous croyons tous deux en un tel jour, mais il ne sera pas facile d’estimer l’action des dirigeants, parce que nous devons être redevables à nos nations et à tous les autres, tous ceux dont la vie a été directement ou indirectement affectée par nos actions. Tous les prophètes parlent de paix et de tranquillité pour l’homme - fondées sur le monothéisme, la justice et le respect de la dignité humaine.


Ne pensez-vous pas que si nous nous mettions tous d’accord pour croire et respecter ces principes - à savoir : le monothéisme, l’adoration de Dieu, la justice, le respect pour la dignité de l’homme, la croyance dans le Jugement Dernier - nous pourrions surmonter les problèmes actuels du monde, qui résultent de la désobéissance au Tout-Puissant et aux enseignements des prophètes, et améliorer nos performances ? Ne pensez-vous pas que les principes mentionnés, écrits ou non-écrits, sont universellement respectés ? N’accepterez-vous pas cette invitation ? C’est-à-dire l’invitation à faire un retour sincère vers les enseignements des prophètes, le monothéisme et la justice, afin de préserver la dignité humaine et l’obéissance envers le Tout-Puissant et ses prophètes ? Monsieur le Président, l’Histoire nous enseigne que les gouvernements répressifs et cruels ne sauraient survivre très longtemps.


Dieu a chargé les hommes de leur propre sort.


Le Tout-Puissant n’a pas abandonné l’univers et l’humanité à leurs propres inerties. Beaucoup de choses se sont produites, qui allaient à l’encontre des souhaits et des projets des gouvernements. Cela nous dit qu’il y a une puissance supérieure, qui agit, et que tous les événements sont déterminés par Lui.


Y a-t-il quelqu’un qui puisse nier les signes de changement, dans le monde, aujourd’hui ? La situation régnant aujourd’hui dans le monde est-elle comparable en quoi que ce soit à celle qui existait voici seulement dix ans ? Les changements se produisent rapidement, et s’enchaînent sur un rythme impétueux. Les peuples du monde ne sont pas satisfaits du statu quo, et ils ne prêtent que très peu d’attention aux promesses et aux commentaires d’un petit nombre de dirigeants influents au niveau mondial Beaucoup de personnes, dans le monde, se sentent en insécurité et s’opposent à l’extension de l’insécurité et de la guerre : elles n’approuvent pas ni n’ acceptent certaines politiques douteuses.


Les gens protestent contre le gouffre qui va sans cesse s’élargissant entre les possédants et les indigents, entre les pays riches et les pays pauvres. Les gens sont dégoûtés par la corruption qui ne fait qu’empirer. Les habitants de plusieurs pays sont en colère en raison des agressions contre leurs fondements culturels et de la désintégration des familles. Ils sont également désappointés par le recul de l’attention et de la compassion.


Les peuples du monde ne croient plus aux organisations internationales, parce que leurs droits ne sont plus défendus par ces organisations. Le libéralisme et la démocratie de style occidental n’ont pas été capables de contribuer à la réalisation des idéaux de l’humanité. Aujourd’hui, l’échec de ces deux concepts est patent. Les personnes clairvoyantes peuvent d’ores et déjà entendre les craquements avertissant de l’écroulement de l’idéologie et de la pensée des systèmes démocratiques libéraux. Nous voyons de plus en plus de personnes, dans le monde entier, en train de se mettre en route vers un point focal fondamental - à savoir : Dieu Tout-Puissant.


Nul ne doute qu’à travers la foi en Dieu et les enseignements des prophètes, les hommes pourront surmonter leurs problèmes.


La question qu’il me brûle de vous poser est celle-ci : « Ne voulez-vous pas vous joindre à eux ? »


Monsieur le Président, que le vouliez ou non, le monde est en train de graviter en direction de la foi en le Tout-Puissant et la justice, et la volonté de Dieu prévaudra sur toute chose.


Wa-s-salâm ’alâ man ittaba’-l-hudâ [Que la paix soit sur celui qui suivra la voie droite]

Mahmûd Ahmadi-Najad - Président de la République islamique d’Iran

 

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 occident



Ceux qui connaissent Jean Ziegler, le professeur combatif, actuellement membre du Conseil consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève connaissent également son éloquence et son intrépidité quand il désigne les malaises et les injustices. Il se peut qu’il ne soit pas toujours au-delà de toute exagération, attitude qui est peut-être liée à la nature de son engagement qui mérite pourtant tout notre respect. En sa qualité de Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, il s’est non seulement fait une renommée au sein des pays en développement mais aussi sur le plan international, car c’est grâce à son engagement que les nombreuses victimes de la crise alimentaire dans les pays pauvres du monde entier ont obtenu une voix au sein de la communauté internationale. Il fustige aussi bien l’égoïsme sans bornes du néo-libéralisme moderne, représenté notamment par l’OMC et la Banque mondiale, que le système inhumain qui règne en Chine communiste. Partout où les droits de l’homme ne sont pas respectés, Jean Ziegler élève sa voix.


C’est également le cas dans son récent ouvrage intitulé «La haine de l’Occident». Il y explique de manière impressionnante pourquoi une collaboration fructueuse entre le Nord (les pays industrialisés) et le Sud (les soi-disant pays en développement) n’a pas vraiment été possible jusqu’à nos jours.


Ceux qui suivent les débats au Conseil des droits de l’homme, et qui ont compris avec stupeur que la condamnation du gouvernement du Sri Lanka pour de graves violations des droits de l’homme face à la minorité tamoule a échoué à cause du véto des pays en développement, trouveront des réponses dans le récent ouvrage de Ziegler.


L’auteur y expose l’histoire de l’impéria­lisme des Blancs en remontant jusqu’à l’époque sinistre de la Traite des esclaves. A cette époque-là des millions d’Africains furent capturés, enlevés à leurs familles et expédiés outre-mer. Ceux qui survécurent aux conditions exécrables de ces transports, furent réduits à vivre une vie misérable en tant que serfs d’un propriétaire de mine ou d’un grand propriétaire terrien, s’il est permis de parler de vie. Rares ont été les maîtres d’esclaves à éprouver une compassion humaine et à se comporter en personnes civilisées.


Aucune excuse des pays industrialisés


La liste de ces humiliations, commises par les Blancs, est longue, preuve en est la nature des traces que les soi-disant pays développés ont laissées en Afrique, en Asie, en Amérique latine et ailleurs dans le monde.

La tentative de la Communauté internationale de soigner ces blessures lors de la Conférence internationale de l’ONU sur le racisme de Durban échoua face à l’arrogance du Nord et de l’Occident et aboutit, comme le dit l’auteur, «dans le désastre». Les pays victimes méritant la réparation des crimes commis dans le passé, se heurtèrent à un Occident réfutant toute responsabilité et répondant aux revendications des pays victimes avec indignation et ignorance.


La double morale occidentale face aux droits de l’homme


Dans différents chapitres, Ziegler règle ses comptes avec différents Etats et leurs crimes contre l’humanité, notamment le Royaume Uni, l’Allemagne, les Etats-Unis, la France, et l’Union européenne. Il ne mâche pas ses mots et accuse l’insupportable double morale des gouvernements face aux droits de l’homme et la manière de les imposer. Le cas de la France en dit long. La France ayant sévi terriblement, du temps de l’impérialisme, dans les colonies maghrébines, n’a pas pu, jusqu’à nos jours, se résoudre à avouer sa culpabilité et accepter son devoir de réparations. L’exemple cité par l’auteur quant au président français le montre de toute évidence. En 2007, à Dakar, Sarkozy a dit devant des centaines d’étudiants que le «défi de l’Afrique consistait à faire son entrée dans l’Histoire». Ce qui ne veut rien dire d’autre que les pays d’Afrique sont eux-mêmes responsables de leur misère. En outre il reproche aux Africains: «Voulez-vous que la faim ne sévisse plus sur le sol africain? Voulez-vous qu’aucun enfant ne meure de faim sur le sol africain? Eh bien, œuvrez en vue d’une agriculture autosuffisante!»


Quiconque connaît un peu la manière de l’UE de saper, à l’aide de subventions à l’exportation par exemple, le faible marché africain ne peut retrouver, dans de telles paroles, que l’intention de se moquer des populations africaines, attitude à laquelle les pays exploités par la France et d’autres Etats colonisateurs se sont heurtés depuis des siècles.


L’auteur critique également sans équi­voque la politique israélienne et l’attitude de l’Occident face aux violations des droits de l’homme commises par Israël. Il montre, en se référant à différents votes au sein du Conseil des droits de l’homme concernant les violations des droits de l’homme commises par Israël et également par d’autres Etats, que les pays industrialisés pratiquent le deux poids deux mesures. Par principe, ils s’opposent à toute résolution visant à condamner les transgressions israéliennes, justifiant leur attitude par la présumée partialité des résolutions. Mais quand il s’agit d’une violation des droits de l’homme en Asie ou en Afrique, la condamnation unanime de l’Occident est garantie.


La famine au Biafra


Ziegler montre avec l’exemple de deux Etats, le Nigéria et la Bolivie, comment malgré leur indépendance formelle les gouvernements des deux pays continuent à dépendre partiellement de l’Occident à cause de la corruption et des engrenages économiques et financiers. Ce sont surtout les faits par rapport à la Guerre du Biafra des années 60 du siècle passé qui font voir au lecteur la véritable toile de fond de cette catastrophe alimentaire et humanitaire connue dans le monde entier. Après avoir lu le livre de Ziegler, personne ne s’étonnera que la responsabilité se trouve du côté des Etats occidentaux et de leurs multinationales pétrolières. Voilà une guerre qui a duré trente mois, laissant derrière elle près de 2 millions de morts ainsi qu’un désastre devenu entre-temps le synonyme de la faim africaine.
Bien qu’il s’agisse d’analyses historiques et politiques, Ziegler ne perd jamais de vue les souffrances individuelles et c’est une qualité indéniable. L’exemple de cette fillette de cinq ans, contrainte par la violence la plus brutale à laver la vaisselle dans un restaurant, du matin au soir, illustre la situation de détresse dans laquelle se trouvent les êtres humains qui vivent les effets des crises, et exige en même temps notre compassion liée à l’appel urgent d’agir. Jean Ziegler termine ce chapitre-là par l’affirmation bouleversante: «De tels enfants esclaves, il y en a des centaines de milliers au Nigéria.»


La résistance s’active


Un nouvel espoir, pour la Bolivie, est apparu lors de l’élection à la présidence de l’indigène Evo Morales. On y assiste à la libération progressive du joug de l’oppression. Dans ce chapitre, Ziegler évoque l’histoire des Conquistadors qui, depuis le XVIe siècle, furent responsables de la misère des indigènes d’Amérique latine. Là, comme partout dans le monde, les traces des Blancs sont restées visibles. Le fait que la Bolivie ait donné asile à des douzaines d’anciens officiers allemand de la SS et à d’autres cadres fascistes sans poursuite judiciaire et sans intervention des Etats-Unis bien informés, ouvre un autre chapitre sombre de ces Etats corrompus rendus dépendants de l’Occident.


Mais ce n’est pas seulement la Bolivie qui fut victime de cette oppression et de cette exploitation brutale, mais l’Amérique latine toute entière. Dans le chapitre intitulé «La fierté retrouvée» l’auteur décrit à quel point les gens avaient repris espoir suite à l’élection d’Evo Morales, et ceci non seulement en Bolivie. Sa réélection avec plus de 60% en est la meilleure confirmation. Selon Ziegler, Morales poursuit «une stratégie triple: la récupération des mines, des gisements de pétrole et des plantations; la lutte contre la misère sociale; le démantèlement de l’Etat colonial et la mise en place d’un Etat social». L’histoire récente nous a appris que ce programme constitue un véritable champ miné pour Morales. Dans ce contexte, Ziegler rappelle le cas du Premier ministre iranien, Mossadegh, dont le choix de ramener les champs pétroliers en propriété de l’Etat lui a coûté la vie. Ce n’est que dernièrement que Barack Obama a confirmé publiquement que ceux qui tiraient les ficelles à l’arrière-plan de ce complot de 1953, ne furent rien d’autre que les USA et leurs services secrets préparant ainsi la prise du pouvoir du Chah Réza Pahlévi, confirmation qui n’étonna guère les historiens qui le savaient depuis longtemps.


Quiconque désire mieux connaître les origines de la «haine de l’Occident» ne se privera pas de la lecture de cet ouvrage de Jean Ziegler. Ce livre où l’analyse politique précise et sans équivoque va de pair avec la compassion envers l’être humain, ne répand pas de pessimisme malgré toute critique de l’Occident. Il s’agit tout au contraire, pour nous tous, d’un appel clair et net à nous rendre compte des origines des problèmes actuels et de contribuer à y remédier

Article publié le 11 janvier 2010 sur le site Alter info

Source: http://www.horizons-et-debats.ch/

Lien de l'article: http://www.alterinfo.net/Le-fosse-entre-le-Nord-et-le-Sud-ne-sera-comble-qu-avec-honnetete_a41278.html

 

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Lettre ouverte d’Evo Morales, président de la Bolivie, à propos de la "directive retour" de l’Union Européenne

 

 evo-morales web1 

Evo MORALES


Jusqu’à la fin de la seconde guerre mondial, l’Europe fut un continent d’émigrants. Des dizaines de millions d’européens partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques. Aujourd’hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite « directive retour ». Le texte, validé le 5 juin dernier par les ministres de l’intérieur des 27 pays de l’Union Européenne, doit être voté le 18 juin au Parlement Européen. Je sens que se durcissent de manière drastique les conditions de détention et d’expulsion des migrants sans papier, quelle que soient leur temps de permanence dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et leurs efforts d’intégration.


Les européens arrivèrent massivement en Amérique Latine et aux États-Unis, sans visas ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus et continuent de l’être dans nos pays du continent américain, qui alors absorbèrent la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent pour exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les populations indigènes d’Amérique. Comme c’est le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines d’argent qui ont apporté la masse monétaire au continent européen du XVIème au XIXème siècle. Les personnes, les biens et les droits des migrants européens furent toujours respectés.


Aujourd’hui, l’Union Européenne est la destination principale des migrants du monde, conséquence de son image positive d’espace de prospérité et de libertés publiques. L’immense majorité des migrants va à l’UE pour contribuer à cette prospérité, et non pour en profiter. Ils occupent des postes dans les travaux publics, la construction, les services aux personnes et les hôpitaux, postes que ne peuvent ou ne veulent pas occuper les européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs que rendent possible vos généreux systèmes de sécurité sociale et ils dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l’UE.


Pour nous, nos migrants représentent l’aide au développement que les européens ne nous donnent pas – en effet, peu de pays atteignent réellement l’objectif minimum de 0.7 % de leur PIB pour l’aide au développement. L’Amérique Latine a reçu, en 2006, 68 000 millions de dollars de transferts de fonds, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ils atteignent 300 000 millions de dollars, dépassant les 104 000 millions accordés pour l’aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, reçoit plus de 10% du PIB en transferts (1 100 millions de dollars) ou un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.


Cela signifie que les flux migratoires sont bénéfiques autant pour les Européens que pour nous autres du Tiers Monde, bien que de manière marginale puisque nous perdons également des contingents de main d’œuvre qualifiés qui se comptent par millions, et pour lesquels, d’une manière ou d’une autre, nos États, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières.


Lamentablement, le projet de « directive retour » complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou groupe d’États peut définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient niés à nos compatriotes et frères latino-américains. La « directive retour » prévoit la possibilité d’un emprisonnement des migrants sans papier allant jusqu’à 18 mois avant leur expulsion – ou « éloignement », selon les termes de la directive. 18 mois ! Sans jugement ni justice ! Tel qu’il est aujourd’hui, le projet de texte de la directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8, et 9 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. En particulier l’article 13 de la Déclaration annonce :


« 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »


Et, le pire de tout, il existe la possibilité d’emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans tenir compte de leur situation familiale ou scolaire, dans des centres d’internement où nous savons que les dépressions, les grèves de la faim et les suicides existent. Comment peut-on accepter sans réagir que soient concentrés dans des camps des compatriotes et frères latino-américains sans papier qui, pour une immense majorité ont passé des années à travailler et à s’intégrer ? De quel côté est aujourd’hui le devoir d’ingérence humanitaire ? Où est la « liberté de circuler », la protection contre l’emprisonnement arbitraire ?


Parallèlement, l’Union Européenne essaie de convaincre la Communauté Andine des Nations (Bolivie, Colombie, Equateur et Pérou) de signer un « Accord d’Association » qui comprend en troisième pilier, un Traité de Libre Commerce, de la même nature et contenu que ceux qu’imposent les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la part de la Commission Européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publiques. De plus, au nom de la protection juridique, nous subissons des pressions à propos des processus de nationalisation de l’eau, du gaz et des télécommunications réalisés à l’occasion de la Journée Internationale des Travailleurs (1er mai - NDT). Je demande, dans ce cas, où est la « sécurité juridique » pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui cherchent de meilleurs horizons en Europe ?


Promouvoir la libre circulation de marchandises et des finances, alors qu’en face nous assistons à l’emprisonnement sans procès pour nos frères qui essaient de circuler librement, c’est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques.


Dans ces conditions, si cette « directive retour » est approuvée, nous serions dans l’impossibilité éthique d’approfondir les négociations avec l’Union Européenne et nous nous réservons le droit de mettre en place pour les citoyens européens les mêmes obligations de visa imposées au Boliviens depuis le 1er avril 2007, selon le principe de réciprocité diplomatique. Nous ne l’avons pas exercé jusqu’à ce jour, justement dans l’espoir de voir de bon signaux de la part de l’UE.


Le monde, ses continents, ses océans et ses pôles, vivent d’importantes difficultés globales : le réchauffement climatique, la pollution, la disparition lente mais certaine des ressources énergétiques et de la biodiversité tandis qu’augmentent la faim et la pauvreté dans les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu’ils soient avec ou sans papier, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n’est pas une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l’Europe ne sont pas la faute des migrants, mais le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.


Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent, de régions du monde telles que le Maghreb, de l’Asie et des pays d’Afrique, je lance un appel à la conscience des liders et des députés européens, des peuples, citoyens et activistes d’Europe, pour que le texte de la « directive retour » ne soit pas approuvé.


Telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est une directive de la honte. J’appelle également l’Union Européenne à élaborer, dans les mois prochains, une politique migratoire respectueuse des droits humains qui permette de maintenir ce dynamisme profitable à nos deux continents et qui répare une fois pour toute la terrible dette historique, économique et écologique qu’ont les pays d’Europe envers une grande partie du Tiers Monde, qui referme une fois pour toute les veines toujours ouvertes de l’Amérique Latine. Vous ne pouvez rater aujourd’hui vos « politiques d’intégration » comme vous avez échoué avec votre prétendue « mission civilisatrice » du temps des colonies.


Recevez, chers tous, autorités, euro parlementaires, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier, notre solidarité envers tous les « clandestins ».

Evo Morales Ayma - Président de la République de Bolivie


Traduction : Perrine Escoriguel

Cette lettre du président Evo Morales est traduite dans de nombreuses langues par les traducteurs de Tlaxcala. Prière de la diffuser. Italien (Manuela Vittorelli) : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?refer... Anglais (Machetera) : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?refer...

Par Pierre GALAND - Publié dans : l'Ordre Marchand
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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /2010 13:21

d’autres écrits - partie 2

 

 
Le Déclin du Courage – Alexandre Soljenitsyne – Harvard 8 juin 1978.


Alexandre SOLJENITSYNE

Alexandre Soljenitsyne


 

 

"Je suis très sincèrement heureux de me trouver ici parmi vous, à l’occasion du 327ème anniversaire de la fondation de cette université si ancienne et si illustre. La devise de Harvard est « VERITAS ». La vérité est rarement douce à entendre ; elle est presque toujours amère. Mon discours d’aujourd’hui contient une part de vérité ; je vous l’apporte en ami, non en adversaire.


Il y a trois ans, aux Etats-Unis, j’ai été amené à dire des choses que l’on a rejeté, qui ont paru inacceptables. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui acquiescent à mes propos d’alors…

Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel mais ce ne sont pas ces gens là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu’ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d’agir, qui fonde la politique d’un Etat sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu’on se place. Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là jusqu’à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie toute particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont pris d’un accès subit de vaillance et d’intransigeance, à l’égard de gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de courants condamnés par tous et manifestement incapables de rendre un seul coup. Alors que leurs langues sèchent et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes, face aux agresseurs et à l’Internationale de la terreur. Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant coureur de la fin ?

Quand les Etats occidentaux modernes se sont formés, fut posé comme principe que les gouvernements avaient pour vocation de servir l’homme, et que la vie de l’homme était orientée vers la liberté et la recherche du bonheur (en témoigne la déclaration américaine d’Indépendance.)Aujourd’hui, enfin, les décennies passées de progrès social et technique ont permis la réalisation de ces aspirations : un Etat assurant le bien-être général. Chaque citoyen s’est vu accorder la liberté tant désirée, et des biens matériels en quantité et en qualité propres à lui procurer, en théorie, un bonheur complet, mais un bonheur au sens appauvri du mot, tel qu’il a cours depuis ces mêmes décennies.

Au cours de cette évolution, cependant, un détail psychologique a été négligé : le désir permanent de posséder toujours plus et d’avoir une vie meilleure, et la lutte en ce sens, ont imprimé sur de nombreux visages à l’Ouest les marques de l’inquiétude et même de la dépression, bien qu’il soit courant de cacher soigneusement de tels sentiments. Cette compétition active et intense finit par dominer toute pensée humaine et n’ouvre pas le moins du monde la voie à la liberté du développement spirituel.

L’indépendance de l’individu à l’égard de nombreuses formes de pression étatique a été garantie ; la majorité des gens ont bénéficié du bien-être, à un niveau que leurs pères et leurs grands-pères n’auraient même pas imaginé ; il est devenu possible d’élever les jeunes gens selon ces idéaux, de les préparer et de les appeler à l’épanouissement physique, au bonheur, au loisir, à la possession de biens matériels, l’argent, les loisirs, vers une liberté quasi illimitée dans le choix des plaisirs. Pourquoi devrions-nous renoncer à tout cela ? Au nom de quoi devrait-on risquer sa précieuse existence pour défendre le bien commun, et tout spécialement dans le cas douteux où la sécurité de la nation aurait à être défendue dans un pays lointain ?

Même la biologie nous enseigne qu’un haut degré de confort n’est pas bon pour l’organisme. Aujourd’hui, le confort de la vie de la société occidentale commence à ôter son masque pernicieux.

La société occidentale s’est choisie l’organisation la plus appropriée à ses fins, une organisation que j’appellerais légaliste. Les limites des droits de l’homme et de ce qui est bon sont fixées par un système de lois ; ces limites sont très lâches. Les hommes à l’Ouest ont acquis une habileté considérable pour utiliser, interpréter et manipuler la loi, bien que paradoxalement les lois tendent à devenir bien trop compliquées à comprendre pour une personne moyenne sans l’aide d’un expert. Tout conflit est résolu par le recours à la lettre de la loi, qui est considérée comme le fin mot de tout. Si quelqu’un se place du point de vue légal, plus rien ne peut lui être opposé ; nul ne lui rappellera que cela pourrait n’en être pas moins illégitime. Impensable de parler de contrainte ou de renonciation à ces droits, ni de demander de sacrifice ou de geste désintéressé : cela paraîtrait absurde. On n’entend pour ainsi dire jamais parler de retenue volontaire : chacun lutte pour étendre ses droits jusqu’aux extrêmes limites des cadres légaux.

J’ai vécu toute ma vie sous un régime communiste, et je peux vous dire qu’une société sans référent légal objectif est particulièrement terrible. Mais une société basée sur la lettre de la loi, et n’allant pas plus loin, échoue à déployer à son avantage le large champ des possibilités humaines. La lettre de la loi est trop froide et formelle pour avoir une influence bénéfique sur la société. Quand la vie est tout entière tissée de relations légalistes, il s’en dégage une atmosphère de médiocrité spirituelle qui paralyse les élans les plus nobles de l’homme.

Et il sera tout simplement impossible de relever les défis de notre siècle menaçant armés des seules armes d’une structure sociale légaliste.

Aujourd’hui la société occidentale nous révèle qu’il règne une inégalité entre la liberté d’accomplir de bonnes actions et la liberté d’en accomplir de mauvaises. Un homme d’Etat qui veut accomplir quelque chose d’éminemment constructif pour son pays doit agir avec beaucoup de précautions, avec timidité pourrait-on dire. Des milliers de critiques hâtives et irresponsables le heurtent de plein fouet à chaque instant. Il se trouve constamment exposé aux traits du Parlement, de la presse. Il doit justifier pas à pas ses décisions, comme étant bien fondées et absolument sans défauts. Et un homme exceptionnel, de grande valeur, qui aurait en tête des projets inhabituels et inattendus, n’a aucune chance de s’imposer : d’emblée on lui tendra mille pièges. De ce fait, la médiocrité triomphe sous le masque des limitations démocratiques.

Il est aisé en tout lieu de saper le pouvoir administratif, et il a en fait été considérablement amoindri dans tous les pays occidentaux. La défense des droits individuels a pris de telles proportions que la société en tant que telle est désormais sans défense contre les initiatives de quelques-uns. Il est temps, à l’Ouest, de défendre non pas temps les droits de l’homme que ses devoirs.

D’un autre côté, une liberté destructrice et irresponsable s’est vue accorder un espace sans limite. Il s’avère que la société n’a plus que des défenses infimes à opposer à l’abîme de la décadence humaine, par exemple en ce qui concerne le mauvais usage de la liberté en matière de violence morale faites aux enfants, par des films tout pleins de pornographie, de crime, d’horreur. On considère que tout cela fait partie de la liberté, et peut être contrebalancé, en théorie, par le droit qu’ont ces mêmes enfants de ne pas regarder er de refuser ces spectacles. L’organisation légaliste de la vie a prouvé ainsi son incapacité à se défendre contre la corrosion du mal.

L’évolution s’est faite progressivement, mais il semble qu’elle ait eu pour point de départ la bienveillante conception humaniste selon laquelle l’homme, maître du monde, ne porte en lui aucun germe de mal, et tout ce que notre existence offre de vicié est simplement le fruit de systèmes sociaux erronés qu’il importe d’amender. Et pourtant, il est bien étrange de voir que le crime n’a pas disparu à l’Ouest, alors même que les meilleurs conditions de vie sociale semblent avoir été atteintes. Le crime est même bien plus présent que dans la société soviétique, misérable et sans loi.

La presse, aussi, bien sûr, jouit de la plus grande liberté. Mais pour quel usage ? (…) Quelle responsabilité s’exerce sur le journaliste, ou sur un journal, à l’encontre de son lectorat, ou de l’histoire ? S’ils ont trompé l’opinion publique en divulguant des informations erronées, ou de fausses conclusions, si même ils ont contribué à ce que des fautes soient commises au plus haut degré de l’Etat, avons-nous le souvenir d’un seul cas, où le dit journaliste ou le dit journal ait exprimé quelque regret ? Non, bien sûr, cela porterait préjudice aux ventes. De telles erreurs peut bien découler le pire pour une nation, le journaliste s’en tirera toujours. Etant donné que l’on a besoin d’une information crédible et immédiate, il devient obligatoire d’avoir recours aux conjectures, aux rumeurs, aux suppositions pour remplir les trous, et rien de tout cela ne sera jamais réfuté ; ces mensonges s’installent dans la mémoire du lecteur. Combien de jugements hâtifs, irréfléchis, superficiels et trompeurs sont ainsi émis quotidiennement, jetant le trouble chez le lecteur, et le laissant ensuite à lui-même ? La presse peut jouer le rôle d’opinion publique, ou la tromper. De la sorte, on verra des terroristes peints sous les traits de héros, des secrets d’Etat touchant à la sécurité du pays divulgués sur la place publique, ou encore des intrusions sans vergogne dans l’intimité de personnes connues, en vertu du slogan : « tout le monde a le droit de tout savoir ». Mais c’est un slogan faux, fruit d’une époque fausse ; d’une bien plus grande valeur est ce droit confisqué, le droit des hommes de ne pas savoir, de ne pas voir leur âme divine étouffée sous les ragots, les stupidités, les paroles vaines. Une personne qui mène une vie pleine de travail et de sens n’a absolument pas besoin de ce flot pesant et incessant d’information. (…) Autre chose ne manquera pas de surprendre un observateur venu de l’Est totalitaire, avec sa presse rigoureusement univoque : on découvre un courant général d’idées privilégiées au sein de la presse occidentale dans son ensemble, une sorte d’esprit du temps, fait de critères de jugement reconnus par tous, d’intérêts communs, la somme de tout cela donnant le sentiment non d’une compétition mais d’une uniformité. Il existe peut-être une liberté sans limite pour la presse, mais certainement pas pour le lecteur : les journaux ne font que transmettre avec énergie et emphase toutes ces opinions qui ne vont pas trop ouvertement contredire ce courant dominant.

Sans qu’il y ait besoin de censure, les courants de pensée, d’idées à la mode sont séparés avec soin de ceux qui ne le sont pas, et ces derniers, sans être à proprement parler interdits, n’ont que peu de chances de percer au milieu des autres ouvrages et périodiques, ou d’être relayés dans le supérieur. Vos étudiants sont libres au sens légal du terme, mais ils sont prisonniers des idoles portées aux nues par l’engouement à la mode. Sans qu’il y ait, comme à l’Est, de violence ouverte, cette sélection opérée par la mode, ce besoin de tout conformer à des modèles standards, empêchent les penseurs les plus originaux d’apporter leur contribution à la vie publique et provoquent l’apparition d’un dangereux esprit grégaire qui fait obstacle à un développement digne de ce nom. Aux Etats-Unis, il m’est arrivé de recevoir des lettres de personnes éminemment intelligentes – peut-être un professeur d’un petit collège perdu, qui aurait pu beaucoup pour le renouveau et le salut de son pays, mais le pays ne pouvait l’entendre, car les média n’allaient pas lui donner la parole. Voilà qui donne naissance à de solides préjugés de masse, à un aveuglement qui à notre époque est particulièrement dangereux.

Il est universellement admis que l’Ouest montre la voie au monde entier vers le développement économique réussi, même si dans les dernières années il a pu être sérieusement entamé par une inflation chaotique. Et pourtant, beaucoup d’hommes à l’Ouest ne sont pas satisfaits de la société dans laquelle ils vivent. Ils la méprisent, ou l’accusent de plus être au niveau de maturité requis par l’humanité. Et beaucoup sont amenés à glisser vers le socialisme, ce qui est une tentation fausse et dangereuse. J’espère que personne ici présent ne me suspectera de vouloir exprimer une critique du système occidental dans l’idée de suggérer le socialisme comme alternative. Non, pour avoir connu un pays où le socialisme a été mis en œuvre, je ne prononcerai pas en faveur d’une telle alternative. (…) Mais si l’on me demandait si, en retour, je pourrais proposer l’Ouest, en son état actuel, comme modèle pour mon pays, il me faudrait en toute honnêteté répondre par la négative. Non, je ne prendrais pas votre société comme modèle pour la transformation de la mienne. On ne peut nier que les personnalités s’affaiblissent à l’Ouest, tandis qu’à l’Est elles ne cessent de devenir plus fermes et plus fortes. Bien sûr, une société ne peut rester dans des abîmes d’anarchie, comme c’est le cas dans mon pays. Mais il est tout aussi avilissant pour elle de rester dans un état affadi et sans âme de légalisme, comme c’est le cas de la vôtre. Après avoir souffert pendant des décennies de violence et d’oppression, l’âme humaine aspire à des choses plus élevées, plus brûlantes, plus pures que celles offertes aujourd’hui par les habitudes d’une société massifiée, forgées par l’invasion révoltante de publicités commerciales, par l’abrutissement télévisuel, et par une musique intolérable.


Tout cela est sensible pour de nombreux observateurs partout sur la planète. Le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le modèle directeur. Il est des symptômes révélateurs par lesquels l’histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril. De tels avertissements sont, en l’occurrence, le déclin des arts, ou le manque de grands hommes d’Etat. Et il arrive parfois que les signes soient particulièrement concrets et explicites. Le centre de votre démocratie et de votre culture est-il privé de courant pendant quelques heures, et voilà que soudainement des foules de citoyens Américains se livrent au pillage et au grabuge. C’est que le vernis doit être bien fin, et le système social bien instable et mal en point.


Mais le combat pour notre planète, physique et spirituel, un combat aux proportions cosmiques, n’est pas pour un futur lointain ; il a déjà commencé. Les forces du Mal ont commencé leur offensive décisive. Vous sentez déjà la pression qu’elles exercent, et pourtant, vos écrans et vos écrits sont pleins de sourires sur commande et de verres levés. Pourquoi toute cette joie ?


Comment l’Ouest a-t-il pu décliner, de son pas triomphal à sa débilité présente ? A-t-il connu dans son évolution des points de non-retour qui lui furent fatals, a-t-il perdu son chemin ? Il ne semble pas que cela soit le cas. L’Ouest a continué à avancer d’un pas ferme en adéquation avec ses intentions proclamées pour la société, main dans la main avec un progrès technologique étourdissant. Et tout soudain il s’est trouvé dans son état présent de faiblesse. Cela signifie que l’erreur doit être à la racine, à la fondation de la pensée moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident à l’époque moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident, née à la Renaissance, et dont les développements politiques se sont manifestés à partir des Lumières. Elle est devenue la base da la doctrine sociale et politique et pourrait être appelée l’humanisme rationaliste, ou l’autonomie humaniste : l’autonomie proclamée et pratiquée de l’homme à l’encontre de toute force supérieure à lui. On peut parler aussi d’anthropocentrisme : l’homme est vu au centre de tout.


Historiquement, il est probable que l’inflexion qui s’est produite à la Renaissance était inévitable. Le Moyen Age en était venu naturellement à l’épuisement, en raison d’une répression intolérable de la nature charnelle de l’homme en faveur de sa nature spirituelle. Mais en s’écartant de l’esprit, l’homme s’empara de tout ce qui est matériel, avec excès et sans mesure. La pensée humaniste, qui s’est proclamée notre guide, n’admettait pas l’existence d’un mal intrinsèque en l’homme, et ne voyait pas de tâche plus noble que d’atteindre le bonheur sur terre. Voilà qui engagea la civilisation occidentale moderne naissante sur la pente dangereuse de l’adoration de l’homme et de ses besoins matériels.Tout ce qui se trouvait au-delà du bien-être physique et de l’accumulation de biens matériels, tous les autres besoins humains, caractéristiques d’une nature subtile et élevée, furent rejetés hors du champ d’intérêt de l’Etat et du système social, comme si la vie n’avait pas un sens plus élevé. De la sorte, des failles furent laissées ouvertes pour que s’y engouffre le mal, et son haleine putride souffle librement aujourd’hui. Plus de liberté en soi ne résout pas le moins du monde l’intégralité des problèmes humains, et même en ajoute un certain nombre de nouveaux.


Et pourtant, dans les jeunes démocraties, comme la démocratie américaine naissante, tous les droits de l’homme individuels reposaient sur la croyance que l’homme est une créature de Dieu. C’est-à-dire que la liberté était accordée à l’individu de manière conditionnelle, soumise constamment à sa responsabilité religieuse. Tel fut l’héritage du siècle passé.


Toutes les limitations de cette sorte s’émoussèrent en Occident, une émancipation complète survint, malgré l’héritage moral de siècles chrétiens, avec leurs prodiges de miséricorde et de sacrifice. Les Etats devinrent sans cesses plus matérialistes. L’Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l’homme, mais l’homme a vu complètement s’étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société. Durant ces dernières décennies, cet égoïsme juridique de la philosophie occidentale a été définitivement réalisé, et le monde se retrouve dans une cruelle crise spirituelle et dans une impasse politique. Et tous les succès techniques, y compris la conquête de l’espace, du Progrès tant célébré n’ont pas réussi à racheter la misère morale dans laquelle est tombé le XXème siècle, que personne n’aurait pu encore soupçonner au XIXème siècle.


L’humanisme dans ses développements devenant toujours plus matérialiste, il permit avec une incroyable efficacité à ses concepts d’être utilisés d’abord par le socialisme, puis par le communisme, de telle sorte que Karl Marx pût dire, en 1844, que « le communisme est un humanisme naturalisé. » Il s’est avéré que ce jugement était loin d’être faux. On voit les mêmes pierres aux fondations d’un humanisme altéré et de tout type de socialisme : un matérialisme sans frein, une libération à l’égard de la religion et de la responsabilité religieuse, une concentration des esprits sur les structures sociales avec une approche prétendument scientifique. Ce n’est pas un hasard si toutes les promesses rhétoriques du communisme sont centrées sur l’Homme, avec un grand H, et son bonheur terrestre. A première vue, il s’agit d’un rapprochement honteux : comment, il y aurait des points communs entre la pensée de l’Ouest et de l’Est aujourd’hui ? Là est la logique du développement matérialiste. (…)


Je ne pense pas au cas d’une catastrophe amenée par une guerre mondiale, et aux changements qui pourraient en résulter pour la société. Aussi longtemps que nous nous réveillerons chaque matin, sous un soleil paisible, notre vie sera inévitablement tissée de banalités quotidiennes. Mais il est une catastrophe qui pour beaucoup est déjà présente pour nous. Je veux parler du désastre d’une conscience humaniste parfaitement autonome et irréligieuse.


Elle a fait de l’homme la mesure de toutes choses sur terre, l’homme imparfait, qui n’est jamais dénué d’orgueil, d’égoïsme, d’envie, de vanité, et tant d’autres défauts. Nous payons aujourd’hui les erreurs qui n’étaient pas apparues comme telles au début de notre voyage. Sur la route qui nous a amenés de la Renaissance à nos jours, notre expérience s’est enrichie, mais nous avons perdu l’idée d’une entité supérieure qui autrefois réfrénait nos passions et notre irresponsabilité.


Nous avions placé trop d’espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu’on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. A l’Est, c’est la foire du Parti qui la foule aux pieds, à l’Ouest la foire du Commerce : ce qui est effrayant, ce n’est même pas le fait du monde éclaté, c’est que les principaux morceaux en soient atteints d’une maladie analogue. Si l’homme, comme le déclare l’humanisme, n’était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur cette terre n’en devient que plus spirituelle : non pas un gorgement de quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d’acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l’accomplissement d’un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devienne l’expérience d’une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n’y étions entrés.


Il est impératif que nous revoyions à la hausse l’échelle de nos valeurs humaines. Sa pauvreté actuelle est effarante. Il n’est pas possible que l’aune qui sert à mesurer de l’efficacité d’un président se limite à la question de combien d’argent l’on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d’un gazoduc. Ce n’est que par un mouvement volontaire de modération de nos passions, sereine et acceptée par nous, que l’humanité peut s’élever au-dessus du courant de matérialisme qui emprisonne le monde.


Quand bien même nous serait épargné d’être détruits par la guerre, notre vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne pouvons nous dispenser de rappeler ce qu’est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l’homme est au-dessus de tout ? N’y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l’intégrité de notre vie spirituelle ?


Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l’être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l’ère moderne.


Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n’avons pas d’autre choix que de monter – toujours plus haut."


Alexandre Soljénitsyne, Le Déclin du courage, Harvard, 8 juin 1978

 

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Discours du prix Nobel

Alexandre Soljenitsyne

Écrivain russe


Alexandre Soljenitsyne 1
 

ALEXANDRE SOLJENITSYNE.



Comme le sauvage intrigué qui a ramassé un étrange objet – venu de l'océan ? - dégagé des sables ou tombé du ciel ? - aux courbes compliquées et qui luit d'abord faiblement pour lancer ensuite de vifs éclats, de même qu'il le tourne d'un côté puis de l'autre, puis le retourne, essayant de découvrir ce qu'il peut en faire, s'efforçant de lui trouver une utilisation terrestre qui soit à sa portée, mais ne pouvant imaginer qu'il puisse avoir une plus haute fonction. 


Ainsi sommes-nous, tenant l'art entre nos mains, convaincus d'en être les maîtres : nous avons l'audace de le diriger, de le renouveler, de le réformer ; nous le vendons pour de l'argent, l'utilisons pour nous attirer les faveurs du pouvoir, le transformons parfois en amusement - jusqu'aux chansons populaires et aux boîtes de nuit - ou, à d'autres moments, le brandissons comme une arme - carotte ou bâton - pour les besoins éphémères de la politique ou de mesquins idéaux sociaux.


Mais l'art n'est pas souillé par nos efforts, pas plus qu'il ne s'écarte de sa vraie nature, car, à chaque occasion et pour chaque application, il nous révèle un peu de son feu interne et secret.


Pourrons-nous jamais, percevoir cette lumière dans sa plénitude. ? Qui aura l'audace de dire qu'il a pu définir les limites de l'art et qu'il en a recensé toutes les facettes ? Dans le passé, il est probablement arrivé que quelqu'un l'ait compris et nous l'ait fait savoir, mais nous ne nous en sommes pas contentés longtemps : nous avons écouté, puis nous avons oublié, et nous avons éparpillé cette connaissance de-ci, de-là, pressés comme d'habitude d'échanger ce que nous avions pourtant de meilleur, pour quelque chose de nouveau. Et lorsqu'on nous redit cette vérité ancienne, nous ne nous souvenons 'même plus que nous la possédions déjà. 


L'artiste se considère comme le créateur d'un monde spirituel qui lui est propre : il porte sur ses épaules la responsabilité de créer ce monde, de le peupler et d'en assumer l'entière responsabilité. Mais il est écrasé sous ce fardeau, car un génie mortel n'est pas en mesure de supporter une telle charge. De même que l'homme, après s'être déclaré le centre de la vie, n'a pas réussi à construire un système spirituel équilibré. Et fi l'infortune s'abat sur lui, il en rejette le blâme sur l'éternel manque d'harmonie du monde, sur la complexité des âmes brisées du temps présent, ou sur la stupidité du public. 


D'autres artistes, reconnaissant l'existence d'une puissance supérieure, travaillent avec enthousiasme comme d'humbles apprentis sous le regard de Dieu. Mais alors, leur responsabilité : face à tout ce qu'ils écrivent ou peignent, et face aux âmes qui reçoivent leur message, est plus astreignante que jamais. En revanche, ils ne sont plus les créateurs de ce monde ni ne le dirigent. Pour eux, le doute n'est plus possible : l'artiste a seulement alors une conscience plus aiguë que celle des autres de l'harmonie du monde, de sa beauté et de sa laideur, de l'apport de l'homme, qu'il doit transmettre intelligemment aux autres. Et dans le malheur, et même au plus profond de la détresse de l'existence, dénuement, prison ou maladie, sa certitude d'une permanente harmonie ne l'abandonne jamais. 


L’irrationalité de l'art, ses éblouissants revirements, ses découvertes imprévisibles, l'influence explosive qu'il a sur les êtres humains, tout cela contient trop de magie pour être épuisé par la vision que l'artiste a du monde, par la conception qu'il a de son art ou par l'œuvre de ses mains indignes. 


Les archéologues n'ont pas découvert de traces d'existence humaine qui n'aient connu de forme artistique. Dès l'aube de l'humanité, nous avons reçu l'art de mains que nous avons été trop lents à reconnaître. Et nous avons été trop lents à nous demander : pourquoi avons-nous reçu ce don et qu'allons-nous en faire ? 

 “Ils se trompent ceux qui prophétisent que l'art va mourir. C'est nous qui mourrons, l'art est éternel” 


Ils se trompent, et ils se tromperont toujours. ceux qui prophétisent que l'art va se désintégrer, et mourir. C'est nous qui mourrons, l'art est éternel. Serons-nous capables, même au jour de notre mort, d'en percevoir tous les aspects et toutes les possibilités ? 


On ne peut donner un nom à toutes choses, car certaines choses nous entraînent bien au-delà des mots. L’art peut même enflammer une âme glacée plongée dans les ténèbres, et l'élever à une expérience spirituelle. Grâce à l'art, il nous arrive d'avoir des révélations, même vagues et brèves, qu'aucun raisonnement, si serré soit-il, ne pourrait faire naître. 


Comme cette petite glace des contes de fées dans laquelle on ne se voit pas soi-même, mais où, pendant une brève seconde, on voit l'inaccessible, où aucun homme ne peut aller, ni avec ses jambes ni avec ses ailes. Et l'âme seule exhale sa plainte... 


Un jour, Dostoïevski a laissé échapper cette énigmatique remarque : « La beauté sauvera le monde. » Qu'est-ce que cela veut dire ? Pendant longtemps, j'ai pensé que ce n'étaient que des mots. Comment était-ce possible ? Quand donc, au cours de notre sanglante Histoire, la beauté a-t-elle sauvé quiconque de quoi que ce soit ? Ennobli, exalté, oui. Mais qui a été sauvé ? 


Il existe, toutefois, une certaine particularité dans l'essence même de la beauté et dans la nature même de l'art : la conviction profonde qu'entraîne une vraie œuvre d'art est absolument irréfutable, et elle contraint même le cœur le plus hostile à se soumettre. On peut parfaitement composer un discours politique apparemment bien fait, écrire un article convaincant, concevoir un programme social ou un système philosophique, en partant d'une erreur ou d'un mensonge. Dans ce cas, ce qui est caché ou déformé n'apparaît pas immédiatement. 


Un discours, un article ou un programme exactement contraire et un système philosophique construit d'une façon entièrement différente rallieront l'opposition. Et ils sont tout aussi bien construits, tout aussi convaincants. Ce qui explique à la fois la confiance et la défiance qu'ils provoquent. 


Mais une œuvre d'art porte en soi sa propre confirmation. Si la pensée est artificielle ou exagérée, elle ne supporte pas d'être portée en images. Tout s'écroule, semble pâle et terne, et ne convainc personne. En revanche, les œuvres d'art qui ont cherché la vérité profonde et nous la présentent comme une force vivante s'emparent de nous et s'imposent à nous, et personne, jamais, même dans les âges à venir, ne pourra les réfuter. 


Ainsi cette ancienne trinité que composent la vérité, la bonté et la beauté n'est peut-être pas simplement une formule vide et flétrie, comme nous le pensions aux jours de notre jeunesse présomptueuse et matérialiste. Si les cimes de ces trois arbres convergent, comme le soutiennent les humanistes, mais si les deux troncs trop ostensibles et trop droits que sont la vérité et la bonté sont écrasés, coupés, étouffés, alors peut-être surgira le fantastique, l'imprévisible, l'inattendu, et les branches de l'arbre de beauté perceront et s'épanouiront exactement au même endroit et rempliront ainsi la mission des trois à la fois. 

Alors, la remarque dé Dostoïevski « La beauté sauvera le monde » ne serait plus une phrase en l'air, mais une prophétie. Après tout, il est vrai qu'il eut des illuminations fantastiques. Et, dans ce cas, l'art, la littérature peuvent vraiment contribuer à sauver notre monde. C'est la compréhension qu'au cours des années j'ai pu acquérir en cette matière que je voudrais essayer de vous exposer aujourd'hui. 


Pour accéder à cette tribune d'où est lu le discours du prix Nobel, où peu d'écrivains sont invités, occasion unique dans leur vie, je ne me suis pas contenté de monter trois ou quatre marches, j'en ai gravi des centaines et des milliers, raides, abruptes, glacées, émergeant de l'obscurité et du froid, où ce fut mon sort de survivre, tandis que d'autres - peut-être plus doués et plus forts que moi - périssaient. Je n'en ai rencontré que quelques-uns sur la multitude des Îles du Goulag [1]. Écrasé sous la surveillance policière, je n'ai pu parler à tous, je n'ai eu de nouvelles que de quelques-uns. Pour les autres, j'ai deviné. Ceux qui ont été engloutis dans ce gouffre, alors qu'ils s'étaient déjà fait un nom, sont au moins connus. Mais combien ont pu en revenir ? Toute une littérature nationale est enfouie là, plongée dans l'oubli, non, seulement sans une pierre tombale, mais sans vêtements, nue, avec seulement un numéro. La littérature russe n'a jamais cessé d'être, mais, du dehors, elle semble une terre en friche. Là où devrait s'élever une calme forêt ne subsistent, après cette coupe dramatique, que deux ou trois arbres épargnés par hasard. 


Et si je suis ici aujourd'hui, accompagne par les ombres de ceux qui sont tombés, le front baissé pour laisser passer devant moi, à cette place, ceux qui la méritèrent avant moi, comment moi, devant vous, puis-je deviner et exprimer ce qu'ils auraient voulu vous dire ? 


Cette obligation pèse sur nous depuis longtemps, et nous l'avons comprise. Comme le dit Wladimir Soloviev : « Même dans nos chaînes, nous devons nous-mêmes boucler le cercle que les dieux ont tracé pour nous. » Souvent, dans le grouillement pénible des camps, dans les colonnes de prisonniers, lorsque les guirlandes de lanternes percent les ténèbres des frimas nocturnes, jaillissaient au-dedans de nous les mots que nous aurions voulu crier au monde, si le monde extérieur avait pu nous entendre. 


À ce moment-là, tout semblait clair, ce que notre ambassadeur devait dire et comment le monde réagirait aussitôt. Notre horizon embrassait distinctement les choses matérielles et les mouvements spirituels, et le monde indivisible ne présentait pour moi aucun défaut. Ces idées ne venaient pas des livres. Elles étaient nées au cours de conversations avec ceux qui sont morts aujourd'hui, dans les cellules des prisons et autour des feux. C'est de cette existence-là qu'elles sont nées et c'est à l'épreuve de cette vie-là qu'elles ont été soumises. 


Lorsque, enfin, la pression se fut atténuée et que notre horizon se fut graduellement agrandi, à travers une fente minuscule, nous vîmes apparaître ce qu'était « le monde entier ». Et à notre stupéfaction, nous découvrîmes que ce n'était pas du tout ce que nous attendions, ce que nous espérions, c'est-à-dire un monde qui ne vivrait pas « par cela » et qui ne conduirait pas « à cela ». C'était un monde qui pouvait s'écrier, à la vue d'un bourbeux marécage : « Oh ! la jolie petite mare », ou, devant de lourds carcans : « Oh ! le charmant collier », un monde où certains versaient d'inconsolables larmes et d'autres dansaient au rythme d'une musique légère. 


Comment cela a-t-il pu se produire ? Pourquoi cette faille ? Étions-nous insensibles ? Le monde était-il insensible ? Ou était-ce dû aux différences de langage ? Pourquoi les êtres humains ne peuvent-ils entendre, ce que disent distinctement les autres ? Les mots cessent d'avoir un sens et coulent comme l'eau, sans goût, sans couleur, sans odeur, sans laisser de trace. 


Et, au cours des années, au fur et à mesure que je comprenais cela, changeaient la construction, le contenu et le ton de mon discours, ce discours que je prononce aujourd'hui. Il a maintenant peu de points communs avec le plan, initial, conçu au cours des soirées glaciales des camps. 


Depuis les temps immémoriaux, l'homme a été ainsi fait que sa vision du monde, tant qu'elle ne lui est pas imposée par l'hypnose, ses motivations et son échelle des valeurs, ses actes et ses intentions sont déterminés par son expérience personnelle et collective de la vie. 


Comme le dit un proverbe russe : « Ne crois pas ton frère, mais crois plutôt ton œil, même s'il louche. » C'est le moyen le plus sûr de comprendre le monde qui nous entoure et le comportement des hommes qui y vivent. Pendant ces longues périodes où notre monde était plongé dans le mystère et la barbarie, avant qu'il ait été rapetissé par les moyens de communication, avant qu'il ait été transformé en un unique bloc aux pulsations convulsives, les hommes, se fondant sur l'expérience, apprirent à se gouverner dans le cadre de leurs communautés, de leurs sociétés et, finalement, de leurs territoires nationaux. À cette époque, il était possible aux êtres humains de discerner et d'admettre une échelle de valeurs commune, de faire la distinction entre ce qui était considéré comme normal, ou incroyable, ou cruel, ou ce qui dépassait les limites de la perversité, ou ce qu'était la loyauté, ou, au contraire, la tromperie. 


Et bien que ces peuples disséminés aient mené des vies très différentes, que leurs valeurs sociales fussent souvent en violent désaccord, de même que leurs systèmes de poids et mesures ne coïncidaient pas, ces, contradictions ne surprenaient que d'occasionnels voyageurs, n'étaient signalées dans les récits que comme des sujets d'étonnement et ne présentaient aucun danger pour l'humanité, qui n'était pas encore unifiée. 


Mais au cours des dernières décennies, imperceptiblement mais rapidement, l'humanité est devenue une seule entité - source à la fois de confiance et de danger - de sorte que les chocs et les embrasements de l'une de ses parties sont immédiatement transmis aux autres, détruisant parfois une immunité nécessaire. L'humanité est devenue une, mais pas aussi fermement que les communautés ou même les nations, pas grâce à des années d’expérience mutuelle, ni parce qu'elle a appris à voir avec un seul œil, même s'il louche, ni parce qu'elle utilise le même langage, mais en enjambant toutes les barrières grâce à la radio et à l'imprimerie. Une avalanche d'événements s'abat sur nous et, en une minute, la moitié du monde en est informée. 


Mais l'étalon qui permettrait de mesurer ces événements et de les évaluer en fonction des lois qui régissent des régions peu connues du globe n'est pas et ne peut pas se trouver sur les ondes ou dans les colonnes de journaux. Car ces échelles de valeur ont été mûries et assimilées pendant trop d'années, dans des conditions trop particulières, dans les communautés et les sociétés, pour qu'elles puissent être échangées à travers l'éther. Dans les diverses parties du monde, les hommes appliquent leurs propres références aux événements, et ils les jugent, avec entêtement et confiance, en fonction d'elles, et non selon celles des autres. 


S'il n'existe pas tellement d'échelles de valeurs différentes dans le monde, on en dénombre au moins quelques-unes : une pour les événements proches, une pour les événements éloignés, une pour les vieilles sociétés, une autre pour les jeunes. Les peuples malheureux en ont une, les peuples heureux une autre. Les sons discordants et grinçants de ces diverses échelles nous abasourdissent et nous étourdissent, et, sans être toujours douloureux, ils nous empêchent d'entendre les autres dont nous nous tenons éloignés, comme nous le ferions de la démence ou de l'illusion, pour ne juger en toute confiance le monde entier que d'après nos propres valeurs. 


C'est pourquoi nous considérons comme le, plus important, le plus pénible et le moins supportable ce qui est le plus proche de nous. Tout ce qui est loin, tout ce qui ne menace pas de nous envahir à l'instant et de franchir le seuil de notre porte même avec ses gémissements pathétiques, ses cris étouffés, ses vies détruites, ses millions de victimes - tout cela, nous le considérons comme parfaitement supportable et tolérable. 


 En se retirant dans sa tour d'ivoire, l'artiste risque d'abandonner le monde aux mains de mercenaires, de nullités, sinon de tous 


Dans une partie du monde, il n'y a pas si longtemps, des persécutions semblables à celles de la Rome antique ont condamné des centaines de milliers de chrétiens silencieux à donner leur vie pour leur foi en Dieu. Dans l'autre hémisphère, un fou (il n'est sûrement pas le seul) se hâte de traverser l'océan pour nous délivrer de la religion, en frappant le grand prêtre d'une lame. Son acte a été calculé pour frapper chacun d'entre nous en fonction de son échelle de valeurs personnelle. 


Ce qui paraît de loin, selon une certaine échelle de valeurs, une liberté enviable et florissante, est ressenti sur place, et selon des valeurs différentes, comme une contrainte insupportable, déchaînant la colère et les émeutes. Ce qui, dans une partie du monde, peut représenter un rêve d'incroyable prospérité peut exaspérer les hommes dans une autre et être considéré comme une exploitation sauvage, appelant la grève immédiate. Les échelles de valeurs sont aussi différentes Pour les catastrophes naturelles : une inondation qui emporte des centaines de milliers de vies humaines a moins de signification pour nous qu'un accident au coin de la rue. 


Il en est de même pour les insultes personnelles : un sourire ironique ou un simple geste de renvoi est parfois humiliant, alors qu'à d'autres moments des brutalités physiques sont pardonnées, comme s'il s'agissait d'une mauvaise plaisanterie. 


Il en est de même pour les châtiments : pour les uns, un mois de prison, ou une interdiction de séjour, ou l'isolement dans une cellule avec du pain et du lait pour toute nourriture, frappe l'imagination et emplit les colonnes des journaux d'articles furieux. Tandis que, pour d'autres, des peines de vingt-cinq ans de prison, des cellules dont les murs sont givrés de glace et où les prisonniers n'ont que leurs sous-vêtements, des asiles de fous pour les gens sains d'esprit, d'innombrables gens qui, pour les raisons mystérieuses, s'obstinent à fuir et sont abattus, aux frontières, tout cela est courant et parfaitement accepté. 


Notre esprit est tout à fait en paix quand il s'agit de cette partie exotique du monde dont nous ne savons pratiquement rien, dont nous ne recevons même pas d'informations, à l'exception des supputations superficielles et déjà dépassées de quelques correspondants. 


Cependant, nous ne pouvons reprocher à la vision humaine cette dualité, cette incompréhension ahurissante de la peine d'un autre homme éloigné, car l'homme est ainsi fait. Mais, pour l'ensemble de l'humanité, unie en un seul bloc, cette incompréhension mutuelle présente la menace d'une destruction imminente et brutale. Un monde, une humanité ne peuvent exister en face de six, de quatre ou même de deux échelles de valeurs : nous serions déchirés par cette disparité de rythmes, cette dualité de vibrations. 


Si un homme avec deux cœurs n'est pas fait pour ce monde, nous ne pouvons pas non plus vivre avec cette dualité sur une même Terre. 


Alors, qui coordonnera ces échelles de valeurs ? Et comment ? Qui créera pour l'humanité un seul système d'interprétation, valable pour le bien et le mal, pour ce qui est supportable et pour ce qui ne l'est pas ? Qui fera clairement comprendre à l'humanité ce qui est une souffrance réellement intolérable et ce qui n'est qu'une égratignure superficielle ? Qui orientera la colère des hommes contre ce qui est le plus terrible, et non plus contre ce qui est le plus proche ? Qui réussira à transposer une telle compréhension au-delà des limites de son expérience personnelle ? Qui réussira à faire comprendre à une créature humaine fanatique et bornée les joies et les peines de ses frères lointains, à lui faire comprendre ce dont il n'a lui-même aucune notion ? 


Propagande, contrainte, preuves scientifiques, tout est inutile. Mais il existe heureusement un moyen de le faire dans ce monde : l'art, la littérature. 


Les artistes peuvent accomplir ce miracle. Ils peuvent surmonter cette faiblesse caractéristique de l'homme qui n'apprend que de sa propre expérience tandis que l'expérience des autres ne le touche pas. L'art transmet d'un homme à l'autre, pendant leur bref séjour sur la Terre, tout le poids d'une très longue et inhabituelle expérience, avec ses fardeaux, ses couleurs, la sève de sa vie : il la recrée dans notre chair et nous permet d'en prendre possession, comme si elle était nôtre. 


Plus encore, les pays et les continents répètent les fautes des autres avec des intervalles de parfois plusieurs siècles. 


Dans ce cas, tout devrait être clair. Mais non. Ce que certaines nations ont déjà rejeté est brusquement découvert par d'autres, qui le considèrent comme le dernier cri. Là encore, le seul substitut à l'expérience que nous n'avons pu acquérir est l'art, la littérature. Ceux-ci possèdent un merveilleux pouvoir : au-delà des différences de langues, de coutumes, de structures sociales, ils peuvent transmettre l'expérience de toute une nation à une autre. Ils peuvent faire connaître à une nation novice la pénible épreuve d'une autre s’étendant sur des dizaines d'années, lui évitant ainsi de suivre une route inutile, ou erronée, ou même désastreuse, abrégeant ainsi les sinuosités de l'histoire de l'humanité. 


La littérature transmet encore l'expérience d'une autre façon : d'une génération à l'autre. Elle préserve ainsi son histoire et ranime sa flamme sous une forme pure de toute déformation ou calomnie. C'est ainsi que la littérature, avec le langage, protège l'âme d'une nation. 


Il était de bon ton, récemment, de parier du nivellement des nations, de la disparition des différentes races dans le creuset de la civilisation contemporaine. Je ne suis pas d'accord avec cette opinion. La disparition des nations ne nous appauvrirait pas moins que si tous les hommes devenaient semblables, avec une seule personnalité et un seul visage. Les nations sont la richesse de l'humanité, ses personnalités collectives : la plus infime d'entre elles a sa coloration particulière et porte en elle un reflet particulier de l'intention divine. 


Mais malheur au pays dont la littérature est menacée par l'intervention du pouvoir ! Car il ne s'agit plus là seulement d'une violation du « droit d'écrire », c'est l'étouffement du cœur d'une nation, la destruction de sa mémoire. La nation cesse d'être attentive à elle-même, elle est dépossédée de son unité spirituelle, et, en dépit d'un langage supposé commun, ses citoyens cessent brusquement de se comprendre les uns les autres. 


Des générations silencieuses vieillissent et meurent sans s'être adressé la parole. 


Quand des écrivains comme Evguéni Zamiatine - enterrés vivants pour le reste de leur vie - sont condamnés à créer en silence jusqu'à leur mort, sans entendre jamais l'écho des mots qu'ils ont écrits, alors ce n'est plus seulement une tragédie personnelle, c'est le martyre d'une nation tout entière. 


Et même, dans certains cas - lorsqu'il résulte d'un tel silence que l'ensemble des faits historiques cesse d'être compris - c'est un danger pour l'ensemble de l'humanité. 


En plusieurs occasions et dans divers pays, on a assisté à des débats animés, passionnés, subtils, sur la question de savoir si l'artiste doit être libre de vivre pour lui-même ou s'il doit toujours avoir à l'esprit ses devoirs envers la société et s'il doit toujours se mettre à son service. Le discours d'Albert Camus, à l'occasion de la remise de son prix Nobel, est un des plus brillants qui aient été prononcés à ce sujet, et je suis heureux de souscrire à ses conclusions. En fait, depuis plusieurs décennies, la littérature russe s'est gardée de se perdre dans une attitude contemplative, elle a évité les spéculations frivoles. Je n'ai pas honte d'avoir respecté cette tradition, du mieux que j'ai pu. L'idée qu'un écrivain peut faire beaucoup pour la société où il vit et que c'est un devoir pour lui de le faire est depuis longtemps familière à la littérature russe.


Ne violons pas le droit de l'artiste d'exprimer exclusivement son expérience et Sa vie, intérieure, sans se soucier de ce qui se passe dans le monde extérieur. N'exigeons rien de lui, mais demandons-lui, supplions-le, encourageons-le. Cela, nous pouvons le faire. 


Après tout, il ne peut cultiver lui-même qu'une partie de son talent : pour la plus grande part, il lui est insufflé à la naissance, comme un produit fini. Et ce don impose des responsabilités à son libre arbitre. 


Partons du principe que l'artiste ne doit rien à personne. Néanmoins, il est pénible de voir comment, en se retirant dans sa tour d'ivoire ou dans le monde de ses fantasmes, il risque d'abandonner le monde réel aux mains de mercenaires, de nullités, sinon de fous. 


Notre XXe siècle a prouvé qu'il était plus cruel que les siècles précédents, et sa première moitié n'a pas encore effacé ses horreurs. Notre monde est toujours déchiré par les passions de l'âge des cavernes : la cupidité, l'envie, l'emportement, la haine, qui, au cours des ans, ont acquis de nouveaux noms respectables, comme la lutte des classes, l'action des masses, le conflit racial, le combat syndical. Le refus primitif de tout compromis est devenu un principe et l'orthodoxie est considérée comme une vertu. Elle exige des millions de sacrifices par une guerre civile incessante. Elle essaie de nous convaincre à grands coups de tambour que les concepts universels de bonté et de justice n'existent pas, qu'ils sont relatifs et changeants. D'où la règle : « Fais toujours ce qui est le plus profitable pour ton parti ». Dès qu'un groupe perçoit l'occasion de s'emparer d'un morceau, même superflu, même immérité, il l'arrache sur-le-champ, et tant pis si toute la société doit s'écrouler. 


Vue du dehors, l'amplitude des soubresauts de la société occidentale approche de la limite au-delà de laquelle le système perdra l'équilibre et s'effondrera. La violence, de moins en moins embarrassée par les restrictions imposées par des siècles de légalité, embrase le monde entier, se souciant peu de savoir que l'Histoire a démontré maintes fois son caractère stérile. Bien plus, ce n’est pas seulement la force brute qui triomphe au-dehors, mais sa justification enthousiaste. 


Le monde est emporté par la conviction cynique que la force peut tout, la justice rien. Les démons de Dostoïevski -apparemment, les produits du ; cauchemar d'un provincial au siècle dernier - rampent à travers le monde sous nos yeux, contaminant des contrées où l'on ne pouvait même pas les imaginer. 


À travers les enlèvements, les actes de piraterie, les explosions et les incendies de ces dernières années, ils manifestent leur volonté d'ébranler et de détruire la civilisation. Et ils pourraient bien y parvenir. 


Les jeunes, à un âge où ils n'ont d'autre expérience que sexuelle, où ils n'ont pas encore des années de souffrance et de compréhension derrière eux, répètent avec jubilation les erreurs de la Russie dépravée du XIXe siècle, en ayant l'impression de découvrir quelque chose de nouveau. Ils applaudissent aux derniers actes de vandalisme des Gardes rouges chinois et les donnent joyeusement en exemple. Avec une méconnaissance totale de l'essence millénaire de l'humanité, avec la confiance naïve de cœurs sans expérience, ils crient : « Chassons ces gouvernements d'oppresseurs, cruels et avides ! Les nouveaux (c'est-à-dire nous), après avoir déposé les fusils et les grenades, seront justes et indulgents. » 


Ce sera le contraire. Mais ceux qui ont vécu et qui savent, ceux qui pourraient s'opposer à ces jeunes ? Beaucoup n'osent pas. Ils gobent même n'importe quoi pour ne pas paraître « conservateurs ». Encore un de ces phénomènes russes du XIXe siècle que Dostoïevski appelait être esclave des dupes progressistes. 


L'esprit de Munich ne s'est certainement pas estompé dans le passé : ce n'était pas une simple péripétie. Je me risquerais même à dire que l'esprit de Munich domine le XXe siècle. 


Un monde civilisé et timide n'a rien trouvé d'autre à opposer à la renaissance brutale et à visage découvert de la barbarie, que des sourires et des concessions. L'esprit de Munich est une maladie de la volonté chez les peuples nantis. Un état d'âme permanent chez ceux qui se sont abandonnés à la poursuite de la prospérité à tout prix, ceux pour qui le bien-être matériel est devenu le but principal de leur vie sur terre. Ces gens-là - et il y en a beaucoup dans le monde aujourd'hui - ont choisi la passivité et la reculade, afin de prolonger un peu leur train-train quotidien, afin d'éluder la difficulté aujourd'hui. Et demain, vous verrez, tout ira bien. Mais rien n'ira bien. Le prix de la lâcheté est toujours le mal. Nous ne récolterons la victoire que si nous avons le courage de faire des sacrifices. 


 Un écrivain n'est pas le juge indifférent de ses compatriotes. Il est le complice de tout le mal commis dans son pays 


Et, par-dessus tout cela, nous sommes menacés de destruction parce que notre monde, physiquement tendu et comprimé, n'a pas le droit de communier spirituellement. Les molécules de la connaissance et de là sympathie n'ont pas le droit de sauter d'une moitié dans l'autre. Voilà un danger évident : l'interdiction de l'échange d'informations entre les différentes parties de la planète. L'histoire contemporaine sait que l'interdiction de l'information rend toute signature d'accords internationaux illusoire. Dans un monde clos, il ne coûte rien d'interpréter n'importe quel accord à sa façon. Ou même, plus simplement, de l'ignorer complètement, comme S'il n'avait jamais existé (Orwell a compris cela admirablement), Un monde clos est peuplé, non pas de Terriens, mais d'un corps expéditionnaire de Martiens, qui ne savent rien de sensé sur le reste de la planète et qui sont prêts à l'écraser avec la conviction sacrée d'être des « libérateurs ». 


Il y a un quart de siècle, naissait l'Organisation des nations unies, qui portait les espoirs de l'humanité. Hélas ! Dans un monde immoral, elle est devenue immorale. Ce n'est pas une organisation de nations unies, mais une organisation de gouvernements unis, où tous les gouvernements sont égaux : ceux qui ont été élus librement, ceux qui ont été imposés par la force et ceux qui se sont emparé du pouvoir par les armes. S'appuyant sur une majorité mercenaire, l'ONU protège jalousement la liberté de certains pays et néglige souverainement celle des autres. 


À la suite d'un vote servile, elle a refusé d'entendre les appels - sanglots, cris, suppliques - d'humbles individus ordinaires. Une bien petite chose pour une si grande organisation. L'ONU n'a déployé aucun effort pour faire de l'adoption de la Déclaration des droits de l'homme - son meilleur texte en vingt-cinq ans - la condition pour être admis en son sein. Elle a ainsi trahi ces humbles gens placées à la merci de gouvernements qu'ils n'ont pas choisis. 


Il semblerait que la physionomie du monde contemporain dépende, en fin de compte, des savants. Tous les progrès techniques de l'humanité sont entre leurs mains. Il semblerait donc que l'avenir du monde devrait dépendre de la bonne volonté des savants, et non de celle des hommes politiqués. D'autant plus que certains exemples ont montré tout ce dont ils sont capables, quand ils conjuguent leurs efforts. Eh bien ! Non : les savants n'ont manifesté aucune volonté de devenir une force importante et indépendante de l'humanité. Ils consacrent des congrès entiers à ignorer les malheurs des autres. Il vaut mieux rester sagement dans les limites de la science. L'esprit de Munich a étendu ses ailes démoralisantes sur eux. 


Quels sont donc exactement la place et le rôle de l'écrivain dans ce monde cruel, déchiré et sur le point de se détruire lui-même ? Après tout, nous n'avons rien à voir avec le lancement des fusées. Nous ne poussons même pas la plus petite des voitures à bras. Nous sommes méprisés par ceux qui respectent seulement le pouvoir matériel. N'est-il pas naturel que nous aussi, nous nous retirions du jeu, que nous perdions la foi dans la pérennité de la bonté, de l'indivisibilité de la vérité, pour nous contenter de faire part au monde de nos réflexions amères et détachées : comme l'humanité est devenue désespérément corrompue, comme les hommes ont dégénéré, et comme il est devenu difficile, pour des âmes nobles et raffinées, de vivre parmi eux ! 


Mais nous n'avons même pas recours à cette échappatoire. Quand on a épousé le monde, on ne peut plus lui échapper. Un écrivain n'est pas le juge indifférent de ses compatriotes et de ses contemporains. Il est le complice de tout le mai commis dans son pays ou par ses compatriotes. Si les tanks de son pays ont inondé de sang les rues d'une capitale étrangère, alors les taches brunes, marqueront son visage pour toujours. Si, par une nuit fatale, on a étrangle son ami endormi et confiant, les paumes de ses mains porteront les traces de la corde. Si ses jeunes concitoyens, proclamant joyeusement la supériorité de la dépravation sur le travail honnête, s'adonnent à la drogue, leur haleine fétide se mêlera à la sienne. 


Aurons-nous la témérité de prétendre que nous ne sommes pas responsables des maux que connaît le monde d'aujourd'hui ? 


Et, pourtant, je suis réconforté par le sentiment que la littérature mondiale est comme un seul cœur géant, qui bat au rythme des soucis et des drames de notre monde, même s'ils sont ressentis et exprimés différemment en ses quatre coins. 


Au-delà des littératures nationales vieilles comme le monde, l'idée d'une littérature mondiale qui serait Comme une anthologie des sommets des littératures nationales et la somme de leurs influences réciproques a toujours existé, même dans le passé. Mais il y a toujours eu un décalage dans le temps. Lecteurs et auteurs ne pouvaient connaître les œuvres des écrivains d'une autre languie qu'après un certain délai, parfois après des siècles. De sorte que les influences réciproques étaient, elles aussi, retardées, et que l'anthologie des littératures nationales ne se révélait qu'aux générations futures. 


Aujourd'hui, le contact entre les écrivains d'un pays et les écrivains ou les lecteurs d'un autre est presque instantané. J'en ai fait personnellement l'expérience. Ceux de mes livres qui - hélas ! - n'ont pas été publiés dans mon pays ont trouvé une audience immédiate dans le monde entier, malgré des traductions hâtives et souvent imparfaites. Des écrivains occidentaux comme Heinrich Böll ont entrepris de les analyser. Au cours de ces dernières années, alors que mon travail et ma liberté ne se sont pas écroulés, mais, contrairement aux lots de la gravité, sont restés suspendus en l'air, rattachés à rien, sinon à la toile d'araignée invisible d'un public sympathisant, alors j'ai découvert, avec une immense gratitude, un soutien inattendu : celui de la fraternité des écrivains internationaux.


 le siège de l'ONU

 LE siège de l'ONU. « Les humbles ont été trahis ».


 Pour mon cinquantième anniversaire, j'ai eu la surprise de recevoir les vœux de célèbres hommes de lettres occidentaux. Aucune pression sur moi ne fut plus ignorée. Au cours des semaines dangereuses où je fus exclu de l’Union des écrivains, le mur dressé par les auteurs les plus éminents du monde m'a protégé contre des persécutions plus graves. Des écrivains et des artistes norvégiens me préparaient un asile, pour le cas où l'on me forcerait à l'exil, comme on m'en menaçait. Finalement ce n'est pas le pays où je vis et où j'écris qui a proposé mon nom pour le prix Nobel, mais François Mauriac et ses collègues. Et, plus tard, toutes les associations d'écrivains m'ont soutenu. 


J'ai ainsi compris et senti que la littérature mondiale n'est plus une anthologie abstraite ni un vague concept inventé par les historiens de la littérature, mais un corps et un esprit vivants, reflétant l'unité grandissante de l'humanité. Les frontières des États sont encore portées au rouge par les fils électriques et les tirs des mitrailleuses, et de nombreux ministres de l'Intérieur considèrent encore la littérature comme « une affaire de politique intérieure » relevant de leur juridiction. Les manchettes des journaux proclament encore : « Pas le droit d'interférer dans nos affaires intérieures ! » Alors qu'il n'y a plus d'« affaires intérieures » sur notre terre surpeuplée et que le salut de l'humanité dépend de ce que chacun fasse siennes les affaires d'autrui, de ce que les peuples de l'Est aient un intérêt vital pour ce qu'on pense à l'Ouest, de ce que les peuples de l'Ouest aient un intérêt vital pour ce qui se passe à l'Est. 


La littérature, un des instruments les plus sensibles de l'être humain, a été la première à détecter ce sentiment d'unité grandissante du monde et à le faire sien. 


Aussi, je me tourne avec confiance vers le monde littéraire d'aujourd'hui, vers ces centaines d'amis que je ne connais pas et que je ne verrai peut-être jamais. 


Mes amis. Essayons d'être utiles si nous pouvons servir à quoi que ce soit. Qui donc, depuis les temps immémoriaux, a constitué une force d'union, et non de division, dans nos pays déchirés par les partis, les mouvements, les castes, les groupes ? Voilà, en substance, le rôle des écrivains : ils expriment à travers leur langue maternelle la force principale d'unité d'un pays, de la terre qu'occupe son peuple, et, au mieux, de son esprit national. 


Je crois que la littérature mondiale, dans ces temps troublés, est capable d'aider l'humanité à se voir telle qu'elle est, en dépit de l'endoctrinement et des préjugés des hommes et des partis. La littérature mondiale est capable de communiquer une expérience condensée d'un pays à un autre afin que nous ne soyons plus divisés et déconcertés, que nos différentes échelles de valeurs puissent coïncider ; et, surtout, que le citoyen d'un pays puisse lire de façon concise et véridique l'Histoire d'un autre et la vivre avec une telle force et un tel réalisme douloureux qu'il lui soit ainsi épargné de commettre les mêmes erreurs cruelles. 


Peut-être que, de cette façon, nous, les artistes, nous pourrons développer en nous un champ de vision capable d'embrasser lé monde entier : en observant, comme tout être humain, ce qui se passe tout près, autour de nous, et en y introduisant ce qui se passe dans le reste du monde. Nous établirons ainsi des relations à l'échelle mondiale. 


Et qui, sinon nous, les écrivains, pourra porter un jugement sur nos gouvernements défaillants (dans certains États, c'est la façon la plus facile de gagner son pain, occupation de tout homme qui n'est pas un paresseux), et aussi sur le peuple, lui-même, sur sa lâche humiliation, sur sa faiblesse satisfaite ? Qui pourra porter un jugement sur les écarts inconsidérés de la jeunesse et sur les jeunes pirates qui brandissent leurs couteaux ? 


On nous dira : que peut la littérature contre la ruée sauvage de la violence ? Mais n'oublions pas que la violence ne vit pas seule, qu'elle est incapable de vivre seule : elle est intimement associée, par le plus étroit des liens naturels, au mensonge. La violence trouve son seul refuge dans le mensonge, et le mensonge son seul soutien dans la violence. Tout homme qui a choisi la violence comme moyen doit inexorablement choisir le mensonge comme règle. 


Au début, la violence agit à ciel ouvert, et même avec orgueil. Mais, dès qu'elle se renforce, qu'elle est fermement établie, elle sent l'air se raréfier autour d'elle et elle ne peut survivre sans pénétrer dans un brouillard de mensonges, les déguisant sous des paroles doucereuses. Elle ne tranche pas toujours, pas forcément, les gorges ; le plus souvent, elle exige seulement un acte d'allégeance au mensonge, une complicité. 


Et le simple acte de courage d'un homme simple est de refuser le mensonge. Que le monde s'y adonne, qu'il en fasse même sa loi - mais sans moi. 


Les écrivains et les artistes peuvent faire davantage. Ils peuvent vaincre le mensonge. Dans le combat contre le mensonge, l'art a toujours gagné, et il gagnera toujours, ouvertement, irréfutablement, dans le monde entier. Le mensonge peut résister à beaucoup de choses. Pas à l'art. 


Et dès que le mensonge sera confondu, la violence apparaîtra dans sa nudité et dans sa laideur. Et la violence, alors, s'effondrera. 


C'est pourquoi, mes amis, je pense que nous pouvons aider le monde en cette heure brûlante. Non en nous donnant pour excuse de ne pas être armés, non en nous adonnant à une vie futile, mais en partant en guerre. 


Les Russes aiment les proverbes qui ont trait à la vérité. Ceux-ci expriment de façon constante et parfois frappante la dure expérience de leur pays : « Une parole de vérité pèse plus que le monde entier. » 

Fin du texte


[1]    Administration centrale des camps de travail obligatoire.

 

 

 

Extraits du discours d’Alexandre Soljénitsyne, Harvard, 8 juin 1978. Invité par le gouvernement américain à condamner le système communiste, Soljénitsyne dans une brillante démonstration renvoie dos à dos l’Ouest et l’Est gangrénés par un même matérialisme destructeur, et attire l’attention sur le risque d’épuisement spirituel qui guette notre civilisation moderne, et tout spécialement ses dirigeants intellectuels et politiques.
Par Pierre GALAND - Publié dans : l'Ordre Marchand
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 15:50
Une pause. Ecoutons deux voix ou plus justement prenons connaissance de deux discours terriblement ignorés des médias ! 

Le premier prononcé le 16 décembre 2009 à Copenhague par Hugos CHAVEZ président de la République du Vénézuela lors de la XV Conférence Internationale de l'O.N.U sur le changement climatique.

Le second prononcé par Mahmoud Ahmadinejad - République Islamique d'Iran - le 19 septembre 2006 lors de la 61ème assemblée générale de l'O.N.U.  


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Discours d'Hugos CHAVEZ

président de la République du Vénézuela


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Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Excellences, chers amis,


Je vous promets de ne pas parler plus longuement que celui qui a parlé le plus ici, cet après-midi.


Permettez-moi un premier commentaire, que j’aurais voulu aborder avec le point précédent, traité par les délégations du Brésil, de Chine, de l’Inde et de la Bolivie. Depuis notre place, nous avons demandé la parole, mais il ne nous a pas été possible de la prendre.


La représentante de Bolivie a dit – j’en profite pour saluer le camarade président Evo Morales, ici présent (applaudissements), président de la République de Bolivie-, elle a dit entre autres choses ce qui suit –je l’ai noté sur ce papier : « Le texte présenté n’est pas démocratique, il ne part pas d’une politique d’inclusion ».


A peine suis-je arrivé que nous avons entendu la présidente de la séance précédente, la ministre, dire qu’il y avait un document, mais personne ne le connaît. J’ai réclamé le document, mais il ne nous est pas encore parvenu. Je crois que personne ne sait au juste ce que c’est que ce document, il doit être « top secret ». La camarade bolivienne n’avait donc pas tort de dire : « Il n‘est pas démocratique, il ne part pas d’une politique d’inclusion ».


Mais, Mesdames et Messieurs, ceci n’est-il pas justement à l’image de la réalité du monde ? Vivons-nous dans un monde démocratique ? Le système mondial se base-t-il sur l’inclusion ? Y a-t-il une once de démocratie ou d’inclusion à attendre du système mondial actuel ? Cette planète est régie par une dictature impériale, et depuis cette tribune, nous continuons de le dénoncer. A bas la dictature impériale, et vivent les peuples, la démocratie et l’égalité sur cette planète ! (applaudissements)


L’exclusion que nous constatons ici en est le reflet. Il existe un groupe de pays qui se croient supérieurs à nous, ceux du Sud, à nous, ceux du tiers monde, à nous, les sous-développés, ou, comme le dit le grand ami Eduardo Galeano : nous, les pays écrasés par l’histoire qui nous est passée dessus comme un train.


Il n’y a donc vraiment pas lieu de s’en étonner : il n’y a pas de démocratie dans ce monde, et nous sommes confrontés ici, une fois de plus, à une preuve évidente de l’existence de la dictature impériale mondiale.


Deux jeunes gens ont fait irruption ici, bien heureusement les forces de l’ordre se sont comportées correctement, il n’y a eu qu’une petite bousculade, et ils se sont montrés coopératifs, si j’ai bien compris…


Mais dehors, vous savez, il y a beaucoup de monde. Bien sûr, ils ne tiennent pas tous dans cette salle. J’ai lu dans la presse que quelques personnes ont été arrêtées, qu’il y a eu des manifestations intenses dans les rues de Copenhague, et je tiens à saluer tous ces gens qui sont dehors, des jeunes pour la plupart (applaudissements). Ce sont des jeunes qui s’inquiètent, et avec raison, beaucoup plus que nous de l’avenir du monde. La plupart d’entre nous qui sommes dans cette salle ont le soleil dans le dos, alors qu’eux le reçoivent en pleine figure, et ils s’en inquiètent sérieusement.


On pourrait dire, Monsieur le Président, qu’un spectre hante Copenhague, pour paraphraser Karl Marx, le grand Karl Marx. Un spectre hante les rues de Copenhague, et je crois qu’il hante cette salle en silence, il est là, parmi nous, il se glisse dans les couloirs, monte, descend. Ce spectre est un spectre qui épouvante tellement que presque personne n’ose même le nommer. Ce spectre, c’est le capitalisme ! (applaudissements) Presque personne n’ose le nommer, mais il s’appelle capitalisme, et les peuples grondent dehors, entendez-les !


Je lisais certains des slogans que les jeunes scandaient dans les rues, et je crois en avoir entendu de nouveau quelques-uns quand ces deux jeunes gens ont fait irruption ici. J’en cite un : « Ne changez pas le climat, changez le système » (applaudissements). Je le reprends à notre compte : ne changeons pas le climat, changeons de système, et c’est ainsi que nous pourrons commencer à sauver la planète. Le capitalisme, ce modèle de développement destructeur, est en train d’en finir avec la vie, il menace de détruire définitivement l’espèce humaine.


Un autre slogan donne à réfléchir, parce qu’il est tout à fait d’actualité, avec cette crise bancaire qui a ébranlé le monde et qui continue de le secouer, et la manière dont le Nord riche a volé au secours des banquiers et des grandes banques. Les Etats-Unis à eux seuls… Le montant de la somme qu’ils ont versée pour sauver les banques est astronomique, on s’y perd… Voilà ce qu’on dit dans la rue : « Si le climat avait été une banque, il aurait déjà été sauvé. » Et je crois que c’est vrai (applaudissements). Si le climat avait été une banque capitaliste, une des plus grandes, il y a belle lurette que les gouvernements riches l’auraient sauvé.


Je crois que Obama n’est pas arrivé. Il a reçu le prix Nobel de la Paix pratiquement le même jour où il envoyait 30 000 soldats de plus tuer des innocents en Afghanistan, et le président des Etats-Unis va se présenter ici auréolé du prix Nobel de la Paix.


Les Etats-Unis détiennent la planche à billets, la machine à faire des dollars. C’est ainsi qu’ils ont sauvé, ou du moins croient avoir sauvé, les banques et le système capitaliste.


Bien, ceci était un commentaire en marge. Je voulais le faire avant, je levais la main pour pouvoir accompagner le Brésil, l’Inde, la Bolivie, la Chine, soutenir leur position intéressante et dire que le Venezuela et les pays de l’Alliance bolivarienne la partagent totalement, mais la parole ne m’a pas été donnée. Je vous demande seulement de ne pas compter ces minutes, M. le Président, ce n’était qu’une petite mise au point (applaudissements).


Figurez-vous que j’ai eu le plaisir de rencontrer ici cet écrivain français, Hervé Kempf. Je vous recommande vivement ce livre, il existe en espagnol -Hervé est par ici-, en français bien sûr et en anglais sûrement : Comment les riches détruisent la planète, d’Hervé Kempf. Voilà pourquoi le Christ a dit : « Il sera plus facile de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille que de faire entrer un riche au Royaume des Cieux. » C’est ce qu’a dit le Christ, Notre Seigneur. (Applaudissements)


Les riches détruisent la planète. Ils veulent peut-être aller s’installer dans une autre quand ils auront fini de détruire celle-ci. Peut-être caressent-ils ce projet. Mais pour le moment, on n’en voit pas d’autre à l’horizon de la galaxie.


J’ai feuilleté ce livre dès qu’il m’est parvenu - c’est Ignacio Ramonet, lui aussi présent dans cette salle, qui me l’a offert - et je retiens du  prologue ou du préambule cette phrase, significative. Voilà ce qu’écrit Kempf : « Nous ne pourrons pas réduire la consommation de biens matériels à l’échelle mondiale si nous ne faisons pas en sorte que les puissants diminuent la leur de plusieurs crans, et si nous ne combattons pas l’inégalité. Il est nécessaire d’adjoindre au principe écologiste, si utile à l’heure de la prise de conscience – penser globalement et agir localement – un autre principe qu’impose la situation : consommer moins et distribuer mieux » [1]. C’est là un bon conseil que nous donne l’écrivain français Hervé Kempf.


Monsieur le Président, le changement climatique est sans aucun doute le problème environnemental le plus dévastateur de ce siècle : inondations, sécheresses, tempêtes sévères, ouragans, dégel ; montée du niveau moyen de la mer, acidification des océans, vagues de chaleur… Tous ceci aggrave l’impact des crises mondiales qui s’abattent sur nous.


L’activité humaine actuelle dépasse le seuil du développement durable et met en danger la vie sur la planète. Mais, je tiens à le souligner, nous sommes là aussi profondément inégaux. Les 500 millions de personnes les plus riches, soit 7%, sept pour cent, de la population mondiale, ces 7% sont responsables de 50% des émissions polluantes, alors que la moitié la plus pauvre de la population de la planète – la moitié, 50% – n’émet que 7% des gaz polluants. Voilà pourquoi je m’étonne : il me paraît bizarre de solliciter ici la Chine et les Etats-Unis dans les mêmes termes. Les Etats-Unis comptent peut-être 300 millions d’habitants, et la Chine, cinq fois plus. Les Etats-Unis consomment plus de 20 millions de barils de pétrole par jour, et la Chine arrive à peine à 5 ou 6 millions. On ne peut pas demander la même chose aux Etats-Unis et à la Chine. Voilà un sujet qui mérite discussion. Espérons que les chefs d’Etat et de gouvernement pourront s’asseoir ensemble et discuter ces questions pour de bon, cartes sur table.


En outre, Monsieur le Président, 60% des écosystèmes de la planète sont endommagés, et 20% de l’écorce terrestre est dégradée. Nous avons été les témoins impassibles de la déforestation, de la conversion de terres, de la désertification, des altérations des systèmes d’eau douce, de la surexploitation des ressources marines, de la contamination et de la perte de la diversité biologique. La surexploitation de la terre dépasse de 30% sa capacité de régénération. La planète perd sa capacité d’autorégulation, elle est en train de la perdre. Nous produisons chaque jour bien plus de déchets que nous ne sommes capables d’en traiter. La survie de notre espèce est une question qui hante la conscience de l’humanité.


Malgré l’urgence, deux années de négociations se sont écoulées pour élaborer une seconde série d’engagements sous le Protocole de Kyoto, et nous participons à cette réunion sans être parvenus à un accord réel et significatif.


Soit dit en passant, sur ce texte surgi du néant - c’est ce qu’ont dit certains, dont le représentant chinois - le Venezuela annonce, les pays de l’ALBA, de l’Alliance bolivarienne annoncent que nous n’accepterons pas, qu’on le sache déjà, d’autre texte que celui qui provient des groupes de travail, du Protocole de Kyoto et de la Convention. Ce sont des textes légitimes qui ont donné lieu ces dernières années et ces dernières heures à des débats intenses. Je crois que vous n’avez pas dormi. Vous n’avez ni déjeuné ni dormi, c’est bien cela ? Il ne semble pas logique, dans ces conditions, qu’un texte surgisse du néant, comme vous le dites.


Aujourd’hui, en ce moment même et jusqu’à présent, de toute évidence l’objectif scientifiquement établi de réduire les émissions de gaz polluants et de parvenir à un accord de coopération à long terme semble avoir échoué. Quelle en est la raison ? Il ne fait aucun doute que la raison est l’attitude irresponsable et le manque de volonté politique des nations les plus puissantes de la planète. Que personne ne se sente blessée. Je ne fais que reprendre les propos du grand José Gervasio Artigas quand il affirmait : « Avec la vérité, je n’offense ni ne crains personne » ; mais il s’agit vraiment d’une attitude irresponsable, caractérisée par ses tergiversations, son exclusion, sa manipulation élitiste d’un problème qui nous incombe à tous et que nous ne pourrons résoudre que tous ensemble.


Le conservatisme politique et l’égoïsme des grands consommateurs, des pays les plus riches, révèlent un manque de sensibilité et de solidarité flagrant envers les plus pauvres, les affamés, les plus vulnérables aux maladies et aux désastres naturels.


M. le Président : il est indispensable de parvenir à un nouvel et seul accord applicable à des parties absolument inégales, par l’ampleur de leurs contributions et de leurs capacités économiques, financières et technologiques, et basé sur le strict respect des principes énoncés dans la Convention.


Les pays développés devraient contracter des engagements contraignants, clairs et concrets de réduction de leurs émissions, et assumer des obligations d’assistance financière et technologique aux pays pauvres, pour faire face aux dangers destructeurs du changement climatique. A cet égard, la situation particulière des Etats insulaires et des pays les moins développés devrait être pleinement reconnue.


M. le Président : le changement climatique n’est pas le seul problème qui frappe aujourd’hui l’humanité. D’autres fléaux et d’autres injustices nous guettent. Le fossé qui sépare les pays riches des pays pauvres n’a cessé de se creuser en dépit de tous les Objectifs du millénaire, du Sommet de Monterrey sur le financement, de tous ces sommets, comme le faisait remarquer ici le président du Sénégal, qui dénonçait une grande vérité : les promesses, tant de promesses non tenues, alors que le monde continue sa marche destructrice.


Le revenu total des 500 individus les plus riches du monde est supérieur au revenu des 416 millions de personnes les plus pauvres. Les 2,8 milliards de personnes qui vivent dans la pauvreté, avec moins de deux dollars par jour et qui représentent 40% de la population mondiale –je dis bien 40% de la population de la planète !– se partagent seulement 5% du revenu mondial.


Aujourd’hui, environ 9,2 millions d’enfants meurent avant l’âge de cinq ans, et 99,9% de ces décès ont lieu dans les pays les plus pauvres. La mortalité infantile est de 47% décès pour 1 000 naissances vivantes ; mais elle est de 5 décès seulement dans les pays riches. L’espérance de vie sur la planète est de 67 ans, mais de 79 ans dans les pays riches et de 40 ans seulement dans certains pays pauvres.


En outre, il existe 1,1 milliard d’habitants privés d’accès à l’eau potable ; 2,6 milliards sans services sanitaires et plus de 1,02 milliard de personnes affamées. Tel est le tableau actuel du monde.


Mais, et la cause ? Quelle en est la cause ? Parlons-en un peu, ne nous dégageons pas de nos responsabilités, n’éludons pas la profondeur du problème. La cause, sans l’ombre d’un doute –je reviens sur cette question– de tout cette situation désastreuse, c’est le système métabolique destructeur du capital et son modèle incarné : le capitalisme.


J’ai ici une citation que j’aimerais vous lire, brièvement, de ce grand théologien de la Libération, Leonardo Boff, qui comme chacun sait, est brésilien, c’est-à-dire « notre-américain ».


Voici ce que dit Leonardo Boff sur cette question : « Qu’elle est la cause ? Eh bien, la cause c’est le rêve de vouloir chercher le bonheur à travers l’accumulation matérielle et du progrès sans fin, en recourant à la science et à la technique, avec lesquelles on peut exploiter de manière illimitée toutes les ressources de la Terre ». Et il cite quelque part Charles Darwin et sa théorie de la sélection naturelle, la survie des plus forts ; mais nous savons que les plus forts survivent sur les cendres des plus faibles.


Jean-Jacques Rousseau –il est bon de s’en souvenir– signalait quant à lui : « Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime ». C’est pourquoi l’empire parle de liberté : la liberté d’opprimer, d’envahir, d’assassiner, d’anéantir, d’exploiter, voilà sa liberté. Et Rousseau ajoute la phrase libératrice : « Seule la loi libère ».


Certains pays s’amusent à empêcher qu’un document soit adopté à cette rencontre. Pourquoi ? Parce que, précisément, ils ne veulent pas de loi, ils ne veulent pas de norme, car le fait qu’il n’y ait pas de norme leur permet d’exercer leur liberté d’exploiter, leur liberté destructrice.


Faisons un effort et faisons pression, ici et dans les rues, pour qu’ici, de cette rencontre, naisse un engagement, un document qui engage les pays les plus puissants de la Terre ! (Applaudissements).


M. le Président : le changement climatique n’est pas le seul problème qui frappe aujourd’hui l’humanité. D’autres fléaux et d’autres injustices nous guettent. Le fossé qui sépare les pays riches des pays pauvres n’a cessé de se creuser en dépit de tous les Objectifs du millénaire, du Sommet de Monterrey sur le financement, de tous ces sommets, comme le faisait remarquer ici le président du Sénégal, qui dénonçait une grande vérité : les promesses, tant de promesses non tenues, alors que le monde continue sa marche destructrice.


Le revenu total des 500 individus les plus riches du monde est supérieur au revenu des 416 millions de personnes les plus pauvres. Les 2,8 milliards de personnes qui vivent dans la pauvreté, avec moins de deux dollars par jour et qui représentent 40% de la population mondiale – je dis bien 40% de la population de la planète !– se partagent seulement 5% du revenu mondial.


Aujourd’hui, environ 9,2 millions d’enfants meurent avant l’âge de cinq ans, et 99,9% de ces décès ont lieu dans les pays les plus pauvres. La mortalité infantile est de 47% décès pour 1 000 naissances vivantes ; mais elle est de 5 décès seulement dans les pays riches. L’espérance de vie sur la planète est de 67 ans, mais de 79 ans dans les pays riches et de 40 ans seulement dans certains pays pauvres.


En outre, il existe 1,1 milliard d’habitants privés d’accès à l’eau potable ; 2,6 milliards sans services sanitaires et plus de 1,02 milliard de personnes affamées. Tel est le tableau actuel du monde.


Mais, et la cause ? Quelle en est la cause ? Parlons-en un peu, ne nous dégageons pas de nos responsabilités, n’éludons pas la profondeur du problème. La cause, sans l’ombre d’un doute –je reviens sur cette question– de tout cette situation désastreuse, c’est le système métabolique destructeur du capital et son modèle incarné : le capitalisme.


J’ai ici une citation que j’aimerais vous lire, brièvement, de ce grand théologien de la Libération, Leonardo Boff, qui comme chacun sait, est brésilien, c’est-à-dire « notre-américain ».


Voici ce que dit Leonardo Boff sur cette question : « Qu’elle est la cause ? Eh bien, la cause c’est le rêve de vouloir chercher le bonheur à travers l’accumulation matérielle et du progrès sans fin, en recourant à la science et à la technique, avec lesquelles on peut exploiter de manière illimitée toutes les ressources de la Terre ». Et il cite quelque part Charles Darwin et sa théorie de la sélection naturelle, la survie des plus forts ; mais nous savons que les plus forts survivent sur les cendres des plus faibles.


Jean-Jacques Rousseau – il est bon de s’en souvenir– signalait quant à lui : « Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime ». C’est pourquoi l’empire parle de liberté : la liberté d’opprimer, d’envahir, d’assassiner, d’anéantir, d’exploiter, voilà sa liberté. Et Rousseau ajoute la phrase libératrice : « Seule la loi libère ».


Certains pays s’amusent à empêcher qu’un document soit adopté à cette rencontre. Pourquoi ? Parce que, précisément, ils ne veulent pas de loi, ils ne veulent pas de norme, car le fait qu’il n’y ait pas de norme leur permet d’exercer leur liberté d’exploiter, leur liberté destructrice.


Faisons un effort et faisons pression, ici et dans les rues, pour qu’ici, de cette rencontre, naisse un engagement, un document qui engage les pays les plus puissants de la Terre ! (Applaudissements).


Demandons jusqu’à quand allons-nous permettre de telles injustices et de telles inégalités ? Jusqu’à quand allons-nous tolérer l’actuel ordre économique international et les mécanismes de marché en vigueur ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que de grandes épidémies comme le VIH/sida déciment des populations entières ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que les affamés soient privés de la possibilité de se nourrir et de nourrir leurs enfants ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que des millions d’enfants continuent de mourir de maladies curables ? Jusqu’à quand allons-nous permettre des conflits armés qui massacrent des millions d’être innocents à seule fin que les puissants puissent s’approprier les ressources d’autres peuples ?


Que cessent les agressions et les guerres ! C’est que nous, les peuples du monde, demandons aux empires, à ceux qui prétendent continuer de dominer le monde et à nous exploiter. Nous ne voulons plus de bases militaires impériales ni de coups d’Etat ! Construisons un ordre économique et social plus juste et équitable. Eradiquons la pauvreté. Stoppons immédiatement les niveaux élevés d’émission de gaz, freinons la dégradation environnementale et évitons la grande catastrophe du changement climatique. Adhérons au noble objectif d’être tous plus libres et solidaires !


M. le Président, il y a près de deux siècles, un Vénézuélien universel, libérateur de nations et précurseur de consciences, légua à la postérité cet apophtegme, chargé de volonté : « Si la nature s’oppose, nous lutterons contre elle et nous la forcerons à nous obéir ». C’était Simon Bolivar, le Libertador.


Depuis le Venezuela bolivarien où, un jour comme aujourd’hui… à propos, il y a exactement dix ans que nous avons vécu la plus grande tragédie climatique de notre histoire, la tragédie dite de Vargas ; depuis ce Venezuela dont la révolution tente de conquérir la justice pour tout son peuple, uniquement possible à travers la voie du socialisme… Le socialisme, cet autre spectre dont parlait Karl Marx, se promène aussi par là-bas ; mais il s’agit plutôt d’un « contre-spectre ». Le socialisme est la voie à suivre, c’est la seule voie qui permettra de sauver la planète, je n’ai pas l’ombre d’un doute là-dessus. Et le capitalisme est le chemin de l’enfer, le chemin qui mènera à la destruction du monde.


Le socialisme, depuis ce même Venezuela qui, pour cette même raison, est en butte aux menaces de l’empire nord-américain, depuis les pays qui forment l’ALBA, l’Alliance bolivarienne, nous lançons notre exhortation. J’aimerais, avec tout le respect que je vous dois et du plus profond de mon âme, au nom de beaucoup sur cette planète, exhorter les gouvernements et les peuples de la Terre, en paraphrasant Simon Bolivar, le Libertador : Si la nature destructrice du capitalisme s’oppose, alors luttons contre elle et forçons-la à nous obéir ; n’attendons pas le bras croisés la mort de l’humanité.


L’histoire nous appelle à l’union et à la lutte. Si le capitalisme s’oppose, nous sommes dans l’obligation de livrer la bataille contre le capitalisme et d’ouvrir les voies du salut de l’espèce humaine. Cette tâche nous incombe à tous, sous les bannières du Christ, de Mahomet, de l’égalité, de l’amour, de la justice, de l’humanisme, du véritable et plus profond humanisme. Si nous ne le faisons pas, la plus merveilleuse création de l’univers, l’être humain, disparaîtra, elle disparaîtra !


Cette planète à des milliards d’années, et elle a vécu pendant des milliards d’années sans nous, l’espèce humaine. Autrement dit, elle n’a pas besoin de nous pour exister. Par contre, nous ne pouvons pas vivre sans la Terre, et nous sommes en train de détruire la Pachamama, comme dit Evo, comme disent nos frères aborigènes d’Amérique du Sud.


Pour conclure, M. le président, écoutons Fidel Castro lorsqu’il a dit : « Une espèce est en voie d’extinction : l’Homme ». Ecoutons Rosa Luxembourg lorsqu’elle a lancé : « Socialisme ou barbarie ». Ecoutons le Christ rédempteur lorsqu’il dit : « Bienvenus les pauvres, car le royaume des cieux leur appartient ».


M. le Président, Mesdames et Messieurs, soyons capables de faire de cette Terre non pas la tombe de l’humanité ; faisons de cette Terre un ciel, un ciel de vie, de paix et de fraternité pour toute l’humanité, pour l’espèce humaine.


M. le président, Mesdames et Messieurs, merci beaucoup et bon appétit !

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Discours de Mahmoud AHMADINEJAD

République Islamique d'Iran

mahmoud-ahmadinejad-1

Madame la Présidente,

Distingués Chefs d'Etat et de Gouvernement,
Excellences, Mesdames et Messieurs.




Je remercie Dieu Tout-Puissant, Miséricordieux et Connaissant-Tout pour avoir bien voulu me donner une nouvelle occasion de m'adresser à cette Assemblée au nom de la grande nation d'Iran et de porter à l'attention de la communauté internationale un grand nombre de problèmes.

Je remercie aussi le Tout-Puissant pour la vigilance croissante des peuples sur Terre, pour leur présence courageuse dans différents cadres internationaux et pour l'expression courageuse de leurs points de vue et de leurs aspirations sur les questions globales.


Aujourd'hui, l'humanité a passionnément soif d'un engagement vers la Vérité, la dévotion à Dieu, la quête de la Justice et le respect de la dignité des êtres humains. Le rejet de la domination et de l'agression, la défense des opprimés et l'aspiration à la paix constituent l'exigence légitime des peuples du monde, en particulier des nouvelles générations et de la jeunesse pleine d'entrain, qui aspire à un monde libéré de la décadence, de l'agression et de l'injustice, et qui soit rempli d'amour et de compassion. La jeunesse a le droit de rechercher la justice et la Vérité ; et [les jeunes] ont le droit de construire leur propre futur sur les fondations de l'amour, de la compassion et de la tranquillité. Et je remercie le Tout-Puissant de cette immense bénédiction.

 

Madame la Présidente,
Excellences,


Ce qui afflige l'humanité aujourd'hui n'est certainement pas compatible avec la dignité humaine ; le Tout Puissant n'a pas créé les êtres humains pour qu'ils commettent des pêchés contre d'autres et qu'ils les oppressent.


En causant la guerre et les conflits, certains étendent rapidement leur domination, accumulant une très grande richesse et usurpant toutes les ressources, tandis que les autres endurent la pauvreté, la souffrance et la misère qui en résultent.


Certains cherchent à diriger le monde par les armes et la menace, tandis que d'autres vivent dans l'insécurité et le danger perpétuels.


Certains occupent la terre des autres, à des milliers de kilomètres de leurs frontières, interfèrent dans leurs affaires et contrôlent leur pétrole et autres ressources et routes stratégiques, tandis que d'autres sont bombardés quotidiennement dans leurs maisons ; leurs enfants sont assassinés dans les rues et les ruelles de leur propre pays et leurs maisons sont réduites à l'état de gravats.


Un tel comportement n'est pas digne des êtres humains et va à l'encontre de la Vérité, de la justice et de la dignité humaine. La question fondamentale est : dans de telles conditions où les opprimés doivent-ils rechercher la justice ? Qui ou quelle organisation défend les droits des opprimés ? Et qui réprime les actes d'agression et d'oppression ? Où ce trouve le siège de la justice mondiale ?


Un rapide coup d'œil à quelques exemples sur les questions mondiales les plus pressantes est nécessaire pour mieux illustrer ce problème.


A. L'expansion effrénée des armes nucléaires, chimiques et biologiques

Certaines puissances annoncent la production d'armes nucléaires de deuxième ou troisième génération. Pour quelle raison ont-elles besoin de ces armes ? Est-ce que le développement et le stockage de ces armes de mort sont destinés à promouvoir la paix et la démocratie ? Ou ces armes sont-elles, en fait, des instruments de coercition et de menace contre les autres peuples et gouvernements ? Combien de temps les habitants du monde doivent-ils vivre dans le cauchemar des armes nucléaires, biologiques et chimiques ? Qu'est-ce qui limite les puissances à produire et à posséder ces armes ? Comment peuvent-ils rendre des comptes à la communauté internationale ? Et les habitants de ces pays sont-ils satisfaits du gaspillage de leur richesse et de leurs ressources pour la production de tels arsenaux destructeurs ? N'est-il pas possible de compter sur la justice, la morale et la sagesse plutôt que sur ces instruments de mort ? La sagesse et la justice ne sont-elles pas plus compatibles avec la paix et la tranquillité que les armes nucléaires, chimiques et biologiques ? Si la sagesse, la morale et la justice prévalent, alors l'oppression et l'agression seront déracinées, les menaces s'évanouiront et il ne restera aucune raison pour [qu'il y ait] des conflits. Ceci est une proposition forte parce que la plupart des conflits globaux émanent de l'injustice et des puissants qui, ne se contentant pas de leurs propres droits, cherchent à dévorer les droits des autres.


Les gens sur toute la planète embrassent la justice et sont prêts à se sacrifier pour elle.

Afin d'assurer leur longévité et de gagner les cœurs et les esprits, ne serait-il pas plus facile pour les puissances mondiales de prendre fait et cause pour la véritable promotion de la justice, de la compassion et de la paix, plutôt que de rechercher la prolifération continuelle des armes nucléaires et chimiques et de menacer de les utiliser ?


L'expérience de la menace et de l'utilisation des armes nucléaires est devant nous. Est-ce que cela a permis à leurs auteurs d'accomplir autre chose que l'exacerbation des tensions, de la haine et de l'animosité entre les nations ?


B. L'occupation de pays et l'exacerbation des hostilités

L'occupation de pays, y compris l'Irak, s'est poursuivie pendant ces trois dernières années. Pas un seul jour ne passe sans que des centaines de personnes ne soient tuées de sang-froid. Les occupants sont incapables d'établir la sécurité en Irak. Malgré l'établissement du Gouvernement et de l'Assemblée Nationale légaux de l'Irak, il y a des efforts secrets et manifestes pour intensifier l'insécurité, exagérer et aggraver les différences au sein de la société irakienne et conduire au conflit civil.


Il n'y a aucune indication que les occupants aient la volonté politique nécessaire pour éliminer les sources de l'instabilité. De nombreux terroristes ont été appréhendés par le Gouvernement irakien, seulement pour être lâchés en liberté sous divers prétextes par les occupants. Il semble que l'intensification des hostilités et du terrorisme serve de prétexte à la présence continue des forces étrangères en Irak.

Où les Irakiens peuvent-ils chercher refuge ? Et de qui le Gouvernement de l'Irak devrait-il chercher la justice ?


Qui peut assurer la sécurité de l'Irak ? L'insécurité en Irak affecte toute la région.


Est-ce que le Conseil de Sécurité peut jouer un rôle pour restaurer la paix et la sécurité en Irak, tandis que les occupants sont eux-mêmes des membres permanents de ce Conseil ? Le Conseil de Sécurité peut-il adopter une décision juste à cet effet ?


Considérez la situation en Palestine :


Les racines du problème palestinien remontent à la Deuxième Guerre Mondiale. Au prétexte de protéger quelques survivants de cette Guerre, la terre de Palestine a été occupée par la guerre, l'agression et le déplacement de millions de ses habitants ; cela s'est fait sous le contrôle de certains survivants de la Guerre, amenant même d'ailleurs dans le monde des groupes plus grands de population, qui n'avaient pas été affectés par la Deuxième Guerre Mondiale ; et un gouvernement a été établi sur le territoire des autres avec une population rassemblée de partout dans le monde aux dépends de millions d'habitants légitimes de cette terre qui ont été dispersés et se sont retrouvés sans abri. Ceci est une très grande tragédie avec peu de précédent dans l'Histoire. Les réfugiés continuent de vivre dans des camps temporaires de réfugiés et beaucoup d'entre eux sont morts en espérant encore un jour retourner sur leur terre. Peut-il y avoir une logique, une loi ou un raisonnement légal qui justifie cette tragédie ? N'importe quel membre des Nations-Unies pourrait-il accepter qu'une telle tragédie se produise dans sa propre patrie ?


Les prétextes qui ont prévalu à la création du régime occupant Al-Qods Al-Sharif sont si faibles que ses partisans veulent faire taire toute voix qui essaye seulement d'en parler, puisqu'ils s'inquiètent qu'en faisant la lumière sur ces faits, cela saperait la raison d'être de ce régime, ce qu'il a fait. Cette tragédie ne s'arrête pas avec l'établissement d'un régime sur le territoire des autres. Il est regrettable que ce régime, depuis ses débuts, ait été une source constante de menace et d'insécurité dans la région du Proche-Orient, livrant des guerres et répandant le sang et empêchant le progrès des pays de la région. Et il a aussi été utilisé par certaines puissances comme instrument de division, de coercition et de pression sur les habitants de cette région. La référence à ces réalités historiques pourraient causer l'inquiétude parmi les supporters de ce régime. Mais ce sont des faits véritables et pas un mythe. L'Histoire s'est déroulée sous nos yeux.


Encore pire est le soutien sans condition et injustifié donné à ce régime.


Regardez seulement ce qui arrive à la terre palestinienne. Les gens sont bombardés dans leurs propres maisons et leurs enfants assassinés dans leurs propres rues et ruelles. Mais aucune autorité, pas même le Conseil de Sécurité, ne peut leur offrir soutien ou protection. Pourquoi ?

En même temps, un gouvernement est formé démocratiquement et au moyen du libre choix de l'électorat, sur une partie du territoire palestinien. Mais au lieu de recevoir le soutien des soi-disant défenseurs de la démocratie, ses ministres et membres du parlement sont arrêtés illégalement et incarcérés à la vue et au su de la communauté internationale.


Quel conseil ou organisation internationale se lève pour protéger ce gouvernement assiégé brutalement ? Et pourquoi le Conseil de Sécurité ne peut-il prendre aucune mesure ?


Permettez-moi de parler du Liban :


Pendant trente-trois longs jours, les Libanais ont vécu sous un déluge de feu et de bombes et près de 1,5 millions d'entre eux ont été déplacés ; Pendant ce temps, certains membres du Conseil de Sécurité ont pratiquement choisi une voie qui a donné une ample occasion à l'agresseur de remplir ses objectifs militaires. Nous avons été témoins que le Conseil de Sécurité des Nations-Unies était pratiquement paralysé par certaines puissances pour ne serait-ce qu'appeler à un cessez-le-feu. Le Conseil de Sécurité est resté les bras croisés pendant tant de jours, assistant aux scènes cruelles d'atrocités contre les Libanais tandis que des tragédies telles que Cana se répétaient continuellement ? Pourquoi ?


Dans tous ces cas, la réponse coule de source. Lorsque la puissance qui se trouve derrière ces hostilités est elle-même un membre permanent du Conseil de Sécurité, alors comment ce Conseil peut-il assumer ses responsabilités ?

 

C. Le manque de respect pour les droits des membres de la communauté internationale


Excellences,

Je voudrais à présent parler de quelques-uns des griefs du peuple iranien et parler des injustices qui leur sont faites.


La République Islamique d'Iran est membre de l'AIEA et s’est engagée dans le TNP. Toutes nos activités nucléaires sont transparentes, pacifiques et [se déroulent] sous les yeux scrutateurs des inspecteurs de l'AIEA. Alors pourquoi y a-t-il des objections à nos droits légalement reconnus ?


Quels gouvernements s'opposent à ces droits ? Des gouvernements qui bénéficient eux-mêmes de l'énergie nucléaire et du cycle du carburant. Certains d'entre eux ont abusé de la technologie nucléaire à des fins non-pacifiques, y compris la production de bombes nucléaires, et certains ont même un sombre passé pour les avoir utilisées contre l'humanité.

Quelle organisation ou quel Conseil devrait s'occuper de ces injustices ? Le Conseil de Sécurité est-il en position de le faire ? Peut-il faire cesser les violations des droits inaliénables des pays ? Peut-il empêcher certaines puissances d'entraver le progrès scientifique des autres pays ?


L'abus du Conseil de Sécurité, en tant qu'instrument de menace et de coercition, est certainement une source sérieuse d'inquiétude.


Certains membres permanents du Conseil de Sécurité, même lorsqu'il sont eux-mêmes parties des querelles internationales, menacent de façon commode les autres avec le Conseil de Sécurité et déclarent, même avant toute décision du Conseil, la condamnation de leurs opposants par le Conseil. La question est : qu'est-ce qui peut justifier une telle exploitation du Conseil de Sécurité et qui n'érode pas la crédibilité et l'efficacité du Conseil ? Une telle attitude peut-elle contribuer à la capacité du Conseil à maintenir la sécurité ?



Excellences,

Un passage en revue des réalités historiques précédentes conduirait à la conclusion que, malheureusement, la justice est devenue la victime de la force et de l'agression.

De nombreuses dispositions internationales sont devenues injustes, discriminatoires et irresponsables, en tant que conséquence de la pression excessive de la part de certains des puissants ;


Les menaces d'utiliser les armes nucléaires et autres instruments de guerre par certaines puissances ont pris la place du respect des droits des nations et du maintien et de la promotion de la paix et de la tranquillité ;



Pour certaines puissances, les revendications de la promotion des droits de l'homme et de la démocratie ne peut durer que tant qu'ils peuvent être utilisés comme instruments de pression et d'intimidation contre les autres nations. Mais lorsque l'on en arrive aux intérêts des demandeurs, les concepts tels que la démocratie, le droit à l'autodétermination des nations, le respect des droits et de l'intelligence des peuples, de la loi internationale et de la justice ne trouvent aucune place ou valeur. Cela se manifeste ouvertement avec la façon dont le Gouvernement élu du peuple palestinien est traité, de même que dans le soutien étendu au régime sioniste. Peu importe que les gens soient assassinés en Palestine, transformés en réfugiés, capturés, emprisonnés ou assiégés ! Les droits de l'homme ne doivent pas être violés.

- Les nations ne sont pas égales dans l'exercice de leurs droits reconnus par la loi internationale. Jouir de ces droits dépend des caprices de certaines puissances majeures.

- Apparemment, le Conseil de Sécurité ne peut être utilisé que pour assurer la sécurité et les droits de quelques grandes puissances. Mais lorsque les opprimés sont décimés sous les bombes, le Conseil de Sécurité doit se tenir à l'écart et ne doit même pas appeler à un cessez-le-feu. N'est-ce pas une tragédie aux proportions historiques pour le Conseil de Sécurité, qui a la charge de maintenir la sécurité des pays ?

- L'ordre qui prévaut dans les interactions mondiales contemporaines est tel que certaines puissances se comparent elles-mêmes à la communauté internationale et considèrent que leurs décisions priment sur 180 pays. Elles se considèrent comme les maîtres et les dirigeants du monde entier et les autres nations comme étant seulement de second ordre dans l'ordre du monde.


Excellences,

La question doit être posée : si les Gouvernements des Etats-Unis et du Royaume-Uni, qui sont des membres permanents du Conseil de Sécurité, commettent des agressions, occupent des pays et violent la loi internationale, quels sont les organes de l'ONU qui peuvent prendre leurs violations en compte ? Un Conseil, dans lequel elles sont des membres privilégiés, peut-il traiter de ces violations ? Cela est-il jamais arrivé ? En fait, nous avons régulièrement assisté à l'inverse. Si elles ont des différents avec une nation ou un Etat, elles le traîne devant le Conseil de Sécurité et, en tant que demandeurs, elles s'arrogent à elles mêmes les rôles simultanés de procureur, de juge et d'exécuteur. Est-ce un ordre juste ? Peut-il y avoir un cas plus flagrant de discrimination et une preuve plus limpide de l'injustice ?


Il est regrettable que la persistance de certaines puissances hégémoniques à imposer leur politique d'exclusion sur les mécanismes internationaux de prise de décision, y compris le Conseil de Sécurité, ait résulté en une défiance grandissante dans l'opinion publique mondiale, sapant la crédibilité et l'efficacité de ce système le plus universel de sécurité collective.


Excellences,

Combien de temps peut durer une telle situation dans le monde ? Il est évident que le comportement de certaines puissances constitue le plus grand défi pour le Conseil de Sécurité, l'ensemble de l'organisation et de ses agences affiliées.


La structure actuelle et les méthodes de travail du Conseil de Sécurité, qui sont les héritages de la Deuxième Guerre Mondiale, ne sont pas les réponses aux espérances de la génération actuelle et aux besoins contemporains de l'humanité.


Aujourd'hui, il est indéniable que le Conseil de Sécurité, de la manière la plus cruciale et la plus urgente, a besoin de légitimité et d'efficacité. Il faut reconnaître que tant que le Conseil est incapable d'agir, d'une manière transparente, juste et démocratique, au nom de la communauté internationale dans son ensemble, il ne sera ni légitime, ni efficace. De plus, la relation directe entre l'abus du veto et l'érosion de la légitimité et de l'efficacité du Conseil n'a pas été clairement et incontestablement établi. Nous ne pouvons pas, et nous ne devrions pas, espérer l'éradication, ou même contenir l'injustice, l'exploitation et l'oppression, sans une réforme de la structure et des méthodes de travail du Conseil.


Est-il approprié d'espérer que cette génération se soumette aux décisions et aux arrangements établis il y a plus d'un demi-siècle ? Cette génération ou les générations futures n'ont-elles pas le droit de décider elles-mêmes du monde dans lequel elles veulent vivre ?


Aujourd'hui, une reforme sérieuse de la structure et des méthodes de travail du Conseil de Sécurité est, plus que jamais auparavant, nécessaire. La justice et la démocratie imposent que le rôle de l'Assemblée Générale, en tant qu'organe le plus élevé des Nations-Unies, doit être respecté. L'Assemblée Générale pourra alors, au moyen de mécanismes appropriés, entreprendre la tâche de réformer l'Organisation et, en particulier, sauver le Conseil de Sécurité de son état actuel. Dans l'intérim, le Mouvement des Non-Alignés, l'Organisation de la Conférence Islamique et le continent africain devraient chacun avoir un représentant comme membre permanent du Conseil de Sécurité, avec le privilège du veto. L'équilibre qui en résulterait empêcherait, avec un peu de chance, de fouler un peu plus les droits des nations.


Madame la Présidente,

Excellences,


Il est essentiel que la spiritualité et la morale trouvent leur place légitime dans les relations internationales. Sans la morale et la spiritualité, atteintes à la lumière des enseignements des prophètes de Dieu, la justice, la liberté et les droits de l'homme ne peuvent être garantis.

La résolution des crises humaines contemporaines résident dans l'observation de la morale et de la spiritualité et dans la gouvernance par des gens vertueux de haute compétence et piété. Si le respect des droits de l'homme devenait l'objectif prédominant, alors l'injustice, les mauvaises humeurs, l'agression et la guerre s'estomperaient. Les êtres humains sont tous des créatures de Dieu et ils sont tous dotés de la dignité et du respect.


Personne n'est supérieur aux autres. Aucun individu ou Etat ne peut s'arroger de privilèges spéciaux, ils ne peuvent pas non plus rester indifférents aux droits des autres et, par l'influence et la pression, se positionner comme la "communauté internationale". Les citoyens de l'Asie, de l'Afrique, de l'Europe et de l'Amérique sont tous égaux. Plus de six milliards d'habitants de la Terre sont tous égaux et méritent le respect.


La justice et la protection de la dignité humaine sont les deux piliers pour maintenir une paix, une sécurité et une tranquillité durables dans le monde.


C'est pour cette raison que nous déclarons :


Une paix et une tranquillité durables dans le monde ne peuvent être atteintes qu'au moyen de la justice, de la spiritualité, de la morale, de la compassion et du respect de la dignité humaine.

Toutes les nations et tous les Etats ont droit à la paix, au progrès et à la sécurité.

Nous sommes tous membres de la communauté internationale et nous sommes tous habilités à insister sur la création d'un climat de compassion, d'amour et de justice.


Tous les membres des Nations-Unies sont affectés par les événements et les développements dans le monde d'aujourd'hui, qu'ils soient cruels ou doux.


Nous pouvons adopter des décisions fermes et logiques, améliorant de ce fait les perspectives d'une vie meilleure pour les générations actuelles et futures.


Ensemble, nous pouvons éradiquer les racines des maladies et des affections cruelles, et à la place, au moyen de la promotion des valeurs universelles et durables telles que la morale, la spiritualité et la justice, permettre à nos nations de goûter à la douceur d'un avenir meilleur.


Les peuples, conduits par leur nature divine, recherchent au fond d'eux Dieu, la Vertu, la Perfection et la Beauté. En nous reposant sur nos peuples, nous pouvons avancer à pas de géant vers la réforme et paver la route pour la perfection humaine. Que nous soyons ou non d'accord, la justice, la paix et vertu prévaudront tôt ou tard, avec la volonté de Dieu Tout-Puissant. Il est impératif, et aussi souhaitable, que nous contribuions aussi à la promotion de la justice et de la vertu.


Le Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux, qui est le Créateur de l'Univers, est aussi son Maître et son Dirigeant. La Justice est Son commandement. Il commande à Ses créatures de se soutenir entre elles dans la Bonté, la vertu et la piété, et non pas dans la décadence et la corruption.

Il commande à Ses créatures de s'enjoindre les unes les autres à la droiture et à la vertu et non pas au pêché et à la transgression. Tous les prophètes Divins, du prophète Adam (que la paix soit sur lui) au prophète Moïse (que la paix soit sur lui) au prophète Jésus Christ (que la paix soit sur lui) au prophète Mohammed (que la paix soit sur lui), ont appelé l'humanité au monothéisme, à la justice, à la fraternité, à l'amour et à la compassion. N'est-il pas possible de construire un monde meilleur, basé sur le monothéisme, la justice, l'amour et le respect des droits des êtres humains, et ainsi transformer l'animosité en amitié ?


Je déclare catégoriquement que le monde d'aujourd'hui, plus que jamais auparavant, se languit de personnes justes et vertueuses avec de l'amour pour toute l'humanité ; et, par-dessus tout, tous se languissent de l'être humain vertueux et parfait et du réel sauveur qui a été promis à tous les peuples et qui établira la justice, la paix et la fraternité sur la planète.


Dieu Tout-Puissant, tous les hommes et les femmes sont Tes créatures et Tu as décrété qu'ils seraient guidés et secourus. Confère à l'humanité, qui a soif de justice, l'être humain parfait promis à tous par Toi ! Et fais de nous ses adeptes et ceux qui recherchent son retour et sa cause !


Par Pierre GALAND - Publié dans : l'Ordre Marchand
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Dimanche 3 janvier 2010 7 03 /01 /2010 12:55

Remember

 

Noël 2008 : la « Saint Barthélémy » juive

 

Haine et indignités

 

 

Un an déjà. Souvenez-vous les évènements qui marquèrent la fin de l’année 2008 et ce début d’année 2009. Il ne s’agit pas de la crise financière, évènement hautement prévisible tant dans sa survenue que dans ses  conséquences ou de son avatar constitué par l’extraordinaire aventure d’un certain « Mr Madoff et ses 50 milliards de dollars » qui retinrent mon attention, mais l’assassinat délibéré par l’Etat d’Israël de plus de 400 enfants palestiniens.


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De tels actes gravissimes ne peuvent pas être traités en temps réel. Un recul s’impose. Celui nécessaire à l’apaisement de la colère et du sentiment de haine qu’ils générèrent en moi.

 

En cette fin d’année traditionnellement dédiée aux enfants, Israël, à sa manière, réserva la plus horrible des fêtes aux enfants palestiniens et plongea la « bande de Gaza » dans un épouvantable enfer.

 

En bande annonce à ce « feux d’artifice », les médias français, hautement complaisants à l’égard d’Israël, expliquèrent et justifièrent cette agression par l’unique objectif d’éliminer le maximum de « résistants » Palestiniens. Ceux qui, dixit les mêmes médias, ne cessaient d’harceler l’Etat d’Israël par des tirs incessants de roquettes qui pourtant n’atteignirent … jamais leurs cibles !

 

Résultats : plus de 5000 blessés, 1400 morts dont 400 enfants.

 

Deux faits éloquents accompagnèrent cette agression.

 

D’abord, l’étonnante couverture médiatique de cet acte de barbarie. A minima, deux fois par jour sur la radio nationale française « France Inter » nous fûmes scrupuleusement informés du nombre d’enfants tués. Du décompte macabre qui ne cessait de croître, seule la « catégorie » des enfants massacrés étaient précisée !

 

Jamais le nombre de résistants palestiniens tués ne fut précisé. D’ailleurs, nous n’entendîmes plus jamais parler de ces fameux résistants.

 

Sordide tableau de chasse particulièrement révélateur. L’unique objectif de l’Etat d’Israël ainsi affiché et proclamé est d’anéantir méthodiquement et avec une rare constance obstinée toute descendance du peuple palestinien en terres palestiniennes. Ceux qui survivront aux innombrables actes de terrorisme perpétrés par Israël disparaîtront naturellement de vieillesse, sans descendance.

 

Ensuite l’extraordinaire silence et l’étonnante éclipse de la totalité de la classe politique française. Tous, sans exception, durant ces trois semaines d’horreurs, disparurent comme par enchantement des médias (journaux, radios et télévisions). Pas un pour exprimer une quelconque indignation. Pourtant, 400 innocents assassinés, ce n’est pas rien !

 

Et bien si ! Du Président de la République au plus obscur sous secrétaire d’Etat, du Sénat comme de l’Assemblée Nationale, de l’UDF, du RPR, du PS, … le silence le plus absolu. L’accord parfait. Aucune indignation. Pas une voix ne s’éleva.

 

Pourtant ils sont nombreux ceux qui auraient du s’exprimer.

 

Je pense à Mme et Mr Badinter, à Mme Danièle Mitterrand, à Mme Martine Aubry, à Mme Ségolène Royal, à MM Fabius, Hollande, Rocard, Delanoë, Strauss-Kahn, Jack Lang, Arnaud de Montebourg, Benoît Hamon, …, tout ce qui aujourd’hui fait et représente la France s’est tu.

 

Et vous aussi Mme Simone Veil! Pourtant, si une voix aurait du se faire entendre et clamer sa colère et son indignation, c’était bien la vôtre !

 

Mille raisons et pas des moindres auraient amplement justifié votre intervention : 

 

- ancienne déportée, rescapée de la Shoah, vous avez connu ce que sont horreurs et atrocités,

 

- en 1991 vous reçûtes à Jérusalem le prix Truman pour la paix,

 

- vous fûtes la première femme présidente du Parlement Européen et à ce titre en droit de vous exprimer,

 

- enfin, par deux fois, votre pays vous couvrit d’honneurs prestigieux, puisque en novembre 2008 vous fûtes élue à l’Académie Française et, plus récemment, élevée au rang de Grand Officier de la Légion d’Honneur.

 

Ce n’est pas rien ! Avez-vous oubliée, Madame, que ce sont autant d’obligations morales qui vous incombent et dont vous êtes redevable.

 

Alors pourquoi avoir gardé le silence ?

 

Vous auriez pu accomplir un geste grandiose. Dès l’annonce et confirmation du massacre de nombreux innocents, rejoindre la Palestine et, pourquoi pas, prenant le monde à témoin, brandir face à l’armée israélienne un enfant palestinien dans vos bras.

 

Vous seule pouviez effectuer un aussi grandiose geste. Nul doute Madame, qu’il aurait mis fin à cet épouvantable acte de barbarie. Nul doute Madame qu’il aurait parachevé d’une manière prestigieuse votre œuvre. Nul doute Madame que vous auriez ainsi honoré les multiples distinctions qui jalonnent votre existence.

 

Pourquoi, Madame, n’avoir rien fait ? Pourquoi vous êtes vous refusé d’être « juste » à votre tour ?

 

N’avez-vous donc pas compris que pour chaque enfant palestinien massacré par Israël, naissait dans des millions d’êtres humains répartis sur la surface de notre planète une haine incommensurable envers votre peuple ?

 

Cette haine là n’est pas de l’antisémitisme. Etre révolté et profondément indigné à l’encontre d’un tel acte de barbarie ne peut être assimilé à de l’antisémitisme.

 

Croyez vous que votre peuple dans sa grande majorité avait besoin de cela ? D’une telle publicité haineuse ? Pourra-t-il un jour vivre enfin en paix ? En paix avec lui-même. En paix avec tous les autres. Etre comme tous les autres.

 

Au nom de quoi cette infâme barbarie perpétrée en ce 21ème siècle ? Des écrits de la Bible ? Des promesses de votre Dieu ? Seriez-vous donc les pires fanatiques intégristes religieux de notre planète ?

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Noël 2008 restera à jamais gravé dans la mémoire des hommes. Nous eûmes en son temps la nuit de la « Saint Barthélémy ». Il y a désormais le noël de la « Bande Gaza », sorte de « Saint Barthélémy » perpétré par le peuple juif en terre de Palestine.

 

Cet authentique crime contre l’humanité se nomme aussi génocide.

 

Dois-je plus encore épiloguer ?


Rond-point de Marmande (2)
Rond point de Marmande à Bergerac (1)rond-point sortie de Marmande vers Bergerac 
 

De retour dans mon Lot-et-Garonne, après plusieurs années de voyage sur la mer Méditerranée, je constatai que les élus du département et de la ville de Marmande tinrent à rendre hommage aux victimes juives des camps de concentration édifiés par le nazisme. Un bel ouvrage tout en acier occupe la partie centrale d’un des nombreux « ronds point » placés sur l’axe routier qui conduit à Bergerac. Beau geste exemplaire de mémoire d’un passé douloureux.

Sauf erreur de ma part, deux de ces « ronds point » sont aujourd’hui libres, ne disposent d’aucun ornement. Je ne peux m’empêcher de penser combien ces élus seraient merveilleusement inspirés et feraient preuve d’une belle sagesse universelle s’ils décidaient de réserver l’un de ses deux espaces libres à un bel ouvrage dédié aux 400 enfants palestiniens, victimes innocentes du fanatisme religieux juif, de la barbarie d’un peuple à l’encontre d’un autre et ce … en ce début du 21ème siècle.

 

Par Pierre GALAND - Publié dans : Intermèdes en terres françaises
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Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /2009 09:05

Le virus de la grippe A (H1N1)

 

 « La maîtrise du monde n’est que peu de chose comparée à la maîtrise des hommes ».

  

Ce n’est pas chose aisée que l’entame d’un écrit. Insipide, l’incipit détourne irrémédiablement l’attention du lecteur. Bien trouvé, il donne le ton et guide la plume. Je peux rester des jours, des semaines voire des mois entiers à ne pas savoir débuter un article, simplement parce que je ne parviens pas à formuler l’entame qui sied merveilleusement au thème à traiter.

  ---

 

S’il fut effectivement aisé à l’Ordre Marchand au cours des siècles passés d’accroître sans risque l’étendue de sa maîtrise du monde, il en va tout autrement de notre temps. Simplement parce que les données d’aujourd’hui ne sont plus celles d’hier. Aux évolutions linéaires d’antan succèdent en tous domaines des évolutions exponentielles par nature incontrôlables, quasi impossible à maîtriser.

 

Les guerres européennes du siècle dernier vont retarder considérablement l’accroissement démographique de l’Angleterre, de l’Allemagne, de la France et plus encore de la Russie.

 

Elles vont apporter à l’Ordre Marchand les résultats escomptés en terme de placement des membres de son « Armée de l’Ombre » partout où cela est nécessaire afin de s’assurer un contrôle absolu des pays visés. Les colons s’installent et s’emparent de tous les pouvoirs. Après la colonisation de l’Angleterre, se réalisent quasi en parallèle les colonisations de l’Allemagne et de la France.

 

Que l’on en juge : la guerre de « 14-18 » se traduira par la mort de plus de 15 000 000 de français âgés de 18 à 40 ans. Ce fut le tiers de la population de la France, mais aussi et surtout la quasi-totalité de ses forces vives et reproductrices qui furent anéanties. Authentique génocide que l’Allemagne et la Russie subiront eux aussi en même temps.

 

Cela ne suffira pas. Ils seront 1 500 000 de la génération rescapée de « 14-18 » à se faire massacrer 25 années plus tard au cours de ce que l’on nommera la « grande guerre mondiale » du début des années quarante.

 

Cela ne suffira pas encore ! Vingt cinq années plus tard, alors qu’il est massivement fait appel à la main d’œuvre maghrébine afin de pallier justement au déficit des « forces vives locales », que croyez-vous que l’on proposa sournoisement à une France exsangue ? L’I.V.G. (Interruption Volontaire de la Grossesse) et la pilule … !!!

Surprenant, non ?

 
Mais aussi, curieuse coïncidence que ce cycle de 25 années, correspondant très exactement au cycle des générations !

 

Il y a une terminologie précise pour désigner de tels actes.

 

Ce n’est pas l’I.V.G, mais l’I.V.D = l’Interruption Volontaire de Descendance, tout simplement.

 

Un autre exemple ? Récent et indiscutable ?

 

L’acte de terrorisme mené par Israël durant trois semaines dans la bande de Gaza en fin d’année 2008 et début d’année 2009. Annoncée par tous les médias comme « nécessaire » pour éliminer le plus grand nombre de « terroristes » palestiniens, nous ne saurons jamais combien furent éliminés ! Par contre nous saurons très exactement le nombre d’enfants assassinés ! Pire, deux fois par jour dans tous les médias audio-visuel français, nous seront informés en temps réel du nombre total de morts et du nombre total d’enfants massacrés. Lapsus immensément révélateur !

 

A l’évidence, le souci d’Israël n’était pas les « terroristes », puisqu’ils ne présentaient aucun danger sérieux réellement quantifiable, mais de stopper la croissance démographique des palestiniens en terres palestiniennes. En application d’un principe simple : le combat cessera faute de combattants !

 

C’est cela l’I.V.D. C’est aussi le seul et unique but de toute guerre. Il n’y en a pas d’autre. Seuls les naïfs, les imbéciles ou malades mentaux se laissent abuser.

 

Revenons à nous et à l’Europe, en 2005-2010. C’est-à-dire 30 années après 1970-1980, la pilule et l’IVG.

 

Coloniser un pays et s’en assurer un contrôle absolu impose certaines règles à respecter, strictement en phase avec les ressources intrinsèques du colonisateur.

 

Avec  son « Armée de l’Ombre », l’Ordre Marchand dispose d’un certain potentiel humain.

 

Il va donc progressivement et d’une manière méthodique et irréversible épurer l’ensemble du tissu économique français (agriculture, industrie, commerce, tertiaire, …) ainsi que  l’Administration française de telle manière qu’ils soient compatibles avec ses propres ressources humaines dont il dispose. Les colons, membres de l’Armée de l’Ombre, investissent l’ensemble des activités. Seuls les emplois les plus bas (dans l’échelle hiérarchique) sans conséquence ou risque sont laissés aux autochtones.

 

Pour le secteur industriel, par exemple, la méthodologie employée conduira in fine aux délocalisations hors territoire français. Présentées comme nécessaires pour la compétitivité et la survie de nos entreprises de telles délocalisations permettent à l’Ordre Marchand de « gagner » simultanément sur plusieurs tableaux.

 

Tout d’abord par son implantation en pays pauvres, d’y répandre le germe de la culture « occidentale », sorte de prosélytisme destiné à transmettre l’envie, le goût de l’argent, l’attrait des nouveautés, bref de faire de ces nouveaux autochtones des accros de la société de consommation. En parallèle, de rendre ces pays dépendant de l’économie « occidentale » et de ses finances. Autrement dit les asservir à l’Ordre Marchand. L’Ordre Marchand acquiert ainsi le contrôle économique de ces pays. Première étape de sa colonisation.

 

Plus pernicieux, l’Ordre Marchand instrumente la détresse humaine qu’il vient ainsi de créer dans les pays dits « développés » pour opposer violemment ceux qui « travaillent » à ceux « qui profitent du système et qui coûtent cher à l’Etat ». Puis fait répandre et se développer les idées selon lesquelles dans notre société actuelle, compte tenu des développements technologiques et autres considérations sur l’environnement, il n’y a pas assez d’emplois (travail) pour tous et que notre mère commune, à savoir la terre, n’est pas en mesure de nourrir tous les hommes. Autrement dit que nous sommes, nous les hommes, trop nombreux tant en terme « économique » qu’en terme « écologique ». Par ailleurs, malicieusement, de très nombreux sites Internet supposés « contestataires » mais créés et dirigés par l’Ordre Marchand, vont diffuser, afin d’imprégner plus encore les hommes de cette nouvelle culture ou mode de pensée, un tas de documents et de rapports issus de différents comités ou groupes « mondiaux » ou américains. Ces documents ne sont pas des faux, ils sont d’authentiques comptes rendus. Ils se résument tous au « constat » que les hommes sont trop nombreux et émettent moult recommandations quant aux moyens de réduire ce nombre ! Il y a peu de temps, Jacques Attali (et oui encore lui !) fit scandale par ses écrits et propos sur le sort à réserver à nos vieux. Je n’invente rien !

 

Venons-en à ce fameux virus de la grippe A (H1N1), d’origine porcine.

 

Il est tout d’abord particulièrement curieux de constater que cette migration du virus issu du porc ne s’est jamais traduite par une quelconque action de contrôle, de précaution et ou d’interdiction de consommation de viande porcine tant en France que dans le monde entier. Pourtant le principal vecteur de propagation serait bien la consommation de cette viande. Cela doit interpeller bigrement notre vigilance et esprit critique. Ce simple constat n’est pas rien, n’est pas neutre, mais hautement signifiant, significatif et révélateur.

 

Ensuite, je n’ai jamais « connu » un virus aussi intelligent, malicieux, roublard, sadique et aussi joueur que ce virus de la grippe A (H1N1) !

 

Je m’explique !

 

Bien que l’ensemble des médias français (écrits et audio-visuel) soient des organismes de propagande placés sous les ordres et au service exclusif de l’Ordre Marchand, je m’impose toutefois d’être quelques heures par semaine à leur écoute. Simplement par ce que c’est terriblement instructif et permet de détecter là où ils veulent en venir et par quels chemins. Et, au-delà  de ces constats, démasquer la ou les supercheries et mensonges. J’invite mes fidèles lecteurs à acheter une fois par semaine le quotidien « Le Monde », celui du mardi ou du vendredi (parfois il faut adapter selon les titres de la première page) et à écouter chaque matin dès 7 heures la radio « France-Inter ». Cela est amplement suffisant et facile : le moindre crétin, sous réserve qu’il sache lire et écouter, comprend immédiatement.

 

Revenons à notre virus !

 

Il est très fort le bougre, puisque cette année il va réussir l’exploit d’empêcher l’arrivée, comme c’est la coutume depuis de nombreuses années, du virus « traditionnel » de la grippe.  La France comme les autres pays européens seront « miraculeusement » épargnés par la grippe « traditionnelle ». Nous supposerons que notre virus annuel a eu le temps de lire les journaux, d’écouter les radios et les bulletins « météo » qui l’informèrent que les prévisions n’étaient pas bonnes du tout ! Du très mauvais temps est annoncé: un plus méchant virus que lui pointe son nez à l’horizon. Alors, notre brave virus auquel nous étions habitué se retira sur la pointe des pieds jugeant plus prudent de rester tranquille, au chaud dans ses bocaux et armoires, en attente de jours meilleurs.

 

Malgré l’inexpérience totale que l’on a de ce virus, on sait « déjà » qu’il est particulièrement friand de certaines catégories de personnes ; les enfants de moins de 5 ans, les jeunes de 12 à 45 ans et les vieux (les spécialistes nomment cela la courbe en W !). Plus encore, on nous informe que l’on sait déjà qu’il a un faible pour les malheureux êtres humains présentant de grandes déficiences ou porteurs de lourdes maladies et un appétit féroce pour les femmes enceintes !

 

« Putaing-cong » ! … Il est génial ce virus !

 

C’est l’ATTILA des peuples (non, je n’ai pas dit ATTALI !) et le ROMDUP sociétal !

 

Ce n’est pas tout !

 

Il aime l’exploit. Trop facile de vaincre les individus un à un, c’est peu glorieux. Tel GARGANTUA : « il a les yeux aussi grands que son immense ventre». Seuls les groupes, communautés, rassemblements et lieux de concentration excitent sa gloutonnerie.

 

Il est étonnement efficace.

 

Mais aussi, facétieux, malin, il aime jouer et jouer la vedette !

 

Son show annoncé depuis de nombreux mois, en digne professionnel du spectacle il sait faire monter la « température », chauffer les esprits … et les enchères. Il distille au compte goutte ses apparitions, ici ou là. Visite quelques colonies de vacances qui n’accueillent, par hasard, que des enfants étrangers (à analyser !). Et là qu’apprenons-nous ? Qu’il n’est nul besoin de disposer d’une panoplie infernale de médicaments pour guérir : un léger isolement, un masque (mais pour quoi faire ?) et un peu de paracétamol suffisent.

 

 Extrait du quotidien « Le Monde » du 24 juillet 09

 

Il joue « au chat et à la souris », amuse les français en vacances. En « Grand Seigneur », respecte la trêve si importante des congés pour les français ! C’est sacré ! Pourtant, il disposait là des plus phénoménales concentrations humaines qu’il ne pouvait espérer : les plages et lieux de loisirs de la Côte d’Azur, de la côte d’Argent, les aéroports, les musées, …, bref la liste est immense. Et bien, non, il boudera autant de facilités. Facétieux vous dis-je ! Non ! Bien formé à l’E.N.V (Ecole Nationale des Virus !) il a parfaitement intégré les nécessités économiques et ses règles. C’est un mutant !

 

Sadique, il ronge son frein, attends son heure : à la rentrée ! Reste un mois, août, pour chauffer à blanc les esprits, préparer son attaque.

 

 

Extrait du quotidien « Le Monde » du 24 juillet 09

 

Il affole son monde y compris nos gouvernants. Bien qu’ils nous assurent qu’ils y travaillent depuis 4 années dans toutes les administrations concernées (tient donc, curieux non ? …  à analyser aussi !), des mesures extraordinaires seront prises dans l’urgence face à la « gravité » de la situation.

 

La plus extravagante est celle d’imposer par la loi la vaccination et donc de la rendre obligatoire. Tout refus se traduira par une amende hautement dissuasive. Pire, bien que  le vaccin ne dispose d’aucun agrément le validant, les citoyens, par la loi, n’auront aucune possibilité de recours en cas de graves disfonctionnements ou autres résultant de son injection ! Je n’invente rien, ce sont les dernières lois émises par l’Administration américaine du très récent président OBAMA ! Alors, … alors n’en doutons pas, nous risquons nous français d’être soumis aux mêmes obligations et si ce n’est pas le cas alors le « matraquage » médiatique sera tel que chacun se précipitera pour se faire vacciner.

 

Sans réfléchir un instant au fait que quelques comprimés de paracétamol suffisent pour se débarrasser de cette grippe.

 

C’est purement phénoménal et incroyable !

 

Certes ! Mais faisons preuve d’un peu de bon sens.

 

Avez-vous, avons-nous jamais vu, connu ou ouïe dire qu’en des temps quelconques de l’humanité présente, les passagers d’un navire en détresse aient refusé de revêtir le gilet de sauvetage destiné à éviter leur mort certaine par noyade et qu’il fut nécessaire de leur imposer par une loi spécifique votée en toute précipitation pour les sauver malgré eux ? Et que ceux qui s’obstinèrent à ne pas porter le gilet de sauvetage furent passibles d’une amende faramineuse ?

 

Voyez-vous, on peut s’amuser et trouver drôles les facéties auxquelles se livre le virus de la grippe A (H1N1), n’empêche qu’il est trop intelligent et particulièrement efficace. Je dirai qu’il est vraiment trop humain ou diabolique.

 

Certes, ses péripéties sont étonnantes et de nature à jeter un trouble certain dans nos esprits. Mais elles ne sont pas suffisantes pour démasquer une éventuelle malversation.

 

Or, c’est bien justement cet empressement à imposer ou pousser les hommes à se faire vacciner alors que cette grippe bénigne se soigne avec seulement du paracétamol qui jette un profond trouble dans les esprits et les place en état d’alerte. Cela cache un danger. Oui, mais lequel ?

 

Ce sont ces mêmes médias qui nous livrent les clés de décryptage.

 

L’article « Vaccins et Tamiflu ne suffiront pas, sommes-nous prêts à affronter la pandémie ? » paru dans « le Monde », édition du 29 juillet 09, va me permettre d’apprendre les existences des pandémies de :

 

- 1889/1890 qui frappa exclusivement les adultes jeunes et les vieillards,

- 1918 qui frappa exclusivement les moins de 5 ans, les sujets en bonne santé âgés de 15 à 45 ans et les plus de 65 ans,

- 1957 qui frappa exclusivement les enfants et les sujets âgés

et enfin celle de

- 1968 qui frappa exclusivement les sujets âgés.


Article du quotidien "Le Monde" du 29 juillet 09 


J’ignorais purement et simplement l’existence de ces « pandémies » antérieures. J’avoue être resté pantois face aux qualités aussi sélectives ou discriminatoires de ces précédents « virus » et la précision des résultats qui en découlent alors que l’informatique n’était qu’à son stade de développement. Posséder de tels renseignements implique nécessairement qu’un suivi particulièrement attentif était préalablement organisé. Cela est d’autant troublant que de tous temps et jusqu’à lors ce que l’on appelait « épidémie » ne faisait pas dans la dentelle : tout le monde était concerné, du plus jeune au plus âgé, sans état d’âme de la part du virus.

Etonnants virus qui par enchantement ou par miracle régulent et contrôlent avec une précision inouïe tout à la fois la croissance des générations et les coûts, pour la société, de ses vieux !

 

Depuis la dernière « Guerre Mondiale », les grands pays de l’Europe (Allemagne, Angleterre, Espagne, Italie, France, Russie, …) n’ont plus le « droit » de se faire la guerre ou de faire la guerre. De cette guerre uniquement programmée dans l’unique objectif de « contrôler » une population qui deviendrait alors incontrôlable par quiconque ou par quoi que ce soit.

 

Dois-je être plus explicite encore ?

 

Quoi de plus anodins et d’efficaces en définitive que de bons virus parfaitement calibrés lâchés dans la nature ? !

 

Des « mutants » dites-vous ? Et Darwin ? Aucun vivant, y compris l’homme n’a jamais connu de telles mutations naturelles en si peu de temps (deux siècles ici) ! Non, simplement nouvelle arme développée par l’homme.

 

Le virus de la grippe A (H1N1) est bénin. Il n’est pas virulent. Il fera passer plus tôt dans « l’autre  monde» nombre de ces malheureux déjà aux limites de la vie pour d’autres raisons.

 

Que savons-nous de ce vaccin ? De ses effets à court, moyen et long termes ?

 

Rien ne peut m’empêcher de penser qu’ils puissent être de nature à fragiliser durablement l’homme de telle manière que dans les années à venir il ne sera pas en mesure de résister normalement aux nouvelles formes de virus qui ne manqueront pas, justement de se manifester. Une élimination massive est, non pas impossible, mais inenvisageable ou inadéquat simplement par ce qu’elle mettrait en lumière la manipulation, l’action délibérée. Etalée sur plusieurs années elle reste « masquée », facilite le doute et trouble la certitude.

 

Un signe ne trompera pas. Une signature même. Pas un des membres de l’Armée de l’Ombre ne sera affecté.  

 

« A vos statistiques … Prêts ? … Partez ! »

Par Pierre GALAND - Publié dans : l'Ordre Marchand
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