intermedes etesiens

Finike, octobre 2007

de Xania à Istanbul

... c'est dommage « Mr Raoul » ... quel dommage Alain !...

 

« Mr Raoul » fut notre première rencontre lors de la première escale de notre périple. Une sympathie d'abord, puis une amitié ensuite s'installèrent entre « Mr Raoul » et « Leptine ». Des échanges épistolaires (alliant le sérieux, les franches déconnades, l'humour, la légèreté, ...) durant les périodes hivernales entretenaient, complétaient et assuraient une liaison ininterrompue entre les moments passés ensemble (l'été) et les prochains à venir. Tant et si bien que « Mr Raoul » prit place ... dans notre « Carnet de Voyage » !

Pour cette troisième année, « Mr Raoul » et « Leptine » avaient convenu de se retrouver aux alentours du 18 août à Rhodes. Line et Alain devaient y déposer leur fille pour son retour en France par avion.

 

Dans le courant de la première semaine d'août Alain nous informe que nous pourrions nous retrouver plus tôt. Ce que nous fîmes le 9 août précisément sur l'île d'Astypalaia.

Et là ... douche froide ! Les retrouvailles furent glaciales ! Nous nous trouvons face à Line et Alain froids, peu enclins à l'échange. Comme il nous arrive souvent, Christine et moi-même sommes traversés par la même pensée : « il doit y avoir un gros problème de couple entre eux » et prenons en charge la discussion afin, espérions nous, de détendre la situation.

La soirée s'acheva sur « Leptine » par un dîner préparé la veille par Christine et accompagné des deux seules bouteilles de l'excellent vin de Bordeaux produit par mon jeune frère que ce dernier m?avait apporté quelques jours auparavant et que nous gardions spécialement pour nos retrouvailles avec « Mr Raoul ».

 

Les jours suivants passés ensemble furent émaillés d'événements étonnants de la part d'Alain. Tout d'abord il n'était jamais satisfait du mouillage dans lequel nous étions. En une seule journée nous changeâmes trois fois de place, au moteur faute de vent ! En moins d'une semaine nous fîmes 3 îles, toujours au moteur faute de vent ! Et plus dramatique, quelques jours après le premier dîner pris sur « Leptine », Alain nous transmis la dernière révision de son Journal de Bord intitulé « Y en aura pour tout le monde ».

Un véritable « torchon » ! Toute une longue partie de son dernier « article » n'était que des propos infâmants sur moi, mon jeune frère et ma famille ! Stupeur et incompréhension pour Christine et moi-même : rien auparavant ne permettait de prévoir cela.

 

Ce brusque changement de comportement à notre égard éveilla bien évidemment notre attention. Il eut pour effet de nous motiver à en connaître la raison et nous inciter à ne rien modifier dans notre comportement envers eux : nous devions faire « comme si de rien n'était », la vérité finirait bien un jour par émerger et s'ils avaient quelque chose à nous reprocher c'était bien à eux de le dire ... pas à nous, c'était l'évidence même.

 

Dans ce contexte, notre envie de les accompagner à Rhodes avait disparue et ce d?autant plus que nous connaissions déjà cette ville pour y être passé au mois de mai. Ainsi à Symi les routes de « Mr Raoul » et de « Leptine » se séparèrent, le contact étant maintenu pour se retrouver à Marmaris. Là, les circonstances feront que nous nous croiserons sans nous voir.

 

Nous nous retrouverons quelques jours après dans la superbe et immense baie de Göçek

« Leptine » était au mouillage depuis deux jours dans une des minuscules criques que comporte cette baie lorsqu'un message d'Alain nous informe qu' « ils » sont ... « Mr Raoul » et deux autres navigants ... dans ... la baie de Göçek au mouillage. Contact pris avec Alain : « ils » se situent à moins de deux milles nautiques de « Leptine » !

 

Alain nous invite à « les » rejoindre. Ce que nous fîmes.

 

Et découvrons trois bateaux, cote à cote, dont les proues sont reliées entre elles par un cordage !

Ostensiblement « Leptine » est prié de se mettre à l'écart d'eux.

Exclu « Leptine » !

Il ne lui sera, par ailleurs, jamais proposé d'être relié à eux ...

Cette « chaîne d'union » me fait penser aux ... francs-maçons !

Non ! Ils ne sont pas francs-maçons ! Alain ne peut pas être franc-maçon !

Ce symbole n'est pas spécifique à la Franc-Maçonnerie. Il est également en vigueur dans la communauté juive.

 

C'était donc cela, et le fait qu'ils avaient modifié le programme que nous avions préalablement établis ensemble pour en construire un autre avec les «siens», que Line et Alain voulaient absolument nous dissimuler !

 

Pour ce faire, Alain n'a pas lésiné sur les « moyens » afin que nous soyons à l'origine de la rupture et pas eux! Il lui aurait été alors tellement facile de justifier dans son Journal de Bord cette rupture si inattendue et incroyable !

Pensez donc, il avait prévenu tout son monde : la couleur était affichée dés l'intitulé de son Journal de Bord: « Y en aura pour tout le monde », qu'il plaçait, de plus, sous la haute autorité morale de quelques extraits des dialogues de Audiart dont, « Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît » !

 

D'un seul coup nous réalisâmes que Line et Alain nous avaient dupés, nous avaient abusés, nous avaient trompés, qu'ils avaient joués la comédie pendant plus de deux années, que cette amitié en laquelle nous croyions n'était que simulation, dissimulation. Que tout était faux. Des faussaires quoi.

 

Line, Alain, où est le respect des autres?

 

Quel problème cela vous pose d'être juifs ? Pour nous aucun ! Nous en avons côtoyé des milliers dans nos vies professionnelles et privées !

 

Si Line et Alain souhaitaient nous exclure de leurs relations, il leur appartenait de nous le faire savoir. Nous aurions respecté leur demande. Aussi nous décidâmes de ne rien changer dans notre comportement, de continuer à être avec eux comme nous le fûmes auparavant, bref de faire « comme si de rien n'était ».

 

Avant leur retour en France il restait encore une dernière semaine à passer « ensemble » dans la marina de Finike. Nous espérions qu'ils auraient alors le courage de s'expliquer. Erreur de notre part. Nous les avions beaucoup trop sur estimés. L'attitude pleutre qu'ils adoptèrent me convainquit de les soumettre à une version de « l épreuve du miroir », pour leur signifier d'une part, que nous n'étions pas dupes et, d autre part, ce que nous pensions d'eux. Cette épreuve est à double usage : elle reflète la vraie personnalité (et non pas celle que l'on veut donner ou faire croire de soi) et fait prendre conscience que « le pire ennemi que nous ayons n'est pas l'autre, mais ... soi-même ». Epreuve redoutable. Nul besoin de mots ! Nul ne dicte à la personne qui y est soumise ce qu'elle doit savoir : elle le découvre par elle-même, en elle-même ! Impitoyable !

 

Présentée comme une blague de « potache » et sur le ton du « potache » qui va faire une bonne farce, je les invite tous deux à venir voir la photo d'une statue dont le visage « ressemblerait étrangement à Alain ». La photo que je leur présentais sur mon ordinateur consistait en un agrandissement du visage seul.

 

C'est à Kastellorizo que nous découvrîmes cette statue dans la partie haute de la ville. Lorsque nous la vîmes, instantanément Christine et Carole s'écrièrent: « Mr.Raoul !», « Mr.Raoul !» ... C'était bien « Mr Raoul » ... le vrai « Mr.Raoul ».

 

Au lieu de partir tous deux dans un énorme éclat de rire comme c'est la réaction normale entre potaches qui se font une farce, nous eûmes droit à un silence impressionnant. Figés, tétanisés, blêmes, Alain et, Line dans une moindre mesure, étaient K.O. Ce silence dura de longues secondes. Placés derrière moi je percevais le souffle court d'Alain qui ne parvenait pas à se remettre du « choc ». Line tenta en vain de dire quelque chose. Elle ne parvint qu'à bégayer quelques mots à peine audibles.

 

L'épreuve faisait une nouvelle fois ... preuve de son efficacité :

« Il y a une chose plus terrible que la calomnie, c'est la vérité »

(Charles Maurice, Prince de Talleyrand-Périgord).

 

Tous deux quittèrent « Leptine » quelques minutes après. Alain n'en pouvait plus. Prêt à craquer, tentait de se contenir, de se maîtriser ... L'explosion était imminente !

 

Et ... il explosa ... en un véritable feu d'artifice, se vidant de ses miasmes, les répandant à l'alentour.

 

Jusqu'au titre de son Journal de Bord il changea ! « Y en aura pour tout le monde » devint « Dépression sur la Méditerranée » !

Oui Alain, en cela tu as eu raison : t'apercevant, mais trop tard, que le premier titre choisi par toi était on ne peut plus révélateur et significatif de ta véritable personnalité ... et que de semer le vent tu récoltais ... la tempête !

 

Quelle ineptie Alain d'avoir imaginé pouvoir te dissimuler derrière Audiart !

Audiart n'autorise rien ! Il manie seulement l'humour avec talent et les personnages créés par lui ne font que porter son talent. Ce n'est que du cinéma quoi !

 

 

C'est dommage « Mr Raoul » ... que votre culture générale se limite aux dialogues d?Audiart ... car s'il en avait été autrement cela vous aurez permis de vous rendre compte que les écrits ne sont jamais neutres, qu'ils véhiculent obligatoirement la personnalité de son auteur, sa culture, son éducation, sa morale ... c'est dommage ... Alain ... toi qui voudrait être le meilleur, le premier en tout ...

Si Audiart vivait encore il 'hésiterait pas à te diplômer : le meilleur, le premier à avoir osé étaler ce qu'il est vraiment, osé l'écrire en vue de sa postérité et osé se délecter d'être cela, rien que cela.

 

Quel dommage Alain de faire montre d'autant d'incivilités.

Quel dommage Alain de faire étalage d'une aussi grande improbité.

Audiart ne prêche pas l'inconvenance, l'indécence, l'indélicatesse, la goujaterie, la calomnie, l'infâmant, ... , le racisme, ...

Audiart amuse. Il n'indispose pas ses amis !

Audiart peut faire dire et faire faire à ses personnages ce qu’il veut ...peut créer les situations qui l’arrangent ... peut tout se permettre: mentir, travestir, mystifier, ...

Par ce que c'est du cinéma !

Pas toi ! Tes écrits témoignent ! Je n'invente rien !

Quel droit revendiques-tu, toi Alain, pour te comporter ainsi ?

... Quel dommage Alain !

« Mr Raoul » ... bye bye Alain ...

Finike, octobre 2007

 

de Xania à Istanbul

Téo d'Oro

Inimaginable, impensable, incroyable !

Je ne m'attendais pas, quelques minutes après notre arrivée à Mytilène, vivre une des plus belles et extraordinaires rencontres de ma vie ...

Notre remontée vers Istanbul prenait volontairement l'aspect du « chemin des écoliers » ... d'île en île ... au gré du vent ... Nous prenions notre temps ... le temps de savourer ... le temps de déguster ... le temps de s'imprégner. Nous mesurions et recollions les temps ... ceux des mythes ... ceux de l'histoire ... en même temps ... que le temps présent ... omniprésent ! Chaque île nouvelle nous attirait, excitait notre curiosité. Une partie du temps de navigation nous voyait plongés dans les livres afin de nous remémorer sa place dans la mythologie, sa propre histoire, ses déesses, dieux, femmes ou hommes qui firent sa célébrité.

Ainsi de Mytilène (aujourd'hui Lesbos) et ses personnalités hors de pair du VIIe et VIe siècle avant notre ère: ses poètes Alcée, Terpandre, Arion et ... SAPPHO ... sans oublier l'admirable PITTACOS, l'un des sept sages de l'antiquité grecque. Chaque île nouvelle à découvrir était source de joie et d'impatience. Ainsi ... entrâmes dans le port de Mytilène l'esprit emplit d'une vision quasi « mythique » de notre nouvelle escale ...

Las, le présent remit nos pendules à l'heure : les égouts de Mytilène se déversent dans son port, détritus et immondices tapissent l'eau du port, tandis qu'une forte odeur écoeurante retournait nos estomacs ! Rappel brutal et décourageant ... à l'image de ce que nous vivrons cette année ... suite d'alternances ... de hauts et de bas ... de sublimes et d'infects ... de beau et de laid ... de joies et de peines ...

La journée était trop avancée pour envisager aller ailleurs. Défaits, découragés, résignés, nous amarrons «  Leptine » au quai. Le port est au centre de la ville. L'avenue principale passe à six mètres maximum du bateau. Elle est le seul axe routier qui traverse la ville ! Le trafic est dense et bruyant : de nombreux camions et autobus l'empruntent.

« Vous êtes français ? » ...

« Vous parlez français ? » ...

Plongé dans les activités de remise en ordre du bateau, submergé par le bruit des voitures, saoulé par le défilé incessant des passants sur le quai, je ne réalise pas que cette voix frêle, presque irréelle et semblant provenir de loin, m'interpelle ... Son anachronisme me surprend et relève la tête. Droit comme un « i » un petit monsieur est planté là, à la poupe de « Leptine ». Un sac à dos sur ses épaules, un appareil photo dans une main, le trépied dans l'autre. Surpris, je reste quelques instants muet.

« Vous avez un drapeau français», me dit-il !

C'est ainsi que je fis connaissance de « Téo d'Oro ».

Nous parlerons longuement sur le quai et déciderons de nous retrouver le lendemain matin pour prendre ensemble un café dans un des bars jouxtant le port. Il ne prendra pas de café et passerons près de 3 heures à dialoguer ...

Petit, menu, le regard pétillant, il semble sorti d'un autre monde. Je n'ai pas osé lui demander son âge. Il me paraît avoir largement dépassé les 80 ans.

A l'évidence il éprouve un grand besoin de parler notre langue, de rencontrer un français, de débattre de littérature et de poésie françaises. Il a beaucoup lu d'ouvrages français. Sa mère lui aurait enseigné et communiqué cette passion de notre langue qu'il maîtrise parfaitement. De temps en temps la mémoire des mots ou du mot juste lui fait défaut. Il éprouvera des difficultés à construire une phrase parfaite. Il s'en excusera auprès de moi, m'avouant que cet exercice lui demandait maintenant beaucoup d'efforts. C'était visible. Sans aucun doute possible, il était important pour lui de récupérer la maîtrise de notre langue. Je l'aidais, nous souriions ensemble comme s'il s?agissait d'un jeu. Je le laissais me parler avec passion de nos grands écrivains et poètes français. Pour chacun il piochait dans sa mémoire afin de me citer quelques vers ou quelques personnages de romans. Nous parlâmes longtemps de littérature. Sans m'en rendre compte, ce dialogue eut pour effet de lui faire retrouver ses capacités en la matière : son mécanisme se dégrippait, montait en puissance, il suffisait d'un peu d'huile ... j'étais l'huile ! De mémoire il m'écrira au verso d'une de ses photographies, « Le coucher du soleil romantique » de Ch. Baudelaire (les fleurs du mal) ...

 

Sa passion est la photographie. Il se promène toujours avec son appareil photo et trépied associé. Il guette la belle photographie à faire ou la prépare longuement en fonction des saisons, de la force du soleil ou de la lune. N'hésitera pas à passer des heures à attendre « le » moment ? Il me présentera nombre de ses photographies : véritables chefs d'oeuvres ... toute une vie consacrée à cet art !

Il me fera cadeau de deux photographies.

Je le croyais photographe professionnel, j'étais loin du compte ! Issu d'une riche famille grecque dont la fortune aurait été acquise lors de la construction et exploitation du canal de Suez avant sa nationalisation par Nasser. Il a hérité de celle-ci, du moins sous forme d'innombrables immeubles dont la location lui assure son existence sans devoir exercer une activité professionnelle. Il a donc consacré sa vie à ses passions.

Sa grande désolation est la misère et déchéance qui, selon lui, caractériseraient la culture grecque actuelle. La Grèce a perdu son âme, sa culture aujourd'hui est celle du football, de la télévision me dit-il ... Afin de tenter d'atténuer sa souffrance je lui expliquais qu'il en était de même en France. Que dans les librairies françaises nous ne trouvions plus les livres de nos grands écrivains. Qu'ils n'étaient quasiment plus étudiés dans les collèges ou lycées, que les pièces de théâtre de Molière, Racine, ... étaient introuvables, et lui donnait en exemple le cas de la plus grande librairie d'Agen, ville qui a vu naître Michel SERRES et où le campus universitaire porte son nom, où l'on ne trouve aucun livre de lui : il faut le(s) commander ! Que la seule littérature préconisée en France est celle donnée par la télévision, d'auteurs inconnus au français douteux et dont les livres envahissent kiosques et librairies.

Il me fait penser aux philosophes anciens grecs. Tous issus d'une famille riche, ils avaient pu recevoir les enseignements de l'époque, voyager, pour ensuite enseigner librement aux autres hommes leurs savoirs ...

Je voulu profiter de sa présence afin de lui poser quelques questions qui me tenaient à coeur, notamment de quoi vivent les grecs ... d'où provient l'argent ... Tant il est vrai que la Grèce n'est pas riche et qu'il y a beaucoup de pauvretés. Il eut une réponse extraordinaire. « Vous savez » me dit-il, « les grecs se contentent de peu, ils n'ont pas besoin de grand-chose ». Le tourisme, l'agriculture et l'huile d'olive rapportent de l'argent. Un peu d'huile d'olive, quelques olives, du fromage et du pain nourrissent beaucoup de grecs.

Avant de nous séparer il tient à me faire un autre cadeau : me laisser son message personnel sur un bout de bristol. Merveilleux et émouvant ... sorte de testament éthique ....

Faire tout le bien que l'on peut

Aimer la liberté par-dessus tout

Ne pas trahir la vérité même pour un trône

J'ai apprécié cette rencontre inattendue et unique. Elle constitue un moment rare et fort dans une vie. Fort par le personnage et son grand âge. Rare par l'éthique exemplaire toujours intacte qu'il véhicule et transmet.

Bien plus tard, alors que nous étions en Turquie, une association bizarre germa dans mon esprit.

A mi chemin entre la Crète d'Eléfthérios Vénizélos et la Turquie d'Ataturck - deux personnalités hors du commun et, à mon avis, à plus d'un titre fort semblables - cet extraordinaire petit Monsieur Théodore Doucakis, sorte de témoignage.

Témoignage de ce que la Grèce a su fournir en hommes remarquables, témoignage de la grandeur d'un pays, témoignage d'un temps fait d'hommes droits, forts et fiers.

Mais aussi témoignage et témoin ... d'un passé peu éloigné en voie de disparition ...

 

 

Photographie de Théodore Doucakis ... alias « Téo d'Oro » (avec son aimable autorisation)

 

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