Xania, le 15 Septembre 2006.
“Mr.RAOUL”
Nous partîmes avec un projet de navigation. La réalité nous apprendra au fil des jours à ne plus avoir de programme …
Je souhaitais que mon « Carnet de voyage » respecte une certaine philosophie, cette même réalité m’imposera là aussi à ne plus suivre de règles arbitraires.
Merveilleuses écoles que la vie et le voyage faisant qu’aujourd’hui je ne suis plus le même et ne vois pas à l’identique la même chose qu’hier.
J’aimerais tant maîtriser l’art de l’écriture afin de faire une apologie mémorable du voyage. Je rêve de trouver les mots, verbes, adjectifs, ..., justes et parfaits, qui assemblés en quelques phrases simples et limpides donneraient l’envie irrésistible de parcourir le monde, d’aller, l’esprit serein, à la rencontre de l’autre, de tous les autres.
« Mr. RAOUL » ? : … justement notre première rencontre ... au terme de la première étape de notre voyage.
Minorque. Port de Mahon. Un superbe «Dufour 40» flambant neuf évolue d’une manière désinvolte, voire détachée, autour de l’unique ponton quasi vide auquel « Leptine » est amarré. Puis semble se décider à bien vouloir s’y poser. En bon marin, j’offre mon assistance pour la manoeuvre et ce d’autant plus que la dame n’a pas l’air très aguerrie en la matière !
« Mr.RAOUL » c’est le nom du bateau. Derrière « Mr.RAOUL » se dissimulent deux personnages: Line et Alain.
Difficile de discerner l’un de l’autre: ils sont complémentaires. Se dégage d’eux cette étrange impression que l’un sans l’autre ne serait rien, n’existerait pas, ne pourrait pas exister. Une seule nuance permet de les distinguer: lui seul écrit. Quant à Line, je suppose qu’en épouse attentionnée elle a droit à la «primeur» des élucubrations de son tendre époux. Tâche sûrement ingrate car le bougre semble disposer d’une capacité infinie: un cerveau, véritable bouillon de culture en alerte permanente, et une verve intarissable.
Aussi, que Line me pardonne, mais c’est d’Alain dont je parlerai le plus !
Quel est donc ce personnage ?
Je n’aurais jamais osé le décrire tel que lui-même a su le faire, de crainte d’en faire mon pire ennemi !
Il semble vouer un culte particulier à feu Bernard Blier et à l’un de ses films « Les tontons flingueurs ». Nous n’avons jamais vu ce film, il devient urgent de récupérer sa version en DVD.
Voyons donc comment il se présente lui-même:
« Ah, vous ne connaissez pas Monsieur RAOUL ?
Un usurpateur ! un schizophrène ! un malade mental j’vous dis !
Un voleur d’identité !
Vous le reconnaîtrez facilement, c’est un grand avec l’air con.
Si la connerie se mesurait, il serait à Sèvres, au Pavillon de Breteuil,
il servirait de mètre étalon…. »
A l’évidence, même si j’avais pu penser la même chose, il aurait été bien délicat et indélicat de l’écrire ! Cependant, cette haute honnêteté intellectuelle dont il fait preuve et qui l’honore, m’autorise à dévoiler d’autres facettes que ce personnage s’est bien gardé de présenter: pas fou le bougre !
C’est vrai: il est grand ! Grand et sec. Pas maigre ! Au visage «paillard» du gamin qui ne ratera pas la moindre occasion quand elle se présentera à lui.
A qui «ressemblerait-il» ? Quelle image donne-t-il de lui à travers ses écrits ? Peut-on le décrire d’une façon précise ?
Exercice difficile, car il est unique en son genre. Il aurait sa place au panthéon des artistes s’il voulait bien s’en donner la peine. Mélange complexe de « Duduche » par son aspect et démarche extérieurs, de Coluche pour sa gouaille et son franc parler, de Desproges pour son cynisme, sa causticité et une prose à la San Antonio, sans pour autant que Line soit Berthe … Il maîtrise avec brio une « vista » instantanée et décapante du monde extérieur, doublée d’une faculté «sortie on ne sait d’où» à la transcrire en quelques phrases courtes, pertinentes, percutantes et diablement hilarantes. Il confère à la phrase ce que « Paris Match » réserve à l’image : le choc ! Lui seul peut revendiquer la paternité de « la phrase choc ». Il a ce don de la phrase qui fait « mouche », de la phrase qui tue. Rien n’échappe à sa malice, rien n’est épargné par sa plume impitoyable. C’est Dallas en Ardennes ! Un « tueur né», un Lucky Lucke, que dis-je, le Cyrano de Bergerac de la plume: il dégaine vite le bougre et à la fin de l’envoi, il touche ! Il dégaine parfois trop vite ! Saurait-il être autrement sous peine de ne plus être lui-même ? Cruel dilemme dont il est pleinement conscient. A ce cocktail détonnant, ajoutez un ego à Q.I élevé et vous avez une image assez précise du personnage.
Sûr, une telle description pourrait faire imaginer un bonhomme abject, « imbuvable », bref imbu de sa personne ! Erreur ! C’est l’homme le plus courtois, le plus prévenant, le plus doux, le plus sympathique et le plus attachant qui soit. Si jamais il venait à croiser votre chemin vous ne le remarqueriez pas : c’est dire ! Au mieux vous constateriez qu’il marche très vite ! Ce qui n’a rien d’étonnant vu la longueur de ses jambes : son braquet est nettement supérieur à la moyenne. J’en ai fait moult fois l’expérience …
En dehors de celle qu’il voue à sa tendre Line, il aurait, a priori, deux autres passions: naviguer et écrire ses « délires ». Avec toutefois une singulière particularité : il ne navigue pas pour le seul plaisir de naviguer ! Non ! Ce serait trop simple ! Mais pour aller le plus vite possible. Son extrême jouissance est de rattraper les autres bateaux. Le pire est à craindre pour lui. L’affront le plus humiliant dont il ne se remettra jamais surviendra le jour où il se fera doubler !
« Mr Raoul » - Line à la barre.
J’ose à peine évoquer la « crise de foie » qu’il eut durant près d’une semaine lorsque nous nous engageâmes de concert dans la traversée de Minorque vers la Sardaigne.
A mon grand étonnement «Leptine» avec ses 16 tonnes « marchait » plus vite que son bateau calant les 8 ou 9 tonnes ! J’ai bien cru que notre amitié naissante allait brusquement tourner court, s’arrêter là quelque part entre Minorque et Sardaigne, tellement il était vexé du piètre exploit de son Dufour 40 flambant neuf. Il est vrai qu’il faisait triste mine son bateau avec sa grande voile ondulant et oscillant piteusement au vent. Des draps de lit assemblés à la va vite auraient donné les mêmes résultats visuel et portif.
Heureusement l’année suivante, après quelques réglages «top secret» du constructeur, «Mr RAOUL» assouvira pleinement les phantasmes sportifs de son propriétaire.
Prenons un instant une pause et savourons avec lui son obsédante quête de « la gagne », citons-le :
« … au loin, un voilier navigue à ma perpendiculaire.
Je persévère jusqu’à être dans sa poupe (Arrière du bateau, rien à voir avec la célèbre marque de yachts pour personnes âgées : POUP – POUP est russe – Poupées russes)
Je vire quand je suis dans son sillage.
Je tends le bras, place horizontalement mon petit doigt.
La hauteur du bateau est moitié du diamètre de mon petit doigt.
J’ai le bras long : 75 cm.
Mon petit doigt est petit 1,3 cm.
Donc, un rapide calcul nous apprend que cela représente un angle d’un degré.
Si le bateau est caché derrière moitié de mon petit doigt, cela représente un demi degré.
Sachant que la hauteur du bateau est d’environ 15 mètres, à quelle distance se trouve le bateau ?
- Pffff !!!
1718,00 mètres. (A peu de choses près, considérons un mille !)
L’age du capitaine ?
Deux petites heures plus tard, je suis à cent mètres.
Je vire juste avant d’être dans ses turbulences, obligé de surcroît par des cailloux émergeants.
Il vire.
Je grignote ma centaine de mètres et vire à nouveau.
J’étais bâbord amures, je deviens tribord amure et prioritaire, l’obligeant à passer derrière.
Et ! Vous savez quoi ?
Il vire !
Putain, sa manœuvre était prête, il avait prévu le coup !
Les virements sont quasi simultanés.
Je suis tombé sur un joueur, un emmerdeur bécretin, un casse couilles de mon acabit.
On est amis le temps de se faire signe…
Il s’affaire sur ses winches et moi de même, vous pensez !
… Et je le largue jusqu’à l’avoir à hauteur de la moitié de mon petit doigt : Un petit mille.
Age du capitaine : Une petite quarantaine !
Bateau : BAVARIA 38 MATCH.
Toujours pas de quoi pavoiser, diront les aigris, les ronchons, les grincheux, les amers, les pisse froid, les jamais contents.
Certes, mais l’an passé je me faisais passer par un ketch de trente tonnes à la quille de 10 mètres de long.
Le tout mené par un barreur sorti de sa première année des Glénan et tout juste admis en deuxième année, sans mention… grâce aux gammas GT.
Je ne cite pas de nom, j’ai du savoir vivre, de la délicatesse.
Parce que ça marche au Muscadet, aux Glénans.
Même que c’est écrit dans leur livre.
Et puis, si ça suffit à me rendre heureux, vous n’allez quand même pas me faire chier avec des détails ! »
Voyez bien qu’il est incroyable le bonhomme ! Que je n’invente rien ! Et parce qu’il est ainsi, je ne résiste pas au plaisir de consigner, en fin de ce chapitre qui lui est consacré, quelques extraits de ses délires.
Je lui souhaite de trouver un éditeur, ses écrits recevraient un énorme succès.
Cependant et bien qu’il déploie toutes ses capacités de roublardises afin de s’assurer des bons soins de Dieu, je crains que Dieu n’entende ses supplications.
«II» ne peut plus rien pour lui : la liste des heureux élus est close depuis longtemps !
Alain tu te trompes de Dieu !
Il est temps que tu parcoures et découvres la Gréce et ses dieux. Eux au moins n’ont jamais engendrés de «guerres de religions» ! Et si l’un de ces dieux est trop occupé, il y en a toujours quelques uns de disponibles, prêts à écouter le pauvre mortel que nous sommes !
Pas Dieu … depuis Saint-Paul … seul face à la multitude !
Veux-tu bien enfin, Alain, entendre cette évidence ?
Naviguer n’est pas neutre. La mer possède ce pouvoir redoutable et impitoyable de nous mettre face à soi-même. Impitoyable car elle ne peut attendre et accepter que soit reporté à demain ce qui doit être fait à l’instant même. Elle exacerbe nos déficiences, mets à mal nos convictions comme nos habitudes. La mer bouscule l’individu, le secoue, le chahute, l’ébranle au plus profond de ses fondations, se comporte en puissant catalyseur de ce que l’on doit devenir. Rien ne lui échappe et rien ne peut nous échapper de nous-même. Pas d’échappatoire possible!
Miroir redoutable ! Merveilleux miroir qui pousse à devenir soi-même et à vivre ce que l’on désire vraiment !
Nous n’avons pas échappé, Christine et moi-même, à cette «thalassothérapie».
Quel rapport avec « Mr Raoul » ? … Evident mon cher Watson !...
La mer n’accepte pas la demi mesure : c’est seulement avec nos «tripes» qu’elle accepte de dialoguer. Alors le pli est vite pris, quasi instantané, devenant instinctif, de vivre avec et selon « ses tripes », c’est-à-dire d’être réellement soi. Ainsi des contacts que l’on peut nouer avec d’autres navigants. Ca ne marche pas à tous les coups. Il y a beaucoup de déchets. Je suppose que « Mr Raoul » partageait avec « Leptine » ce même désir ou souci «d’être vrais», ce même besoin d’une relation franche exempte de toute considération restrictive.
Pouvoir échanger en toute liberté et quiétude. Ne pas juger, ne pas être jugé. Prendre les choses telles qu’elles sont. Liberté de pensées, liberté de penser, liberté de dire, liberté d’écrire, liberté de rire à en pleurer même des choses les plus graves … savoir écouter l’autre et ne pas se prendre soi-même au sérieux.
Ainsi naissent une amitié et l’envie de partager des moments.
Partager, voilà le maître mot !
Les quelques extraits de son « Journal de Bord » millésime 2006 donnés ci-après ne donnent malheureusement qu’un faible aperçu de son talent :
Sa rencontre avec les maltais et maltaises…
« … depuis que les invasions sont moins fréquentes, ils doivent se reproduire entre eux, en picolant comme des malades. Des gueules pareilles ne peuvent être que le résultat de consanguinités alcoolisées. Ils sont en général courts sur pattes avec de bonnes gueules de vainqueurs pour un dîner de cons »…
… avec des navigants autrichiens …
« L’un passe sa boutanche d’apéro local imbuvable (je le sais, on a acheté le même), l’autre sa bouteille de whisky, un autre encore un truc indéterminé.
Chacun goûte le breuvage de l’autre, se lèche les babines, s’essuie d’un revers gracieux de la main.
Et les femmes font de même. Avec la même classe.
Au goulot. Oui Monsieur.
Un avant goût !
On est loin de Sissi !
Ca va swinguer dans les carrés.
Il va y avoir de la culbute dans les cambuses.
De la turlute dans les coursives.
C’est des bateaux de loc. A cette heure, ceux à éolienne et panneaux solaires deviennent exception.
Ca veut dire trois ou quatre couples par bateaux.
Y a de la partouze dans l’air, moi je vous le dis, parce que l’alcool ça incite la bourgeoise au dévergondage, le coincé du calebar à l’exhibitionnisme, au coït divergent, au multipartisme, à la polygamie, à la polyandrie, et pour finir à la polyarthrite.
Parce que, à cet age, un kamasoutra mal interprété et hop, on se retrouve sur un brancard aux urgences à raconter au bon Docteur Keappler de service que c’est en voulant déboucher le lavabo qu’on s’est retrouvé avec la tête sous la jambe et le dévidoir à Sopalin dans le cul.
Et vous croyez qu’il vous croit ? »
… des touristes français,
« Le 4 juin :
Il fait toujours ce temps de merde.
Des Français échappés d’un voyage organisé, s’installent au cul du bateau. Ils devisent fort pour qu’on entende : « Tiens, « Monsieur RAOUL », des Français » !
Ils cherchent manifestement à discuter.
C’est fou ce que le bateau fait rêver les gens.
Ils posent dix questions à la minute. N’en reviennent pas qu’on fasse un pareil périple sur un bout de plastique aussi petit.
Amusant : ce qui les impressionne le plus, c’est comment on fait pour ne pas se perdre.
Pas un instant ils n’imaginent la technicité de la voile, la dure loi de la mer.
Pour eux elle est toujours comme sur les cartes postales. Alors !
Les problèmes ne sont pas vraiment là ou ils pensent ! »
Il sait être philosophe,
« … une question obsédante m’interpelle :
L’homme est il nomade par nature ou par obligation ?
Hein ? B.H.L. notre philosophe à Lang de bois de mes deux, le sucé de la Lippue, t’es là ?
Et Hedern Hallier qui est mort ! En pleine pédale, si c’est pas un malheur !
Y a plus de philosophes, je suis le dernier, je vous dis !
Vladimir Ivanisevic, l’auteur Monténégrin bien connu des érudits ne disait il pas :
« Un nomade qui s’arrête est un sédentaire ».
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« … Bien sûr, ça prend du temps.
Mais on n’a que ça à faire.
Le temps, ce sempiternel temps.
Nous, on s’est détaché du temps.
Quand on travaille, le temps c’est de l’argent.
Donc plus on va vite, plus on est heureux.
En fait ce n’est pas le temps qui stresse, c’est la vitesse, ou plutôt, la relation entre le temps qu’on se donne et le temps qu’on a, entre la valeur qu’on donne à une chose et le temps qu’on met à la réaliser.
Maintenant on a tout le temps.
On a trouvé le moyen d’inverser le processus : balaise, non ? »
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« …CANICULE ? Quel joli mot, Maître Capello !
Pourquoi « Canicule » ?
Ca vient du latin Canis.
Et pourquoi Canis, quel rapport ?
Parce que, en cette saison, la terre entre dans la constellation du chien.
Ou le contraire, je ne sais pas, il faudra demander à GALILÉE ou à KHEOPS, des astronomes de ma connaissance.
C’est beau la culture, hein Gérard ?
Et t’as vu comment je te l’amène ?
La culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus il faut l’étaler.
Mais n’est ce pas donner de la confiture à des cochons ?
D’où l’expression de Jean Michel Eyquem, dit MONTAIGNE :
« Il faut frotter, limer sa cervelle contre celles d’autres truies ».
Bon j’arrête, il y en a qui n’arrive plus à suivre.
Je veux rester un auteur populaire.
Il y avait Guy des Gares, voilà maintenant Raoul des Ports. »
… moins vis-à-vis des riches !
« … Heureusement, il est petit, riche et peureux.
Les riches sont souvent peureux. Ils n’aiment pas se battre.
Ils n’ont pas été habitués.
Elevés dans des écoles privées, on leur a appris que le cerveau était un muscle.
Je n’ai jamais vu un mec KO d’un coup de cerveau ! »
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… être « pince-sans-rire »,
« …la pétole s’est installée.
Qu’à cela ne tienne, on persévère !
On ne va pas se décourager, mettre la Josette.
Josette, c’est le moteur et accessoirement la femme de mon pote dit Graffiti.
Josette est une fan du moteur parce que pour elle :
Moteur = Electricité = Frigo = Glaçons pour mettre dans le whisky.
Alors dés que le speedo annonce moins de quatre nœuds :
Josette : « Moteur ! »
Et ce pauvre Serge qui ne pense qu’à régater !
Enfin, maintenant il a un DUFOUR 34 pour jouer : Veinard ! »
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«…Penaltys.
Je crois que c’est quand il y a un joueur qui tire dans le but et que le goal saute de l’autre côté pour éviter de prendre la balle dans la gueule.
Si j’ai déjà vu à la télé !
A ce jeu, ce sont les Italiens qui ont gagné.
Ils sont les champions, ils sont les champions.
Bravo les Ritals ! »
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« …c’est souvent sympa, un boucher.
J’adore les bouchers et les boulangers : les bons.
Je suis capable de faire vingt bornes pour avoir une bonne viande ou un bon pain.
Ces métiers se perdent, même en France.
Il faut travailler !
C’est que ça les fatigue ces jeunes, épuisés de regarder les milliardaires en short perdre la coupe du monde.
Préfèrent taper dans une balle en espérant devenir Zizou, devenir « dieu des stades » :
Ca c’est un beau métier : DIEU DES STADES !
Boulanger ou boucher : « Ca va pas non ? »
BRANLEURS !
Alors, ils tapent dans la balle et comme pour être Zizou, il faut travailler aussi, ils deviennent Rmistes.
Rmiste, ça c’est cool !
Faut que j’arrête, ça me repique à l’estomac ».
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« …J’en connais qui pensent :
- Et vous depuis un mois que vous êtes là qu’avez-vous appris en croate ?
- Rien ! J’avoue : RIEN
Mais allez prononcer :
HVALA – Merci -
MRKVA – Carotte –
BANANE – Banane –
Alors là, vous dites banane, heureux de connaître un mot.
Allez ! Dites BANANE à la dame.
Elle vous regarde ahurie, parce que banane ne se dit pas banane !
- Bananes !
Il y a une musique dans chaque langue.
Tout le monde a entendu parler anglais : My taylor is rich !
Allemand : Heraus, Schneller ! Nach Struthof ! Schnell !
Italien : Ti amo ! Amore mio ! Che bello !
Mais Croate,
Je vous demande un peu ?
Et on ne va quand même pas se faire chier à apprendre une langue parlée par quatre millions de connards alors qu’on ne connaît pas dix mots d’anglais parlé par moitié de la planète !
Mais on va s’y mettre. A l’anglais.
Pour l’année prochaine, si je suis épargné par les oncologues de service, il me faut des rudiments :
En informatique, en anglais, en électricité, en diesel.
Ca fait du taf pour l’hiver. »
Hein, qu’on ne se lasse pas de le lire !…
Je dois seulement éviter … qu’il lui prenne l’envie de me traîner devant les tribunaux pour usage intensif et abusif de ses écrits !!