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Le virus de la grippe A (H1N1)

 

 « La maîtrise du monde n’est que peu de chose comparée à la maîtrise des hommes ».

  

Ce n’est pas chose aisée que l’entame d’un écrit. Insipide, l’incipit détourne irrémédiablement l’attention du lecteur. Bien trouvé, il donne le ton et guide la plume. Je peux rester des jours, des semaines voire des mois entiers à ne pas savoir débuter un article, simplement parce que je ne parviens pas à formuler l’entame qui sied merveilleusement au thème à traiter.

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S’il fut effectivement aisé à l’Ordre Marchand au cours des siècles passés d’accroître sans risque l’étendue de sa maîtrise du monde, il en va tout autrement de notre temps. Simplement parce que les données d’aujourd’hui ne sont plus celles d’hier. Aux évolutions linéaires d’antan succèdent en tous domaines des évolutions exponentielles par nature incontrôlables, quasi impossible à maîtriser.

 

Les guerres européennes du siècle dernier vont retarder considérablement l’accroissement démographique de l’Angleterre, de l’Allemagne, de la France et plus encore de la Russie.

 

Elles vont apporter à l’Ordre Marchand les résultats escomptés en terme de placement des membres de son « Armée de l’Ombre » partout où cela est nécessaire afin de s’assurer un contrôle absolu des pays visés. Les colons s’installent et s’emparent de tous les pouvoirs. Après la colonisation de l’Angleterre, se réalisent quasi en parallèle les colonisations de l’Allemagne et de la France.

 

Que l’on en juge : la guerre de « 14-18 » se traduira par la mort de plus de 15 000 000 de français âgés de 18 à 40 ans. Ce fut le tiers de la population de la France, mais aussi et surtout la quasi-totalité de ses forces vives et reproductrices qui furent anéanties. Authentique génocide que l’Allemagne et la Russie subiront eux aussi en même temps.

 

Cela ne suffira pas. Ils seront 1 500 000 de la génération rescapée de « 14-18 » à se faire massacrer 25 années plus tard au cours de ce que l’on nommera la « grande guerre mondiale » du début des années quarante.

 

Cela ne suffira pas encore ! Vingt cinq années plus tard, alors qu’il est massivement fait appel à la main d’œuvre maghrébine afin de pallier justement au déficit des « forces vives locales », que croyez-vous que l’on proposa sournoisement à une France exsangue ? L’I.V.G. (Interruption Volontaire de la Grossesse) et la pilule … !!!

Surprenant, non ?

 
Mais aussi, curieuse coïncidence que ce cycle de 25 années, correspondant très exactement au cycle des générations !

 

Il y a une terminologie précise pour désigner de tels actes.

 

Ce n’est pas l’I.V.G, mais l’I.V.D = l’Interruption Volontaire de Descendance, tout simplement.

 

Un autre exemple ? Récent et indiscutable ?

 

L’acte de terrorisme mené par Israël durant trois semaines dans la bande de Gaza en fin d’année 2008 et début d’année 2009. Annoncée par tous les médias comme « nécessaire » pour éliminer le plus grand nombre de « terroristes » palestiniens, nous ne saurons jamais combien furent éliminés ! Par contre nous saurons très exactement le nombre d’enfants assassinés ! Pire, deux fois par jour dans tous les médias audio-visuel français, nous seront informés en temps réel du nombre total de morts et du nombre total d’enfants massacrés. Lapsus immensément révélateur !

 

A l’évidence, le souci d’Israël n’était pas les « terroristes », puisqu’ils ne présentaient aucun danger sérieux réellement quantifiable, mais de stopper la croissance démographique des palestiniens en terres palestiniennes. En application d’un principe simple : le combat cessera faute de combattants !

 

C’est cela l’I.V.D. C’est aussi le seul et unique but de toute guerre. Il n’y en a pas d’autre. Seuls les naïfs, les imbéciles ou malades mentaux se laissent abuser.

 

Revenons à nous et à l’Europe, en 2005-2010. C’est-à-dire 30 années après 1970-1980, la pilule et l’IVG.

 

Coloniser un pays et s’en assurer un contrôle absolu impose certaines règles à respecter, strictement en phase avec les ressources intrinsèques du colonisateur.

 

Avec  son « Armée de l’Ombre », l’Ordre Marchand dispose d’un certain potentiel humain.

 

Il va donc progressivement et d’une manière méthodique et irréversible épurer l’ensemble du tissu économique français (agriculture, industrie, commerce, tertiaire, …) ainsi que  l’Administration française de telle manière qu’ils soient compatibles avec ses propres ressources humaines dont il dispose. Les colons, membres de l’Armée de l’Ombre, investissent l’ensemble des activités. Seuls les emplois les plus bas (dans l’échelle hiérarchique) sans conséquence ou risque sont laissés aux autochtones.

 

Pour le secteur industriel, par exemple, la méthodologie employée conduira in fine aux délocalisations hors territoire français. Présentées comme nécessaires pour la compétitivité et la survie de nos entreprises de telles délocalisations permettent à l’Ordre Marchand de « gagner » simultanément sur plusieurs tableaux.

 

Tout d’abord par son implantation en pays pauvres, d’y répandre le germe de la culture « occidentale », sorte de prosélytisme destiné à transmettre l’envie, le goût de l’argent, l’attrait des nouveautés, bref de faire de ces nouveaux autochtones des accros de la société de consommation. En parallèle, de rendre ces pays dépendant de l’économie « occidentale » et de ses finances. Autrement dit les asservir à l’Ordre Marchand. L’Ordre Marchand acquiert ainsi le contrôle économique de ces pays. Première étape de sa colonisation.

 

Plus pernicieux, l’Ordre Marchand instrumente la détresse humaine qu’il vient ainsi de créer dans les pays dits « développés » pour opposer violemment ceux qui « travaillent » à ceux « qui profitent du système et qui coûtent cher à l’Etat ». Puis fait répandre et se développer les idées selon lesquelles dans notre société actuelle, compte tenu des développements technologiques et autres considérations sur l’environnement, il n’y a pas assez d’emplois (travail) pour tous et que notre mère commune, à savoir la terre, n’est pas en mesure de nourrir tous les hommes. Autrement dit que nous sommes, nous les hommes, trop nombreux tant en terme « économique » qu’en terme « écologique ». Par ailleurs, malicieusement, de très nombreux sites Internet supposés « contestataires » mais créés et dirigés par l’Ordre Marchand, vont diffuser, afin d’imprégner plus encore les hommes de cette nouvelle culture ou mode de pensée, un tas de documents et de rapports issus de différents comités ou groupes « mondiaux » ou américains. Ces documents ne sont pas des faux, ils sont d’authentiques comptes rendus. Ils se résument tous au « constat » que les hommes sont trop nombreux et émettent moult recommandations quant aux moyens de réduire ce nombre ! Il y a peu de temps, Jacques Attali (et oui encore lui !) fit scandale par ses écrits et propos sur le sort à réserver à nos vieux. Je n’invente rien !

 

Venons-en à ce fameux virus de la grippe A (H1N1), d’origine porcine.

 

Il est tout d’abord particulièrement curieux de constater que cette migration du virus issu du porc ne s’est jamais traduite par une quelconque action de contrôle, de précaution et ou d’interdiction de consommation de viande porcine tant en France que dans le monde entier. Pourtant le principal vecteur de propagation serait bien la consommation de cette viande. Cela doit interpeller bigrement notre vigilance et esprit critique. Ce simple constat n’est pas rien, n’est pas neutre, mais hautement signifiant, significatif et révélateur.

 

Ensuite, je n’ai jamais « connu » un virus aussi intelligent, malicieux, roublard, sadique et aussi joueur que ce virus de la grippe A (H1N1) !

 

Je m’explique !

 

Bien que l’ensemble des médias français (écrits et audio-visuel) soient des organismes de propagande placés sous les ordres et au service exclusif de l’Ordre Marchand, je m’impose toutefois d’être quelques heures par semaine à leur écoute. Simplement par ce que c’est terriblement instructif et permet de détecter là où ils veulent en venir et par quels chemins. Et, au-delà  de ces constats, démasquer la ou les supercheries et mensonges. J’invite mes fidèles lecteurs à acheter une fois par semaine le quotidien « Le Monde », celui du mardi ou du vendredi (parfois il faut adapter selon les titres de la première page) et à écouter chaque matin dès 7 heures la radio « France-Inter ». Cela est amplement suffisant et facile : le moindre crétin, sous réserve qu’il sache lire et écouter, comprend immédiatement.

 

Revenons à notre virus !

 

Il est très fort le bougre, puisque cette année il va réussir l’exploit d’empêcher l’arrivée, comme c’est la coutume depuis de nombreuses années, du virus « traditionnel » de la grippe.  La France comme les autres pays européens seront « miraculeusement » épargnés par la grippe « traditionnelle ». Nous supposerons que notre virus annuel a eu le temps de lire les journaux, d’écouter les radios et les bulletins « météo » qui l’informèrent que les prévisions n’étaient pas bonnes du tout ! Du très mauvais temps est annoncé: un plus méchant virus que lui pointe son nez à l’horizon. Alors, notre brave virus auquel nous étions habitué se retira sur la pointe des pieds jugeant plus prudent de rester tranquille, au chaud dans ses bocaux et armoires, en attente de jours meilleurs.

 

Malgré l’inexpérience totale que l’on a de ce virus, on sait « déjà » qu’il est particulièrement friand de certaines catégories de personnes ; les enfants de moins de 5 ans, les jeunes de 12 à 45 ans et les vieux (les spécialistes nomment cela la courbe en W !). Plus encore, on nous informe que l’on sait déjà qu’il a un faible pour les malheureux êtres humains présentant de grandes déficiences ou porteurs de lourdes maladies et un appétit féroce pour les femmes enceintes !

 

« Putaing-cong » ! … Il est génial ce virus !

 

C’est l’ATTILA des peuples (non, je n’ai pas dit ATTALI !) et le ROMDUP sociétal !

 

Ce n’est pas tout !

 

Il aime l’exploit. Trop facile de vaincre les individus un à un, c’est peu glorieux. Tel GARGANTUA : « il a les yeux aussi grands que son immense ventre». Seuls les groupes, communautés, rassemblements et lieux de concentration excitent sa gloutonnerie.

 

Il est étonnement efficace.

 

Mais aussi, facétieux, malin, il aime jouer et jouer la vedette !

 

Son show annoncé depuis de nombreux mois, en digne professionnel du spectacle il sait faire monter la « température », chauffer les esprits … et les enchères. Il distille au compte goutte ses apparitions, ici ou là. Visite quelques colonies de vacances qui n’accueillent, par hasard, que des enfants étrangers (à analyser !). Et là qu’apprenons-nous ? Qu’il n’est nul besoin de disposer d’une panoplie infernale de médicaments pour guérir : un léger isolement, un masque (mais pour quoi faire ?) et un peu de paracétamol suffisent.

 

 Extrait du quotidien « Le Monde » du 24 juillet 09

 

Il joue « au chat et à la souris », amuse les français en vacances. En « Grand Seigneur », respecte la trêve si importante des congés pour les français ! C’est sacré ! Pourtant, il disposait là des plus phénoménales concentrations humaines qu’il ne pouvait espérer : les plages et lieux de loisirs de la Côte d’Azur, de la côte d’Argent, les aéroports, les musées, …, bref la liste est immense. Et bien, non, il boudera autant de facilités. Facétieux vous dis-je ! Non ! Bien formé à l’E.N.V (Ecole Nationale des Virus !) il a parfaitement intégré les nécessités économiques et ses règles. C’est un mutant !

 

Sadique, il ronge son frein, attends son heure : à la rentrée ! Reste un mois, août, pour chauffer à blanc les esprits, préparer son attaque.

 

 

Extrait du quotidien « Le Monde » du 24 juillet 09

 

Il affole son monde y compris nos gouvernants. Bien qu’ils nous assurent qu’ils y travaillent depuis 4 années dans toutes les administrations concernées (tient donc, curieux non ? …  à analyser aussi !), des mesures extraordinaires seront prises dans l’urgence face à la « gravité » de la situation.

 

La plus extravagante est celle d’imposer par la loi la vaccination et donc de la rendre obligatoire. Tout refus se traduira par une amende hautement dissuasive. Pire, bien que  le vaccin ne dispose d’aucun agrément le validant, les citoyens, par la loi, n’auront aucune possibilité de recours en cas de graves disfonctionnements ou autres résultant de son injection ! Je n’invente rien, ce sont les dernières lois émises par l’Administration américaine du très récent président OBAMA ! Alors, … alors n’en doutons pas, nous risquons nous français d’être soumis aux mêmes obligations et si ce n’est pas le cas alors le « matraquage » médiatique sera tel que chacun se précipitera pour se faire vacciner.

 

Sans réfléchir un instant au fait que quelques comprimés de paracétamol suffisent pour se débarrasser de cette grippe.

 

C’est purement phénoménal et incroyable !

 

Certes ! Mais faisons preuve d’un peu de bon sens.

 

Avez-vous, avons-nous jamais vu, connu ou ouïe dire qu’en des temps quelconques de l’humanité présente, les passagers d’un navire en détresse aient refusé de revêtir le gilet de sauvetage destiné à éviter leur mort certaine par noyade et qu’il fut nécessaire de leur imposer par une loi spécifique votée en toute précipitation pour les sauver malgré eux ? Et que ceux qui s’obstinèrent à ne pas porter le gilet de sauvetage furent passibles d’une amende faramineuse ?

 

Voyez-vous, on peut s’amuser et trouver drôles les facéties auxquelles se livre le virus de la grippe A (H1N1), n’empêche qu’il est trop intelligent et particulièrement efficace. Je dirai qu’il est vraiment trop humain ou diabolique.

 

Certes, ses péripéties sont étonnantes et de nature à jeter un trouble certain dans nos esprits. Mais elles ne sont pas suffisantes pour démasquer une éventuelle malversation.

 

Or, c’est bien justement cet empressement à imposer ou pousser les hommes à se faire vacciner alors que cette grippe bénigne se soigne avec seulement du paracétamol qui jette un profond trouble dans les esprits et les place en état d’alerte. Cela cache un danger. Oui, mais lequel ?

 

Ce sont ces mêmes médias qui nous livrent les clés de décryptage.

 

L’article « Vaccins et Tamiflu ne suffiront pas, sommes-nous prêts à affronter la pandémie ? » paru dans « le Monde », édition du 29 juillet 09, va me permettre d’apprendre les existences des pandémies de :

 

- 1889/1890 qui frappa exclusivement les adultes jeunes et les vieillards,

- 1918 qui frappa exclusivement les moins de 5 ans, les sujets en bonne santé âgés de 15 à 45 ans et les plus de 65 ans,

- 1957 qui frappa exclusivement les enfants et les sujets âgés

et enfin celle de

- 1968 qui frappa exclusivement les sujets âgés.


Article du quotidien "Le Monde" du 29 juillet 09 


J’ignorais purement et simplement l’existence de ces « pandémies » antérieures. J’avoue être resté pantois face aux qualités aussi sélectives ou discriminatoires de ces précédents « virus » et la précision des résultats qui en découlent alors que l’informatique n’était qu’à son stade de développement. Posséder de tels renseignements implique nécessairement qu’un suivi particulièrement attentif était préalablement organisé. Cela est d’autant troublant que de tous temps et jusqu’à lors ce que l’on appelait « épidémie » ne faisait pas dans la dentelle : tout le monde était concerné, du plus jeune au plus âgé, sans état d’âme de la part du virus.

Etonnants virus qui par enchantement ou par miracle régulent et contrôlent avec une précision inouïe tout à la fois la croissance des générations et les coûts, pour la société, de ses vieux !

 

Depuis la dernière « Guerre Mondiale », les grands pays de l’Europe (Allemagne, Angleterre, Espagne, Italie, France, Russie, …) n’ont plus le « droit » de se faire la guerre ou de faire la guerre. De cette guerre uniquement programmée dans l’unique objectif de « contrôler » une population qui deviendrait alors incontrôlable par quiconque ou par quoi que ce soit.

 

Dois-je être plus explicite encore ?

 

Quoi de plus anodins et d’efficaces en définitive que de bons virus parfaitement calibrés lâchés dans la nature ? !

 

Des « mutants » dites-vous ? Et Darwin ? Aucun vivant, y compris l’homme n’a jamais connu de telles mutations naturelles en si peu de temps (deux siècles ici) ! Non, simplement nouvelle arme développée par l’homme.

 

Le virus de la grippe A (H1N1) est bénin. Il n’est pas virulent. Il fera passer plus tôt dans « l’autre  monde» nombre de ces malheureux déjà aux limites de la vie pour d’autres raisons.

 

Que savons-nous de ce vaccin ? De ses effets à court, moyen et long termes ?

 

Rien ne peut m’empêcher de penser qu’ils puissent être de nature à fragiliser durablement l’homme de telle manière que dans les années à venir il ne sera pas en mesure de résister normalement aux nouvelles formes de virus qui ne manqueront pas, justement de se manifester. Une élimination massive est, non pas impossible, mais inenvisageable ou inadéquat simplement par ce qu’elle mettrait en lumière la manipulation, l’action délibérée. Etalée sur plusieurs années elle reste « masquée », facilite le doute et trouble la certitude.

 

Un signe ne trompera pas. Une signature même. Pas un des membres de l’Armée de l’Ombre ne sera affecté.  

 

« A vos statistiques … Prêts ? … Partez ! »

 « Une brève histoire de l'avenir »

 

 

 


Résumé


Dans ces écrits, Jacques Attali explicite la « feuille de route » de l'Ordre Marchand afin de s'assurer de la maîtrise du monde.

Selon lui, le futur de notre société se déclinerait en trois périodes successives:

     - période de l'hyper empire, aux alentours des années 2030. Par transition du système unipolaire américain à un système multipolaire, régi par un capital mondialisé,

     - période de l'hyper conflit, règne du chaos et de l'ultra violence à l'échelle mondiale,

     - période de l'hyper démocratie, en tant que réaction aux excès de la période de l'hyper conflit.

Il argumente cette vision de l'avenir sur la base d'une analyse des évènements du passé et desquels il extrait un certain nombre de « lois », telles que:

     - l'homme pour survivre doit s'adapter,

     - l'homme s'éloignerait de plus en plus de sa condition naturelle (y compris sur le plan sexuel !),

     - au début de l'humanité le pouvoir était entre les mains des prêtres, puis il passa entre celles des guerriers pour finalement tomber entre celles des marchands,

     - l'histoire n'est pas faite de la lutte des classes, ni celle de la lutte des peuples, mais de l'affrontement multimillénaire entre nomades et sédentaires,

     - seuls ces nomades créent le progrès,

     - la démocratie résulte du marché. Sans marché pas de démocratie,

     - l'idéal démocratique serait  « les droits de l'homme »,

     - cet idéal démocratique serait issu de l'antique pensée « judéo grecque »,

     - la loi suprême de l'humanité serait l'extension de la liberté individuelle.

Puis il procède à l'analyse des mutations de « l'Ordre Marchand » au cour des siècles :

     - l'Ordre Marchand a toujours eu un cœur ou centre,

     - ce centre s'enrichit par la richesse qu'il sait créer,

     - chaque centre s'écroule sous le poids du coût de son empire,

     - l'implosion financière révèle le déclin des cœurs du capitalisme,

     - la naissance d'un nouveau cœur s'effectue via la captation d'une technologie que ce cœur n'a pas inventé, mais qu'il sait s'approprier parce qu'il détient le capital !


Ainsi, pour les deux décennies à venir Jacques Attali prévoit, par ondes de choc successives, l'implosion de l'empire américain. Ruinée, l'Amérique ne sera plus le banquier du monde, mais le siège d'une récession et du chaos !


Puis Jacques Attali, « grisé » par sa phénoménale intelligence et sous l'emprise de son fantasme culturel, livre aux lecteurs la clé de ses élucubrations
. L'heure de la vérité approche ! C'est fantastiquement lumineux !


L'empire de l'Ordre Marchand sera mondial. Son centre sera « nomade » ... jusqu'au moment où il se fixera ... à  ... Jérusalem ... qui deviendra capitale du monde !


Oui, vous avez bien lu ! 
Non, je n'invente rien ! Lisez son livre. Tout est dit.


Continuons la lecture résumée de son ouvrage !


L'hyper empire = l'empire des multinationales régiront notre planète et imposeront leurs lois aux Etats.

L'Union Européenne deviendra un super Etat, la Russie ne parviendra pas à s'imposer, l'Amérique ruinée par l'implosion de la bulle financière américaine entraînera la Chine dans sa chute, l'Amérique du Sud sombrera dans d'innombrables conflits, quant à l'Inde, bizarrement il n'en parle pas. Cela interpelle et mérite quelques analyses ultérieures !


Notre vie de tous les jours, à nous les misérables humains, sera un calvaire.


Le réchauffement climatique occasionnera un formidable mouvement migratoire. L'Europe vieillissante, nous dit Jacques Attali,  « ressemblera de plus en plus à l'Afrique ». En 2050, le monde comptera 150 millions de réfugiés écologiques.


Le Capital imposera sa loi universelle. Les êtres humains seront soumis à la loi de rentabilité. Le travailleur sera obligé de se soumettre à la loi du Capital.


Les hommes se répartiront alors en trois niveaux hiérarchiques :

     - en haut de l'échelle, les hyper nomades (100 millions de personnes dans le monde). Ils bénéficieront d'une vie artificielle basée sur la jouissance que procure le pouvoir. Nanotechnologies et biotechnologies feront d'eux des mutants. Les sexualités plurielles meubleront leur existence. Ils auront pour seule préoccupation, celle d'Œdipe, « apprendre l'amour de soi »,

     - au milieu de l'échelle, les sédentaires, 4 milliards d'hommes. Ce sont eux qui travailleront. Leur seule satisfaction sera de singer les hyper nomades grâce à une consommation « low cost ». De plus, ils seront obèses à plus de 50 %.

     - en bas de l'échelle, les infra nomades - 4 milliards d'hommes - qui pour tenter de survivre dans un monde aux ressources naturelles raréfiées - devront pratiquer un nomadisme de proximité. Pour eux, leurs conditions de vie ne seront pas meilleures que celles des pauvres d'aujourd'hui.


Comme il n'y aura pas d'autres lois que celles du marché, le monde s'avèrera ingérable. De fait, les multinationales de l'Assurance prendront le pouvoir et imposeront aux populations des objets dits surveilleurs qui obligeront chaque citoyens à s'auto surveiller en permanence, pour, par exemple, ne pas trop consommer de ressources naturelles. Des monopoles mondiaux émergeront. Dès lors ce sera la fin du capitalisme concurrentiel. Seule subsisterait la compétition entre individus.

Fort logiquement, l'hyper empire s'écroulera dans un hyper conflit mondial, conflit de tous contre tous. Dès 2030, des petits Etats autoritaires et pirates verront le jour sur les ruines des anciens Etats nations. L'anarchie conduira au totalitarisme.

Petit à petit une coalition se formera, associant pirates, révoltés et Etats, dans un vaste front contre la tyrannie de l'Ordre Marchand. Des religions idéologiques viendront grossir la coalition anti-mondialisme. L'islam quant à lui catalysera la révolte.


Une guerre mondiale opposera les armées de l'hyper empire, à la coalition anti mondialiste des pirates, des religieux et rebelles. Mais, comme les Etats auront été préalablement dénucléarisés, ils n'auront plus aucune ressource pour s'opposer au chaos ! 


Au bord du chaos et de l'anéantissement, le monde devra choisir.


Alors ? ... Alors ... « Zorro est arrivé » !


De nouveaux types d'hommes vont surgir pour s'opposer à la folie générale: les transhumains. Altruistes. Il n'y aura plus de profit ! Il n'y aura même plus besoin d'argent ! (On savait depuis longtemps que le monde peut fonctionner sans argent. Mais là c'est génial que ce soit Jacques Attali lui-même qui l'annonce ! Bien sûr il ne peut pas expliquer et dire pourquoi, car cette raison est aussi valable de nos jours ! Cela reviendrait à dire aux gens qu'on se moque d'eux depuis longtemps !) Les femmes prendront une plus grande place, ce qui facilitera l'évolution vers un nouvel âge d'or.


Et les  hyper nomades feront repentance pour leurs erreurs passées !!!


L'apothéose: un monde merveilleux s'ouvrira alors aux hommes... !!!



Premier niveau de commentaires

Lorsque je me suis engagé dans la lecture de ce livre, j'ai eu l'étrange sentiment qu'au fil des pages je voyais en filigrane se décliner les fameux « Protocoles de Sion ». C'était idiot de ma part, j'en conviens, puisque il a été abondamment prouvé et déclaré que ces protocoles étaient des faux ! Pourtant, les écrits de Jacques Attali ne sont pas autre chose qu'une explication de textes et une adaptation, versions modernes de ces fameux protocoles.

Plus étonnant, aucune voix ne s'est élevée contre de tels écrits, nul n'est venu les contester ou dire qu'ils étaient faux, ou qu'ils étaient à considérer comme écrits de science fiction, ou même, comme délires de malade mental. Autrement dit une absence totale d'opposition.


Ainsi, nous voici, nous les misérables êtres humains, officiellement prévenus de ce que l'avenir nous réserve.


La publication de vos écrits Monsieur Jacques Attali est un acte authentiquement génial !


Merci à vous, Monsieur Jacques Attali, d'avoir commis ce livre. Grâce à vous, le premier crétin venu et le monde entier sont en mesure de lire « à livre ouvert » les évènements passés, présents et à venir qui secouent notre planète.


Merci à vous, Monsieur Jacques Attali, d'avoir ainsi donné au monde la clef de décryptage de nos misères humaines.


C'est prodigieusement fantastique !


Soyez rassuré, Monsieur Jacques Attali, nous comprenons combien cela doit être difficile pour vous de maîtriser et contenir votre exubérante  « hyper-super-intelligence ». Nous comprenons aussi combien cela doit être difficile pour vous de contenir et de ne pas laisser libre court à votre puissante imprégnation culturelle ancestrale.


C'est vraiment c..... d'être aussi c..... ! Là est votre faiblesse: Achille ! ... Achille ! ... Il ne t'a pas compris !


Je vais aller encore plus loin dans mes réflexions. Monsieur Attali, vous êtes le plus grand pourvoyeur d'antisémites, pire, le plus grand fossoyeur du peuple juif que je n'ai jusqu'à lors rencontré.


Je n'ai pas lu beaucoup de vos ouvrages Monsieur Jacques Attali. L'humaniste que je suis fut attiré, il y a quelques années de cela, par le titre de votre dernier ouvrage alors en publication « Fraternités - Une nouvelle utopie». Je le lirais de bout en bout en quelques jours. Et le relirais afin de bien m'assurer de ce que j'avais lu la première fois ...



Deux  mots viendront à mon esprit : cynisme et sadisme.


Un épouvantable cynisme, et vous, Monsieur Jacques Attali, un odieux cynique sadique.


Ce livre, « Fraternités - Une nouvelle utopie» préparait manifestement « Une brève histoire de l'avenir ». Les deux se complètent.


A ce futur que vous décrivez et qui est celui auquel vous oeuvrez et consacrez toute votre vie au service de l'Ordre Marchand, alors le seul message que vous adressez aux hommes afin qu'ils soient parfaitement heureux dans cet enfer sur terre qui sera le leur, est de leur conseiller d'être heureux de la réussite des « hyper nomades », d'être heureux et fiers de cette minorité qui les opprime, et de pratiquer entre eux (tous les autres hommes) l'absolue entraide fraternelle afin de pouvoir survivre dignement et de ne pas sombrer dans le désespoir !!! Selon vous, la Fraternité saura réconcilier tous les hommes et dites-vous : «La Fraternité est un but de civilisation, pas un état de nature».


De retour en France, il y a peu, et après nos trois années de pérégrinations sur la Mer Méditerranée, je vais continuer mes études et réflexions sur l'Ordre Marchand. Sur le net je fis des recherches vous concernant et découvris avec stupeur que vous fûtes reçu avec grand honneur, le 29 novembre dernier, par les francs maçons de la Grande Loge de France !


Certes la devise de la franc maçonnerie, « Liberté - Egalité - Fraternité », qui est aussi celle de la République Française, véhicule la notion de Fraternité. Mais elle est au singulier. Pas au pluriel. Les hommes ont en partage la Fraternité. Une seule Fraternité. Une Fraternité commune. Unique, sublime. Il n'y a pas de multiples Fraternités que l'on accommoderait selon son bon vouloir ou selon ses besoins.


Il aurait mieux valu que vous eussiez parlé de fraternelles. C'eut été parfait. Fraternelle des Maîtres. Fraternelle des esclaves. Des esclaves fiers de leurs Maîtres ! Des esclaves vouant une reconnaissance éternelle à  leurs Maîtres ! Les uns et les autres. Parfaite déclinaison de l'inégalité.


Je n'ose croire que ni le Grand Maître ni l'un des Grands Officiers de la Grande Loge de France n'aient lu votre livre « Fraternités - Une nouvelle utopie», qu'ils ignoraient par la même occasion « Une brève histoire de l'avenir » et qu'ils soient enfin dépourvus de toute intelligence ou forme d'esprit critique.


Je ne reconnais pas, dans cet honneur ainsi manifesté à votre égard, la sublime éthique inscrite dans sa Constitution qui guide et éclaire la Franc Maçonnerie.


A moins qu'ici aussi, l'Ordre Marchand ait définitivement pris possession des lieux.


A n'en pas douter, vous fûtes reçu en terrain conquis, chez vous, parmi les vôtres.


Il me sera ainsi donné de comprendre le pourquoi des monstrueux silences de la Franc Maçonnerie française en général et de la Grande Loge de France en particulier au cours de cette dernière décennie face à des évènements insupportables et intolérables apparus tant en France que dans le reste du monde. Je me souviens d'un temps où tous les Grands Maîtres des Obédiences françaises manifestaient conjointement, bruyamment et sans ambiguïté contre toute atteinte aux valeurs universelles et droits de l'homme.

Temps révolus, pourquoi ?


Deuxième niveau de commentaires

Je ne mets aucunement en doute la sincérité de vos écrits et prévisions. Puisque c'est effectivement à cela que vous oeuvrez. Ce sont vos objectifs, du moins ceux de votre commanditaire employeur, l'Ordre Marchand.

Vous êtes persuadés de gagner. D'ailleurs vos livres ne sont là que pour mieux enfoncer le clou, sorte de méthode Coué tant à l'intention du troupeau humain qu'à l'intention des membres de l'« Armée de l'Ombre Consciente » de l'Ordre Marchand. A l'usage du troupeau humain afin d'accentuer plus encore pensez-vous leur découragement. A usage « interne » pour doper vos troupes face aux multiples difficultés qu'elles rencontrent et afin de leur transmettre nombre d'argumentations pour bons usages et leur rappeler les étapes à venir.


Sauf que dans votre aveuglement ancestral vous commettez la terrible erreur de limiter vos analyses aux seuls paramètres économiques, financiers et politiques. Nulle trace d'analyse de la pensée de l'homme. Nulle trace de ses évolutions. Nulle trace de l'homme. Comme si vous étiez persuadés de le maîtriser.


Erreur fatale.


Certes, vous avez vos raisons de prétendre que le pouvoir passa des mains des prêtres, à celles des guerriers pour finalement tomber entre celles des marchands, c'est-à-dire « vous ».


Toutefois, votre déclinaison et conjugaison sont incomplètes. Après « vous » tout s'arrête ? Après « vous » le déluge ?


Après « vous », vient le ... « ils ». L'histoire ne s'arrête pas à « vous ». Elle a son bonhomme de chemin à faire !

Ouvrez vos yeux. Humez l'air du temps. Ecoutez les silences! Ils sont éloquents. Mieux encore, réfléchissez.


Vous avez imprudemment libéré les individus. Le monde fait de collectivités s'est mué en un monde connecté. Le collectif est aujourd'hui connectif. Les savoirs se déplacent à la vitesse de la lumière. Grâce à elle, sur tous les continents, l'homme connaît l'origine des maux qui l'accablent. Rien ne peut arrêter cette vague de fond. Irréversible.


La roue tourne, après les prêtres, après les guerriers voici venu le temps de l'Ordre Marchand.


En leurs temps, vos livres envahirent l'espace, vitrines et étalages. Dans les super marchés des pyramides du même titre s'offraient aux consommateurs. Partout, omniprésent. Il n'y avait que vous, rien que pour vous. Tel un pharaon ou prophète, le monde à vos pieds vous admirait, vous encensait. Vos livres se sont vendus comme des petits pains. Le monde entier a lu vos écrits.


Merci à vous Monsieur Jacques Attali, d'avoir ainsi démontré et expliqué au monde entier que théologie et économie sont des explications omnivalentes de l'histoire, que théologie, économie et violences occupent tout l'espace de l'histoire. Que seule l'économie (pouvoir) fait l'histoire.


Vous avez répandu la lumière sur le monde, vous avez éclairé les hommes et favorisé une conscience universelle !


Quel Panthéon pour recevoir un si grand homme ?

10 Décembre 2008

 

 

 

Partout, les doigts pointés convergent ...

 

 

Depuis une quinzaine années nous n'avons plus de poste de télévision dans la maison.

 

Aujourd'hui, deux fois par semaine j'achète le quotidien « le Monde ». Avant c'était tous les jours. Une fine analyse m'apprit à sélectionner. Tous les matins et seulement de 7h à 8h30 j'écoute la radio, « France Inter », tout en dégustant mon petit déjeuner. Puis, et cela est devenu maintenant un rituel, je m'installe à mon bureau et surfe sur la toile, piochant ici ou là ce qui complète et complémente mon information du jour.

 

Ce mois de décembre est particulièrement riche en évènements. Anodins et pourtant précurseurs.

 

Anodins. En apparence seulement. Puisque volontairement noyés dans le flot des autres informations et présentés par l'ensemble des médias officiels avec le même degré de détachement et d'importance que les autres informations.

 

Précurseurs. Pour celui qui sait décrypter. Dois-je préciser terriblement précurseurs ?

 

Pour cette semaine: les attentats de Bombay et les émeutes grecques.

 

Ces derniers évènements qui embrasent actuellement la Grèce m'ébranlent et me bouleversent. Pour tout dire constituent une énorme surprise pour moi. Pourquoi ? Par ce que le comportement ainsi manifesté par le peuple grec en cette circonstance est radicalement et foncièrement le contraire de ce qu'il est naturellement.

 

L'heure est donc grave. Très grave, pour qu'un peuple de cette qualité morale soit conduit à sortir d'une manière aussi puissante de sa sagesse naturelle.

 

Nous avons côtoyé les grecs près d'une année et vécûmes immergés parmi eux six mois consécutifs. Nous fûmes émerveillés par eux. Par leurs comportements, façon d'être, bref par leurs qualités morales. Faisant preuve d'une éducation exemplaire du plus jeune au plus âgé.

 

Nous leur consacrâmes un article (Cf. article « les grecs ») tellement notre étonnement fut grand. Je ne peut m'empêcher de citer ici un court extrait : « Ce qui me semble caractériser au mieux ce peuple serait qu'il possèderait au plus haut degré le souci et l'art du beau et de l'harmonie en tous domaines. L'harmonie règne entre eux. C'est beau de voir la vie s'écouler ainsi. Peuple étonnant ! Il véhicule naturellement dignité, respect des autres et tolérance. Sagesse et philosophie seraient-elles à jamais inscrites dans leur patrimoine génétique ? Ce naturel est sidérant ! Pourquoi ? ». Dois-je également rappeler mon incroyable rencontre avec cet extraordinaire personnage « Téo d'Oro » à Mytilène (Cf. article « Téo d'Oro »)?

 

En une année nous ne vîmes aucun « voyou » ou individu marginalisé. Que ce soit à Athènes ou en Crète. Certes il y a en Grèce beaucoup de pauvreté et, en parallèle, une énorme dignité humaine. Beaucoup de fiertés aussi. Une belle fierté. Et une entraide familiale extraordinaire. Nul n'est laissé sans rien ou à la rue. Ils sont très pauvres, mais il n'y a pas un seul voleur. Des tonnes de marchandises posées sur le trottoir par les livreurs devant les magasins passent plusieurs heures ainsi en attente que le commerçant ouvre sa boutique. Pas un seul vol. Cela est du vécu de tous les jours en Grèce. Partout en Grèce. 

 

Pour ces évènements, ce sont les jeunes de 18 à 35 ans qui les premiers vont massivement réagir. Les parents ne tardèrent pas à suivre tous en masse derrière leur progéniture. Le peuple grec se soulève en masse, d'un seul bloc. Tous ensemble.

 

Contre qui ? Le commerce. Mais pas tous les commerces ! Là se trouve le premier enseignement discrètement passé sous silence par les médias. Le peuple grec sait faire la distinction entre les innombrables petits magasins tenus par les siens et qui peinent à gagner ainsi quelques euros. Il faut avoir vu, visité cette foultitude de magasins pour comprendre cette réalité. Non, le peuple grec n'est ni aveugle ni bestial ni anarchique ni terroriste. Il s'attaque aux « grands magasins » et magasins de luxe. Indice flagrant.

 

Il est également particulièrement significatif que cette révolte initiée à Athènes trouve un écho immédiat, quasi instantané, dans la ville de Salonique. Ce n'est pas pour rien ! Cela est immensément révélateur quand on sait que cette ville est depuis de nombreux siècles l'un des refuges ou l'un des points stratégique de l'Ordre Marchand. Là réside et sévit une partie de son « Armée de l'Ombre ». Là réside de nombreuses familles juives expulsées de Turquie dans les années 1935 par Mustafa Kemal Atatürk Informations bien entendu passées sous silence par les médias.

 

Le peuple grec n'est pas dupe. Il sait. Sa cible est claire !

 

On doit également noter que plusieurs villes en Europe manifestèrent leur soutien au peuple grec. Lui signifiant ainsi qu'il n'est pas isolé et qu'il a été entendu.

 

Premier évènement précurseur.

 

Pour la petite histoire, connaissez-vous la réponse apportée par le gouvernement grec à ces évènements ? Extrait du quotidien « Le Monde » du vendredi 12 décembre 2008, page 10 : « Pour tenter de faire baisser la tension, le premier ministre conservateur Costas Caramalis a annoncé une série de mesures  pour l'indemnisation des entreprises et des commerces qui ont subis de dégâts».

 

Sans commentaire.

 

Examinons maintenant « les attentats de Bombay ». Je serais tout d'abord étonné par les faibles développements qu'en donnèrent les médias. Les analyses restèrent toujours très en retrait par rapport à la gravité de l'évènement (plus de 130 morts et plus de 300 blessés) et surtout évitèrent d'épiloguer sur certaines données « sensibles ».

 

Deux palaces (l'Oberoi/Trident et le Taj Mahal) et un centre juif (le Nariman House) constituèrent les principales cibles de ces attentats. C'est particulièrement révélateur.

 

A l'évidence ces deux palaces situés au cœur du centre financier de la dixième puissance économique mondiale n'abritaient pas de simples touristes, même richissimes. Mais bien  des hommes d'affaires. Ces palaces ne sont en réalité que les lieux de résidence et de travail de « l'Armée de l'Ombre Consciente » de l'Ordre Marchand. Les représentants de tous les pays s'y retrouvent. Les médias citèrent par exemple la présence d'italiens, de français, d'allemands, d'australiens, d'anglais, de canadiens, de japonais. Certes, oui. Mais il ne s'agit là en réalité que des représentants de la diaspora (internationale) juive. Tous sont juifs. Tous oeuvrent pour l'Ordre Marchand.

 

Ces deux attentats perpétrés contre ces deux palaces sont donc explicitement dirigés contre l'Ordre Marchand et son maître d'œuvre. La cible est claire. Il n'y a pas l'ombre du moindre doute.

 

Et pour indiquer sans ambiguïté possible l'unique cible visée, le complexe juif de Nariman House, abritant un centre religieux juif, des logements et des bureaux est lui aussi affecté par ces attentats.

 

La ministre israélienne des Affaires Etrangères Tzipi Livni, quant à elle, ne s'est pas trompé lorsqu'elle déclara : « le signe que cette attaque visait les juifs et les Israéliens ». A mon avis il aurait mieux valu qu'elle se taise. Ses propos constituent un extraordinaire un aveu. Un lapsus (inintelligent) révélateur

 

Ce qui est symptomatique dans cette affaire est le traitement qu'il recevra de la part de l'ensemble des médias français. Bizarrement personne en France ne parla d'actes antisémites ! Pourtant il s'agit là d'actes hautement antisémites.

 

Alors pourquoi se « profil bas » de la part de tous nos pourfendeurs français d'actes antisémites ? Pourquoi ce « profil bas » de la Licra et de toutes les institutions internationales chargées de surveiller et de dénoncer la moindre atteinte au peuple juif ?

 

Pour une raison simple et évidente ! Le faire serait révéler l'internationalisation de l'antisémitisme, sa mondialisation ! Avec la terrible obligation de devoir l'expliquer et de la justifier.

 

Impossible !

 

Lorsqu'il y a de cela plus d'une année j'entamais mes écrits sur l'Ordre Marchand et sur le peuple juif, je ne m'imaginais pas être aussi près de la réalité. Dans tous ces articles je laissais s'exprimer en toute liberté mon intuition et ressentis profonds sur nombre de choses. Le plus souvent ils s'achèvent par de sévères mises en garde.

 

Il y a des évidences incontournables, incontestables. Ces deux évènements sont dramatiquement précurseurs. Partout les doigts pointés convergent pour désigner l'ennemi commun à tous les hommes, à l'humanité. L'Ordre Marchand n'a plus d'échappatoire possible, d'issue de secours, de lieux de protection où il serait en sécurité. Il s'est piégé lui-même. Il est piégé.

 

Suite logique à sens unique et à unique issue.

Décembre 2008

 

 

En ce point d'inflexion, l'homme a recouvré la vue ...

 

 

Tel un fleuve impétueux, notre humanité semble avoir privilégié de s'écouler dans le lit de la violence entre les hommes. Guerres et destructions jalonnent sans interruption son parcours.

 

Déclinaison morbide. Certains chiffrent à 3,5 milliards le nombre de cadavres qui jonchent ses berges. L'équivalent de la moitié de la population mondiale actuelle.

 

A juste titre, et à toutes les époques, les hommes étaient en droit de s'interroger, d'être inquiets face à cette monstrueuse folie meurtrière de ses semblables.

 

Jusqu'à hier, il ne pouvait accéder aux informations et données qui lui auraient permis d'analyser et comprendre les origines des maux dont souffre notre humanité.

 

Aveugle, l'homme avançait, soumis, courbant l'échine.

 

A l'aube de ce XXIème siècle, survint ce que plus tard, nous ne devons pas en douter, les hommes considèrerons comme l'évènement déterminant dans l'évolution de l'humanité, la « révolution des communications ».

 

Informations et données parcourent le monde à la vitesse de la lumière, réduisant ainsi espace et temps. Il n'y a plus de « monde lointain ». Le monde est à notre porte, à notre fenêtre, sur notre bureau de travail, face à nous, sur nos écrans d'ordinateur. Le monde est enfin à notre échelle : l'échelle humaine !

 

Via Internet - la « Toile » - l'individu accède à une gigantesque bibliothèque mondiale constituée d'écrits et de banques de données. Tout est disponible sur tout. Informations, savoirs et connaissance se propagent à la vitesse de la lumière. Mieux encore, les échanges entre les hommes se développent d'une manière exponentielle. Ils explosent même. Il résulte de cette fantastique évolution que réflexions et analyses sur la compréhension des réalités du monde s'affinent, s'expriment et sont accessibles à tous en dehors de toute contrainte ou censure.

 

De fait, conscience et intelligence mondiales sont aujourd'hui d'un niveau immensément plus élevé que celui d'hier.

 

C'est une phénoménale révolution planétaire qui agite et ébranle notre humanité. Sans bruits, sans fracas, irréversible, puissante, elle s'extrait irrésistiblement des profondeurs.

 

En ce début du XXIème siècle, l'humanité incurve son chemin. Bifurque.

 

En ce point d'inflexion, l'homme a recouvré la vue. Et s'avance droit.


des guerres humaines à l'ultime guerre des hommes

 

Les historiens n'explicitent jamais les raisons qui motivèrent les guerres. Ils enseignent l'histoire par tranches taillées dans l'espace et le temps, sans liaison logique entre elles. Comme si l'humanité n'était qu'une somme de ruptures, de points singuliers.

 

Rien n'est plus faux que cela ! Ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas humain.

 

De tous temps, l'homme progresse continûment, sans rupture, sans cassure. Longues gestations,  long cheminement. Les inflexions sont dans les têtes des précurseurs qu'ils soient penseurs ou philosophes, pas dans les faits immédiats de tous les  jours.

 

Dans cette continuité choisissons le thème de la guerre pour fil d'Ariane. Observons, analysons.

 

Aux premiers temps, les hommes s'affrontent en une guerre totale, famille contre famille, tribu contre tribu, peuple contre peuple, cité contre cité, c'est-à-dire en un combat du « tous » contre « tous ». Cette guerre totale, du « tous contre tous », s'avère éminemment destructrice.

 

Résultat : au mieux la moitié des « tous » est massacrée, exterminée. Au pire ce type de guerre conduit au massacre et à l'élimination de « tous », moins une personne, l'unique survivant de ce gigantesque carnage, seul au milieu d'un champ de cadavres ! Autrement dit : table rase !

 

L'éradication ou l'anéantissement de l'espèce humaine se profilait dangereusement à l'horizon. Première prise de conscience salvatrice !

 

Des règles tacites régissant la guerre apparaîtront. Survie impose ! Femmes, enfants et vieillards furent exclus du champ de bataille. Seuls les adolescents et jeunes adultes disposèrent du privilège de défendre la communauté. Les pères sacrifièrent leurs fils !

 

Ils le firent si bien et avec un tel acharnement que l'histoire nous apprendra, par exemple,  que Sparte et Athènes, ces deux cités antiques ennemies, seront contraintes, faute de combattants de signer une trêve de 30 années ! Le temps nécessaire aux pères d'engrosser les mères, qu'elles mettent au monde d'autres garçons. Le temps nécessaire de leur enseigner l'art de la guerre, bref le temps que le fils soit en âge de combattre et ... de mourir ! Leur folie était si grande qu'ils ne respectèrent même pas la durée de cette trêve. Ils inventèrent les « mercenaires rétribués » venus d'autres contrées !

 

Les cités devinrent empires, pays, nations et Etats.

 

Avec eux naîtront le droit et les droits. Droit de la guerre, de faire la guerre ainsi que les règles censées réglementer l'art de la faire !

 

Seuls les nations et les Etats disposent de ces droits. Seules les guerres issues de ce droit sont dites légitimes.

 

Nos pères légitimèrent ainsi leur droit de sacrifier leur descendance au nom d'une obscure raison d'Etat.

 

Qu'elles sont donc, justement, les raisons qui conduisirent les hommes à s'entre tuer ?

 

La survie sûrement, issue du partage de la maigre nourriture disponible, mais aussi sûrement la peur de l'autre que l'on ne reconnaît pas, en ces temps là, semblable à soi. Le besoin légitime de posséder puis de défendre son propre territoire de vie où fixer sa famille, sa tribu ou son peuple. L'obligation de disposer de matières premières nécessaires à toutes évolutions.

 

Ressources qui devinrent ... richesses ... et ... sources de pouvoirs. Virage !

 

Quête de pouvoirs. Avec en ligne de mire au bout du tunnel: le pouvoir sur tous les pouvoirs, le pouvoir absolu. Terrible entonnoir. Fantastique vortex révélateur de la finalité ! Fantastique engloutissement !

 

Résumons ! Du chaos anarchique et suicidaire du « tous contre tous », succède le droit de la guerre circonscrit aux seuls Etats : « Etat contre Etat ». Les fils ?  Toujours sacrifiés !

 

Au nom de quoi ? De la richesse, de la puissance, du pouvoir. L'Olympe ! Dominer le monde. Maître du monde. De ce monde, siège de monstrueuses guerres entre Etats. Toutes conduites au nom de la survie économique de chacun. On massacre, on élimine, on pille, on asservit, que sais-je encore ... la liste est inépuisable !

 

L'économie s'impose. L'économie fait son coup d'Etat. Investi et remplace l'Etat.

 

Réfléchissons ! Pourquoi maintenir les Etats, puisque c'est l'économie qui dirige les hommes !

 

Supprimons les Chefs d'Etats, supprimons les Etats. Plus d'Etats. Plus de chefs d'Etats.

 

Place aux hommes d'affaires.

 

L'Etat de tous, vidé de ses substances originelles n'est plus qu'une enveloppe creuse. L'Etat n'est plus qu'un mot.

 

Triomphante, l'économie s'affiche, montre son vrai visage et règne aujourd'hui en maître absolu du  monde.

 

L'Ordre Marchand remonte ses Champs Elysées, s'expose, s'étale en tous lieux sans aucune retenue, proclame avec ostentation son programme et affiche son maître d'œuvre.

 

Fantastiques aveux !

 

Résumons encore ! Le loup est sorti de son bois. Démasqué. Insolent.

 

Sauf que dans sa folie ou par bêtise il ne comprend pas que ce faisant, il se désigne et se pose lui-même en tant qu'unique et ultime ennemi de l'humanité.

 

Ultime guerre du « tous » contre « un ». Ultime guerre des hommes. Prodigieuse déclinaison inexorable !  Démonstration parfaite, mille fois prévisible.

 

Par ce que simplement humaine. Bêtement logique, imparable, implacable.

 

Vider les Etats de leurs substances créatrices originelles c'est libérer les hommes, faire place nette aux individus, femmes et hommes répartis sur la surface de notre Terre.

 

Vider les Etats de leurs substances créatrices originelles, c'est détruire la notion d'Etat et changer les règles du jeu. C'est rendre caducs et obsolètes les droits « légitimes » qu'ils véhiculaient.

 

L'Ordre Marchand n'est pas un Etat. Il ne possède aucun des attributs ou prérogatives d'un Etat. Il ne possède aucun droit et ne peut en aucune façon endosser, revêtir ou simplement se protéger derrière ceux légitimes des Etats qu'il colonise.

 

De fait, l'Ordre Marchand a introduit et légitime, par lui-même, un monde sans lois, de « non droit ».

 

L'Ordre Marchand vient d'achever sa création d'un monde sans lois ni droits qui place les hommes et notre planète en situation de survie. Seule loi, la survie. Survie des hommes. Survie de notre planète

 

Ultime épreuve en deux combats.

 

Bâtir le monde de demain, élaborer tous ensemble droits et devoirs futurs, conduire à terme cette immense et grandiose tâche requiert au préalable que nous effacions les errements anciens sources de nos maux présents.

 

Ultime épreuve en deux combats. Du « tous » contre « un ». Et de « chacun » pour (sauver) « notre planète ».

 

 

« Tous » contre « un »:


quid de l'Ordre Marchand et de son armée de serviteurs ?

 

 

Je n'ai pas la réponse.

 

Qu'une sombre inquiétude, née de ce que je perçois du malaise profond qui ceint la population française, de ce lourd silence qui l'habite, née également au cours de ces trois années de navigation au contact de ces différents peuples que j'ai côtoyé, où je noterais de semblables silences et tensions internes contenues, inquiétude aujourd'hui amplifiée par les informations en provenance du reste du monde. Terrible généralisation. Terrible mondialisation. Partout les doigts pointés convergent.

 

Qu'un sombre pressentiment, issu de la phénoménale surdité face aux avertissements distillés par les hommes tout au long des siècles passés. De ce devoir de mémoire insidieusement inversé qui d'Egypte conduira à Auschwitz.

 

C'est terrible.

 

de cette guerre que la Nature livre à l'humanité toute entière:


la « Guerre Mondiale » 
 

 

Dès les premiers jours de notre voyage, nous fûmes confrontés à une pollution et à une dégradation phénoménales des terres que nous visitions et de la mer Méditerranée que nous parcourions. Ce voyage va se traduire pour nous par une terrible prise de conscience en ce domaine. Ces pollutions, ces dégradations comme les pillages sans retour de notre espace naturel jalonnèrent notre voyage.

 

Je pris alors conscience que la nature n'aura pas d'autre issue que de se retourner contre nous, nous les humains. Ma pensée était encore plus crue ou plus dure puisque je pensais tout au long de ce voyage qu'elle « se vengerait » un jour.

 

Je me souviendrai toujours de cette pensée fulgurante, qui pour une raison inexpliquée, traversa mon esprit, alors que nous voguions toutes voiles dehors: « le jour où les hommes procéderont à un dessalement industriel le l'eau des mers et des océans, débutera alors le compte à rebours de l'existence de notre humanité ».

 

Cette évidente réalité comme ces spectacles désolants qui s'offraient à mes yeux vont me plonger dans un état prégnant d'angoisse, de malaise et de mal être.  Elle me conduisit à de nombreuses réflexions de fond concernant l'humanité et son devenir.

 

De retour en France, je vais, le 15 octobre dernier très exactement, commander via Internet, les 3 derniers ouvrages écrits et publiés par Michel SERRES durant la période de notre absence. Je cite les titres : « le Mal Propre », « Récits d'Humanisme » et « la Guerre Mondiale ».

 

Ce fut un choc, un immense choc ! Tout au long des écrits de Michel SERRES je retrouvais nombre de mes observations, pensées et réflexions apparues au cours du voyage.

 

Mais lui, Michel SERRES, par ce qu'il a ce génie qui n'appartient qu'à lui seul, et par ce qu'il consacre sa vie à la réflexion philosophique, sait employer les mots justes et parfaits pour exprimer la vie comme il se doit. Ses formulations comme ses analyses sont infiniment vraies. Percutantes et perturbantes aussi, au point d'en avoir les tripes qui se nouent.

 

Il ne parle pas de « vengeance » comme moi. Sa démarche empreinte d'humanisme débouche sur une vérité implacable. Lui, parle de guerre. De cette guerre que la nature livre à l'humanité toute entière. De cette guerre déjà commencée.

 

C'est, effectivement, une véritable guerre que la nature nous livre.

 

Non seulement elle était inévitable, mais elle sera impitoyable si nous ne savons pas, nous les humains, arrêter celle que nous lui menons depuis trop longtemps.

 

Elle dispose de moyens incommensurables, de très loin supérieurs à tous ceux dont nous disposons, nous les hommes. La puissance des éléments.

 

Michel SERRES ne va pas se contenter de cet évident constat. Il va aller plus loin. Beaucoup plus loin. Sur la base d'une extraordinaire analyse il formule la seule et unique issue que cette authentique menace imposera à terme aux hommes, c'est-à-dire à tous les peuples de la Terre, sans distinction.

 

Celle, où les hommes contraints par la Nature devront apprendre à vivre ensemble, à ne plus se faire la guerre entre eux et à unir leurs efforts pour préserver ensemble leur espace commun de vie.

 

Il n'y a pas d'autre issue.

 

Michel SERRES termine son travail de réflexions par une série de développements fabuleux.

 

Ceux d'abord qui explicitent les conséquences induites par le fait que tous les hommes sans exception oeuvreront conjointement à la sauvegarde de notre planète :

 

     - la première étant que le droit de propriété du sol n'aura alors ni sens ni valeur. Nul ne pourra revendiquer une quelconque propriété partielle ou totale de la Terre. La Terre n'appartiendra à personne. La Terre appartient à tous. 

 

     - la seconde est que nul ne pourra alors s'octroyer un quelconque droit ou pouvoir de dominer le Monde.

 

     - la troisième, la Terre, autrement dit la Nature, dominera, s'imposera et imposera aux hommes un nouvel art de vivre. 

 

Celui enfin, où s'élevant au dessus des hommes et de leur histoire, il extrait de ce chaos général le fil d'Ariane qui guida la pensée et les actions humaines aux cours des siècles vis-à-vis justement de notre habitat commun qu'est la Terre.

 

            - « à l'origine, les Grecs craignaient et respectaient la nature ».

 

Ils craignaient ses colères, ses déchaînements. Au sommet de l'Olympe la Nature partageait les honneurs, puisque six dieux sur les douze olympiens la représentaient. Et pas des moindres qu'on en juge : Zeus, Poséidon, Héphaïstos, mais aussi Dionysos, Déméter et Artémis. Simple clin d'œil : sans eux, il n'y aurait pas eu d'Odyssée!

 

            - « puis vint le dieu des juifs qui donna à l'homme le pouvoir absolu sur le Monde, les terres, les mers, les oiseaux, les poissons, les êtres vivants ».

 

Son projet a réussi. Des milliards de vies massacrées. De nombreuses civilisations anéanties. Des millions d'espèces animales massacrées à jamais disparues. Partout, des terres et des continents, des mers et des océans, ravagés, pillés, stériles, à l'abandon. Jamais pauvreté, misère et déchéances ne furent aussi nombreuses et aussi grandes qu'aujourd'hui.

 

Est-ce vraiment toi, dieu des juifs, que je devrais aujourd'hui louer ? Vénérer ? Et prier ? De quoi, dis-moi ? D'avoir autorisé le massacre ton « œuvre » ? D'avoir encouragé à transformer la Terre en une gigantesque décharge publique ? D'avoir permis la pollution du ciel et des terres par nos excréments et autres produits de nos maladies et dégénérescences mentales ?

- « ce faisant, d'avoir déchaîné la « colère céleste » » !

 

La Nature se rappelle à nous. Et comment !

 

Vertigineuse spirale ascendante qui nous ramène à la verticale de notre point de départ !

 

Hier les hommes firent l'humanité. Aujourd'hui la Nature nous impose l'Humanité de « l'homme symbiote vivant avec elle ».

 

Merveilleuse leçon que la Nature nous donne, à nous les hommes.

 

Nous n'avons pas su nous rendre compte suffisamment tôt que si nous les hommes nous avons besoin d'elle pour vivre, elle, la Nature, n'a pas besoin de nous pour vivre !

 

Terrible leçon. Pour se protéger de nous elle n'a pas d'autre solution que de nous anéantir.

 

Donc guerre, déclaration de guerre, pour une guerre totale, sans état d'âme. C'est sa  peau  qu'elle sauve. Les éléments sont lâchés contre nous.

 

Moins d'un siècle nous sépare de notre anéantissement total.

 

C'est peu, très peu. Cela veut dire qu'il nous faut immédiatement, tous ensemble, mettre en œuvre toutes les mesures pour stopper, voire diminuer nos folles agressions à son égard.

 

Pour seulement tenter de diminuer la violence de ses réactions...

 

Voilà notre second et dernier combat.

 

Son issue ?

 

Là aussi, je n'ai pas de réponse.

 

Qu'une immense crainte. Celle que les hommes restent sourds à un tel message. Par fanfaronnade ou par bêtise ou par incrédulité. Mais plus encore celle issue du risque majeur de voir l'Ordre Marchand ne pas savoir mettre un terme, tant qu'il encore temps, à sa folie et, au contraire, amplifier dégâts et réactions.

 

 

 

Novembre 2008

 

« Les juifs et leur avenir »

 

 

En ce mois de novembre notre blog va s'enrichir d'un commentaire particulièrement virulent à mon encontre. Je serais violemment taxé d'antisémite pour mes écrits objets de l'article « l'Ordre Marchand ». L'humaniste que je suis, ou espère être, fut profondément blessé. J'inviterais ce lecteur, via sa messagerie personnelle, à bien vouloir prendre le temps de lire les articles faisant référence au peuple juif et de me préciser ensuite s'il maintenait toujours son accusation. C'était il y a un peu moins d'un mois et je n'ai toujours pas reçu de réponse.

 

Cette réaction aura pour conséquence d'attirer mon attention sur une donnée importante concernant mes écrits sur ce thème. A savoir qu'ils peuvent être logiquement considérés comme partiaux puisque résultant d'une analyse personnelle, bien que construite d'une part sur la base de vécus réels authentiques et d'autre part sur un travail de recherche de documentations destinée justement à comprendre les raisons de ces vécus. En clair, mes écrits ne sont représentatifs que de ma propre vision des choses. Donc subjectifs, partiaux ...et donc ... pourquoi pas ... « antisémites » !

 

Je vais ainsi prendre conscience de leur vulnérabilité, n'ayant pas pris le soin d'apporter à un moment ou un autre des éléments incontestables que nul ne peut remettre en cause ou sur lesquels émettre des doutes ou sujets à discussions sans fin.

 

Dont acte ! En trois actes !

Premier acte : donner au lecteur le résumé du dernier livre « les juifs et leur avenir » publié par un maître du judaïsme contemporain, le rabbin Adin Steinsaltz.  Afin de vérifier la réalité des sources, ce résumé est accessible sur le site www.a7fr.com et la biographie de Adin Steinsaltz est également disponible sur ce même site : www.a7fr.com/Article/58820.htm .

Adin Steinsaltz a reçu le Prix d'Israël en 1988, pour sa contribution dans le domaine des études juives. En 2006, il ouvre à Jérusalem le Centre Steinsaltz pour la connaissance du judaïsme. Adin Steinsaltz n'est donc ni un inconnu ni un dissident. Au contraire il représente tout ce qu'il y a de plus officiel dans le domaine de la société juive.

Deuxième acte : donner au lecteur un extrait d'un discours intitulé "Les Juifs au XXIème siècle, un avenir incertain" de Jacques Attali où il se pose également la question de l'avenir des juifs. Une vidéo de ce discours est accessible sur: http://www.akadem.org/sommaire/themes/liturgie/11/2/module_2283.php?chapitre_courant=1 ou sur Youtube : http://fr.youtube.com/watch?v=T2DQ22dShVI

Quant au texte intégral de ce discours (1ère partie) il est accessible ici :
http://www.toofiles.com/fr/oip/documents/txt/attali_discours1arepartie.html

Troisième acte : mes commentaires et conclusions.

 


Premier acte : résumé du livre « les juifs et leur avenir » d'Adin Steinsaltz. 

 

 

Collection « Présence du Judaïsme » - Editions Albin Michel.

Préface de Jean Blot.

Traduit de l'anglais par Danielle Lifshitz-Malka.

Septembre 2008. 224 pages. 22 euros.

 

« Qu'est-ce que la maison d'Israël ? Qu'est-ce qui fait qu'un individu est juif ? « Qu'un Juif est un Juif sans aucun doute ? ». Sommes-nous une nation ou une religion ? D'entrée de jeu, Steinsaltz aborde les vraies questions, les interrogations éternelles qui taraudent le peuple juif depuis des millénaires et encore plus depuis le siècle des Lumières, de la Haskalah et l'émancipation.

Tâche éminemment ardue car « Une définition globale et significative doit déterminer si, et jusqu'à quel point, les Juifs existent et si le judaïsme a un sens intrinsèque autre que d'être défini de l'extérieur par les antisémites de tout bord ». De plus « le fossé qui existe aujourd'hui entre les Juifs, même au sein des croyants, est tel que le dialogue sur une base commune est devenu pratiquement impossible ». Ce qui fait, qu'à bien y réfléchir et si l'on veut mettre en pratique le principe de base de rabbi Saadia Gaon : « Notre nation n'est une nation que par sa Torah »,  « seule une petite minorité du peuple juif peut être considérée comme véritablement juive ». Alors, le peuple juif n'ayant pas de base territoriale commune, faut-il se baser sur l'Histoire commune ? Sur la culture juive, qu'elle soit hébraïque ou laïque ? Et que penser des prosélytes ? La raison, compte tenu de ces difficultés variées, est donc de trouver une « définition a minima ». Le Talmud, d'ailleurs, en son temps, a donné l'exemple : des six cent treize commandements répertoriés par le rabbin Simla, le roi David en retient onze que le prophète Isaïe réduit à trois avant qu'Hababuc  les ramène en un : « Le juste vivra de sa foi ». C'est aussi ce que fit Hillel l'Ancien sollicité par un candidat prosélyte pour résumer toute la Torah en quelques mots. On connaît la réponse du Maître : « Ne fais pas à autrui ce que tu n'aimerais pas qu'on fasse contre toi ». Mais toutes ces simplifications ne permettent toujours pas de répondre à la question centrale : « Qu'est-ce qui crée ce lien entre les Juifs ? ».


Eh bien, tout compte fait, ce lien s'avère tout simplement familial car, dit Steinsaltz, « le peuple juif n'est pas à proprement parler une nation, mais une famille ». Une famille idéologique et non biologique. Cette famille, certains diraient cette tribu, c'est la Maison de Jacob, la Maison d'Israël, Beit Yaacov, Beit Yisrael.


Ce thème de l'identité juive, qui ouvre le livre n'est pas le seul, loin de là, que le rabbin Steinsaltz offre à notre réflexion. Avec finesse, il aborde la question de l'assimilation, remarquant que « la capacité que les Juifs ont à l'imitation est généralement bien plus profonde que chez les autres », l'unité de la Maison de Jacob autour de l'Etat d'Israël, le complexe messianique juif avec cette volonté renouvelée de vouloir, envers et contre tout et tous, sauver le monde, la « mission juive » qui n'est autre que le « rêve messianique » ancestral, la contribution disproportionnée des Juifs à la civilisation et au progrès du monde : « Aussi bien dans les sciences naturelles que dans les sciences sociales, la littérature, les arts, la vie politique et économique de chaque nation, la contribution des Juifs est surprenante ». De Marx à Einstein en passant par Freud, la chose est connue et reconnue.


... (j'ai volontairement supprimé deux alinéas qui n'apportent ni ne diminuent en quoi que ce soit le fond de cet article)

 

« De nos jours, reconnaît le rabbin, la plupart des Juifs mènent une existence amphibie, comme des grenouilles. Ils vivent dans deux royaumes différents : celui du monde occidental et celui de la Torah ». Ce sont ces contradictions qui constituent la trame de ce beau livre qui incite à la réflexion d'autant que chaque chapitre de l'ouvrage est suivi d'un court débat ».

Très intéressant.  Signé Jean-Pierre Allali 

 

Deuxième acte : Extrait du discours de Jacques Attali: « Les juifs au XXIe siècle - Un avenir incertain » (22 mn)

Jacques Attali, Economiste. Fonds Social Juif Unifié - Paris, mars 2007

http://www.akadem.org/sommaire/themes/liturgie/11/2/module_2283.php

 

Extrait : (début de son discours)

 

« C'est quoi aujourd'hui être juif, en France, je pense que chacun d'entre nous a une réponse à cette question ... je voudrais le replacer dans un contexte d'abord plus vaste qui est heu... c'est quoi aujourd'hui être juif dans le monde. Ça reste aujourd'hui pour chacun d'entre nous une question presque évidente nous sommes juifs, nous savons que nous avons un rôle historique particulier que nous avons joué depuis au moins 3000 ans et nous pensons que ce rôle est là, il est établi, il est définitif, il est inscrit dans l'histoire de l'humanité il porte son empreinte à la fois théologique culturelle idéologique politique artistique et nous avons le sentiment puisque nous sommes là et que nous avons été là malgré les tragédies les plus extrêmes que nous serons là pour toujours.


Je crois que la principale préoccupation une question qu'il faut se poser aujourd'hui sur qu'est-ce qu'être juif aujourd'hui dans le monde avant de se poser la question de savoir sur qu'est-ce qu'être juif aujourd'hui dans la France, c'est de se poser la question tout simplement de savoir si le peuple juif survivra au XXI ème siècle en tant que peuple. Je pense que cette question mérite d'être posée pour des tas de... raisons ; d'abord parce que rien n'est éternel dans l'histoire humaine, ensuite parce que la meilleure façon de résister à une menace c'est de la connaître, et d'être capable d'en identifier les différentes composantes pour lutter contre elle, et ensuite pour savoir si ce que nous appellerions ou pourrions appeler le cauchemar de la disparition du peuple juif ne peut pas revêtir des formes bien différentes de celles qu'on peut croire.. auxquelles on peut penser ... » 



Troisième acte
 : commentaires et conclusions

 

Ces deux textes - l'un issu d'un rabbin vivant en d'Israël et reconnu par les siens, l'autre issu d'une « éminente personnalité agissante du monde politique français» - à l'évidence parlent d'eux-mêmes et se passent de tous commentaire ou d'éventuelle interprétation.

 

Ils sont on ne peut plus clairs !

 

Seules des conclusions évidentes s'imposent !

 

Il y a d'abord ce terrible aveux de cette « volonté de vouloir, envers et contre tout et tous, sauver le monde, la « mission juive ».

 

Cela veut dire très clairement qu'ils savent ce qu'ils font et les risques qu'ils encourent.

 

Alors comment se fait-il qu'ils ne cessent pas de s'apitoyer sur leur sort, de se plaindre et de se lamenter ?

 

Alors comment se fait-il qu'ils ne cessent pas de s'étonner et de s'offusquer de l'ancestral rejet dont ils s'estiment victimes de la part de tous les autres peuples. ?

 

Qui est responsable ? Qui est condamnable ? Celui qui déchaîne des réactions de rejet ou celui qui réagit à une agression intolérable ?

 

Quand les Allemands (par exemple) ont envahi la France et voulaient en prendre son contrôle, a-t-on émis des lois proclamant que toute résistance à leur égard relevait d'acte ou d'une pensée raciste et plus précisément d'un comportement « anti-allemand »,  hautement répréhensible par la loi ?

 

Pourquoi les écrits du rabbin Adin Steinsaltz et les propos publics de Jacques Attali ne sont pas taxés « d'antisémites » ? Ce faisant, en quoi mes propres écrits seraient eux plus « antisémites » que les leurs ? Par ce que je dis et décrit la réalité de ce que eux-mêmes affirment ?

 

Ridicule !

 

Il y a ensuite l'autre terrible phrase de Jacques Attali : « ... ensuite parce que la meilleure façon de résister à une menace c'est de la connaître, et d'être capable d'en identifier les différentes composantes pour lutter contre elle, ... ».

 

Ne nous trompons pas sur la signification profonde de tels propos. C'est une authentique guerre qu'ils mènent contre nous, nous les « non juifs ». C'est l'éradication totale de toute forme de résistance. Seule issue pour parvenir à leur fin.

 

Pour terminer, sur quoi s'appuient-ils ? Sur leur Thora et Talmud (c'est eux qui le disent !).

 

Autrement dit sur une religion construite de toute pièces par eux !

 

Et cela ne relèverait pas d'un fanatisme et d'un intégrisme délirants ?

 

Notre société « occidentale », grâce aux fantastiques progrès technologiques, notamment en matières de diffusion instantanée (vitesse de la lumière) des informations permet à la multitude d'accéder à un nombre infini de données jusque lors difficiles d'accès. Il est ainsi permis à chacun d'identifier l'origine du mal et de mesurer la folie qui anime ceux qui aspirent à gouverner notre monde « occidental » et de prendre l'exacte mesure de la gravité de la situation. La connaissance est globalisée !

 

Celle notamment qui permet d'identifier sans ambiguïté le cancer qui ronge notre société dite « occidentale ».

 

 

Novembre 2008

 

le peuple turc

                

Une fois n'est pas coutume, commençons par la fin.

 

Comme elles le font chaque semaine depuis notre retour en France, Christine et Carole ramenèrent il y a deux jours de cela, notre provision hebdomadaire de livres et DVD de la médiathèque de Nérac (*). Sorte de compensation partielle à notre choix de vie sans poste de télévision.

 

Elles revinrent de la médiathèque particulièrement satisfaites, car disaient-elles, elles avaient déniché un film turc primé au festival de Cannes en 2007. Satisfaction d'autant plus légitime que les films turcs sont rares en France.



 

Son titre « De l'autre côté » - Réalisateur Fatih AKIN.

 

Notre joie fut de courte  durée. Dès les premières séquences découvrîmes un torchon.

 

(*) Ville de moyenne importance, située à environ 30 km à l'ouest d'Agen, connue par son château ayant appartenu à Henry IV.

 

Au-delà du scénario ce sont les personnalités des personnages principaux du film sensées caractériser le peuple turc qui retinrent notre attention.

 

Ils sont quatre. Faisons connaissance avec eux.

 

Le premier apparaît dès la première séquence du film. Il s'agit d'un turc (65/70 ans), veuf, vivant à Hambourg en Allemagne. Première scène du film : il se rend chez une prostituée. A l'évidence ce personnage est obsédé par le sexe et les femmes. Il nous est permis de constater par la suite que non seulement c'est un alcoolique, mais qu'il se comporte, de plus, bestialement vis-à-vis de la femme. Il revient plusieurs fois chez cette prostituée. Pour en définitive l'acheter (3000 euros par mois !) et l'installer à demeure chez lui, dans le seul souci de satisfaire ses exigences sexuelles ! Peu de temps après, sous l'emprise de l'alcool, il lui délivre une claque mortelle ! (Hein qu'ils sont forts les turcs !) ...

 

Le deuxième est cette prostituée. Qui est-elle ? Une turque divorcée (ou veuve, je ne me souviens plus), qui par ce qu'il n'y avait pas de travail pour elle en Turquie s'était trouvé dans l'obligation de venir se prostituer à Hambourg en Allemagne afin de subvenir aux besoins de sa fille étudiante à Istanbul. Fille dont elle n'avait plus de nouvelles depuis plusieurs mois.

 

Troisième personnage, la fille de la prostituée. Elle n'est plus étudiante. Mais, terroriste, intégriste et homosexuelle ! Elle fait partie d'un groupe de terroristes turcs qui luttent contre ... l'entrée de la Turquie dans la Communauté Européenne ! Pour, à l'avant dernière scène du film, abandonner la lutte, se réconcilier et cohabiter avec une allemande âgée que le scénario laisse sous entendre qu'elle se substituera en sa  « nouvelle mère » !

 

Quatrième personnage, le fils du vieux turc « alcoolique et obsédé sexuel », professeur à l'Université de Hambourg. Son père, fièrement, le définira d'entrée de la façon suivante : « Je l'ai élevé comme une fille ».  Effectivement il se montre effacé, soumis à son père, quasi inexistant et sans grande envergure. Au décès de la prostituée, il prendra ses distances d'avec son père. Pour, dernière scène du film, attendre son retour.

 

D'autres clichés parsèment ce film. Tels des groupes d'enfants qui mendient et sollicitent les passants. Sans oublier ces deux jeunes turcs qui menacent de mort la prostituée si elle continue à se prostituer. Raison qui la conduisit à accepter l'offre « d'achat » du vieux turc.

 

Tel est le film qui reçut en 2007 les honneurs de Cannes : prix du scénario et prix ... œcuménique.

 

Edifiant. Consternant. Criminel

 

Je ne vais pas me livrer ici à répertorier l'ensemble des clichés, traductions et interprétations évidentes que ce film véhicule. Je me bornerais seulement à dire que non seulement ce film est une insulte au peuple turc et à ce pays mais plus encore est un crime d'éthique et de morale contre l'humanité et que tous ceux qui ont financé, participé, cautionné et soutenu ce film sont d'authentiques criminels qui par mensonges délibérés incitent au racisme, à la haine entre peuples et aux déchaînements de violences. Tous ces gens devraient aujourd'hui se trouver en prison. Ce n'est pas cela la liberté d'expression.


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Nous vécûmes près d'une année en Turquie. Six mois de navigation à longer ses côtes que complétèrent les mois d'hiver passés dans la marina de Finike, ville de dix mille habitants du sud de la Turquie.

 

Entre Istanbul et Finike notre voyage fut parsemé de nombreuses escales ou haltes en terres turques. Certes, nous ne pûmes visiter toutes les contrées de ce grand pays. Nous visitâmes, en février de cette année, sous une neige abondante la Cappadoce et parcourûmes ainsi plus de cinq cent kilomètres en autobus à l'intérieur des terres.

 

Ce faisant, en une année, il nous fut permis de côtoyer nombre de turcs de tous âges, de tous milieux, en de multiples lieux et vécûmes six mois au milieu d'eux, intégrés à leur vie de tous les jours. Nous apprîmes quelques rudiments de leur langue. Ce n'est pas rien ! Simplement suffisant pour disposer d'une perception fidèle sur ce peuple et ce pays. 

 

Les turcs ne différent en rien de tous les autres peuples que nous rencontrâmes avant eux, si ce n'est qu'il porte sur lui ses spécificités propres issues de leurs terres et de leur histoire.

 

Après la Tunisie, la Libye et la Grèce, nous serons une nouvelle fois surpris par la simplicité, la gentillesse, le calme, l'absence de toute méchanceté, agressivité ou de rejet de tous ceux que nous rencontrâmes. Cela est d'autant plus remarquable pour nous français que ce comportement a totalement disparu de notre paysage. Etrangement, tout au long de ces trois années de voyage, aux milieu de ces différents peuples je vais retrouver les sensations qui furent les miennes lorsque adolescent j'évoluais dans l'environnement de vie externe qui était alors le mien. Simplement bienveillant.

 

En règle générale les turcs sont d'un naturel prudent. Plusieurs jours leur sont nécessaires pour sortir de leur réserve. Situation aggravée par le fait que nous ne parlions pas couramment leur langue et qu'ils sont peu nombreux à posséder quelques rudiments d'anglais. Chacun prit alors le temps de nous observer, de nous ressentir et de s'imprégner de ce qui se dégageait de nous. De notre côté nous procédâmes de même, à l'écoute de nos sens déployés. Une fois rassuré alors nos hôtes se libérèrent, redevinrent eux-mêmes et nous intégrèrent  à leur cadre de vie habituel.

 

La plus extraordinaire découverte pour moi au cours de ce voyage fut justement cette prise de conscience du langage muet de mes sens. Et, d'entre eux, le plus étonnant, celui du regard. D'une précision et d'une sensibilité infinies. Tout est dans les yeux. Tout est dans le regard. Nul besoin de mots. Le regard. L'œil, A.D.N de notre âme ?

 

Cela m'interpella aussi. Pourquoi nous pays dits développés, riches et à la pointe du progrès, ne cessons de prétendre être les seuls dépositaires des valeurs universelles ? Pourquoi et d'où nous vient cette prétention à l'exemplarité et à s'imaginer que nous sommes les seuls aptes et dignes à montrer le chemin au reste du Monde ? C'est folie et faux !

 

Ce voyage fut justement l'occasion pour moi de constater de visu que tous les peuples sans exception portent en eux les valeurs universelles. Je fis un autre constat pour le moins étonnant qui interpelle bigrement, cette « transcendance » est immensément plus développée et présente chez les peuples pauvres que dans nos pays occidentaux riches !

 

 Je me suis ressourcé auprès de ces femmes et de ces hommes. Il était temps, ma foi en l'homme vacillait dangereusement.

 

Seule une minorité de turcs, des grandes villes ou des villes hyper touristiques, présentent des comportements identiques à ceux que nous connaissions en France avant notre départ. Là aussi et en ce domaine, il nous fut permis de constater de visu les méfaits du tourisme de masse. Ce n'est pas le tourisme en tant que tel qui est en cause, mais l'argent et sa compagne la cupidité qui détruisent tout. Non seulement il aggrave la pollution des terres et des eaux mais il corrompt gravement l'esprit des locaux. Le tourisme est devenue une redoutable arme de destruction, d'uniformisation, dénaturant puissamment cultures, folklore et spécificités locales, régionales et nationales.

 

Partout où il sévit, le tourisme détruit l'âme des peuples. Dans peu de temps cultures et peuples ne survivront que dans des centres de tourismes spécialement créés à cet effet. Sorte de zoo, d'espèces quasi disparues.

 

Nouveau filon. Nouvelle ruée. Nouveaux massacres. Autres disparitions.

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Le mois dernier nous eûmes l'occasion de passer une semaine dans le pays basque français. A Saint Jean de Luz précisément. Cela faisait plusieurs années que je ne m'étais pas rendu dans cette contrée. Méconnaissable ! Saccagée ! Disparue l'âme basque. Que dis-je, désintégrée.

 

Basques, est-ce là le résultat de vos luttes ? Sont-ce là vos victoires ?

 

Je ne suis pas d'origine basque, mais j'aimais vos villes, vos paysages, le cadre grandiose et merveilleux de beautés où terre et mer unissaient leurs forces sauvages et pures. La nature exaltait de mille beautés. Paradis des yeux et du bien être. Exit. Fini. Paysages et bords de mer sont massacrés. A la tronçonneuse. A la bétonneuse. Véritable décharge publique des maladies mentales des hommes. De sauvage te voici sordide.

 

J'aimai votre fierté. Ami basque, c'était donc cela ta fierté, c'était donc ça l'amour de ton terroir ? Croyais-tu que le fait de pouvoir t'exprimer dans ta  langue 15 mn par jour sur la chaîne régionale et d'y montrer quelques uns de vos groupes folkloriques sauverait votre identité ? Que diras-tu plus tard à tes enfants et petits enfants ? De danser ? Par ce que - toi - tu as trop chanté ?

 

Pleure de toutes les larmes de ton corps, ami basque. Tu as tué ton identité.

 

Seul le terroir fait l'identité. De lui, émergent les hommes qui tels des ceps de vigne extraient leurs langues, coutumes, folklores, chants et danses. Il a fait de vous ce que vous étiez. Lui seul.

 

Tu l'as vendu. Tu n'es plus. Adieu l'ami basque.

 

Ce long détour en terres françaises n'est pas innocent. Il complète d'une certaine manière un constat général sur ce thème, un exemple parmi mille, et se veut surtout une sorte de mise en garde adressée au peuple turc, puisque cet article leur est consacré.

 

Amis turcs (j'y associe mes amis grecs,) voilà le sort qui vous attend si vous n'êtes pas intransigeants envers vous-même et votre identité.

 

Comme jadis les basques de mon pays le furent, vous êtes fiers de vous, de vos terroirs, de votre pays, de votre culture et coutumes ancestrales. Mêmes très pauvres, vous conservez cette belle et superbe dignité du respect de vous-mêmes. Vous êtes viscéralement attachés à vos terres et à votre identité. Votre fierté est belle.

 

N'oubliez jamais que c'est l'unique vraie richesse de l'homme. 

 

Les autres « richesses », ces multiples « miroirs aux alouettes », qui brillent de mille feux, attirent, tentent, font envie et sûrement rêver, consumeront votre âme.

 

Comme vous, je n'ai point de ces « richesses ». Comme vous je suis nu.

 

Avez-vous imaginé un instant ce que serait être nu et sans âme ?

 

Viens dans mon pays, viens voir, viens constater la réalité qui te fait tant rêver ou  fantasmer. 

 

Ulysse sillonna vos mers et vos terres. Dans sa longue errance il sut résister aux chants des sirènes.

 

Vois-tu, je n'ai pas eu la chance de naître en un terroir aussi prolixe en de telles richesses que le pays Basque par exemple. Pourtant, cela ne m'a jamais gêné d'avoir des voisins mieux lotis. J'admirais et j'enviais nos bretons, nos corses ou nos basques. Pour rien au monde j'aurais voulu qu'ils perdent leurs spécificités. Bien au contraire. J'étais fier d'eux, j'étais fier pour eux, j'étais fier avec eux. Je partageais leurs fiertés.

 

Aujourd'hui, la majorité des grandes villes du monde occidentalisé ont perdu leurs « âmes ». Elles se ressemblent toutes. Mêmes magasins, mêmes enseignes, mêmes décors, mêmes présentations, mêmes produits ... mêmes prix ! Mêmes agencements de villes, mêmes panneaux publicitaires, même débauche de néons, ... faisant en sorte que notre regard en ville ne sait plus dans quel pays il est ! Rien ne permet de distinguer aujourd'hui Bordeaux, Toulouse, Lyon, Athènes, Tunis, Kusadasi et Antalya par exemple. La « mondialisation » fait table rase, rase tout. Uniformise. Banalise. Plus de goûts ni saveurs. Seulement la nausée d'un unique plat indigeste, immense étalage de nos excréments et vomis d'argent.

 

Sillonnant vos mers et vos terres je ne cessa pas de vous observer. De scruter vos visages, vos morphologies, vos attitudes.  Vous observant je devinais les méandres de votre longue histoire, je percevais la multiplicité des tribus ou peuples ancestraux dont vous êtes issus. Je vis en vous ce fantastique fondu enchaîné qui vous fait passer du monde occidental au monde oriental. Je me plongeais alors avec avidité dans l'apprentissage de votre longue histoire. Elle me paraîtra plus aisée à comprendre. Je ne retiendrais aucun de vos noms, trop nombreux et difficiles à prononcer ou à retenir. Cela n'avait pas d'importance puisque je pouvais maintenant les identifier en chacun de vous.

Le monde occidental ou « occidentalisé » (je ne sais comment le définir) et mon pays la France, donnent de vous peuple turc des clichés totalement erronés. Je témoigne de cette monstrueuse manipulation et malversation. Monstrueux mensonges. Véritables insultes à vous et à votre pays. Sachez ne pas y répondre. Apprenez à discerner l'origine de cette lamentable agression. Apprenez à en comprendre la raison principale qui l'anime. Peuple turc, fait bloc. Qu'elle que soit la raison, ne te laisse pas diviser. Résistez tous ensemble. C'est cela, ou vous disparaîtrez à jamais.

 

les turcs

et

la Turquie

 

 Mustapha Kemal Atatürk

 

 « Nous n'héritons pas seulement du pays et de l'Etat;

les idées de liberté et d'indépendance font aussi partie de l'héritage de nos ancêtres. »

- Çiçi Yabgu -

 

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Avertissement :

Comme cela fut le cas pour nombre des articles de ce Carnet de Voyage, les textes qui suivent ont été écrits en s'accordant un temps de recul par rapport aux vécus. 

C'est donc, exceptionnellement, en terres françaises, qu'ils sont écrits. 

Ce faisant, ils bénéficient d'enrichissements complémentaires non anticipés, issus de notre séjour en France.

 

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Autant les grecs et la Grèce nous semblaient familiers et proches par leur culture qui façonna notre civilisation occidentale, autant nous ressentions les turcs et la Turquie comme lointains et étrangers.

 

A vrai dire nous ne connaissions que peu de choses les concernant.  Nous fûmes ainsi placés dans l'obligation d'approfondir la connaissance que nous avions de ce peuple et de son pays.  A commencer par leur histoire.

 

Une fois encore nous fûmes interpellés par les déphasages que nous constatâmes entre ce que nous vîmes et vécûmes ici en Turquie et les informations concernant ce pays diffusées par les médias français depuis de nombreuses années. De retour en France nous serons scandalisés par les mensonges, truquages et malversations auxquels se livre l'ensemble des médias français dès lors qu'il est question de la Turquie et des turcs.

 

L'omniprésence de Mustafa Kemal Atatürk dans la vie quotidienne des turcs constitua pour nous une autre source d'interrogations.

 

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 une brève histoire du peuple turc

 

Si l'on se limitait à la stricte définition, les Turcs ne seraient que les habitants de la Turquie actuelle. Ce faisant nous occulterions tous ceux qui, au cours des temps, véhiculèrent la langue turque, à savoir le « peuple turc ».

 

Les ancêtres des turcs étaient blancs et vivaient il y a environ quatre mille ans en Asie Centrale en Dzoungarie (région septentrionale du Turkestan Oriental). Peuple de chasseurs et de guerriers, ils étaient parvenus à l'âge des métaux, fabriquaient des couteaux et autres outils en cuivre. Ils avaient domestiqué le boeuf, le chameau, le renne et le yack.

 

Nomades, ils parcouraient le bassin qui s'étend des monts Tangri aux monts Altaï. 

 

L'appellation Turc (Türk) apparaît pour la première fois il y a environ 3 300 ans dans les chroniques chinoises.

 

Poussés par l'accroissement de leur population et le désir de conquêtes, les turcs sortirent de leur habitat altaïque. Comme à cette époque ils étaient le peuple le plus expert à manier et à harnacher le cheval et qu'ils possédaient de plus des armes de fer efficaces, ils purent réaliser leur ambition. Les peuples sédentaires et agricoles tels que les Chinois et les Iraniens n'étaient guère en mesure de s'opposer efficacement à ces cavaliers nomades du Nord, à savoir les Turcs, Mongols et Mandchous qu'ils traînaient à leur suite.

 

De ces peuplades qui chevauchèrent l'immensité des territoires entre Pacifique et Méditerranée ... à ceux qui franchirent la Grande Muraille de Chine et dont certains devinrent Empereurs de Chine ... aux Ottomans qui firent de leur empire la première puissance du monde ... en passant par les Grands Moghols qui créèrent l'Empire des Indes ... tous étaient ... des turcs.

 

La Chine du Nord fut l'un des premiers pays qu'ils envahirent. La troisième dynastie impériale chinoise était d'origine turque. Cette dynastie régna sur la Chine durant 855 années, de -1111 à -256 . Toutefois ces empereurs adoptèrent le chinois et furent ... absorbées par la civilisation chinoise.

 

Les épopées turques conservent les traces de leurs conquêtes. Celle d'Ergenekon révèle leur ambition de réaliser des conquêtes et ... de dominer le monde.

 

L'originalité de leur histoire tient à leur dynamique d'expansion géographique. Leurs conquêtes s'accompagnèrent par le déplacement de populations qui restèrent sur place. Partis des steppes entre Chine et Sibérie, les Turcs vont progressivement se déployer, entre le VIIe et le XIVe siècle dans plusieurs directions:

 

- vers le nord (Sibérie);

 

- vers l'ouest (pourtour de la Mer Noire, steppe kazakh): Bulgares, Kazars, Petchenègues et Kiptchaks;

 

- vers le sud-ouest. Où les Turcs se rendirent maîtres de l'Asie centrale au XIe- siècle, puis de l'Iran et de l'Anatolie orientale au XIIe siècle, avant d'investir l'Anatolie centrale et occidentale au XIIIe siècle, sous le poids de la déferlante mongole. C'est dans cet Occident turc que naquirent au début du XVIe siècle les dynasties ottomanes, fondatrices de l'Iran moderne.

 

Les turcs constituèrent durant tout le haut Moyen Age une précieuse réserve d'esclaves pour le monde arabe. Les "mamelouks", remarquables guerriers et administrateurs, s'immiscèrent dans les rouages du pouvoir dès la fin du IXe siècle, pour donner naissance à des dynasties qui contrôlèrent la Syrie, la façade levantine et l'Egypte (deuxième moitié du XIIe siècle et l'Egypte mamelouk entre le milieu du XIIIe siècle et 1515) .

 

Au début du XVIe siècle, le peuplement turc se stabilisa. A l'est, les Ouzbeks contrôlèrent la majeure partie de l'Asie centrale, les Séfévides dominèrent le plateau iranien et s'iranisèrent rapidement. Au centre et à l'ouest, de la Tunisie à l'Irak et de la Hongrie au Yémen s'étendit l'empire ottoman.

 

Un des traits de l'âme turque, typique des peuples nomades, fut sa capacité à épouser et à assimiler culture et traditions des peuples. Dans tout le Moyen Orient conquis, les Turcs, se convertirent à l'Islam, puis adoptèrent le Persan comme langue écrite. Elle resta la langue des lettrés, malgré la turquisation de l'administration et de l'armée amorcée par les Karamanides en Cilicie et poursuivie par les Ottomans dans toute l'Anatolie. Au Proche Orient, la première place fut, de même, laissée à la langue arabe.

 

Il en sera de même sur le plan religieux pour des raisons autant politiques que culturelles. Les Turcs se laissèrent séduire par le Bouddhisme, le Nestorianisme, le Christianisme et le Mazdéisme. Leur vie religieuse resta toutefois empreinte de traits hérités du chamanisme de leurs  ancêtres nomades.

 

Revers de la médaille, cette perméabilité des Turcs aux influences extérieures empêcha l'émergence d'un sentiment national "panturc" dans l'empire ottoman et fragilisa les populations turcophones de Sibérie face aux russes.

 

Ce peuple a pour héros Attila ... Soliman le Magnifique ... Atatürk.

  

Tant que le ciel ne s'effondrera pas, que la terre ne se trouera pas,

qui, Nation Turque, peut troubler ton pays, tes traditions ?

Nation Turque, reviens à toi!

Pour toi, afin d'empêcher que ton nom et ta réputation ne disparussent,

je n'ai ni dormi la nuit ni me suis assis le jour.

J'ai peine à en mourir. J'ai tant lutté et n'ai pas dispersé le peuple uni".

Bilge Kağan (inscriptions göktürk)

 

 

Octobre 2008

Carole

 

 

Carole et son grillon - avril 2004 - Saint Pierre de Gaubert (47)

 

Ce « Carnet de Voyage » serait incomplet et d'une certaine manière particulièrement injuste si nous ne consacrions pas un article à notre fille Carole.


Simplement par ce qu'elle prit une place inimaginable dans notre périple. Plus encore, à sa façon, s'imposa tout naturellement comme la mascotte de « Leptine », personnalité singulièrement attachante et incontournable. Auprès d'elle nous vécûmes, nous ses parents, une expérience peu banale. Quant à elle, une bien belle aventure, entourée de ses parents.


Nous ne nous serions pas engagés dans ce projet de trois années sans la certitude de lui apporter une scolarité de qualité. Cette obligation constitua notre contrainte principale. Très tôt nous comprîmes que notre périple sera conditionné par sa scolarité, beaucoup plus que ce que nous avions pu l'imaginer au départ et dûmes le réajuster aux réalités scolaires et à son incroyable avidité d'apprendre.

Ce ne sont pas seulement ces trois années de Carole que je vais vous conter. C'est aussi, en parallèle, la merveilleuse aventure que je vis auprès d'elle depuis sa naissance. Cela demande quelques explications préalables.


Carole est le quatrième et dernier de mes enfants. Deux frères et une sœur plus âgés qu'elle issus d'un premier mariage la devanceront. Sa sœur aînée aujourd'hui âgée de 38 anset ses deux frères de 35 ans et de 28 ans. Avec les deux aînés, j'ai, malheureusement des rapports difficiles et douloureux. La raison en est fort simple. Leur propre mère leur a transmis dès leur naissance ce qu'elle portait en elle, à savoir le rejet et la haine du père. Elle tenait cette épouvantable et catastrophique éducation de sa mère qui elle aussi haïssait et rejetait son mari. Mon « ex » transmettra de telles dispositions à nos deux premiers enfants. Plusieurs années me seront nécessaires pour comprendre. Trop tard, alors âgés de 10 et 7 ans le mal était fait, ils étaient définitivement imprégnés. Seulement âgé de quelques mois, le dernier échappera à cet épouvantable formatage. Il en résultera que je serais privé notamment de cette relation unique qui s'instaure entre père et fille.
 

Aussi, quand Carole vint au monde ce fut un grand moment. D'autant plus qu'à 52 ans j'avais engrangé nombre d'enseignements de la vie, j'étais moins stressé et plus disponible qu'au début de ma première vie familiale.


Ainsi, dès ses premiers jours je pris conscience d'une évidence ! Carole a sa propre personnalité ! Cette notion ne m'avait nullement effleurée auparavant. Notamment pour mes trois premiers enfants. J'attribuai cela à l'âge. Sûrement. Plus de maturité. Plus d'écoute. De cette écoute que l'on n'a pas lorsqu'on est justement en période d'écoute de soi ! Sa personnalité me « sautera aux yeux ». Avec cette conscience nouvelle elle aussi d'éviter d'aller contre, de ne pas la contrarier, seulement diriger en douceur les éventuelles dérives qui ne manqueront pas de se manifester. Carole se montrait vive et éveillée. Deux yeux grands ouverts.  Deux billes brillantes. En permanence.

Satisfaite par peu de sommeil le jour comme la nuit, je fis en sorte que son horizon ne se limite pas au plafond de sa chambre.


J'observais de plus qu'un enfant était à l'image d'un « disque dur » vierge d'un ordinateur. Il ne demandait qu'une chose, emmagasiner des données. Carole était en constante demande, que nous devions satisfaire. Alors, son petit postérieur bien calé sur mon avant bras gauche placé à l'horizontale contre moi, son buste maintenu contre ma poitrine par ma main droite, nous passâmes de nombreuses heures, journées et semaines à découvrir la maison, le parc, le potager, le vergers et la campagne immédiate. Nous employâmes exclusivement le langage d'adulte. A aucun moment elle n'entendit un quelconque langage « petit bébé ». 


Carole à Tripoli - Lybie

Carole se passionnait. Ses petits bras ne manquaient jamais de s'agiter face à une nouveauté qu'elle semblait apprécier. Puis fit connaissance du porte bébé placé dans mon dos pour de longues promenades dans la campagne, ensuite du porte bébé pour bicyclette présentant la particularité de placer l'enfant entre le guidon et la selle. L'enfant disposait ainsi d'une vision totale, somme toute plus intéressante que celle du dos et postérieur de son père s'il avait été placé à l'arrière. Les berges du canal latéral à la Garonne n'eurent plus de secrets pour elle et entreprîmes de vastes randonnées dans un rayon de 15 kilomètres. Les journées d'été s'écoulèrent ainsi. De découverte en découverte. Pour sa troisième année et à sa demande nous fîmes l'acquisition d'un canoë trois places. Suivirent de nombreuses balades sur le canal latéral à la Garonne. Nous traversâmes la ville d'Agen, empruntâmes le pont canal ... Bref toujours en mouvement.

 

 

Carole - 4 ans - Saint Pierre de Gaubert (47)

Ne possédant pas de poste de télévision, Carole nous verra souvent plongés dans nos lectures. Ses livres d'images ne lui suffirent plus. Elle réclama à apprendre à lire. Christine s'en chargea. Ses progrès furent stupéfiants. Puis voulut de vrais livres avec textes. Qu'elle choisit elle-même dans la seule librairie d'Agen et retira de notre bibliothèque plusieurs de nos livres ... pour les remplacer par les siens.  Nous avions nos marques! Elle prit les siennes ! Parfois sans retenue. Jouets et jeux envahirent la maison. Nous rectifiions. Souvent. Jusque dans le bateau ! Là c'est plus gênant. L'espace est moindre. Aujourd'hui subsiste encore cette fâcheuse habitude. Combat de tous les jours ! Que de mini combats !

Son frère Guillaume la vit naître et fut sa première idole. Elle éprouve pour lui de forts sentiments, toujours présents. Lorsqu'il vint nous voir de Los Angeles à Finike, nous ne lui annonçâmes sa venue que quelques jours auparavant. Par ce que toute son attention aurait été polarisée et qu'elle aurait consacré son temps à construire une montagne de scénarios sur ce qu'ils allaient pouvoir faire ensemble. Pas une seule heure ne se serait écoulée sans qu'elle en fasse mention et ce jusqu'à son arrivée ! Guillaume là, nous n'existons plus !

 

 

Carole et Guillaume à Göreme - Cappadoce - Février 2008

 

Guillaume tient une grande place dans son cœur. C'est son « grand frère ». Elle l'admire. Il sait se montrer affectueux et patient. Curieusement elle ne montra aucune jalousie lorsqu'il nous présenta sa fiancée. A dire vrai, il aurait été plus légitime que ce soit cette dernière qui manifeste quelques signes de jalousies voire d'impatience à l'encontre de Carole vu ses tendances à l'envahissement. Elle n'hésitait pas, au petit matin, à entrer dans leur chambre et à se glisser entre eux !

 

Par deux fois elle aura l'occasion de rencontrer sa grande sœur . C'est peu. Pourtant elle manifesta une vive admiration pour elle et de la peine à ne pas la voir plus souvent. Longtemps elle nous parla d'elle, puis se fit une raison.

Quant à son frère aîné elle le rencontra plus souvent. Il se montra d'humeurs variables, parfois maladroit vis à vis d'elle, tantôt gentil, tantôt tyrannique. Toutes ces absences lui furent pesantes et ce d'autant plus que nous ne pouvions pas lui donner les raisons. Trop petite pour comprendre.


Elle marcha à neuf mois et s'accorda un peu plus de temps pour parler. Et lorsqu'elle le fit, nous étonna. Imaginez un « petit bout de chou » parlant comme un adulte, des phrases parfaitement construites faisant appel à un vocabulaire particulièrement riche mais oh combien surprenant dans la bouche d'un enfant. Dès lors nous fûmes assaillis de questions et interrogations. Mille questions par jour. Auxquelles nous devions apporter des réponses. Digne d'un authentique interrogatoire qui ne prenait fin que lorsqu'elle semblait se satisfaire de la réponse que nous lui apportions. Comment expliquer à un enfant de 3 ans ce qu'est l'électricité ? Et pourquoi les étoiles ne tombent pas ? ... Les livres pour enfants et adolescents nous aidèrent. Elle en possèda un grand nombre. Sa cabine fourmillait de livres, toujours en désordre ... elle passa  des heures plongées dans ses livres.


Elle réclama l'école. Alors que la majorité des enfants manifestaient leurs peurs ou craintes par de bruyantes crises de larmes en ce premier jour de rentrée, Carole, peu impressionnée, déterminée et heureuse de rejoindre enfin l'école quitta sa mère sans se retourner et sans pleur. La mère était malheureuse, pas la fille ! Un monde à l'envers.

 

Carole - « l'école à la maison » - année 2005

Puis vint la grande section de l'école maternelle. Où nous fûmes confrontés au problème posé par le fait que Carole soit née en début d'année. Il prit alors une toute autre dimension que celle observée tout au long des deux premières années de maternelle. De fait plus âgée de presque une année que ses camarades de classe, Carole se révéla plus mure, plus rapide qu'eux. Elle n'avait aucune difficulté de compréhension et d'assimilation. Ce faisant, s'ennuyait, s'agitait et distrayait ses voisins de classe. Ce qui, très vite, ne manqua pas de poser de sérieux problèmes que son institutrice ne sut résoudre de manière simple et intelligente. Il aurait tout simplement suffit qu'elle lui apporta un complément de travail à faire, bref qu'elle l'occupa. Ce ne fut pas le cas. Elle subira alors des brimades stupides, qu'elle ne comprit pas bien évidemment et qu'elle nous relata dans le détail quelques mois plus tard.


En trois mois de « grande section » nous vîmes notre fille se décomposer. Elle devint sombre, se replia sur elle-même, parla de moins en moins et perdit sa spontanéité, sa vivacité, sa gentillesse et sa merveilleuse joie de vivre. Nous en fîmes part au corps enseignant, en pure perte. Forts contrariés et mécontents nous retirâmes Carole de l'école et fîmes appels aux services de cours privés par correspondance. Christine assuma sa scolarité. A cette occasion, je découvris que j'étais incapable d'assumer un tel travail simplement par ce que je ne disposais pas de la patience qui sied. Pour me consoler, ou plus prosaïquement pour me dédouaner, je n'hésita pas un instant à penser que seule une mère était en mesure de faire montre d'une telle patience !


Carole - 4 ans - Saint Pierre de Gaubert (47)

 

En peu de temps nous retrouvâmes notre Carole. Passionnée par son  apprentissage. Elle se transforma en « maîtresse d'école » ! Prépara à mon intention de nombreux « cours » et « exercices » à réaliser ! Auxquels je devais impérativement me plier.  Cette « manie » ne l'a jamais quitté. Hier encore, elle apporta à chacun de nous deux une copie qu'elle avait soigneusement remplie d'énoncés de problèmes de mathématique que nous devions résoudre, copiant en cela le mode opératoire des devoirs du CNED. Elle nota nos copies !


Sa mère devint pour elle plus qu'une mère. Autre chose, de plus grandiose. Celle qui (lui) apporte le savoir. Je me souviendrai toujours de son regard porté sur sa mère quand celle-ci lui faisait classe. C'était magique. Il y avait à la fois de l'admiration, du respect, de l'étonnement et du contentement. Son regard s'était enrichi.  Sa mère était devenue « sa maîtresse ». Et l'on sait combien pour un enfant, le « maître » ou la maîtresse » est important, quasi intouchable. « Le maître a dit » : tout est dit !


Habituellement dans un couple la mère est toujours plus bienveillante envers les enfants, laissant ainsi au père le rôle ingrat du gardien des « lois ». Les mères n'osent pas gronder, sanctionner ou se fâcher. Certes elles palabrent. Trop. Tellement, qu'elles ne sont plus entendues par leur progéniture et perdent de leur crédibilité en terme d'obéissance. Ce faisant, font appel au père pour faire obéir l'enfant. La difficulté, nouvelle pour Christine, fut justement de parvenir à imposer une discipline scolaire à Carole tout en conservant cette douce faiblesse maternelle. Elle se fit violence et y parvint.  Quant à Carole, à qui rien n'échappe, elle mit peu de temps à comprendre l'affreux dilemme qui agitait sa mère et sut en abuser. Au point qu'elle parvint maintes fois l'exploit de « rendre sa mère chèvre ». Jusqu'au jour où Christine finit par comprendre. Enfin.

 

 Carole - année 2004 - Saint Pierre de Gaubert (47)

 

C'est ainsi que, périodiquement, je trouverais Christine complètement démoralisée. Carole ne savait plus faire les opérations simples, ne savait plus conjuguer les verbes, faisaient des fautes d'accord, ..., alors que jusqu'à présent tout était parfait. « J'ai dû reprendre les bases et recommencer presque à zéro » me disait-elle. Ceci, comme les autres « péripéties » de cet acabit, me parurent étonnantes, bizarres et peu logiques. Jusqu'au moment où nous comprîmes que Carole usait de cet artifice de simulation afin de satisfaire son nouveau jeu qui consistait à faire monter la pression chez sa mère (la faire râler, comme elle disait !), mais surtout avait trouvée là  le moyen de disposer d'encore plus de temps pour vaquer à ce qu'elle avait envie de faire, puisque sa mère après reprise des leçons supposées non acquises lui donnait alors des exercices à faire, qu'elle savait bien entendu traiter sans difficulté en un temps recors. Sa mère, alors rassurée, se montrait généreuse et lui accordait ... quartier libre !

Inutile de faire un dessin ! Carole, futée, usa sans vergogne d'un tel stratagème !

Nous assistâmes, Christine et moi-même, à toutes ses phases d'évolutions et comportementales. Jour près jour, nous la vîmes se transformer, évoluer. Et dûmes nous adapter. Parfois nous ne sûmes pas comment nous y prendre. Finalement nous nous résolûmes au raisonnement d'adulte qu'elle était totalement apte à comprendre. Et la placèrent face à ses réalités et responsabilités. En fait, son seul souci était de faire que ce qu'elle avait envie de faire au moment où elle avait décidé de le faire. C'est le seul problème que nous eûmes avec elle ! Toujours existant, mais décroissant.

Autrement, Carole est une enfant merveilleuse, gentille, affectueuse et fort attachante. Même très affectueuse. Sans trace d'une quelconque méchanceté ou agressivité. Il est vrai aussi qu'elle reçut de notre part beaucoup de tendresses, de câlins  et d'attentions. Réciproquement elle n'a de cesse de nous montrer son affection par un tas de petits gestes, signes ou manifestations parfois envahissants !

 

 

Puis vint l'âge où Carole deviendra « amoureuse » de son père. Curieusement elle ne se montra jamais « jalouse » de sa mère, mais aurait bien voulu que sa mère, elle , soit jalouse d'elle et tenta ce qui lui était possible de faire afin d'y parvenir ! Peine perdue. Je fus agréablement envahi par son « amour » exubérant  et débordant. Chaque jour je recevrais de nombreux « billets doux » de sa part. Elle provoqua sa mère en me prodiguant de nombreux câlins, sans pour autant parvenir à se détacher d'elle puisque cela ne l'empêcha pas durant toute cette période de venir rejoindre Christine dans notre cabine pour faire un gros câlin matinal, le temps que je préparasse le petit déjeuner. Malheur à Christine si un matin elle oubliait ce rite !

 

 

Elle fit preuve d'un fort attachement à ses parents et en même temps d'une  volonté particulièrement marquée d'indépendance. Volontaire en toutes choses. Voire terriblement obstinée ! Quand elle a une idée en tête, rien ni personne n'est en mesure de l'en faire dévier ! Nous fûmes époustouflés et estomaqués par son étonnante capacité à raisonner et à argumenter. Comme celle d'ignorer parfaitement nos argumentations ou propos et maintenir son cap comme si de rien n'était. Nous nous demandâmes « de qui elle tenait » de telles dispositions ! Particulièrement étonnantes de la part d'un enfant de 8 ans.

 

 

Dès seize mois elle fit sa première croisière d'une semaine sur un catamaran de douze mètres que nous louions avec trois autres couples. Suivirent deux autres croisières les années suivantes, sur catamaran et avec d'autres couples d'adultes. Elle découvrit ainsi la Corse et la côte méditerranéenne française. Elle s'adapta parfaitement à la navigation et apprécia particulièrement le confort et la vitesse d'un catamaran au point de rêver d'en posséder un ! Seul enfant parmi les adultes, elle bénéficia de leur part d'un intérêt et d'une attention importants. Elle ne posa aucun problème. Evolua avec naturel et décontraction au milieu de tous. Elle charma son monde. Et devint chaque fois la mascotte du bateau.


Sa faculté « naturelle » à s'exprimer comme un adulte et le fait d'avoir côtoyé plus d'adultes que d'enfants la conduisirent à privilégier le contact avec les adultes. Souvent elle s'ennuyait avec les enfants de son âge et n'appréciait que modérément leurs jeux. Toutefois, elle éprouvait toujours un grand besoin de les retrouver . Elle prenait même un certain plaisir à s'entourer d'enfants plus jeunes qu'elle. Cela lui permettait, pensions nous, de satisfaire son besoin de « pouponner », de jouer le rôle de « maîtresse », mais aussi de satisfaire son besoin d'autorité. A sa façon elle est une sorte de « meneuse ». Les difficultés ne manquèrent pas dès lors qu'elle était en présence d'un enfant de son âge du même type ! Il nous fallut  beaucoup parler avec elle sur ce thème. Elle apprit ainsi à s'adapter aux situations sans pour autant étouffer sa personnalité. Nous lui apprîmes l'écoute, le dialogue et savoir se faire respecter. Dire non et savoir s'occuper à  autre chose. Bref, malgré le peu d'enfants qu'elle rencontra en trois années de navigation, justement par ce qu'ils furent peu nombreux, elle en tira une expérience somme toute fort instructive. En parallèle elle développa de nombreux contacts, tous riches d'enseignements pour elle, avec d'autres adultes parmi les navigants que nous rencontrions.


Le premier d'entre eux, sera « Mr Raoul ». Confiante elle allait souvent voir Line et Alain. Parler ou simplement être avec eux. Il nous faudra veiller à modérer son besoin de les rejoindre dès qu'elle était libre de son temps. Et dûmes  prévenir et l'excuser souvent pour sa formidable capacité naturelle à envahir l'espace.

Il était difficile et délicat pour nous de la limiter et de maîtriser son besoin de contacts avec les autres. Nous ne pouvions compter que sur la saine intelligence de l'adulte. Durant deux années elle apprécia ses rencontres avec Line et Alain. Puis viendra le fatidique moment des problèmes avec « Mr Raoul ». Vis-à-vis de Carole, Alain se montra peu digne et peu respectueux d'un enfant. Il la rejetta brutalement et d'une manière blessante. Nous la vîmes revenir en pleurs, meurtrie et "le coeur gros". Elle se détacha difficilement d'eux. Nous ne pouvions pas lui dire la vérité. Trop jeune pour comprendre les raisons.


Nous hivernâmes dans la marina de FINIKE. Elle fit connaissance de nombreux adultes et trouva une écoute attentive auprès d'un couple de belges Janick et Michel tous deux passionnés par l'aquarelle, l'écriture et le dessin. Elle les envahit ! Et devrons une nouvelle fois l'excuser auprès d'eux. Elle passa des après midi entiers avec eux. Ils lui enseignèrent les premiers rudiments de peinture, comme ils lui communiquèrent le goût pour le « Srapboocking ». Elle ne les quitta quasiment pas durant tous les mois d'hiver. Ses seules infidélités à leur encontre eurent pour origines la présence temporaire de quelques compagnons de jeu et plus continûment d'une chienne « Nina » pour laquelle elle se prit d'affection. Elle découvrit ainsi les propriétaires de cette chienne, Marina et Jordi, qui devinrent sa deuxième compagnie d'adultes. De fil en aiguille elle fit connaissance avec nombre de navigants de la marina. Il y eut Jean-Jacques et Françoise, ... Tant et si bien qu'à son anniversaire tous furent là autour d'elle et lui firent de superbes cadeaux. Ce fut une énorme surprise pour elle. Elle ne s'attendait pas à une telle manifestation de sympathie. Elle en garde un souvenir très ému.

Carole avec Michel "d'Aquarellia" - pour ses 10 ans

Durant ces trois années de voyage elle n'eut pas conscience de vivre une expérience extraordinaire. Cela ne manqua pas de nous étonner jusqu'au moment où nous réalisâmes que quel que soit le mode de vie que nous lui aurions pu lui faire connaître ce dernier aurait toujours été considéré par elle comme la normalité puisque était ce que nous ses parents lui faisions vivre. Il était donc tout à fait normal que cela n'éveille pas son attention. Elle ne prit conscience de l'aspect extraordinaire de son vécu qu'à notre retour, lorsque des jeunes de son âge et des adultes la questionnèrent et lui firent part de leurs envies de vivre une telle aventure.

Au début du voyage elle se montra peu intéressée par les paysages et la mer. Son unique préoccupation était de se baigner, même là où elle n'avait pas pieds. Elle ne savait pas nager et n'était pas pressée d'apprendre. Après quelques mois de dures batailles (!) elle sut nager. Volontaire et inépuisable, elle n'hésitait pas à s'éloigner du bateau et entreprit maintes fois de longs allers et retours sur la plage parfois distante de plus de 300 mètres du bateau. Simplement pour aller jouer sur le sable. Construire des châteaux ou ramasser des coquillages. Elle passa des après midi entiers dans l'eau. Le soir venu, le dîner achevé, terrassée par la fatigue, il nous était alors permis de savourer le plaisir d'une soirée plus calme que d'habitude.


Elle ne se départit jamais de son esprit curieux. A peine avions nous amarré le bateau qu'elle nous pressait à visiter les environs. Bien souvent elle serait partie seule et préconisa à cet effet que nous fassions l'acquisition de petits émetteurs-récepteurs radio (talkie-walkie)! Ce que nous fîmes!

Christine et Carole à Athènes


Elle se passionna pour la mythologie et l'histoire grecques. Ses dieux, comme ses nombreux personnages n'eurent plus de secrets pour elle. Elle lut l'Odyssée. Connut les voyages et mésaventures d'Ulysse et ne manqua pas tout au long de notre périple de tenter de repérer les traces  de ce fabuleux personnage qui semblait la fasciner. La ville de Troie capta son attention. Elle guetta, jumelle en main, son emplacement ou sa trace lorsque nous longeâmes la côte ouest de la Turquie devant nous conduire à l'embouchure du détroit des Dardanelles.

Elle prit rapidement goût aux visites des musées. A chacune de nos escales elle nous signalait son existence (éventuelle) et sa situation dans la ville ! Après l'achat d'une glace, visiter le musée était le deuxième acte le plus important que nous devions accomplir ! Eglises et cathédrales retinrent également son attention. Les premiers temps c'était presque une obsession. Il nous fallait entrer dans toutes les églises qu'elle apercevait. A ce titre, Palerme fut pour nous un calvaire ! Là aussi, nous devions répondre à ses nombreuses questions. Heureusement nous disposions de plusieurs guides touristiques.


Durant la première moitié de notre périple, Carole se montra peu intéressée par la mer et la navigation. Elle occupait les périodes de navigation à dormir puis à jouer. Elle paraissait peu sensible aux différents états de la mer. Seule sa patience était mise à rude épreuve. Elle avait beaucoup de difficultés à supporter de longues navigations. Nous devons reconnaître qu'elle n'a jamais été vraiment embêtante ou insupportable. La difficulté pour nous fut de l'occuper, de meubler son temps. Sans pour autant faire appel aux mêmes activités ou jeux.

Puis vint ce jour où pour la première fois je verrais Carole, en appui sur le rebord bâbord du cockpit, son corps et sa tête corps tournés vers l'extérieur, observer et contempler la mer. Elle resta près d'une heure dans cette position, sans prononcer un mot. Nous entamions notre remontée vers Istanbul et naviguions toutes voiles dehors dans le sud de la Mer Egée avec un vent idéal de force 4/5. Etrangement, la mer était houleuse et fortement croisée. Des creux de 3 à 4 mètres se formaient instantanément de tous côtés. C'était étonnant et impressionnant. Une puissance farouche se dégageait des mouvements désordonnés de la mer. Carole, visage détendu et calme, observait. Nulle crainte en elle. Elle semblait fascinée. Plus encore elle paraissait apprécier et savourer ce fantastique spectacle. A ce moment là je compris que Carole venait d'intégrer en elle l'élément mer. Que cette mer, qui jusque là lui était d'une certaine manière indifférente, s'inscrivait définitivement dans son cadre naturel de vie et, subjuguée ou émerveillée faisait maintenant sa connaissance. La mer quel que soit son état ne posera aucun problème à Carole. Ce jour, me semble-t-il, Carole s'est inscrite sur la longue liste des amoureux de la mer et de la navigation à la voile ! Petit marin deviendra grand !

Père et fille à Malte.

Elle voulut tout faire sur le bateau, le barrer, le rentrer dans le port ou dans une marina, répondre ou envoyer les messages sur la VHF, reporter nos positions sur la carte ou suivre nos déplacements sur l'ordinateur portable, déterminer en fonction de la distance restante à parcourir et de la vitesse du bateau l'heure d'arrivée à l'escale.

Et ... elle le fit ! Elle apprit, parfois toute seule en observant comment je procédais, ou lui enseignais ce qu'elle ne pouvait acquérir seule. Elle se passionna. Toutefois elle n'eut pas accès à la barre. Trop « délicat » encore pour elle. Le bateau est lourd et il lui fallait comprendre d'autres notions qui font que barrer un voilier n'est pas semblable à tenir le volant d'une voiture.  Je crois qu'elle ne va attendre trop longtemps. J'ai l'étrange sentiment que cela se fera très vite lors de notre prochain périple !

Elle m'observa beaucoup « à la manœuvre ». Et bien sûr voulut faire comme moi, ignorante des efforts physiques qu'il faut souvent déployer !

Maintenant il nous est interdit de piloter l'annexe ! C'est elle qui dirige la manoeuvre !

  ...

Carole ? ... Thème inépuisable !  

Ou suis-je intarissable dès qu'il s'agit d'elle ?  

Sacrée Carole !  

Que de joies, bonheurs et plaisirs tu sais réserver à tes parents !


  Carole - Juillet 2008 -Vianne

16 Août 2008

 

... au bout du chemin ...

  

Mois d'août.

 Non, 16 août !

 Quatre mois et demi ,

 en France,

 ultime escale

 de notre voyage.

 

Deux mois d'insomnies.

 Un raz de marée

au port

 nous attendait.

 Où sommes nous ?

 ???

 Une tornade,

vie d'aujourd'hui,

 précédemment quittée.

 

Hébétés.

 « KO » debout.

 

Vivre ...

 repartir,

 rejoindre « Leptine » !

 

 

Septembre 2008

  

... dessine-moi un voyage ...

 

En cette année 2004, lorsque nous fîmes part à nos amis de notre décision de nous engager dans un périple en voilier, nous n'étions pas en mesure d'expliquer les raisons qui guidaient notre choix. Leur réaction, à l'unanimité moins une voix, fut de considérer que nous réalisions notre rêve. Seule une voix surprenante nous assèna un: « C'est une fuite !». J'avoue avoir été choqué par cette réaction. Jamais la moindre pensée de fuir ne nous avait effleurée. La seule chose dont nous étions sûrs était que nous répondions simplement à un besoin « de voir autre chose », « de faire autre chose ».

 Aujourd'hui, cinq mois après notre retour ... nous avons hâte de repartir !

Fuite ? Non !

 

C'est autre chose que nous allons maintenant vous conter.

Notre aventure intérieure dans l'antre du voyage.

Il nous fallut beaucoup de temps pour mettre de l'ordre en nous, comprendre pourquoi à notre arrivée nous ressentîmes cette étrange sensation de subir un raz de marée et la raison du choc que nous subîmes au contact de la société que nous avions quitté trois années auparavant. Ces deux évènements vinrent embrouiller notablement nos esprits. Jour après jour, nous consacrâmes de nombreuses heures à dialoguer et  à rechercher les mots nous permettant d'identifier chacun de nos ressentis.

 Tout, mystérieusement, nous échappait.


Le langage des sens.

C'est précisément cette incapacité à ne pas pouvoir exprimer à l'aide de mots ce que nous ressentions qui guidera notre travail de restitution.

Nous prendrons conscience que le voyage a réveillé en nous une sorte de langage sans mot. Le langage des sens. Celui qu'ils empruntent pour communiquer à l'homme ce qu'ils perçoivent de l'environnement dans lequel ils se trouvent.

Nous fûmes troublés par cette « découverte ». Pour être franc nous nous inquiétâmes de notre équilibre mental. N'étions nous pas tout simplement entrain de délirer ?

Vînt alors à nos esprits l'image des hommes et des femmes qui peuplaient notre planète il y a de cela plus de cent mille ans. A cette époque le langage des mots n'existait pas. Pourtant ces êtres humains intégrés à la nature vivaient en groupes, disposaient de quelques connaissances et communiquaient entre eux. Des affinités ou répulsions s'établissaient. Munis de « capteurs », ils ne disposaient que de leur corps physique pour construire leur relation avec leur environnement. A l'évidence, leurs sens, sûrement particulièrement développés, les guidaient. Sans doute avons nous là le premier langage de l'homme.

A y regarder de plus près, ce langage sans mot est toujours présent en nous. Certes,  considérablement affaiblie. N'avons-nous pas conservé cette faculté naturelle qui nous permet, par exemple, de recevoir et comprendre les arts ? Ce langage serait-il celui de l'intimité ?

Nous décrouvîmes ainsi qu'il n'y a pas seulement le langage des mots qui avait quelque chose à nous dire, mais aussi celui des choses qui parlent à celui qui sait utiliser les organes de ses sens.

Cette «évidence» ainsi formulée va s'intégrer en nous d'une façon extrêmement fluide et naturelle.

Il nous appartenait ensuite de comprendre comment notre voyage avait pu conduire à un tel résultat. Pour ce faire, nous conservâmes la même image de nos ancêtres et nous nous posâmes la question de savoir ce qu'il y avait eu de commun entre eux et notre voyage.

La réponse ne fut pas évidente. Nous dûmes plonger dans la quintessence de nos ressentis intimes afin d'en extraire un que nous partagions et éprouvions tous deux d'une manière fort prégnante.

A savoir, que nos moments de plus grande plénitude et de bien-être, tant physique que mental, furent ceux où nous nous trouvions isolés de tout contact avec la société, que ce soit en pleine mer ou au mouillage dans une crique ou une baie éloignée de toute habitation. Autrement dit, lorsque nous étions entourés exclusivement des éléments simples que sont l'air, l'eau, la terre et le soleil (feu et lumière). Nous nous souviendrons alors qu'au cours de ce voyage nous avions passé l'essentiel de notre de temps dans de telles conditions.

 

Ainsi, sans le savoir, nous avions exposé nos corps et nos sens à un nettoyage. Ou tout au moins, furent soumis à une certaine purification. Débarrassés d'une bonne partie de leurs scories, ils retrouvèrent force et vigueur. Sorte de renaissance qui sûrement les conduisit dans un état proche de ce qu'ils devaient être aux premières heures de l'humanité.

Nos sens revivaient ! Nos sensibilités se décuplèrent et découvrîmes de nouvelles sensibilités. Nous captâmes et engrangeâmes des milliers et des milliers d'informations sans pour autant être en mesure de les décrypter. Il nous faudra attendre notre retour, réaliser tout ce travail « en soi et sur soi », comprendre le  processus auquel nous fûmes soumis, trouver les mots qui vont décrire d'une manière juste et parfaite les ressentis et impressions que nous avions cumulés afin de pouvoir  intégrer définitivement en nous les enseignements de notre voyage.

Autrement dit, nous fûmes conduits à effectuer un travail auquel nous n'étions nullement préparés et pour lequel nous ne disposions d'aucune compétence. Celui d'intégrer intellectuellement la moisson de nos sens, tout ce que notre corps physique avait accumulé. Autant il est facile au cerveau de comprendre un concept, autant il n'est plus, aujourd'hui, en mesure de comprendre les signaux « sensibles » émis par le corps.

A l'évidence, nos corps n'avaient pas su conserver intactes leurs compétences de perception et nos cerveaux quant à eux n'avaient à leur disposition que des décodeurs notablement fatigués, peu aptes à traduire l'ensemble des signes issus de nos sens.

Ce voyage a purifié nos sens comme il nous obligea à redécouvrir le langage sans mot des premiers humains.

Nous ferons un autre constat majeur. A savoir que la capacité d'intégration totale, c'est-à-dire à la fois physique et intellectuelle, n'est effective chez l'homme que si ses sens sont sains. Aujourd'hui, cette intégration n'existe plus. Seule subsiste la part d'assimilation intellectuelle.

Sans doute trouvons nous dans la dévastation de nos sens, le prix à payer au progrès dit civilisateur. La société dans laquelle nous évoluons aujourd'hui semble avoir développé de multiples parasites qui viennent brouiller la perception de nos sens.

 
« L'homme vit une vie non naturelle. Ce qui chez lui était nature s'est perdu et a été défiguré et déformé par la civilisation. De ce fait l'homme n'est jamais au centre de sa nature, mais il est à côté de lui-même comme un autre que celui qu'il a été ou qu'il peut être en réalité » (*).

Je voudrais, ici, illustrer cette pollution de nos sens par un exemple me concernant. Durant notre périple je vais prendre un immense plaisir à écrire les différents articles de ce « Carnet de voyage ». Ce plaisir prenait sa source dans le simple fait de la fluidité de mes pensées et des écrits qui en résultaient. Tout semblait naturellement « couler de source ». Aujourd'hui, en France, j'éprouve de sérieuses difficultés. Je n'ai plus cette fluidité. Je peine. Et dois me faire violence pour écrire tout ce que nous aimerions transmettre. Le cadre a changé. Me voici plongé dans le bain de notre société. Ses parasites sont à l'œuvre, m'agressent. Mon esprit est brouillé. Plénitude et bien être sont aux abonnés absents.


Le « raz de marée ».

Peu de temps après notre départ je vais assister à la naissance en moi de deux sensations particulièrement étonnantes. Pour étayer la première je ferais appel à une image peu poétique mais parfaitement représentative. J'avais le sentiment d'être l'équivalent d'un tractopelle dont la pelle posée sur le sol se remplissait jour après jour. Quant à la seconde, j'ai eu tout au long de ce voyage la tenace impression qu'une vague de fond se formait en moi, qu'elle prenait une ampleur de plus en plus phénoménale au fur et à mesure que les années s'écoulaient et que j'allais être emporté par elle !

C'est justement le « raz de marée » que nous subîmes dès notre retour en France !

 Cette vague de fond n'attendait qu'une chose ... que nous posions pieds à terre pour se libérer ! Elle se libèra, nous emporta, nous maltraita et en même temps dispersa le «trésor» que nous avions accumulé en nous.

 Deux mois et demi d'insomnies !

 Puis débutera notre travail. Récupérer le trésor dispersé.

 Filtrer ... trier ... analyser ... regrouper ... décrypter ... intégrer.

 (*)  Critique de la raison cynique - Peter SLOTERDJIK - Christian Bourgeois Editeur.

 

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