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Le « choc » du retour

Bien qu'en partie prévisible, nous ne nous attendions pas à la brutalité du choc que nous ressentîmes au contact de la société que nous avions quitté trois années auparavant. Il serait trop long et fastidieux de développer ici l'ensemble de ses origines. Une d'entre elles nous interpella plus particulièrement puisqu'elle mit directement en cause notre relation avec les autres, que ce soit nos connaissances, amis ou... membres de nos familles respectives !


A vrai dire, ce fut l'épreuve la plus redoutable que nous eûmes à traiter et à gérer dès notre retour. Elle s'imposa de fait et monopolisa notre attention.

 
Longtemps nous recherchâmes « ce qui se passait en nous ». Sans succès. Cet échec nous conduisit sur une autre voie, somme toute plus logique, de déterminer « ce qui avait été modifié en nous » de nature à faire évoluer notre sensibilité relationnelle.

 
Comme c'est souvent le cas dans une situation d'introspection, nous fûmes soudainement envahis par une clarté fulgurante à l'instant même où nous prononçâmes deux mots: terre et mer. La clé de notre problème coulait alors de source. Dans leur opposition et alternance. Le stable et l'instable. De ce stable pourvoyeur indécent d'instabilités à ces mêmes instabilités génératrices avides de stabilité.


 Ce voyage fut notre première expérience de longue durée d'une vie en mer sur un bateau.

 

Nous étions donc semblables à la grande majorité des terriens, terriblement habitués depuis notre naissance à la terre ferme. Au point d'avoir perdu conscience de sa présence. Nous l'occultions d'autant plus aisément qu'elle ne nous posa pour ainsi dire jamais de problème. Certes elle peut parfois trembler, se montrer violente, mais n'eûmes jamais l'occasion de la connaître ainsi. Nous ne craignons pas qu'elle se dérobe sous nos pas ou qu'elle nous fasse perdre l'équilibre. Nos deux pieds en appuis sur elle suffisent à maintenir notre corps droit. Rien n'est donc plus naturel pour nous que cette tranquille assurance de notre corps.

 

D'ailleurs, cette merveilleuse stabilité naturelle dont dispose l'homme deviendra source de nombreux jeux et la base de l'une de ses activités sportives favorites. Celle qui consiste justement à défier les lois de l'équilibre et à inventer de nouvelles variantes de déséquilibres corporels. Aujourd'hui elle est devenue sport olympique. Est déclaré vainqueur celui ou celle qui partant de sa position naturelle d'équilibre parviendra à la retrouver après avoir engranger avec le plus d'audace, de grâce, d'élégance et de naturel le maximum de figures acrobatiques périlleuses.

 

Dans une telle condition idéale de stabilité, l'homme peut défier la nature, se jouer de sa loi et se livrer à toutes les contorsions physiques qu'il souhaite, puisqu'il n'encourt aucun danger sérieux.

 

Cette faculté spécifique à l'homme de défier une à une les composantes de son cadre de vie et de lui-même se retrouve aussi au sein de sa structure mentale, c'est-à-dire au niveau de son éthique en général et de sa morale en particulier. Il se livrera d'autant plus volontiers et sans vergogne à de telles pratiques que cette gymnastique intérieure n'est pas visible de l'extérieur et qu'elles ne modifient en rien son apparence extérieure, corps droit campé sur ses pieds. Il n'a, de plus, rien à craindre; nul n'est en mesure de percevoir les jeux intérieurs auxquels il s'adonne. Aucun risque et  une apparence sauve.

 


Il en est tout autrement dès lors que l'on vit dans un bateau et que l'on parcourt les mers. 

 

Nul besoin d'un long discours ou d'un dessin pour expliquer et faire comprendre que la mer n'est pas par nature un élément stable. Elle est rarement au repos. Son état naturel est d'être agitée. Souvent violemment.

 

Nul besoin d'un long discours ou d'un dessin pour expliquer et faire comprendre que l'homme qui vit sur son bateau n'a plus de référent stable sur lequel il peut s'appuyer, qu'il est physiquement soumis en permanence aux déséquilibres, avec cette présence bien réelle du plus grave danger pour lui, celui d'y laisser sa vie.

 

Alors la mer va jouer son rôle le plus merveilleux et le plus extraordinaire qui soit auprès de ceux qui ont choisis de vivre avec elle. A toutes ces femmes et ces hommes qui feront de la mer leur habitat, elle va avec application les purifier et les rectifier.

 

Sur mer et en mer, l'homme va découvrir qu'il ne peut compter que sur lui-même. Sa sécurité et sa vie ne dépendent que de lui, de lui seul. Il n'a plus de référent stable. Tout bouge, tout se dérobe sous ses pieds. Et c'est bien par ce qu'il ne peut plus être droit physiquement, bien campé sur ses pieds, qu'il ne peut plus compter sur son équilibre corporel, qu'il va devoir s'appuyer sur son propre équilibre interne. S'impose alors à lui l'obligation d'être droit en lui-même. Il n'a pas le choix. Simplement par ce que c'est sa vie qui est en jeu. Il ne peut plus se mentir à lui-même, tricher avec lui-même, faire semblant, faire croire, simuler, ..., tout cela ne peut subsister en lui.

 

Les jours, les mois et les années qu'ils passeront en mer vont formater ces femmes et ces hommes à cette discipline. Merveilleusement rectifiés, ils vont s'inscrire sans en avoir conscience dans cette nouvelle normalité de vie. Peu leur importe qu'ils ne sachent plus marcher correctement dès qu'ils poseront pieds à terre, que leur démarche soit « chaloupante » au regard des autres, eux se sentent merveilleusement bien dans leur corps et dans leur tête.

 

Voilà ce que la mer nous a apporté et qui constitua la raison du « choc » que nous ressentîmes aux contacts des autres. Ce rendez-vous avec de purs terriens fut pour nous des plus traumatisants. Eux et nous étions en opposition de phase.

 

Nous n'avions plus face à nous « X » ou « Y » mais des êtres déformés par leurs acrobaties internes. Nous ne percevions que cela d'eux. Situation insupportable. Nous étions terriblement mal à l'aise. La cohabitation devenait difficile dans de telles conditions. D'autant plus difficile qu'il nous faudra plus de trois mois pour comprendre ce processus auquel la mer nous avait soumis.

 

On ne revient pas « entier » d'un voyage !

 

Mais de quel « voyage » parlons nous ? Je ne saurais précisément l'identifier. Je sais seulement ce qu'il n'est pas. Il n'est pas ces séjours d'agrément d'une semaine, quinze jours, voire d'un mois que l'on peut entreprendre partout dans le monde. La seule chose que je sais, c'est qu'il est initié par une motivation indicible à laquelle on ne peut résister et pour laquelle on est prêt à faire de considérables sacrifices. Dans ce cas, le voyage, quel que soit le moyen utilisé pour se déplacer, apportera de nombreuses satisfactions et sera source d'enseignements prodigieux que lui seul est en mesure d'apporter. C'est une expérience unique. Qui ne peut être partagée et comprise, malheureusement, que par ceux qui ont vécu une semblable expérience.

 

Repartir 

 

Que devions-nous faire ? Revêtir nos habits anciens ? Mettre à la poubelle nos acquis du voyage ? Impossible !

Nous ne disposons pas d'un tel pouvoir. Ils sont là, gravés en nous, indélébiles.

Pas d'autre issue .Vivre avec nos nouveaux habits. Etre soi. Rien que soi.

Accepter cette nouvelle liberté ainsi acquise.

Au nom de quoi devrions nous la rejeter et assumer le fardeau des autres ?

Nous n'interdisons à personne l'accès à sa liberté.

Vivre. Seulement vivre. Pleinement soi.

Tant qu'il encore temps !

 

 

Site antique de LEPTIS MAGNA - Libye



Musée archéologique de Tripoli - Libye


Aperçus d'Athènes - Grèce


Sites antiques d'Athènes- Grèce


Musée de l'Acropole - Athènes


Musée du Céramique - Athènes


Musée archéologique d'Héraclion - Créte - Grèce


Musée archéologique de Xania - Créte - Grèce


Site de Myra - Turquie


Nous année 2007

de Xania à Istanbul

Mon voyage
- par Carole
.

 

Depuis trois ans mes parents et moi parcourons la Mer Méditerranée :

Les Baléares, le sud de la Sardaigne, l'Italie, la Sicile, Malte, la Tunisie (où nous avons passé le premier hiver), la Libye, la Grèce, la Crête (où nous avons passé le deuxième hiver) et la Turquie (où nous venons de passer nos 6 derniers mois d'hiver).

 De tous ces pays, j'adore la Tunisie parce que j'ai pu jouer avec beaucoup d'enfants, la Grèce où j'ai pu voir les plus belles îles, la Crête et sa ville de Xania pour ses plus belles et jolies femmes et la Turquie où j'ai pu faire la connaissance du couple Jordi et Marina et de leur chienne Nina (bateau « Cormoran »). Sans oublier Loulou ma copine du bateau « Lumiel » que je voyais de temps à autre.

 La pollution

La mer est très belle quand elle n'est pas polluée. Mais trop souvent elle n'est pas jolie comme : à Rhodes, Kekova devant le village à touristes, Antalya où la mer est très polluée par les cargos et, le pire pour moi, c'est Istanbul entre les deux marinas, la mer de la corne d'or est marron avec une forte odeur d'égout.

 Mes rencontres avec d'autres enfants

Je n'ai pas rencontré beaucoup d'enfants.

En Tunisie :    Virginie, Violaine, Aïloumie et ses deux frères, Prune, et Arthur. Il y avait aussi deux adultes, Corinne et Magali avec qui j'ai passé beaucoup de temps.

En Grèce :      les « Zam Zam » : Robin et Charlotte,

En Turquie :   Loulou, Timy, Arwen.

Et comme adultes : les « Cormoran » : Jordi et Marina, les « Aquarellia » : Michel et Jannick, les  « Clair Azur » : Françoise et Jean-Jacques. Sans oublier Nina la chienne de Jordy et de Marina.

Nos animaux

 













Nous avons eu des canaris à bord : un mâle et une femelle achetés en Tunisie. La femelle est morte en navigation, sans doute était-elle déjà trop âgée. A Malte, nous avons acheté deux femelles pour le mâle. Ils eurent vraiment beaucoup d'oisillons (9) et nous en avons donné quelques un (à Robin et Charlotte notamment).

 Nous allons bientôt rentrer en France et à cause des risques de la grippe aviaire nous avons préféré les donner. Certains de nos amis navigants qui possèdent des animaux ne peuvent pas aller dans tous les pays.

 Nina (mon amour)

Cette chienne est une golden retrievers, elle a un an et demie. Elle est très affective. Elle va en promenade tous les matins avec Jordi et tous les soirs avec Marina et moi !!!

De temps en temps elle joue avec « Micho » le chien de Mr Tunçay le directeur de la marina.

Mes rencontres en Turquie :

Bateau « Cormoran » : Jordy et Marina : ils sont Espagnols.


Papa, Françoise, Jean-Jacques et Jordi font ensemble une ou deux fois par semaines des conversations français/espagnol et espagnol/français. Marina fait de très beaux dessins.

Loulou :

Elle est très gentille. Elle a un frère et une sœur qui veulent tout le temps jouer avec nous. Mais nous nous voudrions être qu'entre grandes !! Nous nous disons tout. Elle n'a pas de messagerie, c'est très dommage. Je pense à elle. J'aimerai encore jouer avec elle.

Timis :

Mon copain. Il parle Anglais, Allemand, Turc. Sa mère parle Français, Allemand, Anglais, Turc. Elle est traductrice. Nous nous entendons très bien tous les deux. Il est plus petit que moi.

 Les « Zam Zam » :

Ils sont vraiment super sympas. Charlotte à 14 ans et Robin 10 ans. J'ai joué avec Robin.   Nous nous entendons très bien. Je leur ai donné deux canaris.

Les « Aquarellia » : Michel et Janick.















                                                                               






Je suis allée les voir tout l'hiver.

Ils donnent des cours d'aquarelle.

Nous partageons le plaisir des BD.

Les « Jomandy » : Mandy et Joël. Ils sont très sympas.
Malheureusement ils sont rentrés en France pendant 3 mois et je n'ai pas pu les voir très souvent comme j'aurai aimé.

Les « Clair Azur » :  Françoise et Jean-Jacques. 


J'espère qu'ils passeront nous voir à la maison cet été. Ils sont eux aussi très gentils. Pour mes 10 ans Françoise m'a fait une super carte à partir de son ordinateur.

 Je pense à vous tous. Vous êtes dans mon cœur et je vous fais à tous de gros bisous.

Ce que je n'ai pas aimé :

* qu'il n'y ait pas suffisamment d'enfants pour jouer,
* Ne pas avoir un chien, mais nous n'aurions pas pu aller dans tous les pays,
* Les longues navigations de jour et de nuit,
* Ne pas avoir près de moi ma famille et mes amis, ils me manquaient,
* Ne pas disposer de plus de livres, j'adore lire et je lis vite.

 Ce que j'ai aimé :

-  Les navigations de nuits, dans le cockpit dehors, sous le duvet et être bercée par la mer,

- Le bleu de l'eau et du ciel,

- Les belles baies où l'eau est claire et me baigner,

- Les beaux voiliers en bois pour le plaisir de les regarder,

- Les catamarans, je rêve d'en avoir un,

- Les animaux,

- Les sites archéologique et musées, ils m'ont appris beaucoup de choses (surtout la mythologie, les civilisations...)

- Nager.

Ce que je rêve d'avoir ou de faire plus tard:

 - Des rallyes, de la voile et du convoyage.

- D'avoir un catamaran.

- Un chien, c'est mon rêve le plus cher.

- Une maison.

- Du judo, pour pouvoir me défendre.

- Avoir des BD, je suis un fan de la BD !!!!!!!!!,

- Avoir beaucoup de DVD. Si je pouvais je passerais ma journée à en regarder.

- Être la meilleure en français.

Ce que je regrette :

Ne pas avoir appris l'Anglais plus tôt, car c'est très utile.

J'ai aimé ce voyage, parce qu'il m'a appris plein de choses et à observer. Trois ans c'est beaucoup. Et j'ai eu le privilège de disposer de mes parents 24h sur 24h

Je rêve maintenant de faire le tour du monde : partir de France, aller en Espagne, traverser l'Atlantique, faire toutes les îles de la Mer des Caraïbes, passer le canal de Panama, faire un peu le Brésil, aller à Los Angeles voir mon frère Guillaume, faire toutes les îles du pacifiques, la Chine, le Japon, l'Indonésie, l'Australie, l'Inde, Madagascar, l'Arabie Saoudite, la mer rouge, la Turquie, et la Méditerranée jusqu'en France.

Enfin, faire les canaux en France.

L'école sur le bateau.

Je trouve ça bien. Je peux organiser mon travail. Je n'ai pas de jours de congés sauf le samedi, ni de grandes vacances (je n'aime pas).

J'avance plus vite que les enfants qui vont à l'école. Nous ne travaillons que le matin.

En navigation pas de leçon et quand que je suis malade (rhume) je ne travaille pas.

Maman adore me faire le français et papa aime me donner trois tonnes de math !!!

La mer :

La première année, la mer était plus agitée que la deuxième année. Maman et moi sommes malades dès force huit du vent. Papa lui n'est jamais malade. La mer est une mère, elle nous donne de la nourriture ... mais nous ne pêchons pas beaucoup de poissons. Papa ne réussit qu'à attraper d'énormes morceaux de plastique.

Les superstitions :

- les lapins ... dans un bateau ils sont dangereux. S'ils s'échappent de leur cage, ils grignotent tout. C'est l'animal le plus « redouté » des marins. Il est même interdit de prononcer son nom sur un bateau ! Aussi on le désigne par « l'animal aux longues oreilles » ou le « cousin du lièvre » !

Dans ce domaine des superstitions il y a aussi :

 - les femmes:

A une certaine époque, ça portait malheur d'embarquer une femme à bord !

- le « hollandais volant » ... Si par malheur quelqu'un croise ce mystérieux bateau volant...il coule !

- le Chat noir...

et ... 13 ... à table !!

Heureusement nous ne sommes pas superstitieux.

Je pense que si l'on prononce le mot de lapin et qu'il arrive un malheur, ce n'est qu'un simple hasard.

 


Voilà j'ai raconté mon voyage
qui m'a plu.

Si vous souhaitez me poser des questions,
ou me contacter,

ou si des jeunes de mon âge souhaitent correspondrent avec moi,

voici l'adresse de messagerie de ma mère:
christinedesautard@yahoo.fr

 Carole
@+

 

 

 

Paysages grecs:

 

Musée National d'Archéologie d'Athènes:


Suite paysages grecs (de la mer Egée);



Rhodes et le Palais des Grands Maîtres:



Musée Archéologique de Rhodes:


Paysages turcs et de la Lycie:

 

Musée Archéologique d'Istanbul:




Musée des mosaiques d'Istanbul:



Ephèse (Turquie):



Musée Archéologique d'Ephèse:
 
La mer … et moi.
 
par Christine
 
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Poséidon
 
imprévisible … capricieuse… indomptable … mystérieuse …
source de vie et de mort … fascinante et effrayante.
 
Depuis de nombreux mois, j’avais envie d’exprimer mon vécu au contact de la mer et ce qu’elle m’inspirait. Un temps d’imprégnation s’est avéré nécessaire afin de me permettre d’être en mesure de restituer ces ressentis et enseignements que je tirerais de cette expérience.
 
C’est avec enthousiasme que je partais avec Pierre et Carole pour ce périple de trois années. J’avais naïvement pensé que mon expérience préalable de plaisancière était suffisante, que tout devait bien se passer.
 
Je me rendrais vite compte que naviguer quelques semaines par an ne permet pas d’acquérir une expérience suffisante de la mer et de la navigation.
 
Au début de notre voyage bien des éléments vont me perturber. Vivre sur un bateau c’est évoluer dans de nouvelles références. C’est passer de la stabilité rassurante de l’élément terre à la mouvance et instabilité de l’élément eau. De nouveaux gestes et réflexes sont à acquérir. C’est accepter et comprendre que les multiples états de la mer sont sa normalité. C’est accepter les navigations rendues ainsi pénibles, difficiles, épuisantes. C’est accepter les nombreux problèmes « techniques » qui ne manquent pas d’apparaître et qui vont prendre, justement parce que nous sommes sur un bateau, une dimension qu’ils n’auraient jamais eu dans une maison. Tout est important dans un bateau. Improvisation et dilettantisme n’ont pas leur place à bord.
 
Je vais ainsi découvrir brutalement et sans ménagement, mes maladresses, mes peurs et mes angoisses.
 
Paradoxalement, je vais éprouver pour la mer à la fois attirance et répulsion !
 
Je vais d’abord apprendre à vivre avec elle, quelques soient ses états.
 
Combien elle est apaisante et rassurante quand elle est calme ! Que de plaisirs à se laisser bercer par ses flots. Moments hautement propices à la rêverie, à la réflexion. Je pourrais voguer ainsi durant de nombreuses heures sans éprouver un quelconque ennuie ou sentiment de monotonie. Le temps n’existe plus. Le temps s’arrête. Préservée du bruit et de l’agitation du monde, je retrouve l’essentiel. Ce que l’Homme n’aurait jamais dû perdre. Plongée dans les éléments, j’évolue en totale harmonie avec eux.
 
Si elle sait se montrer accueillante et pacifique elle peut aussi changer d’humeur brutalement, devenir houleuse, agitée, inconfortable à la limite du supportable.
 
Impossible d’oublier ces navigations mal vécues lorsque le bateau est secoué en tous sens pendant de longues heures. Sur une mer furieuse toute erreur ou panne peut se révéler dangereuse voire fatale.
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La vague (Hokusaï)
 
Aucun raisonnement logique ne m’empêchera d’entrevoir tous les scénarios de catastrophes. Mes pensées étaient alors aussi agitées et perturbées que l’état de la mer ! Mes sens étaient en alerte. L’angoisse m’envahissait dès le sifflement du vent dans les haubans et aux chocs des vagues heurtant la coque. Je me sentais infiniment vulnérable !
 
Puis la peur et la panique : celle d’être engloutie dans cette immensité aquatique. Avec cette image de la mort qui peut survenir à chaque instant, en quelques minutes. Jamais sur terre je n’avais eu de telles relations avec la mort.
 
Tout déplacement sur le voilier devient dangereux et périlleux. Sans oublier le mal de mer. Le souhait que tout s’arrête. Mais c’est impossible. Il faut attendre, attendre, attendre … patience et résignation ! Parfois, mon malaise physique et moral prendra une telle ampleur que naîtra en moi l’envie de passer par-dessus bord afin que tout s’arrête ou d’abandonner notre périple à la prochaine escale !
 
Que de sentiments d’impuissance face aux éléments déchaînés !
 
Je vais ainsi réaliser progressivement, au fil des jours, que la  mer ne nous passe rien de nous même, qu’elle va me conduire au bout de mes propres limites ... au bout de moi-même.
 
Je partais pour découvrir d’autres peuples, d’autres pays, d’autres cultures, j’ignorais que j’allais accomplir aussi … mon propre « voyage intérieur ».
 
La mer offre de magnifiques spectacles. A chacune des heures du jour elle se pare de nouvelles couleurs. Sa palette des nuances est infinie. On ne se lasse pas d’un coucher du soleil. On ne se lasse jamais par claire nuit, dans un mouillage éloigné des lumières des villes, d’observer la voûte céleste.
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Soleil couchant
 
Je vais découvrir que la mer possède ce don inouï de nous plonger dans le monde merveilleux de la rêverie et qu’avec elle tout prend alors une autre dimension.
 
Je me souviens d’une navigation de nuit d’été où nous serons surpris par un orage. Nous assisterons à un véritable feu d’artifice d’éclairs zébrant et illuminant le ciel de tous côtés. C’était tout à la fois terrifiant et grandiose. Ces Instants simples devinrent magiques.
 
Ma rencontre avec les dauphins venant jouer autour de Leptine constitua d’autres moments inoubliables et magiques. Je me sentais irrésistiblement attirée par eux, avec cette envie folle d’aller les rejoindre et partager leurs jeux. J’aime et n’oublierais jamais leurs regards malicieux et confiants. Ils semblent vouloir communiquer avec nous. Moments privilégiés : je voudrais qu’ils ne s’arrêtent jamais.
 
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Musée d’Héraclion (Crête) – peintures murales du palais de Cnossos
 
Après quelques heures de repos à l’escale, je serais envahie par des sentiments contradictoires. Je savais que j’aurai de nouveau à subir de nouvelles navigations difficiles et que j’éprouverai encore de telles difficultés. En même temps il m’était alors inimaginable d’abandonner Leptine.
 
Lors de notre premier hivernage je demanderais à Pierre d’adapter nos futures navigations. Qu’elles soient moins longues afin de me laisser le temps d’«apprivoiser» la mer (de m’amariner en fait !). Nos conceptions de navigation vont alors s’opposer ! C’était pour lui une grosse concession. Pierre n’a aucun problème avec la mer, son rapport avec elle est simple et naturel. Ce qui n’était pas mon cas. Il va progressivement intégrer mes difficultés et mettrons en œuvre une nouvelle approche de la navigation faite de moyennes étapes n’excédant pas au maximum 12 heures consécutives de navigation. Nous nous adapterons également aux diverses possibilités du moment. Par exemple, au milieu des îles grecques de la Mer Egée, nous naviguerons entre deux îles l’après-midi. Ainsi Carole pouvait assurer son travail scolaire normal durant la matinée.
 
Je vais découvrir que la mer est un révélateur impitoyable pour un couple. Si ses fondations sont fragiles il aura alors bien des difficultés à supporter les épreuves que la mer lui fera subir. La rupture est généralement au bout du voyage, parfois à la prochaine escale ! Nous rencontrerons de nombreux navigants qui nous avouerons avoir vécu cette expérience. Dans le cas contraire, si le couple est bien « arrimé » il s’en verra alors enrichi par toutes ces expériences au contact de la mer.
 
Je découvrirais qu’il en va de même pour toutes les autres relations que nous aurons au cours de notre périple.
 
La mer possède ce pouvoir de révéler le vrai. Le faux quant à lui ne lui résiste pas.
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Ulysse et les sirènes
 
Je vais réaliser combien la vie à terre est néfaste à l’homme occidental. Faite de limites, de contraintes artificielles elle l’asservit et fait de lui un assisté. Son environnement immédiat se dégrade, devient artificiel avec pour conséquence évidente de le déshumaniser. Ses besoins ne sont plus les siens mais ceux crées par d’autres que les médias vont diffuser en boucle 24h sur 24h.
 
L’homme occidental à terre ne sait plus vivre, ne sait plus penser, n’a plus de pensée, perd son contact avec la nature. Il ne sait plus vivre en harmonie avec les éléments.
 
Naviguer et vivre sur un bateau est un merveilleux retour aux sources et à l’essentiel.
 
Je vais retrouver le temps, le temps de penser, le temps des pensées.
 
Je vais retrouver la nature, l’eau, l’air et le feu (le soleil).
 
Je vais retrouver le calme propice à la réflexion et au repos.
 
Je vais apprendre l’autonomie et l’auto portance en tous domaines.
 
Je vais enfin apprendre à devenir moi-même.
 

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Notre périple fait de découvertes des hommes, de leurs pays et de leurs histoires sera aussi celui de prises de conscience parfois douloureuses concernant le monde qui nous entoure.
 
Naviguer ne signifie pas quitter un monde pour mener une vie égoïste.
 
Non, bien au contraire. C’est vivre des moments intenses de joies mais aussi de souffrances parce que le voyage justement nous met face aux réalités et face à nos propres réalités.
 
Je vais beaucoup apprendre de la Mer : elle me fera renaître.
 
Tout cela est à jamais gravé en moi.
 
 
 
Je rêve que Leptine nous porte là
où les hommes vivent en paix,
dans le respect des uns et des autres,
là où je trouverai enfin ma place.
 
Christine
 
Finike, mars 2008
de Xania à Istanbul
 
«l’école à bord»
 
 
Notre périple, comme notre programme de navigation furent conditionnés et rythmés par la scolarité à bord du voilier de notre fille Carole.
 
Ainsi et exceptionnellement cet article ne sera pas rédigé par Pierre mais par moi, « son équipière », puisque c’est moi … qui assuma la tâche d’institutrice à bord !
 
Notre carnet de voyage serait incomplet si nous n’évoquions pas cette expérience.
 
Toutefois, avant d’évoquer « l’école à bord » il me semble opportun de faire part de mon expérience préalable du « monde scolaire ».
 
Nous déscolariserons Carole en janvier 2004. A cette époque nous ne savions pas que trois mois plus tard nous bâtirions notre projet de périple en voilier.
 
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Carole à Leptis-Magna – Libye – avril 2006
 
De nombreuses observations, questions et réflexions jalonnèrent les années durant lesquelles Carole fréquenta l’école maternelle.
 
Je constaterais en premier qu’il était quasiment impossible d’engager un dialogue constructif et serein avec la majorité des enseignants. Sans doute trop naïve, je m’étais imaginée qu’une coopération efficace entre parents et enseignants irait dans le bon sens pour le plus grand bien de l’enfant. Je me trouverais face à des enseignants méfiants et sur la défensive face aux parents. Il est vrai aussi, à leur décharge, que le système ne les aide pas ou ne favorise pas leur épanouissement professionnel. Ils se doivent de prendre mille précautions vis-à-vis des enfants : il est difficile pour eux d’adresser une remarque ou une observation à un enfant sans prendre le risque de voir les parents intervenir.
 
Depuis de nombreuses années ils subissent d’incessantes réformes de l’enseignement mises en place par l’Education Nationale, de quoi déboussoler nombre d’entre eux et surtout les dégoûter de l’enseignement. Sans aucun doute ne peuvent-ils plus exercer leur métier comme il se devrait ou comme il aimerait par expérience le pratiquer. Je constaterais ainsi une très forte dégradation de leurs conditions de travail.
 
D’autre part, je vais découvrir avec étonnement et effarement que nombre d’enfants étaient contraints de consulter un «psy » sur les instances du corps enseignant (Education Nationale) et que leurs parents acceptent cela sans réagir. Comme si, seul un « psy » était en mesure d’apporter une réponse aux problèmes normaux posés par nos enfants en général et au sein de l’école en particulier. Certains parents culpabilisent, pensent que les problèmes de leur progéniture sont de leur fait alors que le plus souvent ils sont tout simplement engendrés par le système actuel. La plupart des parents font confiance à l’Education Nationale et c’est normal. Mais en même temps ils n’ont pas conscience que consulter un « psy » n’est pas neutre. Ils n’ont pas conscience qu’abandonner ainsi leurs enfants aux mains d’un « psy » c’est se dévaloriser aux yeux de leurs propres enfants, c’est reconnaître implicitement qu’ils ne sont pas en mesure d’assurer leur rôle d’éducateurs et, plus grave encore, que c’est « apporter de l’eau au moulin » à ceux qui préconisent que l’éducation des enfants soit faite par un organisme extérieur indépendant des parents.
 
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Carole à Leptis-Magna – Libye – avril 2006
 
J’espérais pouvoir engager des discussions et actions au sein d’une association de parents d’élèves. De nouvelles déconvenues m’attendaient. Les parents n’étaient en réalité préoccupés que par leurs difficultés personnelles dont la résolution demandait un simple dialogue avec les enseignants. A l’évidence, de tels problèmes ne relevaient pas du cadre d’une telle association. L’individualisme sévissait là aussi. Que de pertes de temps en discussions inutiles sur des sujets futiles. Moi qui pensais y trouver solidarité et unité d’action pour le bien être de nos enfants (ce qui me semblait être le cœur même de la mission de l’association) ! Je tenterais de m’y investir, ce fut en pure perte !
 
L’Ecole de la République d’aujourd’hui.
 
Amer constat.
 
C’est l’école des inégalités. Tous les enfants ne sont pas traités de la même manière. Déjà en maternelle, les enseignants « déterminent » quels seront les bons élèves, les moyens et ceux pour qui tout est perdu d’avance !!! Sur quels critères ? Cela est parfaitement anormal et inadmissible. Où est l’égalité de chance ? Puisque l’on sait que l’intelligence est partagée par tous quel que soit son milieu social ou son origine ethnique. Déjà une ségrégation dès la première année de maternelle : combien d’enfants issus de milieu modeste pourront faire des études supérieures ou intégrer une grande école ? C’est cela l’école de la République ? C’est cela que nous devrions imposer à nos enfants ? Le rôle des parents n’est-il pas justement de se préoccuper et veiller à son avenir ?
 
J’ai pris connaissance du Rapport du Haut Conseil de l’Education dont je joins ci-dessous un extrait :
 
 
Extrait du Rapport du Haut Conseil de l’Education
Bilan des résultats école 2007 – Ecole primaire
Il est possible de télécharger sur le site : www.hce.education.fr
 
Les difficultés, identifiées dès le début de la scolarité,s’aggravent avec le temps
 
Le niveau à l’entrée au CP pèse très fortement sur les chances d’un cursus scolaire régulier
 
Le ministère de l’Éducation nationale a identifié cinq domaines dans lesquels des compétences sont jugées utiles pour entamer la scolarité élémentaire dans de bonnes conditions :
1. les connaissances générales : reconnaissance de personnages, d’instruments de musique, de contes, de monuments… ; culture technique : classement d’objets suivant leur fonction (indiquer l’heure, couper…), identification d’un intrus dans un ensemble d’outils… ;
2. les compétences verbales et la familiarité avec l’écrit : compréhension orale, connaissance de l’aspect du livre, repérage de l’incohérence d’une histoire, connaissance de l’alphabet, reconnaissance auditive de mots, de phonèmes en différentes positions, discrimination entre des messages corrects et des messages incorrects sur le plan de la morphologie ou de la syntaxe, écriture du prénom, écriture de lettres dictées, ajout de lettres manquantes, mémorisation et reproduction de lettres et signes… ;
3. les compétences logiques et la familiarité avec le nombre : écriture de chiffres et de la suite des nombres, comparaison de collections, ajout et retrait, reconnaissance de chiffres, de nombres et de figures géométriques… ;
 
Ce rapport est édifiant ! Les enseignements fondamentaux sont normalement apportés dans les classes dites « primaires » des CP/CE1/CE2/CM1/CM2. Or ce rapport précise qu’afin d’éviter les futurs échecs scolaires les enfants devraient posséder des acquis avant le cycle primaire !
 
Que je sache, jusqu’aux années soixante environ, les enfants ne fréquentaient pas tous l’école maternelle. Nul n’évoquait l’importance d’activités «d’éveil ». Même si tout n’était pas parfait, la majorité des élèves maîtrisait le français et les mathématiques en fin de CM2. A cette époque on parlait peu d’échecs scolaires.
 
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Carole à El Jem – Tunisie – septembre 2005
 
J’aimerai comprendre pourquoi le taux d’échec scolaire est devenu aussi important aujourd’hui. La majorité des enfants fréquentent l’école maternelle. Ils ont donc tous bénéficié de telles activités d’éveil. Si cet « éveil » était efficace on devrait logiquement constater de notables améliorations. Hors, il n’en est rien !
 
La réussite dans les classes primaires ne dépend pas d’éventuelles compétences qui seraient acquises par l’enfant en classes maternelles.
 
 
 
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Carole à Cnossos – Crète – octobre 2006
 

Il est à craindre que cette phase « d’éveils » en classes maternelles présente le risque de perturber la grande majorité des enfants et de les rendre réfractaires à toutes études. A ces âges là le mûrissement de l’enfant est aléatoire et beaucoup trop dépendant de l’affectif (maternel) : les blocages qui en résulteront risques de s’avérer dramatiques pour son avenir. A l’évidence les parents seront satisfaits de pouvoir confier dès 2 à 3 ans leurs enfants à l’école, de ne plus avoir à payer une crèche, bref de ne plus avoir « à charge » leur propre progéniture, mais à quel prix ! En ont-ils bien conscience ?
 
La méthode de lecture : méthode globale ou syllabique ?
 
Les médias traitèrent sous tous les angles ce sujet. De nombreux spécialistes apportèrent leur science en ce domaine.
 
Je vais simplement parler de mon expérience avec Carole. N’étant pas enseignante et ne possédant pas de connaissances particulières en ce domaine je n’avais donc pas d’a priori.
 
Carole connaîtra très tôt l’alphabet ce qui m’imposera de rechercher des ouvrages d’apprentissage de la lecture. J’en trouverai un basé sur la méthode globale. Chaque page comportait une illustration suivie d’un texte. Il était alors demandé à l’enfant de « regarder » et mémoriser visuellement des mots entiers puis de savoir les retrouver dans le texte.
 
Après trois semaines d’apprentissage selon cette méthode, je constatais peu de progrès chez Carole. La lecture devenait une « corvée » pour elle. Je m’inquiétais de savoir si Carole n’avait pas de réels problèmes de compréhension.
 
 
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Carole à Athènes – Novembre 2006
 
Je me mis alors en quête d’un autre ouvrage et trouvais une réédition de la méthode syllabique BOSHER.
 
J’abandonne donc la méthode globale et m’engage dans la méthode syllabique ! Surprise ! Carole avance à pas de géant. Me voilà rassurée.
 
Je pense qu’il y a d’autres enfants comme Carole qui progresseraient sans problème si les enseignants disposaient de la souplesse d’utiliser la méthode de son choix adaptée à chaque élève.
En plus des cours pas correspondance j’ai eu la chance de dénicher des ouvrages de français et de mathématiques des années cinquante. Ils m’ont été infiniment utiles. En français, je regrette que les auteurs classiques soient de moins en moins étudiés. L’enfant pourra aimer, apprécier et maîtriser sa langue à condition qu’il soit nourrit de bons exemples. Chez un enfant on obtient toujours de bonnes récoltes si l’on plante les bonnes graines.
 
 
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Carole à Crotone – Italie – juillet 2006
 
Conséquences :
 
Face aux problèmes rencontrés dans les établissements publics, les parents ayant des revenus suffisants inscrivent leurs enfants dans des collèges privés confessionnels. Des écoles spécialisées vont être créées sous couvert d’accueillir des enfants dits « précoces » ou « surdoués ». Dans en avenir proche de nombreuses écoles privées seront sponsorisées par des entreprises privées.
 
L’école laïque va devenir « l’école à minima » pour les plus défavorisés.
 
Dans un tel contexte que doivent faire les parents ? Accepter que leurs enfants courent le risque d’être détruits par le système ? Accepter que l’instruction soit réservée à une élite ?
 
De plus en plus de parents, comme nous, prendront en charge l’instruction de leur enfant.
 
L’école à la maison
 
J’ai accompagné Carole de la classe de CP jusqu’au CM2. Le bilan des ces années est positif.
 
Nous poursuivrons notre périple de navigation et continuerons les cours par correspondance. Et si pour une raison quelconque nous devions reprendre une vie sédentaire notre choix serait le même.
 
Il y a peu de différence entre faire l’école à la maison ou sur le bateau. Notre programme de navigation est élaboré en fonction de l’emploi du temps scolaire. Internet est un outil indispensable. Seul désagrément : lors de nos escales nous ne pouvons pas toujours avoir un accès internet facile.
 
 
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Carole à Rhodes –village médiéval – mai 2007
 
Les contraintes sont les mêmes : rigueur dans l’organisation de la journée, respect de l’emploi du temps, veiller au sérieux de l’enfant dans l’accomplissement du travail, disponibilité des parents, être à l’écoute de son enfant, faire preuve et disposer d’une grande patience, ne pas s’énerver lorsque l’enfant ne comprend pas aussi vite qu’on le souhaiterait, … Ne pas hésiter à expliquer plusieurs fois, en essayant de trouver la meilleure façon. On n’y arrive pas toujours du premier coup ! C’est un investissement personnel important qu’il faut savoir assumer. Mais que de satisfactions à voir son enfant apprendre, progresser et s’épanouir dans un univers harmonieux.
 
 
L’école à la maison : le regard extérieur
 
Choisir «l’école à la maison » amena un certain nombre de commentaires et réflexions de la part de notre entourage et du voisinage. Nous nous sommes heurtés à l’incompréhension face à ce choix. Les parents qui instruisent leurs enfants sont soit suspectés d’appartenir à une secte, soit considérés comme des marginaux, soit taxés de refuser que leur enfant côtoie les enfants de l’école ou autres inepties. D’autres au contraire seront plus réceptifs, ceux-là même qui rencontrent à leur tour des difficultés ou sont plus « attentifs » à la scolarité et comportements de leurs enfants. Beaucoup de personnes ignorent que l’on peut librement déscolariser son enfant. L’école n’est pas obligatoire, seul l’enseignement est obligatoire. Les parents ont ainsi la liberté de choisir d’instruire leurs enfants.
 
Une question nous est constamment posée : quid de la «socialisation» de l’enfant ? Pour être franc, elle ne nous est pas posée sous forme de question, mais toujours sous forme de reproche ou d’« argument» accusatif !
 
Socialisation : processus par lequel l’enfant intériorise les divers éléments de la culture environnante (valeurs, normes, codes symboliques et règles de conduite) et s’intègre dans la vie sociale (Le Petit Larousse Illustrée 2000)
 
 
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Carole à Rhodes – mai 2007
 
Ce n’est pas uniquement à l’école que l’enfant apprend à être sociable. L’apprentissage de la « socialisation » commence dans le milieu familial, se poursuit aux contacts des autres en divers lieux : activités sportives, artistiques, dans les jeux, dans la rue, dans le quartier, …
 
Individualisme : tendance à s’affirmer indépendamment des autres. Tendance à privilégier la valeur et les droits de l’individu contre les valeurs et les droits des groupes sociaux (Le Petit Larousse Illustrée 2000)
 
Quoi qu’il en soit, la socialisation est dépendante de la société dans laquelle on évolue. Les codes, normes, règles de conduites de notre société actuelle, par essence individualiste, sont-ils compatibles avec la « socialisation » recherchée ?
 
Vouloir parler de socialisation dans une société individualiste me semble tout simplement incompatible.
 
Observez les enfants dans une cours de récréation ou une aire de jeux. Vous constaterez beaucoup de violence, de cris, d’insultes,…. Parfois les parents s’en mêlent et assistons à un déchaînement d’agressivités. C’est cela l’apprentissage de la « socialisation » ? C’est plutôt la jungle !
 
Lors de notre hivernage à Xania en Crête (Grèce) j’ai pu observer les enfants dans les aires de jeux ou cours de récréation. Quelle différence ! Pas de violence, ni de mauvais gestes. Les enfants grecs, par exemple, savent dès le plus jeune âge se respecter naturellement. Simplement un constat, mais quel constat !
 
Partout où nous passerons (Tunisie, Italie, Grèce et Turquie) nous serons étonnés de constater vraiment peu de délinquances, des enfants normalement calmes y compris dans les classes sociales les plus défavorisées. Pas de « psy » ici pour les adultes, encore moins pour les enfants ! Alors, pourquoi tout cela chez nous en France ? Serions-nous, nous les français, des « grands malades » et des incapables et nos enfants des « tarés » ?
 
Quelque chose n’est pas sain dans toutes ces « directions » qu’on voudrait nous faire prendre. Notre devoir de parents est d’être absolument vigilants pour nos enfants.
 
Les Médias – les Politiques
 
Je suis agacée par les interventions dans les médias de prétendus spécialistes de l’enfance, qu’ils soient pédagogues ou psychologues, nous abreuvant d’analyses et de statistiques. Du pur verbiage pour ne rien dire, surtout pas l’essentiel. Et leur parole a valeur de vérité. Pire, ne peut être remise en cause. Un point commun à tous ces beaux discours: l’absence de bons sens et d’esprit critique.
 
Parents et enseignants ne devraient plus s’opposer. Cela n’a pas de sens. Tous devraient s’unir et agir pour éviter un tel gâchis et travailler dans l’intérêt des enfants.
 
J’éprouve des sentiments d’impuissance et de colère en pensant à tous ces enfants qui seront « broyés » demain pas ce système. Ils seront les adultes de demain. Pour nombre d’entre eux l’avenir leur est déjà fermé … dès la petite enfance ... Tout cela est dramatique, inquiétant …
 
 
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Carole et son frère Guillaume en Cappadoce (Göreme) - Turquie – février 2008
 
 

 

Intermèdes étésiens
 
L’Ordre Marchand 
 

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  Aphrodite: « Vénus de Rhodes »
Musée Archéologique de Rhodes 

Sommaire
 
 
1 de l’ordre marchand … à … l’Ordre Marchand …
 
 
     prologue : … assembler ce qui est épars …
 
     1ère partie : … Rhodes …
 
     2ème partie : … une brève histoire en devenir …
 
     3ème partie : … le fil d’Ariane …
 
     4ème partie : … aperto libro …
 
     épilogue : … ne quid nimis …
 
2 - l'Ordre Marchand
 
      - l'armée de l'ombre,
      - de l'ombre à la lumière,
      - résistance à l'Ordre Marchand.

 

             3 - "Les juifs et leur avenir"

             4 - En ce point d'inflexion ...

             5 - Partout les doigts pointés convergent.

             6 - "Une brêve histoire de l'avenir".




Note: à titre expérimental, un second blog est uniquement consacré à ce thème de l'Ordre Marchand, il est directement accessible via : www.ordremarchand.com
  
 
 
 
Finike, décembre 2007
 
 
prologue
 
assembler ce qui est épars …
 
Je suis toujours étonné de constater qu’il nous est, à nous les humains, quasiment impossible d’apprécier à sa juste valeur une distance ou une durée. Nous ne disposons d’aucun organe de repérage spatio-temporel, dûmes-nous doter d’outils externes de mesure comptables du temps et de l’espace et usâmes de l’artifice des mots afin d’accéder à ce qui est hors de portée de notre entendement. L’infiniment petit, l’infiniment grand, comme le néant, prirent forme dès lors que nous les nommâmes. Et par ce qu’il s’efface au fur et à mesure qu’il s’écoule, le temps, quant à lui, nous est insaisissable.
 
Des fenêtres de leur salle de classe, les écoliers de Pau ou d’Orthez peuvent observer et quantifier l’imposante chaîne pyrénéenne que le professeur de géographie leur montre sur une carte de la France. Des Pyrénées ils en ont une perception concrète. Pas des Alpes, ni du Massif Central, ni des Vosges, …, encore moins des contrées lointaines.
 
Comme nous, ils solliciteront leur capacité d’abstraction, intellectualiseront nombre de données qui ne resteront … qu’abstractions. Faisant en sorte que la perception que nous possédons de nombreuses choses n’est que le résultat d’une réflexion intellectuelle adimensionnelle, abstraite et virtuelle, alors que, par exemple, notre habitat la Terre est strictement borné.
 
L’une des révélations du voyage fut de nous faire accéder à une plus juste mesure de la réalité physique de notre planète, du moins dans sa partie que nous découvrîmes.
 
Ce faisant et nous concernant, cela eut pour conséquence de mettre en évidence l’incomplétude de nos savoirs. Nous perçûmes la relativité du temps et de l’espace, approchâmes d’autres valeurs que celles prévalant aujourd’hui et réalisâmes que l’homme sédentaire, par ce qu’il est justement sédentaire, se prive sans en avoir conscience d’outils qui lui permettraient d’appréhender l’existence de liens entre ses savoirs..
 
Le voyage, puissant catalyseur d’intégration spatio-temporelle de nos savoirs, assemble ce qui est épars …
 
… jour après jour … d’escale en escale … nous vîmes se découdre le patchwork de nos savoirs …
 
… jour après jour … d’escale en escale … nous vîmes se coudre le puzzle de notre connaissance …
 
… in situ … pluie d’évidences …
 
… autre est la réalité.
 
 
 
 
Finike, décembre 2007
 
 
1ère partie 
 
Rhodes …
 
 
Nos deux premières années de navigation nous permirent de faire connaissance avec nombre de pays du bassin Méditerranéen.
 
Nous découvrîmes ainsi l’île de Minorque (Espagne), la Sardaigne (Italie), la Sicile (Italie), l’île de Malte, l’île de Lampedusa (Italie), la Tunisie, la Libye, le bas de la « botte italienne », les îles grecques de la Mer Ionienne, l’île de Crète (Grèce) et la Grèce continentale.
 
A chaque escale, nous fûmes surpris d’éprouver la même impression et le même sentiment, à savoir que ces terres et ses hommes n’ont pas d’autre vocation qu’une vie pastorale (1).
 
Jamais auparavant je n’avais pris l’exacte mesure de ce que « vie pastorale » pouvait réellement représenter.
 
Cette notion, à laquelle est associée une vague connotation d’archaïsme, n’était que toute théorique pour nous.
 
Là, en l’espace de quelques mois, cette puissante réalité s’imposa …
 
… et … comme tant d’autres choses observées au cours de notre voyage … nous interpella !
 
C’est donc empreint de cette « vie pastorale » dans laquelle nous étions plongés depuis plus de deux années … que nous abordâmes l’île de Rhodes.
 
Le choc fût instantané ! Nous prîmes « de plein fouet » un contraste inouï !
 
Nous ne sûmes pas immédiatement pour quelles raisons, mais ce fût comme si nous entrions dans un « autre monde ».
 
Monde irréel, intangible … et pourtant il existe.
 
Des gens sortis de nulle part, « de on ne sait pas d’où », posés là sur une terre qu’ils ne regardent pas, qui ne leur ressemble pas, sortes de « zombis » déconnectés de leur environnement …
 
Vie factice, irréelle, impalpable … et pourtant vie.
 
La visite de la vieille ville médiévale, mais plus encore celle du Palais des Grands Maîtres allaient, par je ne sais quelle magie, produire un prodigieux déclic; notre « machine » se mit alors en branle …
 
 
(1) Nous ferons très exactement le même « constat », quelques mois plus tard, lorsque nous découvrirons ce superbe pays qu’est la Turquie.
 
7 - deux discours convergents

8 - d'autres écrits

9 - sionisme ? sionistes ? juifs ?

10 - la monnaie

11 - la colonisation de la France par la communauté juive internationale

12 - the ... end.
 
Finike, janvier 2008
 
de l’ordre marchand … à … l’Ordre Marchand
 
2ème partie
 
une brève histoire en devenir…
 
 
Le système économique régissant nos activités constitue-t-il l’une des escroqueries les plus phénoménales de notre humanité ?
 
Pourtant me direz-vous … « il» fonctionne depuis « la nuit des temps » !
 
Et oui ! … c’est bien pour cette raison qu’il nous appartient, avant de comprendre pourquoi « il  fonctionne depuis des millénaires », de nous projeter dans le futur afin de déterminer à quoi … « il devrait aboutir ».
 
Pour ce faire extrapolons les évolutions observées au cours de ces 50 dernières années concernant les entreprises, les Etats et les nations.
 
Quelles évolutions et quels constats faisons nous ?
 
Je relèverais cinq phénomènes - trois majeurs et deux « accompagnants » - progressant et évoluant en parallèle:
 
Les trois majeurs :
 
1 - concernant les entreprises:
 
Disparition des petites unités de production et développement concomitant d’entreprises de plus grandes tailles. Réduction du nombre de ces hyper entreprises par absorptions, …, et développement d’entreprises « Multinationales ». Emergence et/ou consolidation de grands groupes financiers contrôlant et maîtrisant ces « Multinationales » et autres entreprises réparties sur la surface de notre planète. Enfin, diminution en nombre des groupes financiers et « entreprises ».
 
2 - concernant les Etats et le « politique » :
 
En premier lieu nous assisterons à une réduction drastique de son armée et donc de sa capacité à se défendre. L’Etat, la nation (le pays) et le peuple deviennent infiniment vulnérables.
 
La construction de la Communauté Européenne se traduit par un transfert croissant des pouvoirs de l’Etat. Il en résulte une diminution tout aussi drastique de ses pouvoirs régaliens et avec eux, une diminution équivalente de ses moyens d’action. Ce sont, en définitive, ses capacités à se conformer aux choix démocratiquement exprimés par le peuple qui lui sont progressivement retirées.
 
On assiste ensuite à un glissement sémantique extraordinairement étonnant : la notion de démocratie n’est plus celle s’appliquant à l’expression du peuple souverain, mais devient celle de l’expression souveraine du « monde des affaires ». Aujourd’hui un pays est dit libre et démocratique dès lors que le monde des affaires peut y faire ce qu’il veut, comme il veut ! La liberté n’est plus celle des hommes mais celle du monde des affaires : les hommes sont et seront libres si le monde des affaires est libre !
 
La notion de nation est discréditée, pour finalement disparaître de tout discours politique. Malheur à celui qui en use : en plus de se discréditer, il signe en même temps sa propre « mort politique » !
 
L’homme politique « classique » disparaît progressivement, partout remplacé par des hommes « mis en place » par le monde des affaires. Sortes d’hommes d’affaires qui, entre autre, ont pour consigne d’épurer les lois du pays, notamment toutes celles qui entravent la totale liberté du capital et de les remplacer par de nouvelles garantissant les libertés dont il a justement besoin.
 
Les politiques menées par l’Etat ne sont plus le résultat de l’expression démocratique du peuple mais le résultat conjoint des « lobbying » exercés par les intérêts privés sur les élus et d’une pression inouïe et ininterrompue de l’ensemble des médias sur le peuple.
 
Aujourd’hui en France par exemple, politiquement parlant, il n’y a plus d’idéologie dite de « droite » ou de « gauche ». L’ensemble du monde politique parle le même langage, se situe sur la même « longueur d’onde ». Au point que des élus de « gauche » entreront dans un gouvernement de « droite », épauleront sa politique et cela le plus naturellement qui soit… !!!
 
En Europe, en l’espace de 50 années, ses deux plus grands Etats l’Allemagne et la France seront défaits, désarticulés, réduits à une quasi impuissance et verront leur dépendance s’accroître en tous domaines.
 
3 - concernant les nations:
 
Les nations traditionnelles de l’Europe de l’Ouest (à l’exception de l’Angleterre) « disparaissent » quasiment de la scène internationale, englouties et maîtrisées par la Communauté Européenne.  Ce ne sont plus la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne,…, qui se font entendre individuellement sur la « scène internationale » mais la Communauté Européenne.
 
L’intégration forcée des nations dans la Communauté Européenne aux règlements érigés par le « monde des affaires » est assurée par la mise en œuvre « préalable » de traitements spécifiques destinés à les affaiblir et à faire en sorte que ce soit elles qui sollicitent leur adhésion et donc acceptent les « règles du jeu ». L’Allemagne de l’Ouest, l’ex-Yougoslavie et la Russie ne seront pas épargnées. Savamment orchestrée et dirigée de l’extérieur, préalablement minée en interne, l’explosion de la Russie, fera d’une pierre trois coups; affaiblir considérablement l’Allemagne de l’Ouest obligée de réintégrer et donc d’absorber l’ex-Allemagne de l’Est, l’affaiblissement tout aussi considérable de la Russie, avec notamment la perte pour elle … des fabuleuses réserves de pétrole encore non exploitées qu’elle disposait dans son sous sol en périphérie des mers d‘Azov et Caspienne ... là où justement … vont émerger les nouveaux pays issues de cette « explosion » ! Des traitements tout aussi « spécifiques » seront réservés aux « hommes politiques forts en place, mais récalcitrants » !
 
Un processus semblable est réservé à la Turquie … ainsi que pour les pays du pourtour méditerranéen. Il est étonnant que nul ne trouve anormal ou à redire que ce soit les occidentaux de l’Europe de l’Ouest qui imposent aux pays méditerranéens de se regrouper selon un processus identique à celui mis en œuvre pour construire la Communauté Européenne et que la dite Communauté Européenne impose de disposer d’un siége et d’une voix dans cette future assemblée !
 
Quant à la Chine, future grande puissance en devenir, nous voyons pointées sur elle quelques armes redoutables ayant fait leurs preuves ailleurs. Son immense territoire est potentiellement son tendon d’Achille. Il est curieux de constater que jamais dans l’histoire des hommes il n’y eut autant de créations de petits Etats et de guerres civiles ou tribales qu’au cours de ces 100 dernières années, voire ces 50 dernières années !

Concernant les pays d’Amérique du Sud, il n’en est pas un qui, depuis plus de cinq siècles, échappe aux contrôles du « monde des affaires ». Certains voient leur poste suprême (Chef de l’Etat) tenu par des « étrangers », voire brigué par des « bi-nationaux ». Quant à l’Afrique …
 
Les deux « accompagnants » :
 
1 - les « médias »:
 
Nous assisterons à la disparition progressive de la pluralité d’expression par privatisation de l’ensemble des médias et de la quasi totalité des maisons d’édition (livres). Les « médias » seront livrés au « monde des affaires » qui dès lors gère et distille l’ensemble des informations destinées au peuple.
 
Nous constaterons, que dès l’instant où un Etat rentre dans le processus de privatiser l’ensemble des médias, il livre irrémédiablement son pays au « monde des affaires » et ce faisant, non seulement se condamne à brève échéance à perdre tous ses pouvoirs, mais condamne son pays et sa culture à disparaître. La privation de l’ensemble des médias d’un pays est l’une des premières manifestations d’une infiltration massive du monde politique et de l’Etat par les forces du « monde des affaires ».
 
2 - l’instrumentalisation de la morale :
 
Thème plus délicat à développer, je l’avoue, pour deux raisons. La première par ce que les sujets traités impactent notre sensibilité. La seconde, conséquence de la première; une sensibilité exagérément exacerbée nuit à l’esprit critique et à l’analyse permettant d’accéder au revers de la médaille.
 
Sous couverts de sentiments les plus généreux, « qui font honneur à l’homme  et à l’humanité», nous verrons fleurir et se multiplier les O.N.G. (Organisations Non Gouvernementales : Médecins sans Frontières, Journalistes Sans Frontières, Avocats Sans Frontière, Pharmacie Sans Frontières, …), nous verrons s’imposer le fameux droit d’ingérence et apparaîtrent les Tribunaux Internationaux.
 
Curieusement, nul ne remarquera ni ne relèvera l’iniquité de ces deux dernières instances dans la sélection, d’une part des cas relevant de la compétence des dits Tribunaux Internationaux et d’autre part, des situations déclenchant la mise en application de ce fameux droit d’ingérence ! Les constats sont quant à eux éloquents et édifiants; l’un et l’autre, ne seront mis en application que là où des intérêts majeurs tant financiers que géo politiques sont en jeux. Nulle part ailleurs !
 
Plus étonnant encore, ces ONG et Tribunaux Internationaux, comme le droit d’ingérence se mettront en place et oeuvreront de manière totalement indépendante (du moins en apparence) de tout Etat, sans consultation préalable du peuple souverain ! Mieux encore, on inventera la notion de « Société Civile » pour les justifier. Ainsi, cette nouvelle entité totalement artificielle et vide de tout contenu prendra progressivement la place du « politique », certains tenteront de les intégrer, en tant que représentantes (non élues !) de la « société, civile » au sein de … l’O.N.U. !
 
Présentées comme les instruments indispensables et incontournables à la construction d’une société plus juste et respectueuse de tous les hommes, autrement dit le summum de ce qui peut être fait en terme d’action humaniste et humanitaire, nul n’est alors en mesure de les contester ou d’exprimer une quelconque remarque, puisque construites sur une morale par nature irréprochable et donc incontestable ! Ainsi habillées et donc protégées, ces entités oeuvreront à leur guise. Seule la facette officielle est abondamment couverte et relayée par les médias. Quant aux « revers de la médaille », nous en percevrons le bout de son nez via quelques échecs impossibles à dissimuler au grand public.
 
… que sera demain ?
Demain, nous devrions vivre dans un monde:
 
- sans nations,
- sans Etats, du moins pas sous une forme connue à ce jour,
- placé sous une seule gouvernance,
 
cette gouvernance :
  serait assurée par une seule et unique entité, sorte de méga groupe financier (privé) que nous nommerons, avec humour, la « Word Company »,  en souvenir des Guignols de l’Info !
 
cette « Word Company » :
  contrôlerait, gérerait et assurerait la production et la fourniture de la totalité des biens, produits, services, …, dont les humains ont besoin,
  • serait l’unique employeur et à ce titre emploierait et rétribuerait tout ou partie des hommes et des femmes en âge de travailler (en fait peu importe le % des êtres humains qui auraient une activité rémunérée).
 
Cette extrapolation ultime n’est ni extraordinaire, ni extravagante. La seule chose que l’on peut dire est qu’il nous faudra attendre encore beaucoup de temps avant qu’elle ne se réalise ! Mais en aucun cas elle n’est irréaliste. Elle est simplement logique. Nous aurions pu arrêter notre extrapolation à une situation intermédiaire où 2, 3 ou 4 « Word Company » se partageraient géographiquement l’ensemble du monde : cela ne changerait rien au résultat final.
 
Maintenant voyons comment peut fonctionner la « World Company ».
 
Pour payer ses salariés la « Word Company » doit faire rentrer de l’argent dans ses caisses. Jusque là c’est évident … me direz-vous !
 
Certes … oui ! … mais, avez-vous songé que pour assurer la continuité des salaires versés à ses employés, la « World Company » se doit de faire entrer dans ses caisses … la totalité des salaires qu’elle a versée, par exemple, le mois précédent. Si ce n’était pas le cas, elle se trouverait alors en situation de déficit, devrait licencier jusqu’à retrouver son équilibre financier …
 
…vous l’avez compris, le « système » ne peut fonctionner que si la totalité de la masse salariale revient dans les caisses de la « World Company » !
 
Sinon, elle s’écroulerait inexorablement.
 
Quelques conséquences simples:
         il n’est pas permis à la World Company de se constituer une réserve financière. Il lui est impossible de vendre ses produits et services plus chers que leurs coûts de revient. Si elle s’avisait à le faire cela se traduirait par une mise au chômage « équivalente » d’une partie des salariés,
 
  • la notion de spéculation tant au niveau des individus qu’au niveau de l’entreprise n’a pas de sens, par exemple la spéculation immobilière. Un bien immobilier acheté 1 ne pourra pas être revendu 2, 3, … car engendrerait un déséquilibre préjudiciable à l’entreprise et in fine, se traduirait lui aussi par une mise au chômage « équivalente » de salariés La « création d’argent sans travail »  n’a donc ni sens ni réalité,
  • impossibilité pour le particulier de faire des « économies » ! Car toute économie réalisée serait un « manque à gagner » pour l’entreprise et engendrerait une mise au chômage équivalente,
  • le prêt d’argent est concevable sous réserve que celui qui emprunte dépense l’intégralité du montant du prêt. Un taux d’intérêt est aussi concevable sous réserve que le prêteur dépense l’intégralité du montant des intérêts qu’il perçoit,
  • l’innovation, la mise sur le marché de produits nouveaux demanderaient une anticipation, une préparation et une gestion extrêmement rigoureuses. Besoin de nouvelles compétences, de nouvelles unités de production, arrivée d’un nouveau produit sur le marché … alors que le potentiel « main d’œuvre » n’est pas censé pouvoir suivre instantanément - ou s’adapter exactement à - cette nouvelle demande et que le « pouvoir d’ achat » des ménages est déjà totalement absorbé ! ,
  • anecdotique : quels que soient les montants des salaires et avantages financiers que s’accorderaient les dirigeants de la World Company, ils devraient obligatoirement eux aussi être réinjectés en totalité dans le circuit économique afin de maintenir l’équilibre financier de l’entreprise. Dans le cas contraire, même conséquence, cela se traduirait par une mise au chômage « équivalente » d’une partie des salariés,
 
… la liste est longue …
 
Que veut nous signifier cette extrapolation
 
Elle permet de mettre en exergue l’évidence fondamentale que toute activité créée par l’homme possède ses limites intrinsèques propres auxquelles elle pourra, certes, accéder, mais jamais dépasser.
 
C’est mathématique, purement comptable.
 
Nous comprenons et acceptons que les matières premières ne soient pas éternelles, par ce que c’est l’évidence même. Cette évidence sied pour tout ! Pour l’eau, pourtant disponible en grande quantité (mais mal répartie) … comme pour l’air que nous respirons.
 
Notre habitat n’est pas infini ! Il est strictement borné ! Plus encore : il est du type à « vases communicants » : nous vivons et évoluons dans un système global naturellement interdépendant !
 
Il en va de même du « système économique » ... il n’évolue pas dans un milieu infini, mais dans un milieu fini, possédant ses « valeurs aux limites ».
 
Pourtant « l’économie » fonctionne depuis des millénaires !
 
Autrement dit, la question que l’on doit se poser est la suivante : comment se fait-il que nous en soyons là aujourd’hui ?
 
Pour de multiples raisons … qui se cachent dans les plis de l’histoire … de notre histoire à nous les hommes … qu’il nous appartient maintenant d’observer et d’analyser.
 
 
 
 
Finike, janvier 2008
 
de l’ordre marchand … à … l’Ordre Marchand 
 
3ème partie
 
le fil d’Ariane …

 
 
 
« Si j’ai bien toute ma mémoire
disait Dieu dans un coin du ciel,
j’avais commencé une histoire
sur une planète nouvelle, toute bleue
bleue, pour ne pas qu’on la confonde.
 
Je vais aller m’asseoir sur le rebond du monde
voir ce que les hommes en ont fait » ...
 
Francis CABREL – album « Samedi soir sur la terre »
 
 
 


Je vous invite à un étrange voyage …
 
… imaginez qu’un extraordinaire tour de magie nous propulse là haut, sur un nuage, en des temps très anciens et qu’il nous octroie l’immense privilège de pouvoir suivre les aventures, jusqu’à nos jours, des premiers hommes et des premières femmes ...
 
… prenons place … asseyons nous sur le bord du nuage ... (merci Francis Cabrel, désolé de vous plagier !)
 
… notre regard couvre l’immense territoire bordé à l’Est par l’océan Pacifique, à l’Ouest par l’océan Atlantique, au Nord par la Mer du Nord, au sud par la mer Méditerranée, ainsi que l’ensemble des terres « méditerranéennes » du continent africain …
 
… observons …
 
… il y a bien longtemps …
 
… la quête de la nourriture, essentielle à leurs survies, condamne au nomadisme des milliers d’unités familiales dispersées sur la surface de la terre ...
 
… leurs chemins se croisent. Les familles s’opposent, certaines s’anéantissent quand d’autres s’unissent pour constituer clans ou tribus.
… plus tard, dès lors qu’ils possèdent quelques rudiments d’élevage et de culture, ces tribus, pour partie se sédentarisent en des lieux propices, quand d’autres préfèrent continuer leur vie de nomades…
 
… au fil des ans, les besoins grandissants issus d’une population croissante conduisent les sédentaires à étendre leur « territoire de vie ». Soumises aux mêmes impératifs, les tribus s’opposent en de violents conflits. Pas une seule tribu ne sera épargnée.
 
Quant aux autres, ceux restés fidèles à leur vie de nomades, ils parcourent de vastes étendus de territoires … découvrent de nombreux autres peuples sédentaires … aux us et coutumes différents … maîtrisant chacun des arts et des techniques spécifiques … disposant de nouveaux matériaux tels que le cuivre, le fer, l’argent, l’or, …, tous à l’origine de nouveaux outils de travail, de nouvelles armes …
 
Certains d’entre ces nomades comprennent l’avantage qu’ils peuvent tirer de leur situation de nomade … le commerce naît … avec … ses premières routes commerciales … ses premières «compagnies» … et deviennent sans l’avoir recherché … les premiers messagers … des nouveaux savoirs, des nouvelles techniques ... avec eux les « nouvelles » se propagent … à la vitesse du cheval … du chameau … du dromadaire … de la voile sur l’eau …
 
L’ «information » circule ! …
 
… et avec elle, les tribus prennent conscience … que leur survie n’est plus exclusivement liée à l’auto suffisance alimentaire mais qu’elle dépend aussi et dorénavant de leur capacité à défendre leur « territoire de vie »  … de l’importance de disposer des nouvelles « matières premières », sources de progrès et d’accès à de nouvelles armes.
 
Les plus « sages », parmi les tribus au sous sol peu généreux, se soumettent ou se placent sous la protection d’une tribu plus richement pourvue en « matières premières ». D’autres, plus « fières », s’opposent aux avancées territoriales de ces dernières et sont soit massacrées, soit viennent grossir le cheptel d’esclaves, soit se soumettent. Quand d’autres, plus agressives, tentent de s’emparer des territoires riches en « matières premières » … quelquefois avec succès …
 
… les tribus s’étoffent … forment des peuples … aux territoires de vie à géométrie variable… royaumes … empires …
 
Quant à nos nomades convertis au commerce … ils découvrent la « concurrence » et, avec elle … qu’ils ont eux aussi un « territoire » à conquérir … à protéger … à faire prospérer … le « marché » … et  ... la « part de marché » !
 
Avec ordre et méthode, avec application et pugnacité, telle l’araignée qui tisse sa toile, « l’ordre marchand » bâtit un réseau commercial parfaitement structuré, tel qu’aucun « territoire » n’échappe à ce maillage. Conjointement, nomades et sédentaires organisent cet « ordre marchand », créent de nouvelles villes, sortes de gigantesques comptoirs, dépôts, ou relais commerciaux. De nombreuses marchandises transitent entre Pacifique et Atlantique, entre mer du Nord et Océan Indien ... Extrême Orient (Chine, Mongolie), Russie, Inde, Moyen Orient, Afrique du Nord (donc Afrique centrale) et Europe de l’Ouest sont inter connectés par réseaux commerciaux interposés.
 
Là-haut sur notre nuage que comprenons nous ?
 
Qu’en ces temps peu éloignés, le monde quasi vierge n’est la propriété de personne … chacun veut sa part … cherche sa place … veut la bâtir … la conserver … la consolider … l’agrandir … que vies humaines et vie en société se mettent en branle, tentent de s’organiser, de se structurer ... que se combattre semble constituer la principale préoccupation des hommes …
 
Nous réalisons que c’est … à la formation de l’humanité qu’il nous est permis d’assister.
 
Cependant, tel l’iceberg, nous n’en percevons que la partie émergée … celle issue des activités et agitations … seul le bruit des armes parvient à nos oreilles …
 
Quant à sa partie immergée, … ce qui motive les hommes … les font agir … les raisons qui justifient leurs actions … comme leur état d’esprit … elle nous échappe...
 
… trop éloignés d’eux ... notre chair et notre esprit, à nous humains du 21ème siècle, ont depuis longtemps perdu la mémoire de ces temps lointains.
 
… vouloir comprendre le chemin emprunté par l’humanité nous impose de reconstituer celui suivi par la conscience des hommes.
 
De quoi avaient-ils conscience ?
 
On peut penser qu’aux premiers heures de l’humanité, passé et présent n’avaient aucun sens, car trop semblables.
 
Sa survie face aux grands phénomènes climatiques prime ses actions. C’est la Terre - la matière - en évolution qui impose sa vie à celle de l’homme.
 
Seul le temps de la Terre prévaut … l’homme, sans repère, ne dispose d’aucun temps en propre . 
 
Il lui faudra attendre plus de 100 000 années … que la Terre se calme … ou tout au moins se montre moins agressive envers lui ... pour ne plus s’en protéger et la fuir … se sédentariser … là où elle est généreuse … trouver une « tranquillité » inconnue jusqu’alors … développer son sens de l’observation … prendre conscience d’un temps … répétitif … annuel … des saisons … des récoltes ….récurrent … par lequel, entre passé et avenir, il vérifie que ce qui existe a déjà existé … et doit exister à nouveau selon un ordre prescrit … qu’il sacralisera … culture et moissons agencent son existence … se nourrir … disposer de réserves jusqu’au prochain cycle !
 
Il a besoin de viande … fait des échanges avec ses voisins … troque céréales contre viande …
 
… pas facile d’échanger un bœuf contre des céréales ! …
 
… apparaît la première monnaie, constituée ici ou là … de coquillages … en tant que décompte et témoin de l’échange … monnaie sans aucune valeur propre … l’homme a conscience qu’il peut échanger ce qui est crée … mais n’a pas conscience de créer quelque chose pour l’échanger !
 
La monnaie d’échange prendra de multiples aspects et formes, pièces et lingots métalliques feront leur apparition, mais toujours dans ce même cadre de conscience de l’homme !
 
Des millénaires et des millénaires s’écouleront ainsi ... lorsque les grecs … en ce « premier grand siècle des Lumières» (-700 à -500 de notre ère) vont révolutionner les consciences et … le commerce. 
 
Ils découvrent que si une monnaie a une valeur propre alors elle garantit une contre valeur … et vont fabriquer des pièces en or marquées d'un sceau qui en garantit le poids constant …
 
… inutile de les peser … il suffit de les compter ...
 
et du coup … découvrent qu’en faisant des échanges … ils peuvent obtenir de la monnaie ... !!!
 
C’est une révolution phénoménale des esprits … temps et espace se libèrent ... que l’on en juge :
 
… la récolte, (comme le bœuf, le mouton, le cuivre, le fer,….) convertie en monnaie par le marchand peut « perdurer » indéfiniment d'une année sur l'autre …
 
… le temps s’affranchit du cycle annuel, il n’est plus celui cyclique des récoltes ...
 
… le temps devient illimité …
 
… pour le marchand (ou négociant) peu importe le terroir d'où provient la marchandise ...
 
… d’ailleurs, peu lui importe cette marchandise … tout devient marchandise …
 
… le producteur devient tributaire du marchand ...
 
… l'espace devient illimité.
 
Il n’y a plus de limites … le « numéraire » ouvre de nouveaux horizons … à conquérir … la pensée se libère … tout devient infini …
 
L’infini s’empare de l’homme … il le verra partout …
 
Plongé dans l’extase de l’infini … subjugué par les fantastiques possibilités qui s’offrent à lui … l’homme ne prêtera pas suffisamment attention … au « revers de la médaille » … (2)
 
… il ne verra pas qu’une partie de cette monnaie prélevée lors de l'échange ne correspond à aucun bien crée ou service rendu (3).
 
… ce faisant, il n’a nullement conscience qu’il introduit dans le corps naissant de l’humanité … soit un antigène … soit un antidote … seule l’histoire apportera la réponse ... 
   
(2) Je ne doute pas qu’à cette époque, en Grèce, il y eut de nombreuses personnalités qui, les unes firent miroiter les avantages et bienfaits, quand d’autres dénonçaient les erreurs et dangers ...
 
(3) … et qu’il invente et introduit en même temps l'inéluctable inflation.
 
Que veut dire et par quoi va se traduire: « qu’une partie de cette monnaie prélevée lors de l’échange ne correspond à aucun bien crée ou service rendu » ?
 
Cela veut dire :
 
- que le «commerce ou négoce» qui achète un produit (quel qu’il soit) pour le revendre, ne produit aucun autre produit, autrement dit, ne produit rien en terme de nouvelle richesse, (4)
 
- qu’au coût d’achat du produit, le « commerce » va y ajouter un supplément qui prend en compte ses frais, son salaire et un bénéfice. C’est ce que devra payer en définitive l’acheteur du produit au marchand.
 
Résumons : le « commerçant » ne produit rien, et bien qu’il ne produise rien, dispose d’un salaire et fait un bénéfice !
 
- que cela revient à prélever du circuit économique une quantité plus ou moins importante de monnaies (d’argent pour employer notre jargon actuel).
 
- que ce prélèvement se fait au détriment de l’acheteur. Son seul effet est d’appauvrir l’acheteur puisqu’il réduit son « pouvoir d’achat ».
 
Prenons un exemple simple pour mieux faire comprendre le mécanisme. Supposons que les 100 élèves d’une commune déjeunent tous à la cantine de l’école. La commune va donc commander 100 repas auprès d’un professionnel de la restauration qui, lui, fera appel aux services d’un livreur. Imaginons que pour couvrir ses frais de livraison, se payer et faire un bénéfice ce livreur prélève 6 « plateaux repas ». Que va-t-il se passer ? L’école ne recevra que 94 repas au lieu des 100 demandés. Autrement dit : six enfants sur les 100 n’auront rien à manger. Je vous rassure … le directeur de l’école, va partager équitablement les 94 plateaux restant entre les cent enfants. Ce faisant chaque enfant recevra moins de nourriture! Puis il fera le nécessaire afin que les jours suivants 100 plateaux soient bien livrés ! La commune commandera 106 plateaux, payera ces 106 plateaux et répercutera ce surcoût aux familles … qui verront leur pouvoir d’achat amputé d’autant !
 
C’est exactement le même mécanisme et ses mêmes effets que le « commerce » met en œuvre sur l’ensemble des produits !
 
- ce prélèvement, effectué entre producteurs et consommateurs, constitue pour « l’ordre marchand » une source phénoménale, permanente (sans fin) et sans aucun risque d’enrichissement illimité et ce, quelles que soient les époques et les circonstances.
 
- seul l’ « ordre marchand », bénéficie de ce « privilège » incroyable et inique de s’enrichir indéfiniment sans fournir un effort et sans encourir un quelconque risque.
 
Imaginez que j’impose à tous les êtres humains de payer une taxe journalière (ou mensuelle ou annuelle) pour l’air que chacun respire et que je conserve pour mon seul usage personnel le résultat de cette collecte. C’est très exactement ce qui se passe avec « l’ordre marchand » !
 
(4) certes le « commerce » pour se réaliser va investir, en local, matériel, …, va créer des emplois, …, bref joue un rôle dans l’économie. Mais cela ne change en rien à la problématique de fond. En bout de chaîne, c’est invariablement le consommateur qui paye la totalité des coûts de revient du commerce : emplois, investissements, charges, publicités, …
 
et va se traduire par :
 
Une impitoyable concurrence. L’intelligence étant le bien le mieux partagé (il n’y a pas que la bêtise) tout le monde va vouloir s’engager dans le commerce. Tout le monde veut devenir « commerçant » ! En réalité, pas « tout le monde » ! En ces temps anciens et jusqu’à la révolution française par exemple, la très grande majorité des êtres humains ne sont pas libres: ils appartiennent aux seigneurs, rois ou empereurs …. Seules quelques tribus et les Grecs notamment se spécialisèrent dans le négoce. Au fil des ans et des siècles d’autres groupes ou individualités émergeront. Il n’est pas difficile de s’imaginer les luttes impitoyables que cette concurrence va engendrer … pour accéder et maîtriser les mines d’or … les matières premières … pour accroître chacun leur « part de marché » … pour s’assurer du monopole dans telle ou telle branche d’activité, …
 
Au cours des siècles « l’ordre marchand » va ainsi accumuler une fortune colossale placée entre les mains d’un nombre de plus en plus restreint d’individus.
 
Retournons un instant sur notre nuage : … au fait, où en étions nous ?...
 
« aux premiers matins qui suivent l’invention par Crésus (roi de Lydie) de fabriquer une nouvelle monnaie faite de pièces en or marquées d'un sceau qui en garantit le poids constant » ... (merci au souffleur !)
 
L’or … matière « noble et rare », jusqu’alors apanage et symbole du chef, change de statut. Il fait la monnaie. Il va faire la richesse sous réserve … soit de posséder une mine d’or … ou des « matières premières » … soit de faire du commerce.
Que je sache, depuis Crésus nul ne s’est enrichi par le seul fait de consommer, même en réglant ses achats avec une monnaie faite d’or !
 
Désormais, or et pouvoir vont se conjuguer de pair.
 
… s’approprier les régions aurifères … comme les régions riches en matières premières … disposer d’un accès libre et sûr à la mer Méditerranée (commerce intérieur) … disposer d’un tremplin en terres nord africaines (commerce avec le reste de l’Afrique) … et au Moyen Orient (commerce en liaison avec la mer Rouge et l’Océan Indien) … sécuriser les voies commerciales … deviennent autant de nécessités absolues pour tous les « royaumes » ... et constituent autant de raisons pour faire la guerre … guerres et conflits rythment la vie …

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Rhodes - Palais des Grands Maîtres – coffre- sculpture sur bois
 
L’important pour les « gouvernants (chefs de tribus, rois, empereurs, califes, sultan, …) n’est plus de disposer des « matières premières » en tant que de besoins essentiels à la communauté, mais de s’en rendre maître afin de les convertir en cette nouvelle forme de « richesse ».
 
Quant aux « marchands », aux réputations déjà peu flatteuses acquises lors du commerce régis par les «échanges» des siècles précédents, ils n’auront besoin de personne pour leur dicter la conduite à tenir.
 
« Gouvernants » et « marchands » semblent faits … pour s’entendre.
 
Les premiers ont besoin des seconds pour au moins deux bonnes raisons. La première est que « l’ordre marchand » constitue un incroyable «réseau d’informations». La deuxième est qu’ils ont et auront besoin de leurs réseaux et voies commerciales.
 
Les seconds quant à eux, savent qu’ils ne disposent d’aucune légitimité qui leur permettrait de se rendre maîtres des « matières premières » là où elles se trouvent. Ils ne peuvent ni s’équiper ni disposer d’une armée, puisque ce droit est exclusivement réservé aux « gouvernants ». En vérité, les marchands ne le souhaitent pas ; l’exclusivité du négoce dont ils bénéficient, repose (en ces temps là) sur le respect de la règle de ne jamais s’approprier les « matières premières ». Ils vont donc habilement évoluer dans l’ombre de chacun d’eux et, d’une certaine manière, se « servir » ou se « jouer » d’eux via leurs armées « légitimes » qui leur permettront d’une part, d’accéder à ces richesses et, d’autre part … d’éliminer les concurrents locaux implantés dans chaque contrée conquise.
   

Des siècles vont s’écouler … quand … là-haut, sur notre nuage … une anomalie capte notre attention, sorte d’écart singulier au processus continu qui s’offrait jusqu’alors à notre regard.
 
Intrigués, ajustons nos jumelles … zoomons … zoomons encore … une parcelle de terre envahit notre champ de vision …
 
… l’île de Rhodes …
 
… minuscule … face au géant qui lui fait face, à quelques milles nautiques seulement ... (6)
 
… minuscule … mais idéalement bien positionnée … à la frontière extrême du monde « occidental » et du monde « oriental » (moyen oriental) … passage emprunté et obligé pour toutes les voies commerciales maritimes reliant l’Est à l’Ouest et le Nord au Sud/Est… !
 
 
(6) l’Anatolie (territoire de l’actuelle Turquie)
 
 
 
Etonnante et stratégique île de Rhodes !
 
… pourquoi subit-elle autant d’attaques violentes alors que, contrairement aux autres contrées, elle vivait en paix depuis plus de 150 années ? …
 
… là-haut sur notre nuage … agitation et fébrilité s’emparent de nous… en quels temps sommes-nous ?
 
… début du XVIème siècles (de notre ère) déjà !
 
Il ne fait aucun doute que les incessants conflits et guerres polarisèrent notre attention et que nombre d’évènements ont échappé à notre vigilance.
 
… manque un maillon …
 
… évoluant dans l’ombre des « gouvernants », les évolutions de « l’ordre marchand » furent imperceptibles …
 
… et ne pûmes discerner l’étape par laquelle il va passer d’un état désordonné à un état ordonné, basculer du statut général d’«ordre marchand » au statut bien particulier d’«Ordre Marchand » parfaitement structuré …
 
… nous n’avons pas su voir l’Empire BYZANTIN dans ses œuvres de reconquêtes territoriales, commerciales et industrielles … parvenir … menaçant … aux portes de l’Occident …
 
… nous n’avons pas su voir l’Empire ABASSIDE prendre le contrôle des terres, des voies commerciales et du commerce du Moyen Orient, de l’Afrique du Nord et … de l’Espagne …
 
… nous n’avons pas su voir que non seulement les ressources de «  l’ordre marchand occidental » s’en trouvent considérablement réduites, mais qu’il se voit, lui, condamné à disparaître à brève échéance si rien n’est engagé pour tenter de le dégager de cette mauvaise posture …
 
… nous n’avons pas su voir que les « gouvernants » des pays occidentaux (Angleterre, France, Empire Germanique, Italie, Hongrie, Pologne, Russie) empêtrés dans d’interminables conflits internes ou conflits externes de territoire ne sont pas en mesure d’apporter à « l’ordre marchand » le soutien et l’aide dont il a besoin !
 
... et qu’ils lui donneront … « carte blanche » … afin de résoudre son problème !
 
Instrumentant la ferveur religieuse (reprendre le Saint Sépulcre aux mains des « infidèles »), s’appuyant sur la misère des plus démunis fascinés par la fausse promesse de trouver fortune, ils vont réussir l’exploit de constituer une armée de 600 000 malheureux (gueux) …
 
… 500 000 hommes recouvreront le sol de l’Anatolie … ils ne seront plus que 100 000 pour reprendre, le 21 octobre 1097, Antioche aux Turcs … s’emparer de Jérusalem … et fonder un royaume franc (latin) en Palestine …
 
Fortifiés par ce retentissant succès, confortés dans leur stratégie, « l’ordre marchand » va profiter de cette situation avantageuse pour s’émanciper définitivement du pouvoir royal.
 
S’appuyant judicieusement sur l’Eglise, « ordre marchand » et « Ordre Religieux » vont créer à Jérusalem en 1119 l’ordre des TEMPLIERS ... l’« ordre marchand » via l’Ordre des Templiers s’organise, se structure …
 
… ainsi naquit … l’« Ordre Marchand » …
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Croix des Templiers
Le roi, par ailleurs fondateur du royaume de Jérusalem, Baudoin I de Boulogne, leur octroie pour siège la mosquée Al-Aqsa s’élevant sur l’ancien emplacement du temple de Salomon (d'où leur nom de Templiers). Officialisé par le Pape Honorius II lors du concile de Troyes en 1128, l’Ordre des Templiers va bénéficier d'une indépendance totale par rapport aux rois. Les Templiers ne dépendent que du Pape ! En parallèle, l’Ordre du Temple développera un second ordre: l’Ordre des Hospitaliers (ou des Frères Hospitaliers).
 
Début du XIIIe, l’Ordre des Templiers dispose d'une force militaire impressionnante de 15 000 hommes dont 1500 chevaliers, bien plus que n'importe quel roi aurait pu en lever.
 
Fort des fortunes et avoirs des membres de « l’ordre marchand », l’Ordre des Templiers assure l'intendance économique de 2000 à 3000 commanderies en Europe, dont 1200 en France. Le Temple de Paris, véritable forteresse, devient le centre des opérations financières pour toute l'Europe Occidentale et le Maître du Temple y réside.
 
En Terre Sainte, il possède une armée régulière et permanente : celle du royaume franc de Jérusalem et vont construisent de nombreuses forteresses (Kraks) pour contrôler leurs territoires. Campé sur une hauteur, le Krak permet de surveiller toute irruption des arabes sur la côte. Ce faisant l’Ordre maîtrise la Syrie entière car il isole l'arrière pays de sa façade maritime.
 
L'Ordre immensément riche, se mue rapidement en ce qu’il voulait devenir : une redoutable puissance économique indépendante. Il devient l'une des principales institutions financières du monde occidental. L’Ordre est le banquier de l'Eglise et des rois d'Occident. Il prête des sommes conséquentes et développe l’attestation de crédit.
 
Mais … fin du XIIIe la masse populaire s'interroge sur sa légitimité …
 
… leur inactivité, leur arrogance et leur statut d’"intouchable" jettent le discrédit sur eux … la méfiance du peuple est attisée par tant de richesses, par le luxe ostentatoire dans lequel vivent certains d’entre eux !!! …
 
… l’Ordre devient plus puissant que le roi ... la royauté supporte mal de ne pas pouvoir contrôler l’Ordre …
 
... Philippe IV Le Bel*, aux prises avec de graves difficultés financières et en conflit avec la papauté, n’accepte plus que ces puissants et riches chevaliers, installés sur son royaume, ne dépendent que de la seule autorité du Pape … … il s’en suivra le procès qu’il intenta à l’Ordre des Templiers … nombreux … dont le Grand Maître, périront par les flammes.
 
Après une ascension fulgurante (1118 - 1308), l’Ordre du Temple disparaît du royaume de France …
 
… l’Ordre disparaît… pas l’Ordre Marchand …

… qui … tel le Phénix … renaît de ses cendres … en 1309 … sous les couleurs des « Chevaliers de Saint-Jean ».
 
Ils se rendent maîtres de l’île de Rhodes et des îles du Dodécanèse (ceinturant l’Anatolie) qui appartiennent aux Grecs… et deviendront … les « Chevaliers de Rhodes ».

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Rhodes - Palais des Grands Maîtres 
 
Dans les campagnes, la majorité de la population est composée de Grecs autochtones (les « parèques »). Afin d’assurer l’assise sociale dont ils auront besoin, les Chevaliers de Rhodes vont peupler toutes les campagnes du Dodécanèse de colons originaires d’Europe occidentale.
 
Les possessions des Chevaliers de Rhodes ne se limite pas au Dodécanèse (Rhodes et autres îles). Ils possèdent d’immenses et riches propriétés dans l’Europe entière, du Portugal jusqu’au Danemark jusqu’à la Hongrie et la Bohème, et de l’Angleterre jusqu’à Chypre.
 
Rhodes se transforme en avant poste de l’Occident et en escale majeure pour le commerce entre l’Europe et l’Orient.
 
L’Ordre des Hospitalier réapparaît sous une autre forme au sein même de l’organisation des Chevaliers de Rhodes, sous la désignation « d’hospitalier ». Non seulement il avait la responsabilité des soins prodigués aux malades de l’Hôpital, mais il était aussi responsable des services en charge des pauvres, des veuves, des orphelins et des nécessiteux en général. Présentées comme actions purement philanthropiques, ces services constituaient en réalité des soupapes de sûreté au profit des classes dominantes, limitant, dans la mesure du possible, l’apparition d’éléments anti-sociaux et marginaux du fait de la pauvreté. En même temps ces services agissaient préventivement et limitaient les causes d’insurrections populaires.
 
Etablis définitivement à Rhodes, les Chevaliers de Rhodes – « l’Ordre Marchand » - désormais acteur incontournable sur les plans politiques et militaire, va partager de pair avec les autres puissances actives en Méditerranée orientale, les mêmes visées ou presque : l’acquisition de têtes de pont en Asie Mineure et au Moyen Orient et le contrôle des voies commerciales entre l’orient et l’Occident. En 1334 l’Ordre Marchand via les Chevaliers de Rhodes conclue une alliance avec le Saint-Siège, la France, Venise et Chypre.

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Rhodes- Palais des Grands Maîtres – Grand Maître
 
Il est curieux de constater que, malgré la haine et l’hostilité mutuelles qui caractérisent les relations entre Turcs et les Chevaliers de Rhodes, elles seront oubliées dès lors qu’il sera question de l’intérêt économique commun. Ainsi, le traité de paix conclu le 2 décembre 1451 entre les Chevaliers de Rhodes et Mehmet II le Conquérant stipule : « les marchands … se déplaceront … se livreront à leurs occupations et à leurs négoces sans tracas et sans dangers … » … étonnant non ?...
 
Les Turcs prendront la juste mesure du danger que représente la présence des Chevaliers de Rhodes et engageront, en 1480, le premier siège de l’île. La bataille, perdue par les Turcs, fut des deux côtés terriblement meurtrière.
 
Ils reviendront un peu plus tard, sous le règne de Soliman et sous la conduite d’Ahmet Pacha, mieux préparés. Le siège durera 6 mois (26 juin 1522 - 2 janvier 1523) et fera près de 60 000 victimes.
 
A l’aube du 01 janvier 1523, les Chevaliers de Rhodes et 4000 colons quittent l’île de Rhodes en direction de la Crète où ils se réfugient. De là iront en Italie. Pour s’installer finalement sur l’île de Malte où ils continueront à s’opposer à l’Empire Ottoman. Abandonné par l’Ordre Marchand, ils y demeureront jusqu’en 1797, année où Napoléon s’emparera de Malte. Ils finiront piteusement à Rome en 1830 et se consacreront uniquement aux soins des malades.

De ses deux premières tentatives, via les Templiers et les Chevaliers de Rhodes, l’Ordre Marchand retirera cinq leçons majeures :
 
- la première immédiate : que la maîtrise du Moyen Orient s’avère grandement compromise par les résistances des Turcs et des Arabes et donc incertaine,
 
- la seconde: « qu’il ne faut jamais courir après deux lièvres à la fois »,
 
- la troisième: la discrétion,
 
- la quatrième: la prudence,
 
- la cinquième: la patience !
 
Avec l’échec des Chevaliers de Rhodes, l’Ordre Marchand disparaît du devant de la scène internationale. Il se rangera sagement aux côtés des gouvernants.
 
Par ce que l’accès à l’Orient est désormais incertain, l’Ordre Marchand n’a pas d’autre alternative que de se retourner vers l’Ouest, de relancer le processus qu’il avait initié avec Christophe Colomb et d’investir massivement dans l’exploration de ce « nouveau monde » inconnu. 
 
Nombreuses seront les expéditions…
 
… avec elles … entrerons dans l’ère de la « colonisation » de l’Amérique (du Sud, Centrale et du Nord).
 
… les richesses abondent … l’euphorie s’empare du monde occidental.
 
… à bout de souffle, son « expansion » bloquée à l’Est, l’Europe Occidentale va retrouver forces et vigueur … les potentialités et richesses que « l’Amérique » lui offre, dépassent l’entendement d’alors. … 
 
Revers de la médaille : la conquête de ce nouveau continent est source de nouveaux conflits entre pays de l’Europe Occidentale … chacun veut sa part du gâteau …
 
… gigantesque ruée vers l’or …
 
… émergence d’un grand pays …future grande puissance de la planète …
 
… découverte … de « l’or noir » …
 
… nouvelle ruée vers « l’or noir » …
 
… nouvelles promesses de richesses … nouveaux eldorados …
 
… l’Ordre Marchand « revient au pays » … plus riche et plus fort que jamais … derrière les Etats-Unis d’Amérique … protégé du drapeau américain … s’empare du Moyen Orient et de ses sous sols riches en pétrole … « colonise » le Moyen orient … quand l’Europe se contentera de coloniser l’Afrique et ses pays du Nord pourvus eux aussi en pétrole et en gaz …
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