Partager l'article ! le Ramadan: Monastir, le 29 octobre 2005 Le Ramadan Je te fais ce courrier en période de Ramadan, il devrait s’achever dans quelques ...
Monastir, le 29 octobre 2005
Le Ramadan
Je te fais ce courrier en période de Ramadan, il devrait s’achever dans quelques jours au début du mois de novembre. Il s’agit du premier Ramadan que nous vivons in situ. Je ne pourrai donc te livrer que des premières impressions, sans aucun recul.
A l’évidence, il est un moment important pour toute la société tunisienne. De ce que nous pouvons voir, tous sont concernés et une grande partie des activités du pays adopte un autre rythme. A l’exception des bars qui sont fermés, la quasi-totalité des commerces fonctionnent le matin. Autant hors Ramadan la vie est trépidante, autant en cette période elle paraît au ralenti. Bien qu’il soit difficile à supporter pour tous, puisqu’il leur est interdit de manger, de boire, de fumer, …, durant le jour, le Ramadan est une véritable fête.
Ce coté festif n’est pas apparent les premiers jours : les organismes doivent s’habituer, la difficulté éprouvée par chacun est visible, leur jovialité est «aux abonnés absents», ils sont plus nerveux, plus tendus, bref, c’est dur pour eux ! Passée une semaine, les organismes habitués, alors ils redeviennent comme avant. Ce coté festif explose et se concentre essentiellement tout autour et dans le marché couvert, c’est-à-dire au point central et principal des commerces d’alimentation de la ville. L’après-midi, les terrasses des bars et des rues qui lui sont adjacents se peuplent, d’une kyrielle de petits commerçants ambulants. Tu trouves là jouets, bibelots et aliments que tu vois pour la première fois ou en plus grande quantité ou sous de nouvelles variétés. Entre 12h et 16h toute la ville semble se donner rendez-vous ici. Nous nous régalons: imagine de nombreux stands tenus par de petits artisans qui te proposent variétés de gâteaux et de pains confectionnés «à la main», parfois sur place.
Nous avons « nos » artisans préférés, ceux dont nous apprécions plus particulièrement leurs produits et savons maintenant comment consommer certains gâteaux fraîchement confectionnés types « merveilles » ou fourrés aux amandes et aux cacahouètes afin qu’ils soient craquants sous la dent ou moelleux à souhait et qu’ils délivrent leur maximum de saveur !
Imagine de petits camelots, qui, à l’aide d’ustensiles rudimentaires, confectionnent pains et gâteaux infiniment meilleurs et 5 fois moins cher que le commerçant établit dont l’étal est à peine distant de 10 m. Plus extraordinaire : la présence des premiers ne diminue en rien la clientèle du second !
A 16h30 précises, les commerces du centre ville et de la périphérie abaissent leurs rideaux, les rues commencent imperceptiblement à se vider, les marchands ambulants rangent leurs étals au milieu des clients retardataires. A 17h, la ville est plongée dans un incroyable et impensable silence. C’est très impressionnant. La vie semble avoir déserté la cité. Tous sont rentrés chez eux. Je les suppose joyeux dans la préparation du premier repas qu’ils vont faire et en même temps fébriles dans l’attente du coup de canon qui les délivrera du jeûne jusqu’au lendemain matin. Ce n’est que plus tard, vers les 21 heures, qu’une vie nocturne prend la relève.
Monastir : mausolée Bourguiba