Monastir, le 28 octobre 2005



La religion Islamique en terre Tunisienne.



Il est dit et écrit que la Tunisie est le pays le plus libéral du Maghreb. Ne connaissant pas encore les autres pays musulmans, je ne pourrai te décrire que ce que nous voyons ici. Concernant la religion notre surprise fut grande. Elle est discrète : sa présence dans la vie quotidienne n’est ni plus ni moins prégnante que celle, par exemple, de la religion catholique en France.

Minaret de la Grande Mosquée de Monastir


Si l’on rentre plus profondément dans le domaine strictement religieux alors le contraste est particulièrement frappant entre ce que nous avons vu et vécu lors de notre séjour en Sicile et ce que nous voyons et vivons ici depuis notre arrivée.

Aux nombreuses chapelles, églises, cathédrales et basiliques qui quadrillent toutes les grandes villes siciliennes et dont les sons des cloches rythment la vie religieuse, aux milliers d’images pieuses qui en Sicile ornent les magasins, les édifices publics et toutes les façades des maisons individuelles, à la foultitude de magasins siciliens qui proposent toutes sortes de « bondieuseries », seuls la mosquée et son minaret et cinq appels à la prière par jour témoignent, ici en terre tunisienne, de la présence de la religion.

Le contraste est encore plus saisissant lorsqu’on compare les lieux de culte. Chapelles, églises, cathédrales ou basiliques siciliennes sont toutes richement habillées tant extérieurement qu’intérieurement. Les statuts de saints, de vierges, d’apôtres, de prophètes, de martyrs, de Jésus, de Dieu, ... foisonnent. L’intérieur de ces édifices comporte, de plus, de somptueux tableaux et peintures murales.

 

Les scènes qu’ils décrivent sont le plus souvent violentes, terrorisantes ou apocalyptiques.



Notre étonnement fut grand de constater qu’en aucun de ces lieux de culte ne régnaient ni la joie ni le bonheur, que seules, l’architecture des bâtiments, la noblesse des lignes et des courbes, la beauté de la géométrie, …, apportent cette impression de paix et de sérénité.

Une exception toutefois : l’extraordinaire basilique de Monréale exempte de toute violence.


Cloître de Monréale



Je te conseille de la visiter en dernier, sinon tous les autres édifices risquent de te paraître particulièrement fades.

La mosquée, quant à elle, est un vaste espace clos, partiellement à ciel ouvert et dont la partie la plus visible est le minaret. Ni décors, ni statuts, ni peintures ou tableaux si ce n’est l’affichage de versets du Coran. C’est presque la nudité la plus parfaite dans un ensemble architectural simplement harmonieux.


Grande Mosquée de Monastir



Quant au «tchador» et au «voile», je ne suis pas sûr qu’ils puissent être considérés uniquement comme des signes ostentatoires d’une appartenance religieuse. En ville ils sont portés par un nombre limité de femmes de toutes les générations, quel que soit le niveau social: un peu plus par les grands-mères, un peu par les mères et un très peu par les jeunes femmes. La situation est identique chez les hommes portant djellaba et foulard. J’ai seulement observé que l’on en voit beaucoup plus dans les campagnes. Quant à la majorité elle s’habille en tentant de s’accommoder avec la mode occidentale. Cette appartenance religieuse pourrait éventuellement être identifiée pour une faible minorité de femmes, de tous âges, qui se baignent revêtues du tchador.


De vivre parmi eux et donc de les voir évoluer, me conduit à penser que ces vêtements sont devenus avec le temps une habitude, une sorte de coutume ou tradition vestimentaire. Plus encore, j’ai l’impression qu’ils correspondent précisément aux conditions climatiques et à l’environnement spécifique à l’Afrique du Nord. Autrement dit, ici, comme dans les autres contrées du monde, l’homme s’adapterait à la nature et vivrait en harmonie avec elle.

Christine et moi-même apprécions de voir ces femmes et ces hommes revêtus de leurs habits traditionnels: c’est tout simplement beau, élégant et harmonieux. Notre intolérance nous fait regretter qu’ils ne soient pas tous ainsi vêtus !


Les très jeunes sont sensibles à la mode sportive occidentale, à tel point que plus de la moitié des vêtements vendus dans les souks sont constitués de maillots de football des équipes nationales et de certains joueurs connus dans le monde entier. Le « Jeans » est omniprésent. Rien ne permet de distinguer les jeunes d’ici, garçons ou filles qui te précèdent dans la rue, des nôtres : rien de nouveau sous le soleil de la jeunesse !

 

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