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Finike, octobre 2007
de Xania à Istanbul
d'escale en escale
troisième partie
De ce que nous avons pu voir à ce jour, la façade maritime turque présenterait deux types de reliefs : un relief tout en douceur entre Istanbul et Ayvalik constitué de plaines assurant une continuité entre la mer et les montagnes situées plus en retrait et, un relief plus abrupt fait de massifs montagneux plongeant directement dans la mer entre Ayvalik et Finike.
Ainsi, vue de la mer, cette partie côtière montagneuse de la Turquie offre un spectacle grandiose, sorte de monumental « château fort » naturel dégageant une impression de puissance et le sentiment d'impénétrabilité. Barrière infranchissable !
Golfe de Göçek / Féthiye
A quelques milles nautiques on ne perçoit qu'une masse compacte, rien ne permet de distinguer golfes ou baies. C'est seulement à l'entrée de la baie ou du golfe que l'on est en mesure de discerner son contour. De nombreux hauts fonds, petites îles et rochers rendent l'approche dangereuse. Aujourd'hui, les cartes bien renseignées permettent d?éviter ces dangers. Ici, le plus court chemin n'est pas la ligne droite ! Il faut serpenter entre tous ces obstacles. La ville, le plus souvent située en fond de baie ou de golfe, comme les petites baies intérieures ou criques, ne sont visibles qu'au dernier moment. Rien ne permet de les distinguer de loin.
Ainsi des golfes de Bodrum, de Datça, de Marmaris, de Göçek, de la rade de Kekova, ...
Rade de Kekova
La nature y est à la fois sauvage et grandiose. Le spectacle est phénoménalement beau.
Trop beau !
Baie de Marmaris
Baie dans le golfe de Göçek
Le tourisme s'en est emparé et constitue une source de revenu fort importante pour cette région côtière.
Les plages de sable fin comme celles que nous connaissons en France sur la Côte d?Azur ou sur la Côte Landaise sont ici rares.
Gemiler Adasi
Le tourisme se développe donc sous d'autres formes. Pour l'essentiel il se résume aux visites des nombreux sites (anciennes colonies grecques) et aux croisières à bord de goulettes (sorte de goélette) ou de caïques. Ces croisières peuvent être d'une journée ou pour les plus riches s'étaler sur une ou deux semaines. Chaque ville touristique située en bord de mer possède plus de 100 embarcations « journalières » de toutes dimensions.
Chaque jour ces bateaux conduisent les touristes en des lieux paradisiaques où ils pourront se baigner, dégusteront à bord les spécialités locales ou iront déjeuner dans un des multiples petits restaurants installés là en bord de mer.
Göçek
Ainsi, pour nous navigants, les mois de juillet et août ne sont pas de tout repos dés lors que l'on se situe en Turquie ou sur les îles grecques jouxtant ce pays. Ce sont des centaines d'embarcations de ce genre que nous croiserons, mais surtout que nous retrouverons dans toutes les baies ou criques, qu'elles soient petites ou grandes ... et qui lâcheront leurs hordes de touristes. De 11 heures du matin à 18 heures le soir ce ne sont que cris et hurlement d'enfants et d'adultes qui se défoulent, le tout accompagné d'une musique spécifique « vacance ».
Et, au petit matin, la désagréable surprise de constater que la surface de l'eau est maculée de tous les déchets que ces bateaux de croisière se débarrassent sans scrupule et sans vergogne ! Tout y est : restes des repas, gobelets et bouteilles en plastique, emballages divers, épluchures, serviettes en papier, ...
Et, au petit matin, la désagréable surprise de constater que la surface de l'eau est maculée de tous les déchets que ces bateaux de croisière se débarrassent sans scrupule et sans vergogne ! Tout y est : restes des repas, gobelets et bouteilles en plastique, emballages divers, épluchures, serviettes en papier, ...
Quant aux canettes de bières en verre ou en métal elles tapissent le fond marin ! Invariablement, la risée du matin va pousser tout cela soit vers le large, soit vers la côte ... Parfois certains procèderont à la vidange complète de leurs cales. La surface de l'eau est alors recouverte de nappes noires, mélange de fuel, d'huiles, de graisses et d'eau saumâtre.
Nous mouillerons dans les baies de Marmaris et de Göçek, très près du centre ville de chacune, nous ferons escale dans la marina de Kusadasi et de Kalkan et partout ferons le même constat. La mer y est particulièrement polluée et, en l'absence de vent, dégage une odeur nauséabonde. Cette zone d'eau impropre est vaste. Elle s'étend très en avant de la ville et semble lentement mais sûrement progresser. Tôt ou tard la plus grande partie des eaux de ces golfes deviendront insalubres. Et bien avant cette catastrophe annoncée, le tourisme aura cessé. Là aussi, nous assistons, impuissants, à une exploitation honteuse des ressources naturelles, de l'outil de travail ». On l'use, on en abuse ...sans qu'un centime ne soit, en retour, investi dans son maintien en état. Ici aussi, on tue « la poule aux oeufs d'or » ! Cycle infernal qui ne cesse de se répéter et dont personne semble vouloir tenir compte.
C'est à ceux qui exploitent ces richesses naturelles, qui appartiennent à tous, de réinvestir une partie de leurs gains dans le maintien en état de leur « gagne pain ». C?est aux villes à faire l'effort important d'investissement dans le traitement des eaux usées. C'est à l'Etat enfin qu'il appartient d'éduquer dès l'école primaire sa jeunesse, comme ses administrés, au respect de la nature : ne 'rien jeter au sol ou à la mer,...
... sentiment prémonitoire d'artiste ?
Sachons entendre, sachons comprendre, sachons décrypter le message véhiculé par cette poignante statue placée à l'entrée du petit village de Gümüslük ...