Partager l'article ! d'escale en escale - 2: Finike, octobre 2007 de Xania à Istanbul d'escale en escale deuxième partie Les cartes marines ne ...
Finike, octobre 2007
de Xania à Istanbul
d'escale en escale
deuxième partie
Les cartes marines ne sont pas exhaustives quant aux informations utiles aux plaisanciers telles que : savoir où l'on peut mouiller, où se trouvent les marinas et les ports accessibles aux bateaux de plaisance, ce que l'on trouvera en terme d?approvisionnements dans tel port ou tel village, .... Des guides maritimes ont ainsi fait leur apparition. Parmi ceux-ci, les plus usités sont les guides IMRAY.
L'IMRAY est au plaisanciers ce que « le Routard » est au terrien ! S'ils ne sont pas parfaits, s'ils comportent de nombreuses erreurs, ils ont toutefois l'immense intérêt d?exister pour tous ceux qui vont découvrir un pays par voie maritime et l'avantage de constituer une base élémentaire de données à partir de laquelle chacun peut s'appuyer pour explorer d'autres possibilités.
Ainsi, alléchés par son nom et la description idyllique faite dans l'IMRAY, nous décidâmes d'aller mouiller (jeter l'ancre) dans la Baie du Paradis, une des multiples baies que comporte la grande baie de Kazikli en Turquie. Le guide IMRAY précisait bien qu'il y avait quelques fermes marines mais comme nous ne savions pas, par inexpérience, ce que cela pouvait bien dire, nous y allâmes confiants !
Il n'y a pas « quelques fermes », mais beaucoup de fermes ... dès son embouchure au large : deux fermes ... puis une ou deux fermes dans chaque petite baie ... bref il y en a partout ! C'était la première fois que nous en rencontrions et passâmes près d'elles afin de « voir » ce qu'il en était ... Un oeil fixé sur le GPS, l'autre sur le spectacle offert ... du gavage des poissons. Plusieurs employés passent de bassin en bassin et tels « la semeuse » distribuent généreusement les granulés. La surface de '?eau bouillonne ! Les poissons affamés se précipitaient ...
... parvenons dans la « baie du paradis » ... pas d'autre voilier ... la tranquillité ...
baie du Paradis - grande baie de Kazikli - Turquie
Notre joie sera de courte durée !
L'eau est particulièrement chargée en particules blanchâtres et grises. Il se dégage d'elle une odeur prégnante et désagréable de farine animale. La plage est partout souillée de détritus et de sacs plastiques. Des cabanes de fortune en bois, à la limite du taudis, ont été construites. Elles servent de logement aux ouvriers de ces fermes. Femmes et enfants y vivent. Tout autour de ces cabanes, un véritable dépotoir. Les éboueurs ne viennent pas jusque là !
baie du Paradis - grande baie de Kazikli - Turquie
Dépités, nous fuyons !
Hier, « baie du Paradis » ... aujourd'hui, « baie du Purgatoire » ... demain, « baie de l'Enfer » ?
Ferme marine - grande baie de Kazikli - autre crique - Turquie
Nous passerons plus d'une heure et demie à chercher une baie où nous pourrions jeter l'ancre. Nous en trouverons une, située au fond de la grande baie. Deux heures après, le temps nécessaire pour déjeuner, nous en repartirons malgré un fort mauvais temps pour naviguer. Ici aussi l'eau est polluée et dégage la même odeur forte de farine animale. Ici aussi des milliers de sacs blancs, des milliers de bouteilles et de bacs, tous en plastique, jonchent les berges. Impossible de se baigner, impossible de savourer le paysage, impossible de rester.
Toute une grande baie, pourtant très belle et sauvage, se trouve aujourd'hui entièrement polluée par cette activité somme toute récente d'élevage de poissons dans des fermes marines. Inexploitable pour le tourisme ! Même nous, plaisanciers, sommes conduits à la fuir !
Il ne suffit pas aux hommes d'avoir, par bêtise et cupidité, vidé cette mer de ces poissons, les voici maintenant à l'oeuvre de destruction totale des mers Egée et de Marmara.
Nous verrons peu de chalutiers sur ces deux mers, seulement de nombreux petits pêcheurs indépendants. Le poisson est de plus en plus rare. Les fermes marines sont donc un prolongement logique afin de contre carrer cette pénurie. Elles devraient donc proliférer dans les années à venir.
Le moment est venu me semble-t-il pour prendre les mesurent qui s'imposent.
Que contiennent ces farines destinées à l'alimentation des poissons ? A-t-on évalué leur(s) impact(s) sur l'eau, sa faune et sa flore ? De même, a-t-on évalué l'impact, sur ces trois éléments, de la concentration des excréments issus de ces poissons d'élevage ?
La mer Méditerranée n'est pas parcourue par d'importants courants maritimes, golfes et baies sont donc moins sujets aux courants. Leurs eaux sont peu renouvelées. Les concentrations de ces deux produits ne peuvent qu'augmenter dans le temps.
Si les hommes ne savent pas prendre leurs responsabilités, la nature, ici la mer, se retournera contre eux et le châtiment sera terrible.
La nature peut se passer de l?homme. La réciproque n'est pas vraie.
Partout où nous sommes passés avec « Leptine », grandes villes, petites villes, villages nous constaterons une prolifération inouï de deux sortes d'algues : un algue couleur verte quasi fluorescente et une algue verte aux filaments très fins la faisant ressembler à un nuage. Partout ces deux algues détruisent la faune et la flore. Nous les verrons particulièrement à l'oeuvre sur certaines îles détruisant les algues habituelles que nous verrons flotter en quantité extraordinaire, ainsi que les moules (grosses comme une main !). Autre constat : on ne voit ni poisson ni crabe, petit ou gros, là où elles sont ! J'ai passé une matinée, sur la côte Est de la petite île de Türkeli Adasi en mer de Marmara, avec mon annexe au dessus des rochers à dégager une quantité phénoménale de ces deux algues pour découvrir dessous une quantité toute aussi impressionnante de grosses moules que ces algues étaient entrain d'asphyxier ou d'empoisonner !
Ces deux algues prolifèrent partout sans que quiconque montre le moindre signe d'inquiétude !
Leptine à Saraylar - île de Marmara - Turquie