Intermedes hivernaux grecs
!!!
Sommaire
"Mr Raoul",
Ravir Helene serait une chose,
Au centre du cercle ...,
J'hallucine !!!,
Au nom de quoi faudrait-il se taire ?,
Restituer les oeuvres d'art et antiquites,
Intermedes hivernaux grecs
!!!
Sommaire
"Mr Raoul",
Ravir Helene serait une chose,
Au centre du cercle ...,
J'hallucine !!!,
Au nom de quoi faudrait-il se taire ?,
Restituer les oeuvres d'art et antiquites,
Xania, le 15 Septembre 2006.
“Mr.RAOUL”
Nous partîmes avec un projet de navigation. La réalité nous apprendra au fil des jours à ne plus avoir de programme …
Je souhaitais que mon « Carnet de voyage » respecte une certaine philosophie, cette même réalité m’imposera là aussi à ne plus suivre de règles arbitraires.
Merveilleuses écoles que la vie et le voyage faisant qu’aujourd’hui je ne suis plus le même et ne vois pas à l’identique la même chose qu’hier.
J’aimerais tant maîtriser l’art de l’écriture afin de faire une apologie mémorable du voyage. Je rêve de trouver les mots, verbes, adjectifs, ..., justes et parfaits, qui assemblés en quelques phrases simples et limpides donneraient l’envie irrésistible de parcourir le monde, d’aller, l’esprit serein, à la rencontre de l’autre, de tous les autres.
« Mr. RAOUL » ? : … justement notre première rencontre ... au terme de la première étape de notre voyage.
Minorque. Port de Mahon. Un superbe «Dufour 40» flambant neuf évolue d’une manière désinvolte, voire détachée, autour de l’unique ponton quasi vide auquel « Leptine » est amarré. Puis semble se décider à bien vouloir s’y poser. En bon marin, j’offre mon assistance pour la manoeuvre et ce d’autant plus que la dame n’a pas l’air très aguerrie en la matière !
« Mr.RAOUL » c’est le nom du bateau. Derrière « Mr.RAOUL » se dissimulent deux personnages: Line et Alain.
Difficile de discerner l’un de l’autre: ils sont complémentaires. Se dégage d’eux cette étrange impression que l’un sans l’autre ne serait rien, n’existerait pas, ne pourrait pas exister. Une seule nuance permet de les distinguer: lui seul écrit. Quant à Line, je suppose qu’en épouse attentionnée elle a droit à la «primeur» des élucubrations de son tendre époux. Tâche sûrement ingrate car le bougre semble disposer d’une capacité infinie: un cerveau, véritable bouillon de culture en alerte permanente, et une verve intarissable.
Aussi, que Line me pardonne, mais c’est d’Alain dont je parlerai le plus !
Quel est donc ce personnage ?
Je n’aurais jamais osé le décrire tel que lui-même a su le faire, de crainte d’en faire mon pire ennemi !
Il semble vouer un culte particulier à feu Bernard Blier et à l’un de ses films « Les tontons flingueurs ». Nous n’avons jamais vu ce film, il devient urgent de récupérer sa version en DVD.
Voyons donc comment il se présente lui-même:
« Ah, vous ne connaissez pas Monsieur RAOUL ?
Un usurpateur ! un schizophrène ! un malade mental j’vous dis !
Un voleur d’identité !
Vous le reconnaîtrez facilement, c’est un grand avec l’air con.
Si la connerie se mesurait, il serait à Sèvres, au Pavillon de Breteuil,
il servirait de mètre étalon…. »
A l’évidence, même si j’avais pu penser la même chose, il aurait été bien délicat et indélicat de l’écrire ! Cependant, cette haute honnêteté intellectuelle dont il fait preuve et qui l’honore, m’autorise à dévoiler d’autres facettes que ce personnage s’est bien gardé de présenter: pas fou le bougre !
C’est vrai: il est grand ! Grand et sec. Pas maigre ! Au visage «paillard» du gamin qui ne ratera pas la moindre occasion quand elle se présentera à lui.
A qui «ressemblerait-il» ? Quelle image donne-t-il de lui à travers ses écrits ? Peut-on le décrire d’une façon précise ?
Exercice difficile, car il est unique en son genre. Il aurait sa place au panthéon des artistes s’il voulait bien s’en donner la peine. Mélange complexe de « Duduche » par son aspect et démarche extérieurs, de Coluche pour sa gouaille et son franc parler, de Desproges pour son cynisme, sa causticité et une prose à la San Antonio, sans pour autant que Line soit Berthe … Il maîtrise avec brio une « vista » instantanée et décapante du monde extérieur, doublée d’une faculté «sortie on ne sait d’où» à la transcrire en quelques phrases courtes, pertinentes, percutantes et diablement hilarantes. Il confère à la phrase ce que « Paris Match » réserve à l’image : le choc ! Lui seul peut revendiquer la paternité de « la phrase choc ». Il a ce don de la phrase qui fait « mouche », de la phrase qui tue. Rien n’échappe à sa malice, rien n’est épargné par sa plume impitoyable. C’est Dallas en Ardennes ! Un « tueur né», un Lucky Lucke, que dis-je, le Cyrano de Bergerac de la plume: il dégaine vite le bougre et à la fin de l’envoi, il touche ! Il dégaine parfois trop vite ! Saurait-il être autrement sous peine de ne plus être lui-même ? Cruel dilemme dont il est pleinement conscient. A ce cocktail détonnant, ajoutez un ego à Q.I élevé et vous avez une image assez précise du personnage.
Sûr, une telle description pourrait faire imaginer un bonhomme abject, « imbuvable », bref imbu de sa personne ! Erreur ! C’est l’homme le plus courtois, le plus prévenant, le plus doux, le plus sympathique et le plus attachant qui soit. Si jamais il venait à croiser votre chemin vous ne le remarqueriez pas : c’est dire ! Au mieux vous constateriez qu’il marche très vite ! Ce qui n’a rien d’étonnant vu la longueur de ses jambes : son braquet est nettement supérieur à la moyenne. J’en ai fait moult fois l’expérience …
En dehors de celle qu’il voue à sa tendre Line, il aurait, a priori, deux autres passions: naviguer et écrire ses « délires ». Avec toutefois une singulière particularité : il ne navigue pas pour le seul plaisir de naviguer ! Non ! Ce serait trop simple ! Mais pour aller le plus vite possible. Son extrême jouissance est de rattraper les autres bateaux. Le pire est à craindre pour lui. L’affront le plus humiliant dont il ne se remettra jamais surviendra le jour où il se fera doubler !
« Mr Raoul » - Line à la barre.
J’ose à peine évoquer la « crise de foie » qu’il eut durant près d’une semaine lorsque nous nous engageâmes de concert dans la traversée de Minorque vers la Sardaigne.
A mon grand étonnement «Leptine» avec ses 16 tonnes « marchait » plus vite que son bateau calant les 8 ou 9 tonnes ! J’ai bien cru que notre amitié naissante allait brusquement tourner court, s’arrêter là quelque part entre Minorque et Sardaigne, tellement il était vexé du piètre exploit de son Dufour 40 flambant neuf. Il est vrai qu’il faisait triste mine son bateau avec sa grande voile ondulant et oscillant piteusement au vent. Des draps de lit assemblés à la va vite auraient donné les mêmes résultats visuel et portif.
Heureusement l’année suivante, après quelques réglages «top secret» du constructeur, «Mr RAOUL» assouvira pleinement les phantasmes sportifs de son propriétaire.
Prenons un instant une pause et savourons avec lui son obsédante quête de « la gagne », citons-le :
« … au loin, un voilier navigue à ma perpendiculaire.
Je persévère jusqu’à être dans sa poupe (Arrière du bateau, rien à voir avec la célèbre marque de yachts pour personnes âgées : POUP – POUP est russe – Poupées russes)
Je vire quand je suis dans son sillage.
Je tends le bras, place horizontalement mon petit doigt.
La hauteur du bateau est moitié du diamètre de mon petit doigt.
J’ai le bras long : 75 cm.
Mon petit doigt est petit 1,3 cm.
Donc, un rapide calcul nous apprend que cela représente un angle d’un degré.
Si le bateau est caché derrière moitié de mon petit doigt, cela représente un demi degré.
Sachant que la hauteur du bateau est d’environ 15 mètres, à quelle distance se trouve le bateau ?
- Pffff !!!
1718,00 mètres. (A peu de choses près, considérons un mille !)
L’age du capitaine ?
Deux petites heures plus tard, je suis à cent mètres.
Je vire juste avant d’être dans ses turbulences, obligé de surcroît par des cailloux émergeants.
Il vire.
Je grignote ma centaine de mètres et vire à nouveau.
J’étais bâbord amures, je deviens tribord amure et prioritaire, l’obligeant à passer derrière.
Et ! Vous savez quoi ?
Il vire !
Putain, sa manœuvre était prête, il avait prévu le coup !
Les virements sont quasi simultanés.
Je suis tombé sur un joueur, un emmerdeur bécretin, un casse couilles de mon acabit.
On est amis le temps de se faire signe…
Il s’affaire sur ses winches et moi de même, vous pensez !
… Et je le largue jusqu’à l’avoir à hauteur de la moitié de mon petit doigt : Un petit mille.
Age du capitaine : Une petite quarantaine !
Bateau : BAVARIA 38 MATCH.
Toujours pas de quoi pavoiser, diront les aigris, les ronchons, les grincheux, les amers, les pisse froid, les jamais contents.
Certes, mais l’an passé je me faisais passer par un ketch de trente tonnes à la quille de 10 mètres de long.
Le tout mené par un barreur sorti de sa première année des Glénan et tout juste admis en deuxième année, sans mention… grâce aux gammas GT.
Je ne cite pas de nom, j’ai du savoir vivre, de la délicatesse.
Parce que ça marche au Muscadet, aux Glénans.
Même que c’est écrit dans leur livre.
Et puis, si ça suffit à me rendre heureux, vous n’allez quand même pas me faire chier avec des détails ! »
Voyez bien qu’il est incroyable le bonhomme ! Que je n’invente rien ! Et parce qu’il est ainsi, je ne résiste pas au plaisir de consigner, en fin de ce chapitre qui lui est consacré, quelques extraits de ses délires.
Je lui souhaite de trouver un éditeur, ses écrits recevraient un énorme succès.
Cependant et bien qu’il déploie toutes ses capacités de roublardises afin de s’assurer des bons soins de Dieu, je crains que Dieu n’entende ses supplications.
«II» ne peut plus rien pour lui : la liste des heureux élus est close depuis longtemps !
Alain tu te trompes de Dieu !
Il est temps que tu parcoures et découvres la Gréce et ses dieux. Eux au moins n’ont jamais engendrés de «guerres de religions» ! Et si l’un de ces dieux est trop occupé, il y en a toujours quelques uns de disponibles, prêts à écouter le pauvre mortel que nous sommes !
Pas Dieu … depuis Saint-Paul … seul face à la multitude !
Veux-tu bien enfin, Alain, entendre cette évidence ?
Naviguer n’est pas neutre. La mer possède ce pouvoir redoutable et impitoyable de nous mettre face à soi-même. Impitoyable car elle ne peut attendre et accepter que soit reporté à demain ce qui doit être fait à l’instant même. Elle exacerbe nos déficiences, mets à mal nos convictions comme nos habitudes. La mer bouscule l’individu, le secoue, le chahute, l’ébranle au plus profond de ses fondations, se comporte en puissant catalyseur de ce que l’on doit devenir. Rien ne lui échappe et rien ne peut nous échapper de nous-même. Pas d’échappatoire possible!
Miroir redoutable ! Merveilleux miroir qui pousse à devenir soi-même et à vivre ce que l’on désire vraiment !
Nous n’avons pas échappé, Christine et moi-même, à cette «thalassothérapie».
Quel rapport avec « Mr Raoul » ? … Evident mon cher Watson !...
La mer n’accepte pas la demi mesure : c’est seulement avec nos «tripes» qu’elle accepte de dialoguer. Alors le pli est vite pris, quasi instantané, devenant instinctif, de vivre avec et selon « ses tripes », c’est-à-dire d’être réellement soi. Ainsi des contacts que l’on peut nouer avec d’autres navigants. Ca ne marche pas à tous les coups. Il y a beaucoup de déchets. Je suppose que « Mr Raoul » partageait avec « Leptine » ce même désir ou souci «d’être vrais», ce même besoin d’une relation franche exempte de toute considération restrictive.
Pouvoir échanger en toute liberté et quiétude. Ne pas juger, ne pas être jugé. Prendre les choses telles qu’elles sont. Liberté de pensées, liberté de penser, liberté de dire, liberté d’écrire, liberté de rire à en pleurer même des choses les plus graves … savoir écouter l’autre et ne pas se prendre soi-même au sérieux.
Ainsi naissent une amitié et l’envie de partager des moments.
Partager, voilà le maître mot !
Les quelques extraits de son « Journal de Bord » millésime 2006 donnés ci-après ne donnent malheureusement qu’un faible aperçu de son talent :
Sa rencontre avec les maltais et maltaises…
« … depuis que les invasions sont moins fréquentes, ils doivent se reproduire entre eux, en picolant comme des malades. Des gueules pareilles ne peuvent être que le résultat de consanguinités alcoolisées. Ils sont en général courts sur pattes avec de bonnes gueules de vainqueurs pour un dîner de cons »…
… avec des navigants autrichiens …
« L’un passe sa boutanche d’apéro local imbuvable (je le sais, on a acheté le même), l’autre sa bouteille de whisky, un autre encore un truc indéterminé.
Chacun goûte le breuvage de l’autre, se lèche les babines, s’essuie d’un revers gracieux de la main.
Et les femmes font de même. Avec la même classe.
Au goulot. Oui Monsieur.
Un avant goût !
On est loin de Sissi !
Ca va swinguer dans les carrés.
Il va y avoir de la culbute dans les cambuses.
De la turlute dans les coursives.
C’est des bateaux de loc. A cette heure, ceux à éolienne et panneaux solaires deviennent exception.
Ca veut dire trois ou quatre couples par bateaux.
Y a de la partouze dans l’air, moi je vous le dis, parce que l’alcool ça incite la bourgeoise au dévergondage, le coincé du calebar à l’exhibitionnisme, au coït divergent, au multipartisme, à la polygamie, à la polyandrie, et pour finir à la polyarthrite.
Parce que, à cet age, un kamasoutra mal interprété et hop, on se retrouve sur un brancard aux urgences à raconter au bon Docteur Keappler de service que c’est en voulant déboucher le lavabo qu’on s’est retrouvé avec la tête sous la jambe et le dévidoir à Sopalin dans le cul.
Et vous croyez qu’il vous croit ? »
… des touristes français,
« Le 4 juin :
Il fait toujours ce temps de merde.
Des Français échappés d’un voyage organisé, s’installent au cul du bateau. Ils devisent fort pour qu’on entende : « Tiens, « Monsieur RAOUL », des Français » !
Ils cherchent manifestement à discuter.
C’est fou ce que le bateau fait rêver les gens.
Ils posent dix questions à la minute. N’en reviennent pas qu’on fasse un pareil périple sur un bout de plastique aussi petit.
Amusant : ce qui les impressionne le plus, c’est comment on fait pour ne pas se perdre.
Pas un instant ils n’imaginent la technicité de la voile, la dure loi de la mer.
Pour eux elle est toujours comme sur les cartes postales. Alors !
Les problèmes ne sont pas vraiment là ou ils pensent ! »
Il sait être philosophe,
« … une question obsédante m’interpelle :
L’homme est il nomade par nature ou par obligation ?
Hein ? B.H.L. notre philosophe à Lang de bois de mes deux, le sucé de la Lippue, t’es là ?
Et Hedern Hallier qui est mort ! En pleine pédale, si c’est pas un malheur !
Y a plus de philosophes, je suis le dernier, je vous dis !
Vladimir Ivanisevic, l’auteur Monténégrin bien connu des érudits ne disait il pas :
« Un nomade qui s’arrête est un sédentaire ».
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« … Bien sûr, ça prend du temps.
Mais on n’a que ça à faire.
Le temps, ce sempiternel temps.
Nous, on s’est détaché du temps.
Quand on travaille, le temps c’est de l’argent.
Donc plus on va vite, plus on est heureux.
En fait ce n’est pas le temps qui stresse, c’est la vitesse, ou plutôt, la relation entre le temps qu’on se donne et le temps qu’on a, entre la valeur qu’on donne à une chose et le temps qu’on met à la réaliser.
Maintenant on a tout le temps.
On a trouvé le moyen d’inverser le processus : balaise, non ? »
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« …CANICULE ? Quel joli mot, Maître Capello !
Pourquoi « Canicule » ?
Ca vient du latin Canis.
Et pourquoi Canis, quel rapport ?
Parce que, en cette saison, la terre entre dans la constellation du chien.
Ou le contraire, je ne sais pas, il faudra demander à GALILÉE ou à KHEOPS, des astronomes de ma connaissance.
C’est beau la culture, hein Gérard ?
Et t’as vu comment je te l’amène ?
La culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus il faut l’étaler.
Mais n’est ce pas donner de la confiture à des cochons ?
D’où l’expression de Jean Michel Eyquem, dit MONTAIGNE :
« Il faut frotter, limer sa cervelle contre celles d’autres truies ».
Bon j’arrête, il y en a qui n’arrive plus à suivre.
Je veux rester un auteur populaire.
Il y avait Guy des Gares, voilà maintenant Raoul des Ports. »
… moins vis-à-vis des riches !
« … Heureusement, il est petit, riche et peureux.
Les riches sont souvent peureux. Ils n’aiment pas se battre.
Ils n’ont pas été habitués.
Elevés dans des écoles privées, on leur a appris que le cerveau était un muscle.
Je n’ai jamais vu un mec KO d’un coup de cerveau ! »
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… être « pince-sans-rire »,
« …la pétole s’est installée.
Qu’à cela ne tienne, on persévère !
On ne va pas se décourager, mettre la Josette.
Josette, c’est le moteur et accessoirement la femme de mon pote dit Graffiti.
Josette est une fan du moteur parce que pour elle :
Moteur = Electricité = Frigo = Glaçons pour mettre dans le whisky.
Alors dés que le speedo annonce moins de quatre nœuds :
Josette : « Moteur ! »
Et ce pauvre Serge qui ne pense qu’à régater !
Enfin, maintenant il a un DUFOUR 34 pour jouer : Veinard ! »
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«…Penaltys.
Je crois que c’est quand il y a un joueur qui tire dans le but et que le goal saute de l’autre côté pour éviter de prendre la balle dans la gueule.
Si j’ai déjà vu à la télé !
A ce jeu, ce sont les Italiens qui ont gagné.
Ils sont les champions, ils sont les champions.
Bravo les Ritals ! »
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« …c’est souvent sympa, un boucher.
J’adore les bouchers et les boulangers : les bons.
Je suis capable de faire vingt bornes pour avoir une bonne viande ou un bon pain.
Ces métiers se perdent, même en France.
Il faut travailler !
C’est que ça les fatigue ces jeunes, épuisés de regarder les milliardaires en short perdre la coupe du monde.
Préfèrent taper dans une balle en espérant devenir Zizou, devenir « dieu des stades » :
Ca c’est un beau métier : DIEU DES STADES !
Boulanger ou boucher : « Ca va pas non ? »
BRANLEURS !
Alors, ils tapent dans la balle et comme pour être Zizou, il faut travailler aussi, ils deviennent Rmistes.
Rmiste, ça c’est cool !
Faut que j’arrête, ça me repique à l’estomac ».
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« …J’en connais qui pensent :
- Et vous depuis un mois que vous êtes là qu’avez-vous appris en croate ?
- Rien ! J’avoue : RIEN
Mais allez prononcer :
HVALA – Merci -
MRKVA – Carotte –
BANANE – Banane –
Alors là, vous dites banane, heureux de connaître un mot.
Allez ! Dites BANANE à la dame.
Elle vous regarde ahurie, parce que banane ne se dit pas banane !
- Bananes !
Il y a une musique dans chaque langue.
Tout le monde a entendu parler anglais : My taylor is rich !
Allemand : Heraus, Schneller ! Nach Struthof ! Schnell !
Italien : Ti amo ! Amore mio ! Che bello !
Mais Croate,
Je vous demande un peu ?
Et on ne va quand même pas se faire chier à apprendre une langue parlée par quatre millions de connards alors qu’on ne connaît pas dix mots d’anglais parlé par moitié de la planète !
Mais on va s’y mettre. A l’anglais.
Pour l’année prochaine, si je suis épargné par les oncologues de service, il me faut des rudiments :
En informatique, en anglais, en électricité, en diesel.
Ca fait du taf pour l’hiver. »
Hein, qu’on ne se lasse pas de le lire !…
Je dois seulement éviter … qu’il lui prenne l’envie de me traîner devant les tribunaux pour usage intensif et abusif de ses écrits !!
Ravir Hélène serait une chose …
A des siècles de distance, Pâris et Offenbach partageront la même passion.
Cependant, si Offenbach saura ravir Paris avec la sienne, Pâris, en la ravissant, réduira Troie en cendres !
Ravir Hélène serait une chose … la ravir à Ménélas … autre chose ?
Les historiens sont étonnants. Manqueraient-ils de bon sens élémentaire à défaut de posséder un tantinet d’esprit critique ?
Certains d’entre eux n’hésitent pas à voir dans l’enlèvement d’Hélène et la guerre de Troie qui en résulta la toute première expression et manifestation d’une unité des Hellènes. Hélène : « Marianne» des Hellènes ! S’approprier Hélène : posséder la Hellade ! Quand d’autres se contenteront du seul motif de l’outrage fait à Ménélas et du non respect des règles de l’hospitalité pour justifier cette fameuse guerre qui durera 10 années !
Quant à nous, nous devrions faire montre d’une naïveté béate pour gober sans état d’âme ces deux interprétations !
Comme quoi vérité et liberté ne sont ni innées ni dues à l’homme. Mais bien le contraire : un devoir. Celui pour chacun de conquérir les parts dont il a besoin et en mesure d’assumer.
Ainsi, le temps de quelques lignes, vais-je m’offrir le suprême luxe et plaisir d’écrire, «à ma façon», une page de l’histoire des hommes ! Avec pour bannière, le bon sens et arme, l’esprit critique.
Mettons en branle l’impitoyable moulinette du «« pourquoi ?» en cascade» !
« Pourquoi l’ingénieux Ulysse tenta de se soustraire à la requête d’Agamemnon de participer à cette guerre, en simulant la folie ? » et, en parallèle :
« Pourquoi l’incomparable guerrier qu’est Achille, avec l’aide de sa mère, tentera, lui aussi, de se soustraire à cette même requête en se dissimulant ? »
- C’est l’évidence même : parce qu’ils ne veulent pas faire cette guerre !!
« Pourquoi ne veulent-ils pas faire cette guerre ? »
- Parce que chacun doit estimer que le motif invoqué ne justifie pas une guerre et leur participation. Pour Ulysse de quitter Pénélope, Andromaque et son royaume d’Ithaque. Pour Achille, risquer de mourir jeune dans un combat obscur au nom d’une cause peu valorisante : c’est-à-dire tout le contraire de son rêve d’une vie courte mais glorieuse qui ferait de lui un demi dieu. Quant à sa mère Thétis, la crainte de perdre trop tôt son fils.
Pourtant me direz-vous ils la feront cette guerre ! Et oui !
Fait rare qui mérite d’être relevé à défaut d’avoir été analysé, Ulysse trouvera plus malin que lui en la personne de Palamède. Au fanatisme et/ou intégrisme d’Abraham prêt à sacrifier son fils à son Dieu et aux promesses que ce dernier lui fait, Ulysse, lui, n’aura pas besoin de l’aide d’un ange pour sauver la vie de son fils unique que Palamède place devant le soc de la charrue. Tombe le masque de la folie : piégé Ulysse !
Parce que trop impétueux et fougueux, Achille ne résistera pas aux bruits des armes qu’Ulysse venu le chercher avait ajouté aux autres cadeaux qu’il apportait aux femmes de la cour du roi Lycomède et au milieu desquelles il se dissimulait habillé en femme ! Trop irréfléchi : piégé Achille !
Ainsi, les agissements d’Ulysse et d’Achille tendraient à nous montrer que ces deux héros de l’Iliade n’étaient pas prêts … à payer de leurs personnes … pour les beaux yeux d’Hélène … aussi belle soit-elle !
D’autres évènements préalables à cette guerre éveillent l’attention. Pourquoi Ménélas roi de Sparte rend-il visite au roi Priam à Troie ? Pourquoi, suite à cette visite, Pâris sera invité à venir dans la demeure de Ménélas à Sparte ? Pourquoi justement Pâris, alors que songes et oracles calamiteux le suivent depuis sa naissance ? Enfin, pourquoi, quand Pâris est à Sparte, Ménélas part en Crête pour des raisons non expliquées, laissant à Hélène son épouse le soin … de s’occuper de ses hôtes ?
Etonnant, non ? Trop étonnant ! Un piège terrible se dissimule.
Masque de l’époque mycénienne, dit « d’Agamemnon »
(Musée National d'Archeologie d’Athènes)
Derrière ce piège … une personnalité hors norme, Agamemnon, chef des mycéniens, peuple le plus redouté et le plus impitoyable de la Hellade d’alors.
Agamemnon dont le territoire, à cheval sur l’étroite bande de terre joignant l’Attique (Athènes) au Péloponnèse (Sparte), est situé à l’emplacement le plus stratégique qui soit dans cette région pour en assurer son contrôle.
Agamemnon frère de Ménélas roi de Sparte.
L’union toute théorique des forces de Mycènes et de Sparte impose le respect aux autres rois ! Agamemnon est craint.
Interrogeons-nous, encore !
Pourquoi affréter une flotte aussi importante de plus de 1064 vaisseaux ? Pourquoi embarquer autant d’hommes pour combattre une seule ville ? Pourquoi avoir mis à sac 11 cités d’Asie, plus ou moins proches de Troie ? Enfin, pourquoi Ménélas, après la destruction de Troie, ne rentre directement pas à Sparte, mais va à Chypre, en Phénicie, en Egypte, en Ethiopie et en Libye ?
L’impitoyable Agamemnon sait qu’il n’y a pas de pouvoir sans richesse. Il sait aussi que seul l’accroissement de richesses favorise la longévité du pouvoir.
Développer sa zone d’influence tout en consolidant sa position de leader requiert qu’il prenne le contrôle du commerce entre le Moyen-Orient et la mer Noire via le détroit des Dardanelles. Y parvenir, c’est faire la guerre à Priam …qui justement … contrôle ce commerce avec l’appui d’alliés d’Asie. Et pour ce faire, il n’hésitera à sacrifier sa propre fille Iphigénie !
Guerriers mycéniens – Musée National d'Archeologied’Athènes
Pas de hasard ! Le hasard n’existe pas. Seul les ignorants l’évoquent.
La guerre de Troie ne diffèrera et ne diffère en rien de toutes les guerres mues par cette incroyable universelle et intemporelle folie des hommes.
Hélène ? Qu’un prétexte !
Ni Agamemnon, ni Ménélas, ni Mycènes, ni Sparte percevront les dividendes de cette guerre gagnée. Trop longue, elle eut avec pour conséquence d’affaiblir ces deux royaumes. Quant au destin d’Agamemnon il ne sera que le prolongement logique d’une longue décennie de déchéance.
A l’évidence, quelles que soient les époques, histoire et mythologie ont en commun d’être écrites en fonction des besoins du moment. Pas un livre d’histoire ne dit la vérité. Seuls les évènements sont incontestables, sous réserves qu’ils soient tous cités et que certains ne soient pas sciemment occultés quand d’autres seraient exagérément mis en valeur.
Nulle interrogation et analyse sur la raison et contenu du simulacre de folie d’Ulysse labourant son champ avec pour attelage, selon les versions, un âne et un cheval ou un âne et un bœuf et semant du … sel.
Nulle interrogation et analyse sur la raison et contenu du comportement d’Achille dissimulé au milieu d’autres femmes et déguisé en femme.
Pourtant, il apparaît clairement qu’Homère confère à Ulysse et à Achille des comportements « paraboliques».
Ici la symbolique devance le logos : l’image suscite pensées et réflexions au service de la raison.
Le verbe quant à lui, l’histoire ne cesse de le montrer, par ce qu’il permet de tout justifier, est l’arme suprême des tyrannies de toutes origines. Avec lui tout est possible, tout est justifiable. Au banc des témoins, la censure. C’est-à-dire l’interdiction. Degré ultime, paroxysme de cette perversité : le verbe à sens unique, la pensée contenue à une seule pensée autorisée ; pensée unique.
Vous pensez ? Je verbalise !
Chute inexorable ! L’histoire n’est que succession de chutes.
Comme celles d’Agamemnon et de Mycènes.
Dans sa « folie » Ulysse sème du sel : stérile deviendrait son champs ...
Agamemnon fait cette guerre de Troie : ruine et déchéance de Mycènes il trouvera au retour de son expédition …
Têtes féminine et masculine - Musée National d’Athènes
Xania, le 15 décembre
Au centre du cercle …
Voici maintenant deux mois que je n’ai rien apporté à mon carnet de voyage. Ce n’est pas que je n’avais rien à dire, bien au contraire. Mais une foule de pensées et de réflexions m’interpelle et me conduit à m’interroger sur le devenir du contenu de ce carnet de voyage.
Ce périple en mer s’avère une étonnante thalassothérapie de l’esprit : mille étincelles, mille lueurs jaillissent. D’elles, mille pensées et réflexions naissent.
L’esprit s’enrichit et, en même temps, se libère. Libérations de l’esprit, de la pensée et avec elles le besoin de l’exprimer. L’envie d’écrire croît avec le temps, sur tous les sujets, pas seulement limitée à ceux envisagés initialement.
L’horizon s’élargit, n’a plus de limites.
Il est celui que Leptine offre à mes sens en pleine mer … au centre du cercle …
Moisson généreuse, synthèse longue et ardue !
Peloponnese
Xania, le 18 décembre 2006
J’hallucine !!
J’hallucine et j’en ai le vertige : la cour suprême d’Israël justifie les assassinats ciblés de Palestiniens !!! Dans son arrêt de 62 pages elle précise que « La légalité de chaque assassinat doit être examiné cas par cas » ainsi que les conditions préalables requises afin de procéder à « l’exécution » d’un dirigeant politique ou d’un « terroriste » (1).
… comble du cynisme … : cette même Cour suprême d’Israël mentionne dans son arrêt qu’ «après chaque assassinat ciblé une enquête indépendante doit être menée pour déterminer s’il était justifié ou pas ». Et dans le cas où il ne le serait pas, « les victimes auront droit à des compensations» !
Que tu sois homme politique démocratiquement élu, ou courageux résistant, puisque tu gênes mes intérêts j’ai le droit de t’éliminer, de t’ôter la vie en toute impunité.
Femme – Musée Archéologique de Xania – Crète - Grèce
Incroyable décision d’Israël. Monstrueuse décision !
Ont-ils bien mesuré toutes les conséquences ?
Fabuleux ! Israël se décerne et décerne au monde entier (jurisprudence) le droit d’assassiner les opposants en toute légalité. Les Palestiniens acquièrent ainsi par réciprocité et sans l’avoir sollicité le droit d’assassiner ceux qui les oppriment.
Décision machiavélique: tes proches, ton épouse, tes enfants, … en réaction à ton assassinat deviendront de nouveaux dangers pour moi ! Que Dieu me pardonne, mais je serai obligé alors de les éliminer ! Sublime décision qui permet à Israël d’éliminer en toute impunité les Palestiniens.
Plus de Palestiniens ? C.Q.F.D !!!
Tête – Musée Archéologique Athènes
… au tour maintenant … des Iraniens ! (C.Q.F.D)² !!!
…guerre entre Djihad … Judaïque naissante contre Islamique vieillissante ? !
Que vont faire les autres pays ? L’aubaine est trop belle !
… Les Tribunaux Internationaux vont-ils abandonner leurs poursuites et relâcher les «accusés» ? … vont-ils inculper et juger toute la classe dirigeante d’Israël ? Déjà forts douteux à leurs créations, les voici aujourd’hui discrédités et s’ils veulent poursuivre leur mission «humanitaire», voués à exceller dans l’art de conjuguer et épeler toutes les expressions de l’iniquité.
Monde sans réaction. Silence étourdissant. Pourquoi ?
Israël au dessus de l’humanité ? Au dessus de toutes lois ?
… incroyable pays d’Israël qui plonge le monde dans la nuit la plus obscure et la plus longue … incroyable pays d’Israël qui inscrit ainsi à jamais son nom sur la triste liste des innommables.
Etonnant peuple qui semble fomenter sa propre destruction.
Finira-t-il un jour par le comprendre ?
(1) : Cf. article du journal «Le Monde» du 16 décembre 2006 : « En Israël, la Cour suprême justifie les assassinats ciblés ».
Xania, le 20 décembre 2006
… au nom de quoi faudrait-il se taire ? …
Devons nous accepter que dans quelques années nos enfants et petits-enfants soient abreuvés de films israéliens du « Far-Est », magnifiant le combat des blancs civilisés - porteurs de progrès, de
civilisation supérieure et de la parole du seul dieu toléré - contre les sauvages d’alors qui occupaient les terres de la Palestine, comme nous le fûmes il y a quelques décennies de cela, quand
enfants incrédules nous regardions avec passion les films de cow-boys qui, au même motif de la « terre promise », procédèrent à l’extermination totale des Indiens d’Amérique du Nord, éliminant
ainsi de notre humanité toute une civilisation différente de la notre ?
L’enfant que j’étais alors ne pouvait appréhender ce que l’adulte qu’il deviendra mettra du temps à comprendre.
Au nom de quoi, aujourd’hui, faudrait-il se taire ?
Tempete dans le port venitien de Xania
Xania, le 14 février 2007.
Restituer les œuvres d’art et pièces d’antiquité…
Cela faisait longtemps que je n’avais lu dans le quotidien «Le Monde» un article qui donne envie de le lire jusqu’à son terme et qui de plus, corrobore une de mes pensées nées au cours de notre
voyage.
Je me souviens lors de la visite du site antique de Leptis-Magna en Libye que, face à ce spectacle bouleversant et prodigieux de beautés qui s’offrait à mes yeux, mon esprit s’était alors
progressivement empli d’une pensée nouvelle pour moi.
In situ, l’évidence jaillissait comme une source, lumineuse comme un rayon de soleil profitant d’un bref passage entre deux nuages …
C’est ici, sur leur lieu de naissance, de création et de vie, que toutes les œuvres d’art, issues de Leptis-Magna et qui remplissent aujourd’hui les musées du monde entier, doivent se trouver … pas ailleurs … nulle part ailleurs … qu’ici … «chez elles» … sur le site ou dans son musée.
Musee de l'Acropole - Athenes
Ce sentiment ou cette sensation que la place d’une œuvre d’art ou d’une pièce d’antiquité est là où elle vécue se fit ressentir encore plus profondément en moi lors de nos visites des musées
d’Athènes, notamment ceux de l’Acropole, du Céramique et plus particulièrement de l’extraordinaire musée national d’archéologie.
Mon émotion fut grande. Rarement je ne fus autant bouleversé. Moments rares d’intenses émotions et de sentiments puissants. Les larmes qui montent aux yeux, l’envie de pleurer tellement c’est beau … tellement ces œuvres interpellent … secouent tripes et esprit … et font prendre conscience d’un nombre incroyable de choses jusque là ignorées ou simplement qu’intellectualisées.
Chacune œuvre vivait, s’exprimait et délivrait son message.
Une relation s’établissait entre elles et moi-même. J’avais peine à les quitter et me souviens être revenu plusieurs fois sur mes pas afin de prolonger ce dialogue trop vite interrompu, préoccupé sans doute par le fait de prendre … le maximum de photos !
A l’évidence ce n’est que dans leur environnement d’origine qu’elles sont en mesure de restituer leurs messages.
Elles ont tant de choses à dire !
Musee National d'Archeologie d'Athenes
Notre surdité durera tant que nous ne comprendrons pas que nous les avons placées en des lieux trop étrangers à leur histoire.
Quels liens objectifs relient, par exemple, les frises du Parthénon à l’Angleterre, la Vénus de Milo et la Victoire de Samothrace à la France ? Les unes comme les autres n’ont, à l’évidence,
aucun rapport avec l’histoire respective de ces deux pays. Pourtant elles sont propriétés du British Museum pour les premières et du Musée du Louvre pour les secondes.
Discobole- Musée National d'Archéologique d’Athènes
Des milliers de personnes se pressent pour les admirer. Le plus souvent elles quitteront le musée avec la seule satisfaction d’avoir vu ce qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie, mais avec au fond de chacune d’elles une large part de déception. Le marbre ou la pierre qu’elles eurent face à elles est resté marbre ou pierre, froid, sans âme, sans vie, inerte. Nulle interaction, nul échange, nul dialogue, nulle émotion ...
Pourtant une oeuvre d’art est un organisme vivant : son histoire est liée à celle de son époque, de son commanditaire et de son créateur.
… un fil invisible est coupé.
Au Musée National d’Archéologie d’Athènes comme au Musée d’Héraklion en Crète, par exemple, mon œil ne percevait pas seulement l’oeuvre. En toile de fond sur ma rétine s’incrustaient en parallèle le Parthénon, les Propylées, les Temples d’Athéna et de Niké, l’Erechthéion, l’odéon d’Hérode …ou les palais de Cnossos et de Malia. Vies minoenne et grecque anciennes prenaient forme, s’animaient. Chaque œuvre ou pièce reprenait sa place dans la cité auprès des hommes, dans leurs demeures, temples, bâtiments ou cimetière. Ces innombrables têtes d’hommes et de femmes, si remarquablement semblables à celles que je croise aujourd’hui dans la rue, reprenaient vie et couleurs, semblaient vivre en même temps que je les regardais.
Exposées à des milliers de kilomètres de son cadre naturel, dans un environnement général et immédiat qui n’est ni en phase ni en harmonie avec elle, l’oeuvre d’art revêt alors le statut de simple objet de curiosité, sorte de pièce rare et n’a de valeur pour ceux qui la détiennent qu’une valeur purement marchande. Aucun lien « affectif » ou émotionnel ne la lie à son « propriétaire ».
Le projet actuel objet de polémique de créer des « comptoirs » du musée du Louvre de part le monde procède de cette même démarche mercantile. Si elle devait l’emporter, elle aurait pour conséquence de faire évoluer le statut d’œuvre d’art à celui d‘objet de consommation courante avec le risque évident de détérioration rapide de ces œuvres. Ce risque est beaucoup trop grand et donc inadmissible. La logique de l’argent et de l’appât du gain semble ici aussi malheureusement l’emporter.
Musee du Ceramique - Athenes
A l’évidence, quelles qu’en soient les raisons de les posséder, les musées du monde qui détiennent œuvres d’art et antiquités qui n’appartiennent ni à leur histoire ni à leur culture, devraient
aujourd’hui les restituer aux pays d’origine. Ne pas se conformer à cette évidence s’apparenterait à une spoliation caractérisée pour tous pays que l’on prive ainsi d’une partie de leur culture,
histoire et patrimoine.
Il faudrait, me semble-t-il, revenir à la notion de base de ce que doit être un musée. Avant tout il est la mémoire vivante d’un pays, le lieu de conservation des oeuvres les plus remarquables crées par ses hommes et femmes et lieu d’exposition des pièces issues des recherches archéologiques entreprises dans son sol et sous sol.
Il ne faudrait pas, sous couvert de considérations démagogiques qui s’appuieraient sur un usage pervers de la morale, que les musées se convertissent en une sorte d’équivalence d’agence
touristique.
Visiter un musée et entrer dans une agence de voyage ne découlent pas d’une même démarche. Découvrir une œuvre d’art requiert au préalable un travail personnel de préparation non négligeable.
Bien entendu une œuvre d’art ou toute pièce d’antiquité appartient au patrimoine de l’humanité. Mais cela ne veut pas pour autant dire qu’elle soit cosmopolite ! Elle appartient à un terroir, à
une culture, à une civilisation, à un pays : le sien, c’est-à-dire là où elle a été conçue, crée et où elle vécut.