Egypte

Deux photos … mieux qu’un long discours.

 

La première prise par moi-même à Hurghada le 25 mars 2011 lors d’une manifestation intitulée «I Love Egypte 2011», organisée par les « commerçants » de cette ville dans l’enceinte de la marina de cette ville.

 

I Love 2 journée du 25 mars 2011 - « commerçants » égyptiens

 

A cette occasion des milliers de tee-shirt affichant le logo « I love Egypte 2011 » furent distribués aux touristes qui le portèrent sur eux et « défilèrent » ainsi durant toute la durée de leur séjour !

 

J’ai trouvé la seconde photo en surfant sur le Net. Il ne fait aucun doute qu’elle est authentique : de telle coïncidence ne s’invente pas. Elle a été prise en Lybie, après la « révolution ».

 

I love 1

 

Sans commentaire.

L’EGYPTE

 

Bande dessinée 5

… par une chaleur accablante …

 

Alanya, le 08 octobre 2011

 

... une année pleine de surprises ...

 

Huit mois épuisants: une chaleur continue, ignorant les mois d’hiver; une poussière de sable omniprésente, insidieusement envahissante; et une société égyptienne possédant l’incroyable capacité de faire perdre à l’homme occidental l’ensemble de ses repères et références: l’impensable, comme l’inimaginable se rencontre, ici, à chaque coin de rue; l’incroyable habite la quotidienneté !

 

Le « Choc » ! Immense !

 

Qui laisse pantois, sans voix:

 

«Il y a un moment entre deux genres d’humanités où l’on en arrive à se débattre dans le vide»

 

Un sentiment continu et prégnant d’une lente et pathétique agonie d’un peuple et d’un pays.

 

Nulle trace des qualités de ceux qui bâtirent la plus grande civilisation africaine de tous les temps.

 

Quatre-vingt des quatre-vingt cinq millions d’habitants de ce pays, illettrés ou analphabètes, survivent dans une situation de pauvreté surprenante et dans un environnement de vie d’une saleté répugnante.

 

Terres et sols d’Egypte : vallée du Nil, désert ou villes, s’apparentent à d’immenses décharges publiques ; semblables à celles que nous avons connu en France dans les années 1960.

 

Les autres cinq millions d’Egyptiens sont soit des étrangers, très nombreux, détenant la quasi totalité des commerces, soit les quelques rares riches familles égyptiennes, soit la bourgeoisie gouvernante.

 

un peuple à la dérive, sans espoir, dépossédé de ses terres et de son patrimoine

 

A l’évidence, les richesses de ce pays (tourisme, Canal de Suez et l’agriculture) comme l’aide financière annuelle américaine ne sont pas consacrées à l’éducation et formation professionnelle des enfants et des adultes.

 

Ici, pas de métiers, mais une infinité de gestes élémentaires permettant à chacun de glaner, ci et là, un peu d’argent.

 

De la manne touristique, le peuple n’en perçoit que miettes infimes. Seuls les investisseurs étrangers et les agences internationales de voyages s’enrichissent.

 

Le «bakchich» traditionnel est devenu pourboire obligatoire facturé aux touristes puis converti en salaire par nombre d’employeurs peu scrupuleux.

 

De fabuleux sites antiques, sans entretien, livrés aux ravages du temps, des foules humaines venues du monde entier et aux requins du profit financier. Nul respect d’un sublime passé pour un sordide eldorado touristique.

 

Sa façade côtière de la Mer Rouge dévastée, bétonnée: une chaîne sans fin d’hôtels « luxueux » barrent l’accès à la mer. Exit les plages publiques.

 

Hotel et plage Hurghada 2

littoral de la Mer Rouge

Hotel et plage Hurghada

 

 

Tout, ici, est propriété privée. Seuls les touristes ont droit à la mer. L’égyptien quant à lui, doit se satisfaire de payer cher un plaisir simple lui appartenant, pourtant, de droit.

 

Une vallée et un delta du Nil, autrefois riches, qui assuraient l’autosuffisance et l'indépendance alimentaire de tout un peuple, aujourd’hui en totale perdition.

 

Un usage intensif d’engrais et autres produits destinés à compenser l’absence des crues fertilisantes du Nil consécutive à la création du lac Nasser, une remontée de l’eau de mer que les crues et la non régulation du Nil permettaient d’éviter, et un incroyable développement immobilier concourent à une mort programmée, inéluctable et criminelle par asphyxie des terres de la vallée du Nil et de son delta.

 

Fruits et légumes d’antan ne sont plus en mesure de faire face à de telles agressions, remplacés progressivement par leurs équivalents génétiquement modifiés (OGM) qui ne conservent que le nom et l’apparence, sans goût ni saveur.

 

A l’évidence et d’ici peu, l’Egypte ne sera plus en mesure de nourrir son peuple : des crises terribles et violentes sont d’ores et déjà prévisibles.

 

Même le désert est souillé. Ses rares arbustes retiennent pitoyablement d’innombrables sacs plastiques véhiculés par le vent.

 

Entièrement livrée au monde de la finance étrangère, l’Egypte est l’exemple typique de la colonisation par l’argent des puissances occidentales. Plus une seule terre qui compte n’appartient aux égyptiens. Avec cette constance partout vérifiée, d’une destruction systématique des lieux en les rendant indifférents ou indéfinis, loin d’en susciter la singularité. Il ne viendrait à l’idée de personne d’aller construire des milliers et des milliers d’immeubles au pôle Nord, il ne viendrait à l’idée de personne de vouloir cultiver, au pôle Nord, fruits et légume y compris de la vigne: alors pourquoi accepter de telles hérésies pour le désert ?

 

L’abrutissement et une désinformation continue par les différentes chaînes de télévision égyptiennes achèvent une irresponsabilité, une inconscience et une passivité déjà chroniques de ce peuple. Seuls loisirs, la télévision et ses matches de foot qui se succèdent à une rapidité incroyable et … le téléphone portable ! Mêmes les plus démunis en possèdent un, en permanence collé à leurs oreilles. Exit le traditionnel « téléphone arabe » !

 

Rien ne subsiste du peuple du temps des pharaons. Quelques nubiens, semblant égarés, tentent de survivre dans cet enfer. Leur étonnante noblesse d’allure et leur beauté spécifique caractéristique à leur ethnie les font apparaître en total décalage par rapport au reste du peuple égyptien.

 

Plus étonnant est le total désintérêt que le peuple égyptien porte à ses vestiges antiques, comme si ils ne se sentaient pas concernés, comme si ce n’était pas leur histoire. Incapables de les respecter et donc de les faire respecter aux millions et millions de touristes qui dévastent ainsi leur pays et leur patrimoine.

 

Leur unique préoccupation, mais combien compréhensible, est d’assurer leur survie. Usant de tous les moyens et artifices, ils se jettent, jour après jour, en masse et en tous lieux, sur les touristes dans l’espoir de grappiller au mieux une livre égyptienne (un huitième d’euros). Jamais depuis que nous voyageons nous n’avions rencontré autant de mendiants et de malheureux qu’en Egypte.

 

Quant aux rares égyptiens autochtones qui tiennent un commerce, ils se font une telle idée de la richesse des «touristes de masse» qu’ils annoncent des prix pharamineux (pour des produits tous fabriqués en Chine !) qu’il devient alors impossible de marchander, car il faudrait diviser le prix demandé par un facteur variant de 5 à 10. Ce n’est plus du commerce, mais une volonté farouche d’extirper le maximum d’argent aux touristes.

 

Ici aussi la corruption est généralisée. Elle prévaut sur toute éthique ou morale élémentaire. Nous la découvrîmes dès notre premier contact avec ce pays et faillîmes en payer le prix fort.

 

la «révolution» égyptienne

 

Nous eûmes la chance inouïe de vivre en direct et dans son intégralité la fameuse «révolution» égyptienne. Nous étions à Hurghada, puis à Louxor, puisque nous entreprîmes une partie des visites des hauts lieux de l’antiquité égyptienne en plein mois de février 2011, autrement dit au cœur même de cette «révolution».

 

Là aussi il y aurait beaucoup à dire et à écrire! Il serait plus exact et honnête de parler d’un authentique « coup d’Etat » fomenté par les « puissances occidentales », à savoir les Etat Unis d’Amérique et l’Etat d’Israël qui s’appuyèrent en grande partie sur une armée de mercenaires, strictement à l’identique de ces fameux « rebelles » libyens (grandement minoritaires dans ce pays) qui s’appuyèrent sur les armées et armes françaises et anglaises, de la même façon que les « rebelles » syriens (eux aussi grandement minoritaires) s’appuient sur une armée de mercenaires à la solde des U.S.A et d’Israël, et toujours de la même façon que les « rebelles » minoritaires yéménites et jordaniens sont épaulés et soutenus par ces deux grands pays.

 

Ce que tous les médias occidentaux montraient, affichaient, disaient ou écrivaient n’était que purs mensonges et tromperies.

 

Nous étions sur place : nous avons observé, vu et entendu.

 

 

des sites antiques époustouflants

 

Les publicités des agences internationales de voyages organisés sont alléchantes et les photos superbes.

 

La réalité, « in situ », quant à elle, est grandiose.

 

C’est tout simplement époustouflant !

 

les pyramides sortie du Caire 4

sortie du Caire : à l’horizon, les pyramides de Guizèh

 

 

Apercevoir pour la première fois, à l’horizon, dès la sortie du Caire, les pyramides baignées d’un léger halo de poussière de sable, c’est comme recevoir un immense coup de poing dans l’estomac qui coupe le souffle, noue, et assèche la gorge ! Fantastique !

 

Les temples d’Hapsetchup, de Karnak et de Philae font parti des plus beaux vestiges qu’il nous fut donné à contempler.

 

Karnak 1

Temple de Karnak

 

Hatshepsut

Temple de Hapsetchup

 

Philae

Temple de Philae

 

Karnak 2

Temple de Karnak

 

 

des paysages sublimes et des contrastes déroutants

 

Le désert, les montagnes rouges, ocres ou noires du désert arabique, les archaïsmes ou anachronismes qui pullulent dans la vallée du Nil, offrent des paysages et des contrastes sublimes et déroutants de l’Egypte.

 

Seul le hasard permet de fixer de tels instants.

 

 

Montagnes désert arabique

Montagnes du désert arabique

Montagnes du désert arabique 2

 

 

Trois instantanés de la vallée orientale du Nil

paysage égyptien

Egypte 2610

Contraste et humour

 

Autant il nous tardait de découvrir ce pays, « mythique » entre tous pour nous, autant au terme de quelques mois nous n’eûmes qu’une seule obsession : le fuir, sans aller … seule une Méditerranée Orientale particulièrement dangereuse en ces mois d’hiver nous obligea à patienter jusqu’au mois de Mai.

 

C’est tout cela, et plus encore, que nous allons maintenant vous conter.

Alanya, le 08 octobre 2011

 

La société égyptienne

 

le Nil à Louxor 

Le Nil à Louxor

 

Lorsque nous débarquâmes en Egypte, à l’exception des pyramides et des pharaons, nous ne connaissions à vrai dire que peu de choses de ce pays.

 

Ces huit mois passés au sein de la société égyptienne, au contact permanent de son peuple et de son climat, constituèrent pour nous une véritable « descente aux enfers ».

 

Seules satisfactions, au terme de ce séjour, des paysages parfois sublimes et des sites antiques fantastiques.

 

Notre premier rendez-vous, imposé par la nécessité de passer le canal de Suez, fut la ville de Port Saïd. Nous y séjournâmes 4 jours.

 

une saleté répugnante omniprésente

 

à Port-Saïd

 

Enthousiastes et impatientes, ayant pour mission d’aller faire nos approvisionnements, Carole et Christine partirent en éclaireuses, telles des aventurières, à la découverte de la ville et de ses magasins.

 

Elles n’allèrent pas loin !

 

Dix minutes à peine s’étaient écoulées depuis leur départ du bateau que je les vis revenir : Carole le visage défait et catastrophé, Christine en larme !

 

Sans doute fragilisées par la fatigue et les soucis auxquels nous fûmes confrontés lors des trois jours précédents de navigation qui nous vîmes transiter de Finike (Turquie) à Port Saïd, Carole, mais surtout Christine, prises à la gorge par le spectacle qui s’offrait à leurs yeux, ont littéralement explosées face à la saleté répugnante qu’elles découvrirent dès la sortie de la marina. Manifestement elles ne s’attendaient pas à un tel spectacle.

Moi non plus !

C’est donc l’équipage au complet de « Leptine » qui s’engagea dans les rues et ruelles de Port-Saïd à la recherche de magasins où nous pourrions nous approvisionner.

 

Cinq vues de la propreté de la ville de Port-Saïd

Port Saïd 1

Port Saïd 2

Port Saïd 3

Port Saïd 4

Port Saïd 6

 

Le choc fut rude, épouvantable même, puisque des odeurs particulièrement nauséabondes et fortes se superposent à une vision écœurante.

 

Chiens ou chats crevés achèvent leurs lentes décompositions en tous lieux des rues ou trottoirs dans l’indifférence générale. Le geste naturel de tout égyptien, qu’il soit piéton ou ménagère dans son appartement, est de jeter dans la rue ses déchets y compris les eaux usées. Pour tous, la rue est une décharge publique naturelle.

 

Les mois suivants nous constatâmes qu’il en est de même dans toutes les villes d’Egypte, que ce soit à Ismaïlia, à Port Suez, à Hurghada, Louxor, Assouan, pourtant villes très touristiques et dans la capitale, Le Caire.

 

Une saleté répugnante règne en maître en Egypte. Quelques efforts pathétiques sont engagés par les autorités : de pauvres bougres, payés quelques livres égyptiennes par mois (au maximum 250 Le = 30 euros), balayent avec des balais de fortune, mettent en tas quelques détritus que le vent ne tarde pas de disperser quelques instants plus tard.

 

Et partout un mélange d’odeurs nauséabondes. Le pire en ce domaine sont les marchés à poissons : une odeur épouvantable de pourriture à laquelle il est impossible de s’y habituer et qui, instantanément, donne la nausée.

 

du Nil au Caire

 

Même le Nil n’échappe pas à une pollution elle aussi phénoménale. Et ce, même, en plein centre du Caire. Ses rives sont maculées de détritus. Des milliers et des milliers de canettes métalliques rouges de « Coca-Cola » et vertes de « Fanta » flottent le long de ses berges.


trois vues de la propreté du Nil au Caire

Saletés du Nil 1

Saletés du Nil 2

Saletés du Nil 3

 

 

des canaux de la vallée du Nil

 

Il en est de même de la vallée fertile du Nil et de ses multiples canaux qui l’irriguent.

deux vues de la propreté d’un des canaux dans la vallée occidentale du Nil

Saletés canal du Nil 1

Saletés canal du Nil 3

 

 

Cette saleté devient vite insupportable. Nous ne parvînmes jamais à nous y habituer ou à nous y faire ! Elle a largement dépassée nos seuils respectifs de tolérance. Trop c’est trop.

 

Je ne comprend toujours pas pourquoi à la pauvreté est invariablement associée la saleté environnementale: pour moi ce n’est ni naturel ni logique ; s’agit-il d’un problème d’éducation ou de mimétisme générationnel ou les deux à la fois ?

 

de Sakkarah

 

Saletés Sakkara

Propreté du centre ville de Sakkarah

 

d’Hurghada

 

La ville d’Hurghada, mondialement connue par les adeptes de la plongée sous marine, n’échappe pas à cette saleté. Bien que plus de 4 millions de touristes y séjournent chaque année, aucun effort (sérieux il s’entend) n’est engagé afin de la rendre propre et agréable. Rues, avenues, magasins, étals, … sont infiniment sales.

 

Ici aussi les déchets remplissent la ville dans ses moindres recoins.

trois vues de la propreté de la ville d’Hurghada

Saletés Hurghada 1

Saletés Hurghada 2

Saletés Hurghada 3

 

En plein centre ville de Hurghada, troupeaux de chèvres et chats errants se partagent les détritus.

 

Aux chèvres les cartons, les matières plastiques et les quelques résidus de végétaux, aux chats les rares os ou déchets d’animaux.

 

La terre d’Egypte, à l’exception de celle de la vallée et du delta du Nil, n’est que sable, celui du désert. Point d’herbe dans le désert ! Alors, pour les troupeaux de chèvres d’Hurghada, papier, carton et plastique assurent leur quotidien qu’elles les dévorent avec autant d’appétit que s’il s’agissait d’herbes ou arbustes tendres. Cela doit leur convenir puisqu’en plus d’assurer la reproduction de leur espèce (de nombreux chevreaux naissent périodiquement), elles fournissent le lait avec lequel les égyptiens feront du fromage. Quant à la qualité de leur chair, je n’ai pas eu le courage d’y goûter.


cinq instantanés de chats et de chèvres se partagent les déchets dans les rues d’Hurghada…

Chats d'Hurghada

Chèvres d'Hurghada 1

Chèvres d'Hurghada 2

Chèvres d'Hurghada 3

Chèvres d'Hurghada 4

 

Il est un autre phénomène auquel on ne pense pas avant d’arriver en Egypte, il s’agit de la poussière de sable, mais aussi, plus redoutable, la poussière de poussière de sable, invisible en temps normal, omniprésente et particulièrement redoutable quand le vent souffle, autrement dit presque tout le temps !

 

Les tempêtes de sable sont particulièrement redoutables ! En l’espace de huit mois nous eûmes à en subir trois. Le processus est quasiment identique à un méga orage en France : les nuages s’assombrissent rapidement, la luminosité baisse et en parallèle tout disparaît à la vue jusqu’à une distance maximale de cent mètres. Exactement comme une brume épaisse de mer. Sauf qu’ici, il ne s’agit pas de particules fines d’eau en suspension dans l’air, mais de poussière de sable et de poussière de poussière de sable ! Par habitude on s’attend à voir la pluie dégringoler, ce n’est pas de l’eau qui tombe mais du sable et ses poussières !

 

Incroyablement envahissante cette poussière s’incruste partout, dans les moindres recoins, même lorsque tous les orifices sont fermés ! Chaque jour nous enlevions l’équivalent de l’épaisseur d’un ongle de la main de poussière de sable déposé sur toutes les surfaces internes (et externes) du bateau.

 

En une seule journée les cheveux sont raides ! Je compris pourquoi les égyptiens avaient tous les cheveux coupés courts (style militaire) et pourquoi les égyptiennes portaient soit un foulard sur la tête soit leur habit traditionnel qui ne laisse entrevoir que les yeux : il n’y a pas meilleure protection vestimentaire contre cette poussière de sable ! C’est l’évidence même.

 

En ville, voitures, camions, mini bus, autobus, mobylettes et motos soulèvent en permanence cette poussière que le vent transporte au gré de sa force et de sa direction, faisant en sorte que l’on est en permanence baigné dans des flux de poussière, faisant en sorte aussi que toutes les façades des immeubles d’habitation comme toutes les façades des magasins et les produits exposés tant à l’extérieur qu’à l’intérieur sont tous recouverts d’une sérieuse couche de cette poussière de sable.

 

Résultat : tout paraît très sale.

 

Ajoutez à ce spectacle visuel ceux des détritus et déchets qui jonchent rues et trottoirs, et vous comprendrez alors que l’on n’ait qu’une seule envie, celle de fuir ces visions déprimantes, peu encourageantes et qui font que l’on ne se sent pas bien dans un tel contexte !

 

La vie à Hurghada est rythmée par un flux quotidien très important d’arrivées de touristes, par un incessant trafic bruyant de tout ce qui roule, mais aussi et surtout par de perpétuelles activités de constructions d’immeubles d’habitation ou autres bâtiments et de travaux en tous genres dans les principales avenues et rues de la ville.

Hurghada-chantier de la mosquée

Hurghada: chantier de la nouvelle mosquée

 

Toutes ces activités, absolument toutes, génèrent d’immenses et infâmes nuages de poussière de sable.

 

 

En huit mois nous vîmes l’avenue principale de Hurghada par trois fois totalement défoncée : la première fois pour faire passer la conduite principale d’alimentation de gaz, la seconde pour la conduite principale d’alimentation en eau et la troisième pour la conduite principale d’évacuation des égouts.

 

Le plus surprenant fut qu’aucune de ces trois canalisations principales n’étaient munie de canalisations secondaires de dérivation destinées soit à l’alimentation des immeubles soit à la récupération auprès de ces mêmes immeubles qui bordent l’avenue !

 

Autrement dit, la dite avenue a toutes les chances de se faire de nouvelles fois entièrement défoncée afin de rendre opérationnels les travaux auxquels il nous fut permis d’assister et qui empoisonnèrent copieusement notre séjour à Hurghada !

 

Pour au moins la moitié de sa surface au sol, la ville de Hurghada est une ville « fantôme » !


Hurghada 6

Hurghada: un des multiples chantiers immobiliers.

 

Pour des raisons que j’ignore, les égyptiens construisent des milliers et des milliers d’immeubles de cinq à sept étages.

 

Des milliers de ces immeubles sont inachevés alors que des milliers d’autres sont en cours de construction. Certains restent ainsi inachevés durant des mois, voire des années, se dégradent tellement rapidement qu’au terme de six à huit mois ils s’apparentent à d’authentiques ruines.

 

Même en plein désert et sans qu’aucune route ne soit construite, à dix ou quinze kilomètres au Nord Ouest d’Assouan par exemple, ils construisent par dizaines et centaines des immeubles !

 

En même temps, partout en Egypte, des milliers d’individus n’ont pas de toit sous lequel ils pourraient s’abriter.

 

Un terrain vague situé entre la marina d’Hurghada et des hôtels pour « touristes de masse » est actuellement squatté par quelques uns de ces malheureux. Ils y ont aménagé leurs habitats de fortune faits de cartons, de bois, de tôles, de bouts de plastique et d’innombrables autres déchets de la société !

 

Hurghada : l’art de squatter un terrain et d’y faire son habitat !

Pauvreté Hurghada 2

Pauvreté Hurghada 1

Pauvreté Hurghada 3

 

La pauvreté des égyptiens est tellement édifiante et pathétique que je n’ai pas osé prendre les photos les plus explicites en ce domaine, par respect, par gêne et par pudeur envers tous ces hommes et ces femmes.

 

C’est ici, en Egypte, que nous prîmes définitivement et durement conscience, Christine et moi-même, de l’aspect indécent de notre présence, tant dans la marina avec notre bateau, que partout où nous allâmes dans ce pays.

 

De cette indécence attachée au fait que de riches touristes se jettent en masse au milieu d’un peuple très pauvre. Qu’ils nous voient, ne manquant de rien (par rapport à eux), disposant d’argent, pouvant nous promener, prendre du repos, des vacances et loisirs, équipés d’appareils photos ou de caméras des plus sophistiquées, attablés, voire vautrés aux terrasses des restaurants et y dépenser en un soir ce qui leur demanderait plus d’une ou deux semaines de travail.

 

Toutes ces choses qui leur sont inaccessibles alors qu’ils crèvent de faim, ne possèdent quasiment rien et qu’ils vivent encore, pour la plus grande majorité d’entre eux, comme cela devait l’être chez nous au Moyen Age (du moins je le suppose).

 

Nous fûmes particulièrement gênés par cette crise de conscience et consacrâmes nombre de soirées à nous entretenir de ce malaise qui sévissait en nous. Les seules attitudes qui nous semblèrent aller de soi, furent de ne rien changer à notre comportement habituel envers qui que ce soit, de faire attention à ne pas éveiller l’envie et de veiller à ne pas dépenser « à tord et à travers » ou plus d’argent que nécessaire, notamment en terme de nourriture et d’habillement: en fait, se « fondre » dans la masse sans attirer l’attention, autre que celle inévitable d’être un étranger.

 

Les années précédentes nous eûmes déjà ce malaise : en Tunisie, en Grèce et en Turquie. Ce n’est qu’ici, en Egypte, qu’il atteignit son apogée.

Le tourisme de masse qui sévit dans les pays pauvres recèle de multiples facettes indécentes.

 

La plus abjecte d’entre elles est la déambulation, torse nu pour les hommes et en tenue légère pour les femmes, de milliers et de milliers de touristes occidentaux immensément obèses. Plus de 40% des touristes sont obèses : gras et chairs pendent de partout. Bras, ventres, jambes et visage sont énormes, déformés. Nombre d’entre eux éprouvent de sérieuses difficultés à marcher tellement leur obésité est excessive. Le spectacle ainsi offert chaque jour aux regards des autochtones est particulièrement écœurant, répugnant, nauséeux.

 

L’occident obèse, s’expose, sans pudeur ni retenue, aux faméliques !

les égyptiens

 

le Nil au Caire

le Nil au Caire

 

Que dire des égyptiens ?

 

Qu’il nous fut permis de ne rencontrer qu’un large échantillon des quatre vingt millions (sur quatre vingt cinq millions d’habitants) de pauvres égyptiens.

 

Toutefois, au cours de ces huit mois, nous croiserons, pour peu de temps chaque fois, quelques rares exemplaires appartenant à ce que j’aie supposé être la classe moyenne. Ce qui émanait d’eux était constant : une sensation de flottement, d’individus non pas déboussolés, mais en situation de mal vivre, semblant mal à l’aise dans sa société, se repliant sur sa famille, notamment sur ses enfants.

 

Que ce soit au Caire, à Louxor, à Assouan ou à Hurghada nous ne rencontrâmes et ne vîmes jamais de riches égyptiens ou ceux qui maîtrisent la quasi totalité de l’économie égyptienne ou ceux appartenant à la classe dirigeante du pays.

 

Nous ne rencontrâmes que la population pauvre, celle des employées des grands magasins ou magasins de moyenne importance, et de ceux qui assurent la gestion de ces magasins.

 

Autrement dit, tous ceux qui ont de grandes difficultés à survivre avec un seul métier.

 

Le «SMIC égyptien » est inférieur à 400 LE (soit 50 Euros).

 

Un kilo de viande ou de poisson coûte 25 LE et un pain de 300 grammes 0,50 LE. Fruits et légumes évoluent entre 0,5 et 7 LE (haricots verts par exemple) le Kg. Quant au loyer dans un appartement de 4 pièces, il évoluent entre 50 et 200 LE. L’essence est 1,8 LE/ l le litre et le diesel à 0, 11 LE/l.

 

Compte tenu de l’immense pauvreté de la majorité des égyptiens, le parc automobile privé n’est pas très important. Les voitures particulières sont le plus souvent d’anciens modèles français ayant plus de trente années d’âge. La contre partie en est un parc faramineux de camions, d’autobus, mini bus (transport en commun peu onéreux) et surtout une flotte gigantesque de taxis.

 

Etre chauffeur de taxi est le métier le plus prisé car il ne demande aucune compétence.

 

Sur terre : chauffeurs de bus, de camions, de taxi ou de véhicule privé, comme sur mer : pilotes de bateau à moteur, constituent d’authentiques dangers pour les piétons et pour les usagers.

 

Pilotes et chauffeurs, sans exception et quel que soit son âge, se comportent comme le ferait un adolescent de 14 ans à qui on mettrait une voiture entre ses mains !

 

Le moteur démarré, ils ne connaissent qu’un mode de conduite, « à fond la caisse » ! Et là, quel que soit l’obstacle (autre véhicule ou piéton) ils les ignorent, slaloment selon leur inspiration, ignorent totalement tous les véhicules qui se trouvent à leur droite ou à leur gauche ou venant face à lui, en fait roulent comme s’ils étaient seuls et disposaient de toutes les priorités sur tous les autres ! Un cauchemar !

 

En une seule journée, nous frôlâmes par trois fois la mort : jamais, au cours de ma vie je n’avais eu de telles frayeurs, ces deux chauffeurs de ce mini bus qui nous véhiculèrent de Louxor à Abou Simbel puis d’Abou Simbel à Hurghada (près de 2000 kms !) étaient parfaitement heureux de leurs exploits se comparant au célèbre pilote allemand de formule 1, Schumacher ! Malgré nos demandes pressentes ils ne modifièrent en rien leurs conduites ! Résultat, ils ne reçurent aucun bakchich à l’arrivée. La perte pour eux fut importante : ils firent tristes mines. Nous, nous étions livides !

 

Une autre fois, au Caire, c’est un taxi qui me roula sur les deux pieds: il avait repéré un passage étroit et sans hésiter s’engagea « à fond », pour 20 mètres plus loin m’écraser les pieds et percuter mon ventre avec son rétroviseur droit !

 

L’égyptien de base (80 millions au total) semble n’avoir ni formation ni éducation. En réalité, son savoir se réduit à peu de choses. Il n’a de ce fait aucun sens de l’anticipation ou de la préparation. Il vit à l’instant « t », sans conscience de l’amont et de l’aval. Sa vie n’est qu’une succession d’instants présents pour lesquels ils ne se pose aucune question et pour lesquels il n’accorde aucune réflexion. A cela vient se superposer le fait extraordinaire qu’il vit comme s’il était seul, absolument tout seul.

 

Il y a beaucoup de petits métiers en Egypte. Les « atelier » situés en plein air, équipés d’outils dans des états incroyables de vétusté et de saleté, s’apparentent davantage à ce que nous avons connu en France avec les sortes de « taudis » des petits ferrailleurs des années 50/60. En ces lieux à ciel ouvert, chacun répète inlassablement l’unique geste technique qu’il sait faire.

 

Quant aux réseaux et circuits électriques ils sont dans des états de vétusté catastrophiques et représentent un danger permanent pour ces hommes : cela ne semble pas les gêner ou, plus vraisemblablement, ils n’ont aucune conscience de ce danger. Courts-circuits, arcs électriques et feux électriques sont monnaie courante.

 

La caractéristique la plus étonnante de l’égyptien de base est qu’il n’a aucune notion d’entretenir quoi que ce soit. Pour tout, il ne fait aucun entretien. Ce qui est neuf se retrouve en peu de temps dans un état de délabrement désespérant. Cela aussi ne les dérange pas. Personne n’a l’idée de réparer.

 

Si bien que le beau n’existe pas en Egypte, seul règne le laid.

 

Partout, absolument partout.

 

S’il n’est pas commerçant et donc pas au contact permanent des touristes, l’égyptien est un homme de contact agréable, chaleureux, gentil, sans méchanceté et méfiance.

 

Le plus souvent l’égyptien est souriant et paraît joueur comme l’est un adolescent. Un rien les amuse : tout est jeu chez eux.

 

Malheureusement, il n’est que cela, rien que cela.

 

D’une insouciance incroyable, ils ne semblent disposer d’aucune capacité cognitive.

 

J’avoue que ma perplexité fut grande face à cette réalité, j’avoue aussi avoir été constamment parcouru par cette terrible sensation d’avoir face à soi un corps humain vidé de ce qui fait l’homme.

 

C’était tellement déstabilisant que je n’avais qu’une seule hâte, celle de fuir l’insoutenable qui mes secouait tripes et boyaux.

 

S’il est commerçant, alors il est complètement perverti par l’argent et il est hautement souhaitable de ne pas établir une quelconque relation avec lui. Il voit défiler des millions de touristes, son seul souci est de récupérer le maximum de livres Egyptiennes ou d’Euros ou de Dollars de votre porte monnaie ! Tout est bon pour vous attirer dans les mailles de son filet.

 

A ce jour peu de femmes ont une activité professionnelle. Ce sont les hommes qui assument l’essentiel des métiers, particulièrement dans la restauration. Or, à l’image de leur environnement et contrairement à leurs femmes, les égyptiens ne sont pas naturellement propres ou soignés.

 

Leurs habits ne sont jamais nets, toujours dans un état douteux. Leurs pieds comme leurs mains sont sales, très sales. Le problème est qu’en l’absence de réseau de distribution d’eau, ils ne disposent que de très peu d’eau pour se laver.

 

Le pire concerne les toilettes mises à disposition des égyptiens, sans eau et sans papier hygiénique !

 

Ainsi, dès que l’on prend conscience de cette épouvantable réalité cela retire définitivement l’envie d’aller déjeuner ou dîner dans un quelconque restaurant. Cela est bien entendu possible, mais il faut s’abstenir de consommer salades, crudités ou fruits, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas cuit et manipulé directement par eux et se limiter à commander un plat principal (viande ou poisson) cuit ou grillé avec accompagnements nécessitant une cuisson, afin de limiter au maximum tout contact manuel direct de leur part avec ce que l’on va ingérer.

 

La veille de notre départ d’Egypte, nous nous offrîmes le dîner au restaurant. Erreur fatale !

 

Durant plus d’un mois je fus malade, cela ressemblait à une gastroentérite à laquelle se superposait du sang dans les selles, des douleurs abdominales, une immense fatigue et une absence d’appétit. Les conseils et soins prescrits par une navigante allemande médecin n’eurent aucun effet.

 

Ce n’est qu’un mois après, de retour en France, que nous comprîmes l’origine égyptienne de ma maladie (graines germées) et en ce mois d’octobre, une autre information de taille qui recoupe mes lignes précedentes, à savoir que cette bactérie Escherichia coli (E.coli) est aussi présente dans les matières fécales !

 

Je doute fort que nos services de santé nationale diffuse une telle information aux futurs touristes s’apprêtant à visiter l’Egypte ! C’est grave, car tous les fruits et légumes, notamment, sont manipulés par de nombreuses mains égyptiennes. Cela impose donc aux étrangers une vigilance permanente extrême dès lors qu’ils consomment quoi que ce soit dans ce pays.

 

la « révolution » égyptienne

 

De toute évidence, les puissances occidentales avec pour chefs de file les U.S.A et Israël secondées par l’Angleterre et la France avaient dûment programmé une déstabilisation complète de l’ensemble du Maghreb et du Moyen Orient.

 

A n’en pas douter, la Tunisie servit de détonateur et d’alibi à une supposée « onde choc » qui devait balayer et justifier que l’Egypte, la Syrie, la Jordanie, le Yémen, la Libye et peut-être l’Algérie, soient successivement « contaminées » par cette ô combien « normale révolte et révolution du monde arabe » !

 

Elle fut même baptisée « révolution orange » du monde arabe, ou « printemps arabe » (sic !), non pas par les intéressés eux mêmes, non !, par les occidentaux !

 

Que dire de cette fameuse « révolution » égyptienne ?

 

Que pas un seul des quatre vingt millions de pauvres d’Egypte n’a participé de près ou de loin à cette révolution. Ils furent tous maintenus à l’écart, n’ayant pour seul droit que celui de regarder, sur leurs écrans de télévision, une sorte de film à « grand spectacle », au scénario et mises en scène parfaitement huilés et auquel il ne leur avait même pas réservé les rôles de figurants !

 

Révolution étonnante, puisque la veille de son « déclenchement spontané », de toutes les prisons de l’Etat égyptien, comme par enchantement, s’évadèrent de nombreux prisonniers dits « politiques » et qui plus est, autre exploit, s’évadèrent tous avec des armes ! Je ne pense pas que le « dictateur » Moubarak fut à ce point débile pour donner l’ordre de telles évasions qui équivalaient à signer son propre massacre par ses opposants les plus virulents !

 

Pour un occidental (qui regarde malheureusement la télévision sans trop se poser de question), comme pour un arabe, rien ne ressemble plus à un arabe qu’un autre arabe ! Ainsi les médias véhiculèrent une somme incroyable d’images de manifestants et de manifestations, sans préciser qu’il s’agissait d’une armée de mercenaires arabes (dont les fameux prisonniers) particulièrement bien formée par les puissances occidentales.

 

A Hurghada, lors des trois premières soirées de cette « révolution », parvenaient jusque dans la marina les échos d’une agitation et de bruits de klaxons de véhicules. Le troisième soir, curieux de comprendre ce dont il s’agissait, je pris mon vélo et m’engagea dans le centre ville.

 

Pour découvrir quoi ? Qu’il s’agissait en fait d’une manifestation monstre de soutien à Moubarak, puisque klaxons et autres moyens pour faire du bruit scandaient le nom même de Moubarak !

 

Rassurés, le lendemain matin nous nous engageâmes dans le centre ville (autrement dit le quatrième jour) et découvrîmes nombre de panneaux manuscrits écrits en anglais par plusieurs petits commerçants à l’intention bien précise des touristes (toujours présents) dont le contenu particulièrement explicite en dit long sur cette « révolution égyptienne » :


«We love Moubarak» !

 

Etonnant non, pour des « révolutionnaires » !

 

Je doute fort que de telles images furent présentées aux téléspectateurs européens !


We love Moubarak

à Hurghada, les premiers jours de la « révolution » égyptienne

 

Il est une donnée extraordinaire peu connue, à ne pas ignorer : le nombre de « diplomates » en poste dans l’ambassade américaine au Caire ; ils sont pas moins de 1000 !

 

Fantastique non ? Une véritable armée capable de conduire de bout en bout n’importe quelle révolution ou révolte dans n’importe quel pays du monde ! A cela si l’on additionne des milliers et des milliers de membres de « l’Armée de l’Ombre de l’Ordre Marchand » ayant infiltré depuis des décennies tous les rouages de l’Etat égyptien et de son économie, il est aisé de comprendre combien il fut facile de mettre à feux et à sang l’Egypte et de faire croire au reste du monde entier qu’il s’agissait d’une authentique révolte (ou révolution) du monde arabe contre ses «dictateurs».

 

Alors que nous attendions dans le hall de l’hôtel de Louxor que l’on nous délivre les clés de nos chambres, nous fûmes abordés par un arabe d’environ 25 ans qui nous supplia d’honorer par nos présences une réunion politique publique du nouveau parti « Egypte Nouvelle » (ou «Nouvelle Egypte», je ne me souviens plus dans quel ordre cela nous fut annoncé !) qui devait se tenir le lendemain après midi sur la place contigüe au temple de Louxor et à laquelle devait participer nombre de « futurs ministres » du futur gouvernement égyptien !

 

Bien entendu nous ne donnerons pas de suite à cette demande.

 

Notre programme prévoyant la visite du Temple de Louxor, ce fut l’occasion de prendre la mesure de cette réunion qui se déroulait en plein air, dans un espace limité par des barrières, et disposait en son unique entrée d’un système de filtration des personnes. En réalité, il y avait peu de monde. Ce qui fut remarquable était la présence de nombreux étrangers et de jeunes personnes qui manifestement disposaient de revenus largement supérieurs à la moyenne.

 

Réunion

Louxor février 2011: réunion du nouveau parti politique « Egypte Nouvelle »

 

Quant aux égyptiens de base, peu nombreux, ils étaient maintenus à l’écart et distance, relégués au rang de spectateurs de quelque chose qui pourtant les concernait au premier chef !

 

Un nombre impressionnant de caméras de TV étaient présentes sur les lieux.

 

Rien que du faux, du factice, du cinéma !

 

La « révolution » égyptienne, comme toutes les autres qui émergèrent dans cette région du monde, furent créées et montées de toutes pièces comme l’est un film à grand spectacle, disposant d’imposants moyens financiers.

 

A la seule différence, que des milliers de personnes sont mortes, réellement sacrifiées à fin d’«authenticité».

 

Commanditaires et metteurs en scène de ce spectacle grandeur nature ont délibérément spéculés et tablés sur des bains de sang et inévitables guerres fratricides pour duper les peuples du monde entier en leur faisant croire qu’il s’agissait d’authentiques révolutions populaires, que les peuples du Maghreb et du Moyen Orient, au même instant « historique », revendiquaient et manifestaient leurs besoins de liberté et de démocratie.

 

Sauf que personne, dans le monde entier, n’a été dupe !

 

Ces « apprentis sorciers » du 21ème siècle ont réussis trois choses : la première de tuer et de faire tuer en toute conscience des civils innocents, la seconde de déstabiliser gravement et peut-être durablement cette région du monde et la troisième de montrer clairement au reste du monde qui ils sont et pour quoi ils agissent.

 

Et là, ils sont les grands perdants.

 

Des manifestations intérieures de grandes ampleurs sont à craindre avec pour conséquence immédiate, dans un premier temps, l’annexion pure et simple des territoires égyptiens du Sinaï par l’Etat d’Israël.

 

Les effets et conséquences de ces révolutions fomentées par les puissances occidentales et non pas par les peuples eux-mêmes, apparaissent déjà aujourd’hui : les résultats des élections tunisiennes sont explicitent, comme le sont également les déclarations de Mustapha Abdeljalil en Libye après l’assassinat du Colonel Kadhafi.

 

Ni les uns ni les autres ne sont conformes aux « attentes » du monde occidental. Autrement dit, les U.S.A, Israël, l’Angleterre et la France se sont magistralement trompés. Là aussi, le « retour de bâton » risque d’être sévère.


Moustapha Abdeljalil 1

Mustapha Abdeljalil (Libye)

Moustapha Abdeljalil 2

 

 

Observez bien les deux photos de Mr Mustapha Abdeljalil (Libye).

Que remarquez vous ?

Vous ne remarquez rien au centre de son front? Une tâche brune de deux centimètres environ ?

Si, si !

D’ou provient-elle ? Devinez !

Vous donnez votre « langue au chat » ?

OK, je vous le dis !

Oyez, oyez ...

 

Lors de notre séjour en terres égyptiennes j’observais que plus d’un tiers des hommes avaient, au milieu de leur front, une tâche brune, plus ou moins large et plus ou moins foncée selon les individus.

 

Cela m’interpella bigrement, jusqu’au moment où je compris l’origine évidente de cette fameuse tâche brune : la prière cinq fois par jour !!!

Et oui !

Imaginez, taper le front au sol cinq fois par jour et ce durant, dix, vingt, trente, … années, malgré le tapis de prière, cela laisse immanquablement des traces, dont cette fameuse tâche brune !

 

Face à ce constat et à cette évidence, j’avoue avoir eu ma première frayeur en terre égyptienne : pour moi les hommes les plus dangereux sont justement ceux qui arborent cette tâche brune : il ne faut pas être bien malin pour se défigurer ainsi.

 

Avoir la foi est une chose, se taper le front au point d’en porter une trace durable est une tout autre chose ; la foi n’explique pas tout, surtout pas cela !

 

Or, justement, Mustapha Abdeljalil possède cette tâche brune, ce qui est hautement significatif et veut dire beaucoup de choses ; ce n’est pas pour rien qu’il a été « choisi » par les puissances occidentales, ce n’est pas pour rien qu’il a trahi son pays et les autres tribus libyennes, ce n’est pas pour rien qu’il a vendu son pays et laissé assassiner le Colonel Kadhafi.

 

Je voudrai me tromper, mais il m’étonnerait beaucoup que cet homme vive encore longtemps.

 

Mr Mustapha Abdeljalil vous ne possédez pas l’intelligence qui vous aurez permis de comprendre que vous étiez manipulé et que vous constituiez le premier pion dans le jeu des occidentaux.

 

Vous ne fûtes même pas en mesure de vous rendre compte de l’erreur gigantesque de penser que votre tribu très largement minoritaire pouvait s’imposer aux autres tribus.

 

En Egypte, comme en Libye, comme en Syrie, comme au Yémen, … comme partout ailleurs au cours de ces dernières décennies, « l’Ordre Marchand » du monde occidental mets en œuvre les ingrédients qui conduisent inévitablement à un processus de guerre civile, de celle qui opposera, dans ces pays, les islamiques aux non islamiques.

 

De ces guerres civiles qui feront que vous vous entretuerez, tous, entre égyptiens, entre libyens, … laissant ainsi une immense place libre aux colons occidentaux leur permettant de s’approprier vos terres et vos pays.

 

Vous entretuer, c’est participer à votre élimination du continent africain.

 

Vous entretuer, c’est participer à l’objectif premier de l’Ordre Marchand.

 

Libre à vous égyptiens, libyens, … de comprendre et de vous ressaisir ou de tomber bêtement dans le piège qui vous est tendu.

 

Comme pour tous les peuples européens, vous ne disposez que d’une seule issue : faire bloc, tous ensemble, unis, pour chasser l’Ordre Marchand et remettre vos destinées entre vos mains.

 

Prenez exemple sur les grecs.

 

Ils nous montrent l’exemple, le chemin à suivre : il n’y en pas d’autres.

 

 

un peuple dépossédé de ses terres et richesses

 

En Egypte, comme dans de nombreux autres pays du bassin méditerranéen, « l’Ordre Marchand » s’est rendu maître de la quasi totalité des terres « exploitables », c’est-à-dire celles dont il peut en tirer de grands bénéfices, et œuvre pour faire tomber dans son escarcelle d’autres terres plus délicates à acquérir, à savoir les terres fertiles de la vallée du Nil et du delta du Nil.

 

Via son réseau d’investisseurs occidentaux, l’Ordre Marchand est aujourd’hui propriétaire de la quasi totalité du littoral de la mer Rouge, du Golfe de Suez et du Golfe d’Aqaba.

 

Littoral de la Mer Rouge

littoral de la Mer Rouge

 

Des milliers et des milliers d’hôtels sont bâtis et autant sont en cours de construction.


Chaque investisseur est propriétaire d’une bande côtière parfois large de plus de 500 mètres et de plusieurs kilomètres de long. Ces terres et côtes ainsi acquises sont aujourd’hui inaccessibles puisque le premier travail de ces investisseurs est de les clôturer d’un mur en briques de deux mètres de haut, défigurant ainsi, entre désert et mer, des paysages ou des vues panoramiques d’une exceptionnelle beauté.

 

immobilier vallée du Nil

la ville envahit la vallée du Nil

 

De même, de plus en plus d’immeubles envahissent les terres fertiles de la vallée et du delta du Nil.

 

La grande majorité des commerces, à l’exception des petites épiceries, des quincailleries, des activités manuelles artisanales de base et des petits hôtels obscurs, c’est-à-dire tous ceux d’un rapport financier important, n’appartiennent pas aux égyptiens mais aux membres de l’Ordre Marchand.

 

Pas un hôtel de luxe ou réservé au tourisme de masse ne leur appartient.

 

Il en est de même concernant les agences de voyage, des bateaux de croisière sur le Nil et des bateaux de croisière ou destinés à la plongée sous-marine de la mer Rouge.

 

Plus étonnant encore, rares sont les dentistes, médecins, chirurgiens, pharmaciens ou avocats autochtones. Très nombreuses sont les écoles privées tenues par des non égyptiens d’origine. Je doute fort qu’au sein des universités il y ait beaucoup de professeurs autochtones.

 

Enfin, et à l’évidence criarde, toutes les administrations de l’état égyptien sont elles aussi infiltrées et noyautées par les membres de l’Ordre Marchand.

 

Comme en Europe, l’ensemble des médias égyptiens est également infiltré et noyauté par les mêmes et en tous domaines artistiques rares sont les artistes autochtones.

 

J'aime l'Egypte 2011

journée « J’aime l’Egypte 2011 »

deux orchestres … sans un autochtone égyptien

J'aime l'Egypte 2011-2

 

le patrick Bruel égyptien

Hurghada : publicité pour le chanteur HAMAKI …

eux aussi « possèdent » … leur Patrick Bruel …

 

L’égyptien ne possède ni ne maîtrise plus rien de son pays.

 

Sa seule richesse: sa pauvreté ; sa seule espérance: survivre.

 

 

les pyramides de Guizèh ravagées par le tourisme et l’immobilier

 

D’ici peu d’années il est à craindre que le site des pyramides de Guizèh ne devienne une nouvelle place de la ville du Caire, semblable à la place de la Concorde ou à celle de l’Arc de Triomphe à Paris.

 

L’immobilier progresse à une vitesse vertigineuse en direction des pyramides.

 

les pyramides de Guizèh 1

la ville aux portes des pyramides de Guizèh

 

Plus regrettable est la gestion des autobus et autres véhicules transportant les touristes. Des parkings sont aménagés au pied de la pyramide de Chéops, défigurant lamentablement le spectacle grandiose que l’ensemble de ces trois pyramides se devait de réserver aux touristes.

 

Sans oublier l’énorme faute de goût qui conduisit à construire, au pied de la pyramide de Chéops, un bâtiment d’architecture moderne ni beau ni élégant, destiné à abriter la barque funéraire du pharaon.

 

les pyramides de Guizèh 3

parkings sud et nord au pied de la pyramide de Chéops

et aperçu du musée de la barque funéraire

les pyramides de Guizèh 2

 

 

la marina d’Hurghada

 

De construction récente, la marina s’apparente à un décor de film : une eau vert émeraude, des bâtiments harmonieux et gracieux aux couleurs pastels, l’ensemble dans un état de propreté inimaginable en Egypte.

 

Hurghada 4

la marina d’Hurghada

 

Il fait bon vivre dans son bateau au sein de cette marina.

 

Hurghada 7-Leptine

Leptine à Hurghada

 

Peu de voiliers y stationnent. Nous n’étions pas plus de cinq ou six équipages à hiverner dans nos bateaux. Nous ne vîmes transiter que quelques voiliers: la mer rouge est peu fréquentée par les navigants depuis que le golfe d’Aden est le siège d’actes de piraterie.

 

De nombreux bateaux destinés aux excursions en mer des touristes occupent cette marina, un immense ponton leur est réservé.

 

Hurghada 5

bateaux destinés aux touristes (sortie d’une journée en mer)

 

La marina est le lieu préféré de promenade et de repos des habitants et des touristes les plus fortunés d’Hurghada.

 

Les restaurants et cafés y sont plus chers que leurs équivalents du centre ville mais aussi beaucoup plus calmes : les bruits de la ville y sont à peine perceptibles ; la marina constitue ainsi une sorte d’îlot de tranquillité dans un environnement particulièrement bruyant et sale.

 

Des festivités furent organisées périodiquement par les principaux commerçants de la ville et de la marina afin d’y attirer le maximum de touristes et d’égyptiens.

 

Parfois elles furent de mauvais goût, comme ce fut le cas pour la « journée de la femme » avec une affiche (en russe et en anglais) irrespectueuse de la femme et de la culture locale arabe, et comme ce fut le cas de la journée « J’aime l’Egypte 2011» située quelques jours après la fin de la « révolution » égyptienne.

 

Hurghada 1-journée de la femme

affiche pour la "journée de la femme"

 

Les caméras de télévision présentes furent nombreuses pour retransmettre cette journée.

 

Comme par hasard, des milliers de polos, comportant le logo « j’aime l’Egypte 2011» furent distribués aux touristes de Hurghada.

 

Hurghada 3-j'aime l'Egypte

journée "J'aime l'Egypte 2011"

 

Ils défilèrent ainsi vêtus durant plusieurs jours dans les avenues et rues d’Hurghada, cautionnant de ce fait, sans peut-être en avoir conscience, la «validité» de la «révolution» égyptienne qui venait de s’achever. En somme, les touristes (donc les étrangers), faisaient savoir aux autochtones que leur révolution était une bonne chose et qu’ils avaient eu raison de la faire !! 

 

 

j'aime l'Egypte 2

défilé des touristes dans la marina

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